La justice, que d'aucuns disent aveugle, n'est cependant pas daltonienne.
Le code électoral dans son livre premier, titre premier, chapitre V, article 27 prévoit :
« Les affiches et circulaires ayant un but ou un caractère électoral qui comprennent une combinaison des trois couleurs : bleu, blanc et rouge à l'exception de la reproduction de l'emblème d'un parti ou groupement politique sont interdites. »
Quel ne fût pas mon émoi quand je découvris, ce matin, sur ma chaine d'information en continu le tract bleu-blanc-rouge qui s'affichait sur l'écran bombé de mon vieux téléviseur. Diantre la patrie serait-elle en danger ?
Des souvenirs lointains, quand, aux côtés d'Hervé Morin, j'assistai au débarquement des alliés en Normandie l'Appel bleu-blanc-rouge du Général plié sur le cœur, me revinrent en mémoire.

Ce papier, à l'insu de mon plein gré, je l'ai toujours, d'ailleurs il est dans cette enveloppe !
Je déglutissais difficilement ma première bouchée de croissant quand la journaliste, probablement émue de mon émoi, précisa qu'il ne s'agissait que du dernier trac électoral de l'UMP. Faisant tremper délicatement la crosse de mon Lebel dans mon chocolat chaud, je descendis de mon char Leclerc.
Après 2 secondes de méditation -comme Jean-Claude Vandamme je médite vite-, je parcourus le code électoral que je conserve toujours à portée de la main. Et oui, comme je le pensais, ce tract était non seulement discutable dans le message idéologique dont la droite droitisante nous rebat les oreilles depuis plusieurs semaines mais aussi dans sa forme. Les combinaisons de couleurs bleue-blanc-rouge sont en effet interdites sur les documents électoraux.(1)

Certes la photo, en tant que telle, n'est guère discutable, en revanche le fond bleu et les typographies rouge et blanche sont manifestement contraire à l'esprit et à la lettre de la loi en ce qu'elles sont une « combinaison des trois couleurs » nationales.
Mon neurone légaliste avait déjà été interpellé il y a quelques jours par le tract que diffusait une partie de l'Eglise Catholique. Lequel, soit dit au passage, reprenait des citations du Pape en excluant soigneusement celles d'entre elles qui dans le même discours appelait à la tolérance.

Le message véhiculé est très clair, il y a les vrais français bleu-blanc-rouge et les autres. Avec une touchante naïveté (2) l'UMP reconnaît d'ailleurs qu'il s'agit d'une réponse à la présence de drapeaux étrangers à la Bastille !!!
L'UMP n'a pas le monopole du patriotisme ni des couleurs nationales, cette appropriation est parfaitement contraire au droit et doit être sanctionnée par le retrait du document et l'interdiction de sa distribution.
« Excessif ! » diront certains. Je ne crois pas, l'importance des codes couleurs, surtout aussi chargés de sens que ceux-ci est connus par tous les communicants, tous les publicistes, tous les créateurs d'emballages. Vendre le produit UMP dans un emballage contraire aux règles à neuf millions (pardonnez le peu !!!) d'exemplaires n'est pas admissible.
Sources : (1) « http://www.legifrance.gouv.fr/affic... ;

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Ils pourront faire valoir que les tonalités de rouge et de bleu sont directement inspirées des (...)
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