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La loi Pécresse ne répond pas aux attentes des étudiants

La réforme portant sur l’autonomie des universités a été votée fin juillet. Une réforme des universités n’ayant pas été menée depuis près de 20 ans, les attentes de la communauté universitaire se faisaient de plus en plus ressentir.

La réforme portée par Valérie Pécresse quelques semaines seulement après l’élection de Nicolas Sarkozy ne répond pas aux attentes formulées par les étudiants lors du mouvement contre le CPE. De mon point de vue, la réforme de l’université n’aura du sens que lorsqu’elle répondra notamment à la question de l’échec des étudiants, de la professionnalisation et de l’orientation.

J’ai ciblé un certain nombre d’éléments de la loi qui me semblent dangereux et d’autres acceptables.

Jusqu’à présent, malgré la disparition des facultés au profit des UFR, les composantes maintenaient un véritable pouvoir au sein des universités. Avec la nouvelle loi, le poids des composantes est substantiellement réduit, renforçant à l’occasion le rôle des conseils centraux de l’université ainsi que le poids du président.

Avec les fondations, le financement des universités pourra désormais se faire par les fonds privés. Nous devons sur cette question maintenir une véritable pression dans la mesure où à l’heure actuelle aucune discussion n’a débuté sur son décret d’application.

Les fondations, si elles possèdent leur propre personnalité juridique, pourraient décider du fléchage des fonds, ce qui pourrait privilégier le principe du « qui paye décide ».

De 20 à 30 membres peuvent constituer le nouveau conseil d’administration. Cette disposition oblige les organisations étudiantes à se battre dans chaque université pour obtenir une représentativité à 30 élus.

Le CA sera composé de personnalités extérieures qui ne pourront pas participer à l’élection du président. En outre, malgré une baisse substantielle du poids des étudiants, ils pourront peser de manière plus efficace qu’auparavant sur les décisions relatives aux universités, dans la mesure où les CA auront des responsabilités élargies.

Ces différents points précisés, il s’agit désormais de déterminer une ligne de conduite dans les prochains mois.

La bataille se mènera au niveau national. Les décrets d’application, au nombre de quatre, portent sur les élections, l’emploi étudiant, les fondations et le comité de suivi. Ces décrets sont discutés au CNESER puis votés au Parlement. En construisant au sein du CNESER une voie crédible, les organisations étudiantes peuvent influencer leur vote. A ce sujet, nous ne devons écarter aucun interlocuteur, la CPU peut ainsi donner du poids aux propositions des étudiants.

La bataille se mènera au niveau local. C’est par le travail des militants et élus au niveau local que nous gagnerons le plus sur l’application de la loi. Nous devons donc aujourd’hui utiliser les grognes locales (des simples AG aux blocages) pour faire pression localement sur l’application de la nouvelle réforme pour qu’elle soit le moins préjudiciable pour les étudiants et pour gagner de nouvelles choses pour les étudiants localement (logements étudiants par ex).

Il pourrait sembler pertinent par exemple, de mettre en œuvre des états généraux locaux sur l’application de la réforme avec l’appui des AG, en lien avec les partenaires sociaux, les collectivités territoriales et les universités. Si nous obtenons la mise en place de ces états généraux dans l’ensemble des universités, le rapport de force, tant au niveau local que national, en sera décuplé, aussi nous serons en mesure d’appeler à un cadrage national de la loi et de nouveaux financements pour les universités.

(Publié également sur lemonde.fr)




par Quentin GUILLEMAIN (son site) vendredi 9 novembre 2007 - 59 réactions
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  • Par cedro (---.---.---.99) 9 novembre 2007 10:21

    « répondre à la question de l’échec des étudiants, de la professionnalisation et de l’orientation » : la réponse passe par la notion de sélection.

    Accepter la sélection des étudiants, aider les plus méritant et le système produira des élites.

    Pour l’instant, l’université française est une usine à chomeurs ou fonctionnaires sous prétexte d’une égalité entre étudiants. Les bons et les mauvais coulent ensemble, dommage ...

  • Par Fred (---.---.---.80) 9 novembre 2007 10:52

    En passant, bloquer les trains parce que vous n’êtes pas content vous éviterez svp, parce que les gens qui rentrent du boulot paient les impôts qui financent vos facs. Faites vos manifs sans emmerder le reste du monde, merci.

  • Par Voltaire (---.---.---.37) 9 novembre 2007 11:02
    Voltaire

    Une première remarque tout d’abord : le titre est évidemment erroné : il serait plus sage de dire que la loi votée ne correspond pas aux attentes de certains syndicats étudiants... (l’immense majorité des étudiants ne connait pas ce texte).

    L’article se compose de deux parties fort différentes ; la première reprend et commente certains éléments de la loi, tandis que la seconde décrit les différentes actions proposées par ce syndicat étudiant.

    Évacuons tout d’abord la seconde partie : celle-ci me semble superflue ici. Elle est clairement à usage interne, décrivant une stratégie d’action possible pour ce syndicat. Pour être tout à fait honnête, révéler ici cette stratégie dévoile le cynisme relatif dont font preuves les groupes de pression, cynisme sans doute nécessaire mais assez peu attractif (il n’est en effet nul question de débats avec les étudiants sur le projet de loi mais bien de combat politique, mais passons).

    La première partie est plus intéressante. Elle insiste sur certains points de la réforme, qui portent sur la gouvernance des universités. Il faut d’abord indiquer que la loi couvre une champ d’application bien plus vaste, et que son objectif principal est bien de donner aux universités une autonomie d’action plus importante que le système précédent ne permettait.

    L’un des points clés qui semble se dégager de la contestation de ce syndicat est lié à la possibilité d’existence de fondations permettant aux universités d’acquérir un financement supplémentaire. Cette possibilité, pour ce syndicat, ouvre la porte à un financement privé des université, et ainsi à une privatisation de l’enseignement, qui deviendrait l’otage de groupes privés. Disons-le tout net, on est ici dans le fantasme total. D’abord parce qu’il est illusoire de penser que des groupes privés accepteront de financer de façon importante l’université. Les entreprises ont toujours considéré que c’était là le rôle de l’État. Ensuite parce que les règles actuelles sur les fondations en France ne permettent pas aux entreprises de dégager des avantages fiscaux suffisant pour que les dons soient intéressant. Ceci explique la pauvreté de la France au niveau des fondations d’entreprises, par rapport à nos concurrents anglo-saxons ou allemands. Enfin parce que les entreprises financent déjà certains laboratoires et formations universitaires (notamment d’ingénieurs), et que cette loi permettra simplement une meilleure organisation de ce financement. Il faut rappeler qu’une large part du financement privé des universités américaines vient de dons de personnes et non d’entreprises (souvent des anciens qui ont fait fortune), mais qu’hélas cette tradition n’existe pas en France.

    L’article attire aussi l’attention sur certains aspects de la gouvernance de l’université. Jusqu’ici, les conseil d’administration avaient des pouvoirs quasi nuls. La nouvelle loi prévoir un transfert de pouvoirs à ces CA, et surtout au président de l’université. Si le transfert de pouvoir au CA est plutôt vu comme positif pour le fonctionnement des universités (y compris par les syndicats qui joueraient alors un plus grand rôle), c’est bien les pouvoirs accrus du président qui posent problème.

    La raison est surtout liée à son mode d’élection qui, sans rentrer dans les détails ici, repose sur un système de listes bloquées qui renforcent les lobbys traditionnels. IL y a donc des progrès à faire pour débloquer le fonctionnement des universités.

    Enfin, l’article passe sous silence de nombreux autres éléments de la loi, comme la possibilité offerte aux universités de gérer leur patrimoine immobilier etc..., qui mériteraient une discussion plus approfondie. Mon analyse est qu’il existe de nombreux éléments positifs dans cette loi pour un meilleur fonctionnement de l’université, mais qu’un certains nombre de conditions en terme de gouvernance et de compétences nécessaire pour gérer cette autonomie accrue ne sont pas disponibles.

    Il faut aussi reconnaitre que cette loi est très partielle. Elle permet une autonomie accrue, que demandait la plupart des universités, mais ne concerne pas beaucoup l’enseignement et les conditions de vie des étudiants. Plutôt que de combattre cette loi, somme toute assez neutre pour eux (elle est surtout utile aux chercheurs et aux administrations des universités), les syndicats étudiants feraient donc mieux de débattre de ce qui manque à cette loi pour la compléter de façon utile.

  • Par faxtronic (---.---.---.45) 9 novembre 2007 12:53
    faxtronic

    Pan dans l’UNEF. Il y a 5 ans, j’etais etudiant. Je hais de toutes mon ame l’UNEF, ce groupe de gauchistes, qui utilise l’université comme un tremplin politique. JE HAIS L"UNEF !!!!!!!!!!!! Nous avions un grou pe apolitique qui s’occupait de la vie des etudiants, pour aussi faire des confs, des visites d’entreprises, de la creation d’entreprise, etc... Mais l’UNEF nous detestait et nous traiter de bourgeois. JE HAIS L’UNEF

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