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Accueil du site > Tribune Libre > La morale contre l’homosexualité

La morale contre l’homosexualité

Depuis une semaine est relayé un appel signé par des élus UMP et UDF contre « l’adoption et le mariage de deux personnes du même sexe ». Comment juger leur démarche ?

Il vient d’être annoncé que 174 maires de droite adhèrent à l’idée qu’il faut interdire moralement, d’abord, et ensuite juridiquement, c’est entendu, "le mariage et l’adoption par deux personnes du même sexe". Parmi les élus qui ont adhéré à cette déclaration, on retrouve, comme l’indique Marianne : "Patrick Balkany, député-maire de Levallois-Perret, Christine Boutin, députée des Yvelines, Etienne Pinte, député-maire de Versailles, Georges Tron, député-maire de Draveil (Essonne) et proche de Dominique de Villepin, Pierre-Chritian Taittinger, maire du XVIe arrondissement de Paris, ainsi que les maires de Béziers, Raymond Couderc, de Roanne, Yves Nicolin, de Valenciennes, Dominique Riquet, de Colmar, Gilbert Mayer, de Rouen, Pierre Albertini, et de Dieppe, Edouard Leveau".

Cette pétition est elle-même relayée par Les associations familiales catholiques de Bretagne et par Les jeunes catholiques nantais. On le perçoit, et ceci n’est pas un secret quand on voit l’usage que le président de l’UMP fait du spam ou bien du videopodcast, il y a, de la part d’une frange réactionnaire quant au droit de l’individu, une mobilisation qui dépasse le cadre classique qui se polarise au niveau géographique, pour se développer et se répandre au niveau de la dimension web et sites d’actualités. Signalons que ces sites sont directement accessibles par Google actualité. Ainsi, il ne suffit pas de dire, comme Bayrou, qu’il est seulement critique du manifeste. Car là aussi est posée une certaine définition de la conformité.

Au-delà de la fixation sur le pouvoir et sa suprématie, c’est au niveau de la population elle-même que se fixent et se diffusent des idéologies qui veulent une moralisation politique, à partir d’une définition de l’humanité qui duplique leur propre identité.

Mais qu’est-ce qui se cache derrière ce déni de la légalisation/légitimation du mariage homosexuel et de l’homoparentalité ? Comme le rappelle Foucault dans le tome 1 de L’histoire de la sexualité, le caractère de normalisation de la sexualité au niveau de l’hétérosexualité est un mouvement moderne (XVIIIe et XIXe siècles) qui a, suivant une logique d’énonciation, discriminé toute autre forme de sexualité. Ceci provient du passage à une définition scientiste - qui est lentement devenue essentialiste - de l’homme et de ses rapports. Au XIXe siècle, le couple hétérosexuel est devenu légitime, et est passé sous silence, en faveur d’une concentration discursive sur les autres sexualités. "Mouvement centrifuge par rapport à la monogamie hétérosexuelle" [...] Le couple légitime, avec sa sexualité régulière, a droit à plus de discrétion. Il tend à fonctionner comme une norme, plus rigoureuse peut-être, mais plus sielncieuse. En revanche ce qu’on interroge [...] c’est le plaisir de ceux qui n’aiment pas l’autre sexe". Ceci conduit Foucault à comprendre que l’interdit de l’homosexualité se fonde dans cette époque contemporaine à partir de la définition biologique des rapports humains, amenant que ce qui est invoqué tient à l’ordre d’une perturbation (du sang, principe d’impureté, qu’il relie avec la question du nazisme à la fin du tome 1) par rapport à la norme, définie selon une illusoire scientificité.

C’est ce qui se retrouve parfaitement dans les énoncés homophobes de Christian Vanneste (qui sera jugé le 24 janvier à partir de la plainte déposée par ActUp Paris, SOS Homophobie et le SNEG), au sens où il peut dire que "le comportement homosexuel est un danger pour l’humanité" car "la vie, c’est l’ordre et la hiérarchie des comportements". Or, est-ce que l’homme, justement, dépend a priori d’une essence biologique ? Est-ce que justement, il n’est pas, pour reprendre la terminologie de Sartre, l’être pour qui "l’existence précède l’essence", à savoir un être qui se pose dans le choix et dans la possibilité de la liberté de ses désirs ?

C’est pour cela qu’il est important que des réactions se fassent entendre, que cela soit celle de Tetu ou bien celle du PS et des Verts, afin de poser la nécessité d’une réflexion sur l’existence des hommes prise dans sa singularité, et non pas selon des normes illusoires définies a priori.


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217 réactions à cet article    


  • Céline (---.---.226.45) 24 janvier 2006 11:06

    Monsieur Alain-Gérard SLAMA à écrit un livre fort intéressant : "Le siécle de Monsieur Pétain qui met en garde contre la pétainisation, des esprits. et bien je ne peux que constater que M. Slama à vu juste lorsque l’on peut que constater que les Députés sont partis en croisade pour un réédition de la révolution de M. Petain l’ordre moral. C’est inadmissible que la politique s’introduise dans les affaires privées ; Ils vont aller jusqu’où. Pendant ce temps des gens sont mal logés, pendant ce temps les restos du coeur font le plein, pendant ce temps le chomage grimpe, pendant ce temps des entreprises délocaliseent, MAIS des Députés jouent à nous écrire un code de bonne conduite selon leur valeur. Cest tout simplement scandaleux et dangereux.

    Céline


    • l’homme dans la lune (---.---.66.49) 24 janvier 2006 19:30

      Les revendication de l’homosexualisme politique, critiquées par cet appel, ne concernent pas la sphère privée, mais le fait d’imposer l’absence évitable d’un de ses parents à un enfant ou d’imposer à tous les citoyens la charge financière d’avantages fiscaux pour ces « couples homosexuels ». Le refus de la critique que manifestent ces mouvements est la mort de la liberté d’expression


    • (---.---.91.178) 24 janvier 2006 11:23

      Vraiment fumeux comme analyse. Il vaut mieux éviter de faire de la psycho quand on lit ce genre de texte. Ce n’est pas parceque l’homosexualité à toujours éxistée qu’elle est dans la normalité du genre humain.


      • Tonio (---.---.15.77) 24 janvier 2006 12:21

        D’accord avec cette analyse. Oui aux libéralismes politique, économique et moral. Le peuple attend de l’État qu’il organise la vie publique pour permettre à chacun de se réaliser librement. L’État ne doit pas interférer dans la sphère privée des acteurs individuels si leurs actions n’entravent pas la liberté d’autrui.

        Même si je pense que le mariage est une institution dépassée (nous avons assez lutté en 68 et dans la deuxième partie du XXe siècle pour libérer les femmes de la structure aliénante du mariage), au nom de quoi l’état devrait-il refuser à certains citoyens consentants ce qu’il accorde à d’autres ?

        Assez de ces conservateurs qui tendent à laisser l’Europe sur le bas côté du chemin de la modernisation ; par des alternances constructives entre socio-démocrates et libéraux, nous avons une chance de ne pas rester à la traine des progrès indiens, américains et chinois.


      • Seb (---.---.72.66) 24 janvier 2006 13:17

        « Ce n’est pas parceque l’homosexualité à toujours éxistée qu’elle est dans la normalité du genre humain. »

        Pour essayer de cerner toute la bêtise de votre commentaire, répondez à cette seule question :

        Qu’est-ce que la norme ?

        Astuce : lire un cours de philo de Terminal où des jeunes de 17ans savent y répondre...


      • (---.---.91.178) 24 janvier 2006 15:01

        Donnez donc la réponse !


      • Seb (---.---.72.66) 24 janvier 2006 22:00

        Je n’arrive pas à trouver une définition suffisament explicite pour définir la norme, mais je peux rapprocher ce mot avec la ’nature’ d’un objet/être, car la norme est un ensemble de spécifications définies et immuable, et la nature d’un objet/être est un ensemble de caractéristiques fondamentales.

        Je n’ai pas envie de faire un cours, ça serait saoulant et je ne prétend pas être compétend en ce domaine. Mais la question de la normalité est indentique à la problématique de la nature humaine...et plusieurs philosophes y ont déjà apporté des éléments de réflexions pertinents... Marx, Sartre et Levi-Straus(ethnologue) sont d’accord pour dire que si l’Homme possède certaines caractéristiques comme la station debout, l’utilisation d’outils et le langage, il est fondamentalement culturel. D’après Marx, « L’Homme est le fruit de sa propre histoire. » Il n’y a alors pas de ’nature’, seulement une « condition universelle » de l’Homme pour se développer, apprendre...et de développer des cultures différentes, véritable richesse de l’Humanité car c’est autant de visions différentes de la réalité. Chaque culture correspond donc à une manière différente de vivre son humanité.

        Il n’y a pas d’homme naturel, car la nature de l’Homme est d’être un être culturel. Il est donc impossible d’essayer de définir une norme pour l’humanité !

        Et j’en viens donc à l’homosexualité : C’est une expérience différente de sa propre humanité.

        Sans faire de trollisme, on peut aussi noter que seuls les sociétés totalitaristes comme le nazisme ou le stalinisme pour ne citer qu’eux, ont voulu imposer une norme et éliminer les individus qui ne correspondaient pas à cette norme, tels les homosexuels. Et pour éviter toute remarque stupide du style ’t’as dis ça parce que t’es homo’, je précise que je suis hétéro :p


      • (---.---.162.36) 25 janvier 2006 10:59

        Merci pour cette réponse parfaitement rocambolesque. Je maintiens ma position sur le hors norme.


      • Laura Ingalls (---.---.58.91) 25 janvier 2006 19:15

        vous parlez de norme, de comportement majoritaire..je vais piquer une réplique de film « de quelle majorité parlez vous ?? Celle qui est pour la peine de mort ? Celle qui jurait que la Terre était plate ? »..Pfff. Quant à la nature, chacun sait que les animaux se marient et se font baptiser.. Vos diatribes pseudo-intellectuelles révèlent une homophobie malheureusement classique, ou une homosexualité refoulée que seule un psy pourrait vous aider à vivre... bon courage.


      • Seb (---.---.72.66) 26 janvier 2006 13:59

        Alors expliquez-moi ce qui pour vous est hors norme !

        Ce qui ne vous plait pas ? Ce que vous ne comprenez pas ? Ce qui vous fait peur ?


      • Scipion (---.---.51.150) 24 janvier 2006 11:47

        « Comme le rappelle Foucault dans le tome 1 de L’histoire de la sexualité... »

        Foucault ne rappelle rien du tout ! Foucault estime que... Foucault pense que... Foucault postule que...

        Et quoi qu’il estime, quoi qu’il pense, quoi qu’il postule, il reste que le mariage homosexuel est une institution gadget ne correspondant à rien, dans la mesure où le couple homosexuel ne correspond à rien du tout.

        Son inutilité sociétale est tellement évidente qu’on se demande comment des gens qui n’apportent strictement rien à la société peuvent prétendre en obtenir des avantages, par exemple fiscaux et tarifaires.

        Même un philatéliste, en cela qu’il conserve des figurines appartenant à un patrimoine, a plus d’utilité que l’homosexuel, dont la seule singularité est de s’accoupler - normalement, dans la plus stricte intimité - avec une personne du même sexe.


        • Scipion (---.---.51.150) 24 janvier 2006 12:05

          J’aurais tellement préféré que vous riviez mon clou - je suis maso smiley) - en démontrant que l’homosexualité à une utilité sociale...

          Mais enfin, à l’impossible, nul n’est tenu...

          On peut rêver d’un WEB intelligent, dans lequel les interventions inconsistantes, s’autodétruiraient dans les trois secondes... smiley)


        • Céline (---.---.226.45) 24 janvier 2006 12:17

          Vous etes merveilleux, Scipion, dans votre sectarisme méprisant et vous « pensez » qu’un couple homo ne correspond à rien du tout... Son inulité sociale et puis les philateistes recoivent aussi votre arrogance Scipion, votre bile va-t-elle bien.. Vous savez meme les haineux peuvent consulter et profiter des avantages de la Sécurité Sociale Céline


        • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 24 janvier 2006 12:24

          Le problème de votre théorie de l’« utilité sociale », c’est qu’elle pue.

          Hitler déportait les Juifs, les handicapés, les tziganes, et les homosexuels parce qu’il les considérait comme inutile à l’élaboration de la race aryenne. Je n’ai rien d’autre à dire, M. Scipion, si ce n’est que sous une certaine maîtrise verbale, vous n’êtes pas plus respectable que n’importe quel individu vitupérant un ’Delanoë, sale pédé’.


        • Scipion (---.---.51.150) 24 janvier 2006 12:29

          Pourquoi Ludovic Charpentier, alors qu’on ne lui demande rien du tout, introduit la notion de perversité dans le débat ?

          Va comprendre, Charles !


        • florian (---.---.162.39) 24 janvier 2006 12:33

          un couple homosexuel est utile socialement comme tous les hommes et les femmes qui composent la société. ils travaillent, paient des impots, participent à la vie de la cité... un couple est un couple, il correspond à un couple. peut etre devriez vous développer votre pensée parce que pour moi l’inutilité n’est pas aussi évidente que ça.


        • Scipion (---.---.51.150) 24 janvier 2006 12:38

          Céline, Vous mélangez tout. Si je ne me considére pas comme philatéliste, j’ai moi-même une collection de timbres-poste.

          Alors, ne voyez pas de mépris là où il n’y en a pas. Et parlez-nous plutôt de l’utilité sociale de l’homosexualité...

          Vous donnez l’impression d’avoir des lumières sur cet aspect de la question. Sinon, vous ne me conseilleriez pas de consulter, j’imagine...


        • Scipion (---.---.51.150) 24 janvier 2006 12:42

          Il faut avoir, Ludovic Charpentier, un singulier toupet pour mettre les quinze mille homosexuels victimes du nazisme sur un pied d’égalité avec les six millions de Juifs génocidés par le IIIe Reich !


        • Philippe Boisnard Philippe Boisnard 24 janvier 2006 12:44

          Il est étrange de parler d’utilité sociale des hommes. est-ce comme cela que l’on pose l’existence individuelle, selon un critère de rentabilité sociale, d’épargne sociale. Inquiétant et dangereux. Quant à Foucault, il établit ses analyses à partir de documents non pas purement spéculativement.


        • Scipion (---.---.51.150) 24 janvier 2006 12:48

          Florian, vous écrivez : « un couple homosexuel est utile socialement comme tous les hommes et les femmes qui composent la société. ils travaillent, paient des impots, participent à la vie de la cité... », mais vous vous trompez. Deux homosexuels sont socialement utiles comme n’importe qui ne parasite pas la société. Pas plus pas moins.

          Mais en tant que couple homosexuel, ils n’ont aucune utilité et à ce titre, ils ne peuvent prétendre à quelque avantage que ce soit, lié à leur condition - strictement privée - d’homosexuels.


        • Scipion (---.---.51.150) 24 janvier 2006 12:55

          Et maintenant en voilà un qui écrit : « Il est étrange de parler d’utilité sociale des hommes. est-ce comme cela que l’on pose l’existence individuelle, selon un critère de rentabilité sociale, d’épargne sociale. Inquiétant et dangereux. »

          Ce n’est pas de l’utilité sociale des individus qu’il est question ici, mais de l’utilité sociale de l’homosexualité et de l’« institution mariage homosexuel », assortie d’avantages matériels !


        • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 24 janvier 2006 12:55

          « Il faut avoir, Ludovic Charpentier, un singulier toupet pour mettre les quinze mille homosexuels victimes du nazisme sur un pied d’égalité avec les six millions de Juifs génocidés par le IIIe Reich ! »

          Et vous, vous ne manquez pas de toupet pour déclarer qu’il est plus dramatique de tuer 6 millions de personnes que 15,000 !!!! Un génocide est un génocide, quelque soit son ampleur, ses motivations, et le nombre de victimes. Si Hitler avait pu faire déporter 6 millions d’homosexuels, il l’aurait fait volontiers. Lui aussi considérait que ceux qui ne contribue pas au développement de la race aryenne étaient ’inutiles’.


        • Céline (---.---.226.45) 24 janvier 2006 12:57

          Si vous voulez débattre, Scipion, alors débattons sur certains de nos politiques qui veulent s’insinuer dans les affaires privées et là vous verrez le sens du mot utile. Céline


        • (---.---.238.2) 24 janvier 2006 12:59

          Doit il y a voir une hiéarchie dans l’horreur ? Scipion ne manque clairement pas de toupet !


        • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 24 janvier 2006 13:22

          « Doit il y a voir une hiéarchie dans l’horreur ? »

          ’La mort d’un homme est une tragédie, la mort de millions d’hommes est une statistique’ Staline.


        • gaël (---.---.238.2) 24 janvier 2006 13:09

          Qu’est ce que c’est que l’utilité sociale d’un couple ? Avoir des enfants ? Alors dans ce cas, pourquoi autoriser le mariage des couples sans enfant ? L’argumentaire de Scipion ne tiens pas ! Il n’y a d’ailleurs aucun argumentaire... Il lance une question foireuse, sans en définir les termes, et sans clairement illustré sa pensé, si ce n’ai par quelques borborygmes proche de la haine... C’est de la provocation ni plus ni moins ! Mérite-t-elle qu’on s’y étende, je ne crois pas, si ce n’ai pour faire le jeu du perturbateur.. L’attitude requise dans ce cas, ne résume en un seul mot fort à propos : Plonk !


          • Scipion (---.---.51.150) 24 janvier 2006 14:34

            Gaël demande : « Qu’est-ce que l’utilité sociale d’un couple ? » Je ne peux pas lui répondre.

            Ca doit tenir au fait que je n’ai jamais parlé de l’utilité sociale du couple, mais de l’inutilité sociale de l’homosexualité et, par voie de conséquence, de l’inutilité sociale du couple homosexuel !

            Il en résulte a contrario l’utilité sociale du couple hétérosexuel. Qui est celui qui assure la perpétuation de l’espèce, pour ceux qui l’ignoreraient.

            Elle est dramatique la proportion de personnes qui ont des problèmes de lecture...


          • Ludovic Charpentier (---.---.68.100) 24 janvier 2006 14:44

            Le problème est qu’un raisonnement aussi simpliste qui résume l’utilité sociale d’un couple à sa nature à procréer remet en cause l’union de personnes stériles...

            Donc selon vous, il faudrait épouser une personne uniquement en fonction de ’critères sociaux’ et donc de l’obtention d’une descendance ??? Le mariage de personnes hétérosexuelles trisomiques, ou handicapées est-il utile socialement dès lors si l’on tient compte de la simplicité de votre raisonnement ????


          • gael (---.---.238.2) 24 janvier 2006 15:09

            plonk et replonk ! visiblement Scipion ne se satisfait que de son propre raisonnement... Circulaire qui plus est. La définition de l’inutilité amène directement a la définition de son complémentaire : l’utilité !... Je n’ai donc aucun pb de lecture, lui sugérant même une définition claire et stupide reprise texto depuis ! A l’agréssivité de Scipion qui accuse certains de pb de lecture, je lui retournerai que d’autres souffrent de biais de raisonnement !

            Enfin, dire que le mariage n’a de sens que dans la procréation (ce que Scipion finalement avoue) est extrement dangereux... cf un des commentaires precedent.. Que fait-on des couples handicapés, par exemple ? Et des exemples de ce type, on peut en trouver pléthore... C’est un raisonnement simpliste qui conduit a des conclusions simplistes... et historiquement catastrophiques ! Sur ces qq lignes, je ne rajouterai plus rien à ce non débat, où Scipion fait visiblement l’unanimité avec lui-même !


          • Cedric (---.---.172.148) 25 janvier 2006 15:08

            Monsieur Scipion,

            Désolé d’arriver dans le débat si tardivement. Enfin, juste pour dire que vous me faites mourir de rire... et aussi de dégoûts et même parfois de peur ! Peut-être sont-ce les sentiments vous voulez inciter à nous, vos lecteurs, je ne sais pas. Et permettez moi d’ajouter... Mais quand je vous lis, je me dis : « comment est-ce possible de penser aussi étroitement et d’être aussi méchant ?! ». Etes vous franchement comme cela, Monsieur Scipion, ou pensez-vous simplement étroitement ?

            Monsieur Scipion, je me souviens d’ « argumentaire(s) » de votre type, au moment de 1928 puis de 1933 (et années suivantes), et enfin dans les soutiens néo-révisionnistes de certains politiques européens actuels pour des phrases et même des crimes contre l’humanité perpétués au cours du siècle dernier (« Jean-Marie » Haider l’Autrichien (autrichien !), « Adolf » Le Pen le Français (français !), et « Benito » Fortuyn l’Hollandien (hollendien) en sont juste trois exemples). 6 millions de Juifs exterminés ne sont pas un détail, Monsieur Scipion. Au même type que 15 000 homosexuels assassinés ne sont pas du bienfait de l’Humanité. (merci Ludovic)

            Monsieur Scipion, que recherchez vous ? Recherchez vous à nous démontrer que pour avoir un(e) joli(e) bébé(e), il faut avoir un chromosome x qui fusionne avec un autre chromosome x, ou avec un chromosome y ? Sacrée découverte biologique, vous devriez faire des sciences naturelles, Monsieur Scipion !

            Car, Monsieur Scipion, si j’ai bien compris vos propos, ainsi que leur émanescence sous-jacente, l’utilité sociale d’un accouplement humain est simplement de perpétuer l’Espèce (avec un grand « E », comme vous devez vous complaire à penser. Adoptons donc cette orthographe pour la suite). Donc, si je comprends bien, le couple hétérosexuel est légitime (enfin, dès lors qu’il fait des enfants !), et celui homosexuel est illégitime socialement... Est-ce une sentence, Monsieur Scipion ?

            Monsieur Scipion, vous êtes donc de ceux qui se doivent (et se sentent obligés) de vivre pour perpétuer votre patrimoine génétique dans le but de perpétuer l’Espèce. Bah l’Espèce, Elle est pas mal barrée là ! Mais ça me fait me poser deux questions à propos de vous et de vous petits copains (petits copains, ce n’est pas à prendre littérairement, Monsieur Scipion !) :

            (1) « pourquoi cette idéologie apparentée à des relents de »peste brunomophobique «  ? »

            et (2) « pourquoi avez-vous avez peur de ce que je suis sûre, vous qualifiez dans le secret de votre chambre bien trop sombre d’anormalité humaine ? »

            Monsieur Scipion, petit malheureux, comment concevez-vous votre vie ? Le seul but d’un couple est bien de s’aimer et non franchement de procréer. Autrement dit, la procréation appartient à l’Amour (avec un grand A !), mais nous pouvons nous aimer tout autant sans avoir le but ultime de perpétuer l’Espèce aussi. Si vous pensez le contraire, je vous plains, vous, votre femme et votre certaine frustration sexuelle. Contrairement à votre argumentaire, je pense la procréation comme ne rentrant pas dans le domaine de la sainte sacrée perpétuation de l’Espèce. Ou, autrement, si nous poussons votre argument à l’extrême, ceci doit passer par une abolition de tous les petits dérapages génotypiques, autrement dit, par une extermination simple de tout individu handicapé. Vous pouvez essayer de nous faire croire le contraire, mais c’est exactement ce sur quoi repose la conception de votre bien triste « argumentation ». Bref, comme le signale si justement Gaël (merci Gaël !) : « Qu’est ce que c’est que l’utilité sociale d’un couple ? Avoir des enfants ? Alors dans ce cas, pourquoi autoriser le mariage des couples sans enfant ? »... Bah oui ! Simple, Monsieur Scipion : arrêtons de nous aimer, si simplement, et faisons des enfants !

            Monsieur Scipion, je suis presque même sûre que vous seriez capable de penser secrêtement, dans votre chambre noire, qu’accouplement pour accouplement rime avec lubricité. Et pour faire une unième échelle à l’image de celle que vous utilisez dans vos messages si pauvres qu’ils en deviennent presque rigolos, peut-être pourrions nous en proposer une autre ici : devrait être punis à prison à perpétuité les couples hétérosexuels sans enfants, et devraient être condamnés à crime contre l’humanité, et à mort, et à bannissement total les couples homosexuels. Pourquoi pas, Monsieur Scipion ?

            Souriez, Monsieur Scipion. Mais souriez et éclatez vous ! Et ne nous faites surtout pas croire que le mariage homosexuel va aboutir à l’extinction de l’Humanité. Il n’y a certainement pas plus aujourd’hui d’homosexuels qu’il n’y en avait hier (statistiques, informez-vous !) et l’Espèce à plutôt l’air de pas trop mal se porter en terme de « reproduits » sortis de l’usine... Si bien que je ne vois pas comment nous pourrions arriver à cette extinction par cette voie (simple équation, monsieur Scipion !).

            Bref, Monsieur Scipion, tous les Grecs et tous les Brésiliens ne sont pas pédés, je vous (r ?)assure ! Et tout individu a son importance sociale, simplement parce que c’est un individu. Même vous, Monsieur Scipion, ainsi que vos petits amis aux idées brunâtres, vous me faites sans cesse prendre conscience que le combat reste franchement à mener.

            Excusez mon français sûrement un peu approximatif, Monsieur Scipion. Et arrêtez de regardez aussi chez le voisin et/ou chez la voisine pour savoir comment il vit. C’est certainement ceci qui n’est pas moral ! Sincèrement, Cedric

            P.S. : quant à l’homoparentalité associée au degré de tristesse des enfants vivant au sein d’une cellule homosexuelle, dites moi si je me trompe Monsieur Scipion (ainsi que la personne qui ne laisse pas de nom), mais je crois avoir depuis longtemps compris qu’ils sont tout aussi normaux que vous (hétéro) et que moi (hétéro aussi)... Et ils ne sont pas devenus des « animaux lubriques », comme vous vous devez dire ! Ils ne sont pas des « détraqués sexuels », non plus ! Et ils réussissent comme ils doivent réussir, comme vous et moi, donc.


          • Gil (---.---.93.79) 29 janvier 2006 10:58

            Ce n’est donc pas « d’utilité sociale » dont vous parlez, mais plutôt « d’utilité biologique », pour perpétuer l’espèce... En soi, tout être humain peut et devrait avoir une utilité sociale. L’humanité ne peut se réaliser que dans l’altérité. Pourquoi ne définir l’utilité sociale de tel ou tel qu’au travers de ses pratiques sexuelles, en le stigmatisant inutilement ? Ne peut-on pas penser par exemple qu’un chirurgien homosexuel qui sauve des vies a une « utilité sociale » ?


          • Senatus populusque (Courouve) Courouve 24 janvier 2006 13:41

            Michel Foucault avait corrigé ses affirmations de 1976 :

            « Le domaine des amours masculines a bien pu être « libre » dans l’Antiquité grecque, beaucoup plus en tout cas qu’il ne l’a été dans les sociétés européennes modernes ; il n’en demeure pas moins que l’on voit se marquer très tôt des réactions négatives intenses et des formes de disqualification qui se prolongeront longtemps. » L’Usage des plaisirs, (Gallimard, 1984), Introduction, 2, 3.

            Noël Mamère avait d’abord prétendu qu’il y avait un vide juridique, puis a déposé une proposition de loi visant à « clarifier » le Code civil. En réalité, le mariage du code civil est bien celui d’un homme et d’une femme.

            Selon Daniel Borrillo, la notion de mariage, comme institution, ne délimite pas son champ d’application, c’est au contraire le principe d’universalisme qui redéfinit non seulement le mariage, mais aussi le régime du sexe (construction sociale, à ne plus mentionner sur les papiers d’identité ...). D’où la dénonciation du caractère « discriminatoire et injuste » du seul mariage hétérosexuel.

            Pour D. Borrillo, « Le mariage [...] consacre socialement l’union de deux personnes ayant comme but la solidarité réciproque sur la base de l’affection mutuelle ». Or l’homosexualité relève davantage de la liberté et de l’amitié (amitié charnelle en l’occurrence) que de l’égalité et de la conjugalité ; c’est une amitié « poussée à l’extrême », disait l’Athénien (Platon, Lois). La Constitution, la Déclaration de 1789 et le Préambule de 1946, sont muets sur le mariage ; le Préambule précise cependant sa conception hétérosexuelle de la famille (al. 10 et 11) : « La Nation assure à l’individu et à la famille les conditions nécessaires à leur développement. Elle garantit à tous, notamment à l’enfant, à la mère et aux vieux travailleurs, la protection de la santé, la sécurité matérielle, le repos et les loisirs. » La Déclaration universelle des droits de l’homme (art. 16), définit le mariage comme hétérosexuel : « À partir de l’âge nubile, l’homme et la femme, sans aucune restriction quant à la race, la nationalité ou la religion, ont le droit de se marier et de fonder une famille [...] La famille est l’élément naturel et fondamental de la société et a droit à la protection de la société et de l’État. » La Convention européenne des Droits de l’Homme, dans son article 12, fait de même : « À partir de l’âge nubile, l’homme et la femme ont le droit de se marier et de fonder une famille selon les lois nationales régissant l’exercice de ce droit. »

            La rédaction a été « modernisée » dans le Traité Constitutionnel de l’Union Européenne pour « couvrir les cas dans lesquels les législations nationales reconnaissent d’autres voies que le mariage pour fonder une famille. Cet article [art. II-69] n’interdit ni n’impose l’octroi du statut de mariage à des unions entre personnes du même sexe » (explication du praesidum dans la Déclaration n° 12 jointe au Traité). Le Traité constitutionnel laissait ainsi, avec cet article II-69, la porte ouverte au « mariage » homosexuel.

            Cette dénaturation de l’institution matrimoniale semble analogue à la démocratisation à la Meirieu de l’institution éducatrice, qui exige, sous couvert d’égalité absolue, que l’acte d’enseignement soit remplacé par la libre expression des uns et des autres, que les sciences dures disparaissent au profit d’une « culture commune », inconsistante mais (parce qu’insconsistante) apparemment accessible à tous ; que la démocratie, prétende définir par des procédures démocratiques la culture de haut niveau dont elle est issue. Ni la culture, ni l’anthropologie ne sont cependant solubles dans la démocratie. L’acceptation du mariage pour les esclaves ou les infidèles, les unions mixtes ou interconfessionnelles, en faisant progresser l’égalité des droits, n’ont jamais dénaturé la notion de mariage ; ces réformes se firent au contraire dans le respect du sens du mot mariage, sans vider l’institution de sa substance pour la soumettre à un a priori universaliste. En revanche, le divorce vient d’être déshétérosexualisé, si l’on peut dire, par la modification du seul article encore « marqué ».

            Daniel Borrillo écrivait encore : « faire de la filiation une caractéristique essentielle du mariage revient à assigner une finalité reproductive à la sexualité ». Il assimilait bien légèrement mariage et sexualité. Le mariage donne en effet à la filiation un statut, assure en général (sauf adultère) à l’enfant la connaissance de ses origines, mais nul n’est obligé de s’engager dans le mariage. On sait, depuis Diderot, Sade, Nietzsche et Freud, et même depuis les Grecs, que la sexualité est une fonction de relation largement indépendante de la procréation ; c’est d’ailleurs ce qui justifie notre liberté sexuelle, y compris la liberté des vœux de célibat et de chasteté.

            L’égalité des droits n’a jamais signifié que hommes et femmes soient identiques, interchangeables ; l’équivalence entre homosexualité et hétérosexualité est une erreur dérivée, basée sur l’identité supposée entre homme et femme et une fausse symétrie de ces termes inventés en Allemagne dans la seconde moitié du XIXe siècle. Si cette identité était réelle, elle impliquerait de ne plus voir de différences de fait ou de situation, entre une relation homosexuelle et un couple hétérosexuel marié. Faire de l’homosexualité revendiquée la base de l’ouverture de droits, comme le droit au mariage, reviendrait à reconnaître ce « troisième sexe » imaginé par quelques auteurs, eux aussi allemands (K. H. Ulrichs, Heinrich Marx et Magnus Hirschfeld ; les deux premiers avaient déjà revendiqué l’accès au mariage).

            Toute inégalité, toute différence de traitement, n’est pas toujours une discrimination, ni une injustice, contrairement à ce que prétend la démagogie égalitariste, « comme si le principe de l’égalité des droits devait effacer toute différence ». L’égalité des droits des citoyens, libres individus, n’entraîne pas plus l’égalité juridique des couples homo et des couples hétéro, qu’elle n’entraîne l’égalité juridique entre les associations loi de 1901, les S.A.R.L. et les S.C.I., ou encore l’égalité juridique des associations cultuelles et des syndicats. En d’autres termes, l’égalité des droits des citoyens français (art. 1er de la Constitution) n’est pas l’égalité des droits conférés par des situations différentes (situations crées par des engagements personnels). L’égalité formelle des droits de l’individu (l’homme, le citoyen) n’implique ni l’identité des situations concrètes, ni celle des diverses institutions contractuelles. Gommer les termes « père et mère » dans le Code civil, les remplacer par « parents », (proposition des Verts, Ppl n° 1650), nous rapprocherait davantage d’Orwell (1984) que de la société idéale.


            • (---.---.226.45) 24 janvier 2006 14:01

              Effectivement, Courouve, la vérité sur la nature humaine est écrite dans les tables de la LOI donc immuable et véridique. Bien, merci, mais sous quels critères ont été établis ces précepts en se basant sur quoi, la nature telle, ou sur des valeurs issues des religions ? Lorsque vous regardez cette Nature, l’homosexualité existe et n’est pas rejeté elle participe à la Nature, c’est vrai ce ne sont pas des civilisés..


            • (---.---.15.221) 24 janvier 2006 14:13

              Dieu, Yahvé,


            • lafleche (---.---.123.35) 24 janvier 2006 14:30

              Qu’est ce que Meirieu vient faire là ?

              Amalgame !!!


            • Seb (---.---.72.66) 24 janvier 2006 22:06

              à propos de la ’nature humaine’ et de la norme, cf mon 2ème post plus haut (cherchez l’auteur ’Seb’ smiley)

              et cessez de vous braquer dessus, la norme, et donc la nature humaine définie et immuable n’existe pas :p


            • Thucydide (---.---.101.9) 24 janvier 2006 14:15

              L’exposé de Courouve est long, mais la conclusion pertinente. Effectivement, en matière d’égalités factices, on pense vite à Orwell et sa ferme avec son slogan : « tous les animaux sont égaux entre eux, mais certains animaux sont plus égaux que d’autres »...

              En l’occurrence, s’il est bien d’avoir défini un cadre juridique d’union pour les homosexuels (le PACS), vouloir assimiler totalement leur union à celle d’un couple hétérosexuel prend inutilement des allures de mascarade. Et ce, sans considérer le moins du monde les homosexuels comme des monstres. D’ailleurs, l’homosexualité est répandue dans le règne animal, bien qu’en général, elle soit occasionnelle chez les individus, qui sont plutôt bi-sexuels. L’exemple le plus frappant en la matière est l’un de nos deux plus proches cousins, qui nous renvoie une image pas toujours flatteuse de nous-mêmes : le bonobo (encore appelé chimpanzé pygmée).


              • (---.---.91.178) 24 janvier 2006 14:59

                Tout à fait d’accord. Je ne souhaite qu’une chose c’est l’absence de prosélytisme de la part de ce que je persiste à penser n’être pas dans la norme. Ce n’est pas parceque depuis toujours il y a eu des assassins, ( dans la bible dès Caïn !) que le meurtre est quelquechose de « normal » . Je ne porte aucun jugement négatif sur l’homosexsualité, je ne condamne pas les homosexuels,( j’aurais pu en être un ?).


              • Scipion (---.---.51.150) 24 janvier 2006 15:05

                Ludovic Charpentier se surpasse en écrivant : « Et vous, vous ne manquez pas de toupet pour déclarer qu’il est plus dramatique de tuer 6 millions de personnes que 15,000 !!!! Un génocide est un génocide, quelque soit son ampleur, ses motivations, et le nombre de victimes. Si Hitler avait pu faire déporter 6 millions d’homosexuels, il l’aurait fait volontiers. »

                On ne sait pas si ces propos méritent l’oscar de la bêtise ou celui de la mauvaise foi. Il n’y a jamais eu d’ébauche d’un quelconque génocide des homosexuels.

                Sur un effectif total d’invertis de vingt ou trente millions dans les territoires du Reich et occupés, quinze mille sont morts de mauvais traitements, sans politique systématique d’extermination.

                La proportion des morts est donc de l’ordre de 1 sur 15’000-20’000 alors qu’avec la Shoah, elle est de 2 sur 5.

                Un peu de décence, svp !

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