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La méthode Assimil de poche en espéranto

Autant de nouvelles que vous ne verrez probablement pas dans les médias habituels.



1. La méthode Assimil en format de poche vient de sortir une version espéranto, que je trouve très réussie.

Elle suit le canevas de la collection et les critères définis par les fondateurs. Très pratique : une partie grammaire, une partie conversation avec des phrases courantes classées par thème, et enfin un index du vocabulaire employé.

Chaque phrase est à la fois traduite en français et rendue en transcription phonétique pour savoir comment la prononcer.

Compte tenu de la simplicité et de la régularité de l’Eo, les explications paraissent forcément claires, pourtant tous les manuels d’initiation ne se ressemblent pas, et les notions de grammaire ne sont pas si simples à donner en faisant le lien avec celles du français, tout en restant succint.

Je précise que je n’ai aucun conflit d’intérêt, aucun intérêt dans la collection, je n’ai même jamais rencontré les auteurs.

2. Une info européenne, probablement inédite dans toute la France : la ville de Písek, en Tchéquie, a ajouté l’espéranto aux quatre versions linguistiques de son site Internet, au côté du français (comme l’a fait Montpellier)

Pas mal pour une langue que d’aucuns prennent pour un code, que d’autres croient en gestation, et que d’autres encore considèrent comme un projet mort-né.

Quand l’UE aura une indigestion d’anglais, il faut savoir qu’il y aura toujours en réserve une des créations humaines les plus sous-estimées...

Et si l’UE préfère suivre le fric et la force plutôt que la raison, elle passera à côté d’un rôle historique : être l’initiateur d’un large développement de la langue internationale, rôle que s’attribuera peut-être un des géants de l’Asie – à l’exclusion de l’Inde, pas encore complètement remise de la colonisation.

2. Aux élections européennes, les partis EDE (Europe-Démocratie-Espéranto) qui se sont créés en France et en Allemagne
(car il était impossible pour un même organisme de se présenter dans plusieurs pays différents) ont obtenu respectivement environ 30.000 et 12.000 voix.

En Allemagne (0,045%), il aurait fallu obtenir 0,5% pour bénéficier recevoir des subventions de l’État.

En France, ce résultat représente 0,21%, et a frôlé les 1% en Nouvelle-Calédonie.

A noter que le parti EDE a dû financer lui-même l’impression des bulletins de vote. Cette méthode, qui gêne la présence de petits partis, est défavorable à l’expression de la diversité.
Il serait grandement préférable que nous votions sur un seul et même bulletin, sur lequel serait représentés tous les candidats - il suffirait alors de cocher la case choisie.
(Je crois que c’est ainsi en Allemagne, à vérifier)

A noter que ce nombre ne représente pas le nombre total d’espérantophones ou de militants, mais uniquement ceux qui jugent fondamentale la question de la communication entre Européens, qui pensent que l’espéranto est une des meilleures solutions possibles. D’autres sympathisants ont pu préférer voter « utile », comme on dit, c’est-à-dire pour des partis certains ou susceptibles d’avoir des députés européens. D’autres encore ont pu s’abstenir.

Certains espérantistes pensent que l’espéranto doit se développer de façon citoyenne et mondialement, sans rien attendre des politiques, et donc rien de l’UE.
 
Mais, quoi qu’il en soit, il nous semble positif que les médias aient enfin parlé de l’espéranto comme langue véhiculaire possible de l’UE, et la candidature EDE a donné une certaine visibilité médiatique à la question, entre autres par la vidéo de la campagne électorale, que j’ai trouvée assez réussie, compte tenu des moyens limités du parti EDE.

Espérons que les journaux cesseront de s’autocensurer sur la question de la communication et de l’anglicisation de l’UE.

(Source : le média en ligne espérantophone Libera folio)


En espérant que ces quelques infos vous auront intéressé. Personnellement, je pense qu’Agoravox est très adapté aux débats citoyens sur tel ou tel thème, lancés par un article, mais aussi à la production d’infos de moindre importance que celles qui font les titres de nos journaux, du moment qu’elles sont originales ou méconnues, en visant la complémentarité avec les articles des journalistes professionnels en ligne plutôt que des doublons.
par Krokodilo (son site) lundi 22 juin 2009 - 123 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Wlad (xxx.xxx.xxx.50) 22 juin 2009 12:26
    Wlad

    Il n’y a aucune témérité à prédire que la solution par l’étude des langues étrangères, toujours plus nombreuses et mieux apprises, aboutira à la faillite.

    Tout à fait, d’ailleurs :

    "Si l’apprentissage des langues étrangères est poussé à fond de manière à profiter à l’esprit, il demande un temps immense. S’il est superficiel, il n’apporte rien à la culture intellectuelle."

    Ça, c’est signé Antoine Meillet, éminent linguiste, professeur au Collège de France, auteur de Les langues dans l’Europe nouvelle (Paillot, 1918). Finalement, comme il faut parfois savoir tirer parti de la connerie humaine comme le jardinier sait tirer parti du fumier, je pense que Professeur de linguistique appliquée à l’université de Melbourne, Alastair Pennycook avait enseigné l’anglais à Hong Kong et en Chine pour gagner de l’argent. Il a fait part de ses observations dans deux ouvrages difficiles à trouver autrement que par les librairies en ligne : The Cultural Politics of English as an International Language, English and the discourses of Colonialism. Pennycook constate que, sans que les professeurs d’anglais en prennent conscience, l’enseignement de l’anglais tend à créer, si elle n’existe pas déjà, et à renforcer, une influence de type colonial sur l’entité qu’elle vise. L’usage de l’anglais conduit dans la plupart des cas à des échanges sans profondeur, se limitant aux nécessités. Cette même constatation avait été faite aussi, au Japon, par un citoyen espérantiste des États-Unis, Joel Brozovsky : les gens s’adressent à des natifs anglophones, dans un semblant d’anglais, essentiellement pour des questions d’affaires ou d’argent. Tout ce qu’il y a d’humain est rendu étranger par ce sabir. , C’est par la suite, après la constatation que cette langue était satisfaisante pour l’usage entre personnes de langues différentes, qu’est apparu le désir (ou l’ambition) de lui donner un rôle plus important. Ce sont donc les gens qui décideront eux-mêmes, mais, ce qui importe au départ, c’est qu’ils aient une idée exacte de ce qu’est cette langue. Par exemple à propos du niveau de facilité de l’espéranto par rapport aux autres langues vivantes. Quand un nouveau, venu par Internet, est capable, depuis mai 2007, et ceci depuis plusieurs mois (février 2008), d’écrire des articles longs et documentés pour la version en espéranto de Wikipedia, c’est déjà assez éloquent. Quand des enseignants d’espéranto voient avec quelle rapidité des enfants en comprennent et en appliquent les règles, avec quelle rapidité ils savent lire, écrire, compter et calculer en espéranto (tiens, voilà un point sur lequel devrait se pencher notre ministre anglolâtre de l’Éducation nationale !) et quel profit ils en tirent dans l’apprentissage ultérieur ou parallèle d’autres langues, ça aussi, c’est éloquent, pas les théories développées par quelques individus de l’acabit de Asp Explorer (sic !). Beaucoup de personnes qui ont un vécu particulier de l’espéranto ont déjà témoigné dans le cadre de commentaires. De tels cas pourraient être cités en grand nombre. Les faits et expériences ont toujours démontré le contraire : apprendre d’abord l’espéranto c’est gagner un temps important sur l’apprentissage des autres langues. La logique et la démarche pédagogique veulent qu’on aille du plus facile au plus difficile. Voir Mario Pei. Quand un scientifique a peur de remettre ses certitudes en question, c’est qu’il n’est déjà plus scientifique. Ainsi, lorsque Claude Hagège affirme avec une lourde insistance que l’espéranto de facto, c’est l’anglais, il y a tromperie sur l’appellation. Il conduit à penser qu’il n’a rien compris de l’idée, du principe et de la vocation de l’espéranto. En plus, il se contredit et contribue au renforcement de la position de l’anglais en laissant entendre que la situation est irréversible, qu’il n’y a pas d’alternative. En effet, il a lui-même souligné que l’espéranto est la langue d’aucun État, et qu’il s’agit là d’un avantage important. Or, l’anglais est, lui, la langue d’un certain nombre d’États, et en premier lieu de celui qui mène le monde à son gré.

    L’espéranto propose au monde la langue de non-alignement dont il a besoin. Il est de loin plus accessible à toutes les couches sociales dans quelque zone géographique et linguistique que ce soit. C’est loin d’être le cas pour l’anglais. Même La Voix de l’Amérique reconnaît sa difficulté. Et on peut s’imaginer ce qu’il en est pour des échanges ayant des conséquences importantes sur la scène inteernationale. Jacques Chirac lui-même, qui, contrairement à ceux qu’Asp l’explorateur (sic !) ameute autour de lui, n’est pourtant pas un indigent mental, et qui a fait des séjours linguistiques aux États-Unis, s’est humblement excusé, lors de sa visite à New York, après l’attentat du 11 septembre 2001, de ne pas pouvoir poursuivre son intervention en anglais et de parler en français après avoir avoué : My English is not very good.

  • Par Wlad (xxx.xxx.xxx.50) 22 juin 2009 11:22
    Wlad

    A noter que le parti EDE a dû financer lui-même l’impression des bulletins de vote. Cette méthode, qui gêne la présence de petits partis

    et qui empêche les groupuscules fantaisistes ou dépourvus de programme (EDE, au hasard) de faire n’importe quoi avec l’argent public.

  • Par Jovitourtiste (xxx.xxx.xxx.119) 22 juin 2009 13:01
    Jovitourtiste

    L’article en lui-même ne m’intéresse pas le moins du monde. Après tout, qui se soucie de savoir que la méthode Assimil de poche en espéranto existe, à part un espérantiste - ou un espérantiste en devenir ? Le problème avec les articles de Krokodilo sur l’espéranto, c’est qu’ils parlent justement de l’espéranto, un sujet marginal, obsolète, dépassé depuis longtemps et pour ainsi dire tout le monde s’en fout, moi le premier. D’ailleurs, si les aspiens n’étaient pas là pour pourrir le thread, nul doute que l’article finirait dans les oubliettes d’Agoravox, comme ceux d’Henri Masson sur Ipernity avec des records de deux ou trois commentaires.

  • Par Wlad (xxx.xxx.xxx.50) 22 juin 2009 12:46
    Wlad

    @Wlad : mais que voilà un commentaire peu constructif. Si un groupe décide de se mobiliser pour une cause, en passant la course d’obstacle que represente une élection, je ne vois pas où est le problème.

    Le problème, c’est que les élections européennes doivent amener à élire des représentants politiques qui défendent une vision globale de la société, pas une bande de clowns dont le seul et unique but est de barrer la route de l’anglais et de promouvoir "le multilinguisme" (i.e. espéranto pour tous, puis d’autres langues éventuellement). C’est la seule profession de foi qu’on trouve sur le site d’EDE.

    Comme je le disais à espermantulo dans un précédent article de Krokolidio, s’il s’agit de faire la promotion d’un produit quelconque (ici l’e-o), la prochaine fois je lance une liste "Cochonou" pour défendre les produits du terroir.

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