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Accueil du site > Tribune Libre > La politique civilisationnelle et l’argent-roi

La politique civilisationnelle et l’argent-roi

Certains qui se présentent comme soucieux de justice sociale, c’est-à-dire comme favorables à la réduction des inégalités des chances et des droits réels, se gaussent de la dénonciation par le PS ou le MoDem des cadeaux que le président de la République accepte de la part d’amis très fortunés et par ailleurs industriels aux intérêts fortement liés à l’État dans la communication et l’énergie, au risque de faire de celui-ci l’obligé de ces derniers.


Sur AV et ailleurs, ils ne voient, semble-il, ou ne veulent voir, aucun rapport entre l’acceptation ouverte, pour ne pas dire cynique, de ces cadeaux par Nicolas Sarkozy et sa politique sociale. Ils refusent de voir que celui-ci, en tant que personne privée, prend le risque avoué d’un possible conflit d’intérêt avec sa fonction publique, sinon d’un possible trafic d’influence. Ils vont même jusqu’à dénoncer la dénonciation de ce comportement par le PS et le MoDem, comme une diversion qui occulterait l’essentiel, la politique anti-sociale du chef de l’État.

Leur critique prend appui sur l’idée qu’ils se font de la séparation entre la politique réelle et la politique symbolique ou entre la vie privée et la vie publique. Or c’est cette prétendue séparation entre politique idéologique et politique sociale qui est, en l’occurrence, un leurre trompeur exploité subtilement par Nicolas Sarkozy au profit d’une vision de la rupture symbolique qu’il tente d’introduire dans la conscience politique de nos concitoyens quant aux rapports entre la richesse et le pouvoir politique, ainsi qu’entre la vie prétendument privée, alors qu’elle vise expressément à la notoriété publique, et la vie publique.

Nicolas Sarkozy vient d’affirmer dans ses voeux aux Français, en effet, qu’il désire impulser une "politique de la civilisation" ; or, en fait de civilisation, son comportement, dans ses rapports aux plus fortunés dont il accepte les cadeaux personnels en tout genre, tente manifestement de changer la vision que chaque citoyen se fait d’un chef de l’Etat et de son rôle au service de l’intérêt général, en accréditant l’idée que la puissance de l’argent devrait être admise comme un des fondements légitimes du pouvoir politique.
Il s’agit en cela d’un véritable coup de force idéologique contre les valeurs républicaines et démocratiques, dont nul ne peut estimer qu’il est secondaire dès lors qu’il a pour but de préparer manifestement les coups de force sociaux que les critiques de la politique du chef de l’État dénoncent à juste titre.

Nous savons tous, en effet, que tout est lié en politique : un changement de symbolique de cette importance est toujours, comme NS le dit lui-même, civilisationnel : il vise à préparer délibérément la soumission à un ordre des valeurs qui fait de la valeur de l’argent une valeur incontournable, sinon incontestable, de la vie publique et de ceux qui en ont la disposition, les alliés "quasi-naturels" du pouvoir politique au sommet.

Or c’est cette confusion entre le pouvoir politique et la pouvoir économique qui corrompt la démocratie américaine, dès lors qu’elle affecte cette "exigence d’égalité" que Tocqueville admettait comme la valeur centrale de la vie politique nord-américaine : l’argent roi en tant que valeur sociale dominante, dans la tête des citoyens, tend à devenir une condition idéologique et symbolique pour faire que la puissance des plus fortunés soit perçue par tous comme un pouvoir symbolique et politique légitime. Dire que la France est en "retard sur le monde", comme NS l’affirme dans ses voeux, c’est dire qu’elle doit se plier, ainsi que l’Europe, au culte économiste de l’argent roi, mâtiné d’une dose de religiosité transcendante pour compenser les frustrations qu’il génère, en vue de réduire le risque de révolte violente contre les injustices subies par la majorité de la population.

Ainsi c’est tout un de dénoncer la politique sociale de Nicolas Sarkozy et de déligitimer aux yeux de tous les cadeaux qu’il affiche comme "normaux", comme c’est tout un de dénoncer sa vision de la politique civilisationnelle, son discours à Rome, et les décisions anti-sociales qu’il veut faire passer comme modernes.

Nous ne pouvons donc que nous féliciter que le PS et le MoDem soient en première ligne de ce combat pour la démocratie. Sans leur dénonciation, que l’on doit espérer efficace, de ce changement de valeur, celle-ci serait en grave danger, car cette rupture vis-à-vis des valeurs de la démocratie (qui comme l’affirmait Montesquieu suppose, comme fondement idéologique, la vertu ou l’amour de l’intérêt général), subtilement orchestrée par Nicolas Sarkozy, favoriserait l’extrémisme politico-religieux violent et liberticide, comme les nuées portent l’orage...


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47 réactions à cet article    


  • tvargentine.com lerma 2 janvier 2008 09:48

    Vous laissez entendre que le Président Nicolas Sarkozy est corrompu pour avoir accepté de voyager dans un avion n’appartenant pas à l’Etat.

    Dans votre logique,quand le Président se fait le commercial de sociétés françaises à l’exportation,pour obtenir des contacts ,vous pourriez aussi affirmer que le Président défend des intérets particuliers !

    Vous n’etes pas logique,c’est encore un faux procès qui recommence le 02 janvier 2008.

    Dans que le PS n’aura pas défini un vrai programme politique avec un représentant représentatif des électeurs de gauche et tant que le « MODEM » restera un parti virtuel,le flou le plus total profitera à l’extrème gauche et aux dérives verbales primaires.

    Le président a été élu sur un programme et pour l’instant cela se passe bien


    • Zagnam Zagnam 2 janvier 2008 13:11

      Lerma,

      Que diriez-vous d’un contrôleur de travaux l’Equipement qui fait refaire sa cour en enrobé gratuitement par l’entreprise qu’il fait travailler ?

      Ce même agent répondant à d’éventuelles accusations que c’est un ami de trente ans et que cela n’a rien couté à la collectivité ?

      On appelle cela conflit d’Intérèts.

      Un fonctionnaire ainsi pris aujourd’hui la main dans le sac est sévèrement sanctionné.

      Mais par pour un président n’est-ce pas Lerma.

      « Le président a été élu sur un programme et pour l’instant cela se passe bien »

      Lerma> j’aime bcp votre « pour l’instant » : cacherait-il une faille dans votre optimisme ?

      « Cela se passe bien » : Lerma, vous qui vous attachez si souvent aux faits précis, vous me décevez : pourriez-vous developpez le thème du bien dans la politique de NS ?


    • Francis, agnotologue JL 2 janvier 2008 14:28

      On peut dire aussi : un détournement de fonds public de quelques milliers d’euros envoie le fautif en prison. Un détournement de milliards d’euros n’y envoie personne.



    • Francis, agnotologue JL 3 janvier 2008 10:09

      effectivement. Il semble que certains contrôles ne fonctionnenet plus.


    • La Taverne des Poètes 2 janvier 2008 10:14

      Bonjour Sylvain, j’irai encore plus loin que vous. Sarkozy affiche et répand une attitude très décomplexée par rapport à l’argent, pour la caste qu’il représente (celle des très riches) mais l’UMP culpabilise les autres catégories de la population :

      - gagner de l’argent en travaillant seulement 35 heures, c’est honteux : il faut travailler plus !

      - occuper un logement social en dépassant de quelques dizaines d’euros le plafond légal, c’est un scandale : même si la famille a des dettes, même si on sait qu’elle aura les plus grande difficultés à se reloger si elle quitte son logement, du fait de la flambée de l’immobilier. En revanche, occuper un logement mis à disposition par la collectivité et payer trois fois moins que le prix normal et même le sous-loer -ce qui est illégal- pour en tirer bénéfice pendant 20 ans alors que l’on dispose d’un confortable logement de fonction - gratuit- à côté, cela n’est pas culpabilisant du tout. Le chef de cabinet en question n’affectait pas le moindre remords. Il n’est pas le seul à se montrer si peu regardant.

      Ces deux exemples montrent que l’UMP sarkoziste veut ériger l’argent comme valeur supérieure et preuve du mérite, mais uniquement pour les riches, pour une caste. Pour les autres, l’argent est salissant puisqu’ils en ont peu. Alors on les culpabilise sans vergogne à la moindre occasion : stigmatisation des fonctionnaires, des personnes âgése (qui bénéficiaient d’une exonération de redevance TV), des immigrés pauvres, de grands malades qui « profitent de la Sécu » ...

      Voilà le « changement de civilisation » qui est en marche !


      • Gilles Gilles 2 janvier 2008 10:45

        Je ne comprends pas pourquoi on se dit encore surpris de ce mélange de genres entre politique et pôgnon Pourtant, lors de la campagne, Sarkozy et ses cadors ne s’en sont pas cachés, loin de là. Ces discours sont encore empreint de cette idéologie.

        Le changement de civilisation que l’on nous propose est celui là. Arrêter de penser que la pauvreté et la misère sociale sont dues à des causes sociales, des différences de classe, des privilèges offerts par l’argent, mais que chacun est responsable de son sort. Il n’est plus besoin de financer des programme sociaux, de noyer de subventions (logement, chômage, maladie...) les moins bien lotis mais de responsabiliser (cad inciter & punir) individuellement les gens en leur faisant miroiter l’espoir quasi divin que s’ils bossent dur, se sacrifient, ils deviendront riches et se paieront des yachts. La réaction de Sarkozy aux émeutes de Villier le Bel va dans ce sens ; il refuse de reconnaitres les causes sociales (chomage, misère, cadre de vie) comme causes de fond mais responsabilise les voyous comme unique cause des dégâts (le pauvre est pauvre car il ne veut pas bosser comme les autres et en plus c’est un voyous). La preuve, dans le XVIem, pas d’émeutes et les gens sont plus riches !

        Sarkozy a notamment loué moult fois le modèle social étasunien où chacun a, selon lui, la possibilité de réussir s’il s’en donne les moyens (réussir se mesure à la fortune engrangée dans ce modèle)

        Ceux qui ont fait un peu de socio (type première année) ont dû étudier le crédo américain et ses différences avec le modèle français ou plutôt européen de l’Ouest.

        Là bas, surtout dans les milieux conservateurs et/ou évangélistes, réussir financièrement est une preuve que l’on est meilleurs que les autres ou que l’on est béni par Dieu. Être riche est donc une récompense offerte par la société ou divine, c’est selon.

        Le pauvre, est d’une certaine manière responsable de son sort, par choix ou par incapacité. Il est absolument normal qu’il en pâtisse et la société n’a pas a financer son mode de vie d’assisté. S’il veut réussir il n’a qu’à étudier, travailler, point final ! Une bonne partie des américains, pauvres comme riches pensent vraiment cela.

        Le riche est riche car il est meilleur et il est normal que le pouvoir revienne à ces gens car bien évidemment ils sauront faire bénéficier la société de leurs compétences

        J’ai lu des articles américains dans lesquels l’auteur trouve normal qu’un fils de pauvre ait plus de difficulté à accéder à l’université car il doit assumer le fait que ses parents aient décidé de rester pauvres et que de fait un pauvre a moins de chances de réussir qu’un autre (alors pourquoi perdre de l’argent en payant ses études ?) Pour réussir il est alors normal qu’il fasse plus d’effort pour racheter le passif familial, et si de fait il réussit, alors là par contre il sera reconnu comme exceptionnellement méritant et toute les porte lui seront ouvertes

        Je simplifie, mais il y a du vrai...

        Sarkozy veut nous faire croire que l’argent roi est normal, même en politique car c’est une preuve d’intelligence, de réussite, de compétence (et en plus il y croit....)


      • (---.---.94.142) 2 janvier 2008 15:11

        Moi aussi , mais si j’osais je dirais que la bécane a une conduite curieuse j’ai pris moins neuf -9 en si peu de temps ....que

        http://www.agoravox.fr/commentaire_static.php3?id_article=33720&id_forum=1581993


      • (---.---.94.142) 2 janvier 2008 15:14

        Depuis quelques jours , en tout cas depuis hier chez Imhotep , la multiplication de rédacteurs ad hoc fait des ravages. La bécane a du mal à digérer de telles pratiques elle réagit en adoptant une conduite curieuse

        http://www.agoravox.fr/commentaire_static.php3?id_article=33720&id_forum=1581993


      • Jean.Jacques 2 janvier 2008 16:00

        occuper un logement social en dépassant de quelques dizaines d’euros le plafond légal, c’est un scandale : même si la famille a des dettes, même si on sait qu’elle aura les plus grande difficultés à se reloger si elle quitte son logement, du fait de la flambée de l’immobilier.

        Lui au moins a démissionné et rendu son HLM mais qu’en est il de Chevènement ? Ce ténor de la gauche (soutien de S. Royal), assujetti à l’ISF dispose non pas d’un mais de deux appartements HLM. L’ancien ministre de l’Intérieur est l’heureux locataire d’un appartement HLM de cinq pièces à Paris, rue Descartes, pour un loyer de moins de 1500 euros. Mais également et depuis 1988 d’un second logement HLM dans le quatier de la Vieille Ville de Belfort (l’un des plus prisés) et qu’il n’utilise que comme « résidence secondaire » pour les WE.

        Ces deux exemples montrent que l’UMP sarkoziste veut ériger l’argent ...

        Ces deux exemples ne montrent absolument rien, il n’y a pas plus de dérives à droite et qu’à gauche, et ces dérivent relèvent de la morale voire de la loi et non de la politique. L’ « UMP Sarkozyste » comme vous dites ne gère pas le parc HLM français et ces fraudeurs avaient leur HLM bien avant que Sarkozy ne soit au pouvoir. Je crains que vous ne confondiez la politique et la rubrique faits divers mon cher Taverne des Poètes. Idem pour vos petits camarades qui seraient prêts à approuver tout et n’importe quoi du moment que cela tape sur la droite. Comment voulez-vous être crédibles dans ces conditions. Tout cela n’est pas sérieux.


      • (---.---.229.90) 2 janvier 2008 17:14

        Eh oui, le morpions moinsseurs sont de sortie !


      • CLK500 6 janvier 2008 17:20

        NS et sa clique donnent le choix au salarié de travailler plus. En bons socialistes ils ont créer une usine à gaz de droit opposable au 35h :)

        Soyez objectif !!!

        Ensuite sur un autre plan être riche n’est pas un crime rassurez-moi ? Dans ce cas pourquoi un riche n’aurait pas le droit d’être scandalisé par ces milliers de famille profitant de loyers modérés.


      • tvargentine.com lerma 2 janvier 2008 10:51

        @La Taverne des Poètes

        Faux,car le discours de Nicolas Sarkozy est en rupture avec une société d’assistanat qui pénalisait les salariés qui,avant la mise en place des 35h Aubry faisait des heures supplémentaires pour gagner plus d’argent et avec la mise en place de cette loi et de la nouvelle organisation du travail productiviste sans possibilité de faire des heures supplémentaires ni augmentation de salaire empéchait tout revalorisation des salaires.

        De plus,concernant la flambée de l’immobilier,les BOBOS de la ville de Paris portent une lourde responsabilité dans cette spéculation en ayant exclus des classes moyens de Paris,qui se sont retrouvés en banlieue,ce qui a entrainé une flambée spéculative avec de grandes difficultés pour se loger.

        De plus,dans ce pays qui s’appelle la France,nous avons le droit de parler des fonctionnaires bien trop nombreux et dont le statut social ne correspond plus à rien.

        La Suède à su moderniser son administration avec un grand succès.

        Il est faux de dire ce que vous dites,mais vous avez le droit de le penser et de l’écrire


        • La Taverne des Poètes 2 janvier 2008 11:06

          Une société d’assistanat, la Sécurité sociale ?


        • La Taverne des Poètes 2 janvier 2008 11:09

          Nous aurons, avec Sarkozy, une société de l’assistanat inversée : la société devra supporter par ses efforts croissants une caste étroite de grands privilégiés : de riches rentiers et les PDG du CAC 40.


        • Gilles Gilles 2 janvier 2008 11:18

          @ Lerma

          « De plus,concernant la flambée de l’immobilier,les BOBOS de la ville de Paris portent une lourde responsabilité dans cette spéculation en ayant exclus des classes moyens de Paris,qui se sont retrouvés en banlieue,ce qui a entrainé une flambée spéculative avec de grandes difficultés pour se loger. »

          FAUX, ARCHI FAUX. Lit mon gars un excellent bouquin, « la sociologie de Paris » au cours du XXem siècle. On y voit clairement, cartes détaillées à l’appui, qu’il s’agit d’une tendance qui date d’après la guerre et qui s’est amplifié démesurément depuis les années 70 et n’est pas propre à la France d’ailleurs.

          Le centre ville est de plus en plus monopolisé par les classes dominantes et la finance au détriment des classes populaires et moyennes reléguées d’abord vers l’Est puis vers la banlieue.

          La tendance s’amplifie d’années en années (allez voir le coût des logements même dans le XXem) et la gauche, même s’il n’a fait peu pour l’endiguer n’en est pas responsable a elle seule

          Si on perdure dans cette logique de marché qui elle seule fixe les prix, le seul moyen de stabiliser cette tendance est d’augmenter le logement social, notamment dans les quartiers « bourgeois », ce que refusent les maires UMP (qui haient la loi SRU et se piquent de ne pas la respecter pour complaire à leurs administrés


        • bobleponge (---.---.100.34) 2 janvier 2008 15:53

          @Gilles Bonjour. Je ne connais pas l’ouvrage que vous recommandez, mais je vais essayer de le consulter.

          Pour répondre à la fin de votre commentaire, où vous « proposez » d’augmenter le nombre de logements sociaux pour répondre au problème de la « fuite des classes populaires et moyennes » de Paris, je ne suis qu’en partie d’accord avec vous. En effet, les plafonds de ressources permettant d’accéder aux logements sociaux (ou aidés) dans la capitale aujourd’hui écartent de fait la classe moyenne « trop riche » pour pouvoir y prétendre (et pourtant juste assez fortunée pour pouvoir louer en 2ème couronne). Ainsi, il conviendrait peut-être de revoir les plafonds de ressources, ou mieux de supprimer la notion de « plafond » en instaurant un système qui permettrait d’éviter les effets de seuil... Ceci dit, on parle là de solutions de « location » ce qui irait à l’encontre de la stratégie de « France de propriétaires »...


        • bobleponge (---.---.100.34) 2 janvier 2008 16:11

          J’étais encore (trop) jeune à l’époque, mais je me souviens quand même avoir entendu les termes de « gauche caviar » fut un temps... Maintenant, je ne me souviens plus qui critiquait qui... ;)


        • Gilles Gilles 3 janvier 2008 09:47

          Bobleponge, je posterai ici les référence du bouquin dés que je les retrouve

          Sinon, mon idée était juste de dire qu’il fallait réserver un nombre de logements aux classes populaires et moyennes dans les quartiers huppés. Après, pour les détails du plafond ou niveau de ressources, là j’avoue que je n’en sais rien... il faut juste que la mixité sociale y soit, incluant donc toute les classes et niveaux de revenus

          Tout le monde y gagnerait, même ceux qui ont les moyens. Combien de personnes ai-je entendu qui habitant Paris se plaignaient du fait qu’il est impossible de trouver une nounou, une baby sitter ou quelqu’un pour du ménage...car ces personnes habitent toutes en banlieue, trop loin.


        • CLK500 6 janvier 2008 17:33

          @la taverne Une société d’assistanat, la Sécurité sociale ?

          Oui par exemple, ce monstre qui pompe toute la richesse de ce pays.


        • Tzecoatl Tzecoatl 2 janvier 2008 11:23

          « Or c’est cette confusion entre le pouvoir politique et la pouvoir économique qui corrompt la démocratie américaine, dès lors qu’elle affecte cette »exigence d’égalité« que Tocqueville admettait comme la valeur centrale de la vie politique nord-américaine : l’argent roi en tant que valeur sociale dominante, dans la tête des citoyens, tend à devenir une condition idéologique et symbolique pour faire que la puissance des plus fortunés soit perçue par tous comme un pouvoir symbolique et politique légitime. »

          La république et la démocratie ont chassé la monarchie, celle-ci s’est imposée dans la finance.

          Mais il y a un adage des années 80 qui stipule que nous ne sommes plus à l’époque de l’argent-roi, mais de l’argent impératif (la tyrannie plutôt que la monarchie). Sa gestion par tout individu est devenue une condition sine qua none de survie. C’est aussi la plus grosse limite imposée aux créateurs de richesse, et la spirale infernale des créateurs de monnaie.

          Encenser à tel point la monnaie comme le fait notre époque et par ailleurs bien comprendre comment elle est créée révèle le crétinisme de la proposition civilisatoire sarkozienne.

          Un vrai créatif n’a pas besoin de cette contrainte.


          • Marsupilami Marsupilami 2 janvier 2008 11:27

            @ Sylvain

            Très bon article. Ce petit jouisseur matérialiste qui s’acoquine avec un pape réactionnaire est prêt à tout pour asseoir le pouvoir de l’argent-roi qui a pour lui une odeur : celle de l’encens frelaté. Quand nos concitoyens vont-il enfin ouvrir les yeux sur ce qui se passe derrière l’écran de strass, de stars et de paillettes que Sarko exhibe pour masquer ce qui se trame, cette immense régression sociale, morale et spirituelle ? Souhaitons que ça se passe le plus vite possible.


            • hugwald (---.---.55.250) 2 janvier 2008 11:58

              Phrases beaucoup trop longues incompatibles avec mon emphysème. Article trop long pour nous faire comprendre qu’il n’aimait pas Sarkozy. hugwald


              • (---.---.229.90) 2 janvier 2008 12:17

                Vous me faites une mauvaise querelle Reboul :

                Je suis totalement d’accord avec vous sur l’importance des glissements sémantiques et symboliques que tente d’opérer N. Sarkozy, qui sont, en effet, d’une gravité extrême. Notre divergence se situe semble-t-il sur des questions relatives à l’opportunité politique de certains combats plutôt que d’autres.

                Vous connaissez aussi bien que moi l’état de la gauche. Le pouvoir Sarkozyste a ceci de particulier qu’il passe son temps à faire de la provocation idéologique ( instrumentalisation de G.Moquet ou de Jaurès, laïcité « positive », « liquidation de mai 68 » etc), et je prétend qu’elle ne doit pas foncer en permanence dans ce qui n’est bien souvent que du vide et du discours : le dernier en date étant ses inepties sur la civilisation française dans son discours de vœux. Elle ferait bien mieux de s’intéresser à ce qui se passe réellement et qui est du concret.

                Par exemple une fois que la loi sur les peines-plancher a été amendée par rapport à sa version initiale, la gauche a abandonné le terrain. Or que se passe-t-il ? Le parquet a reçu du garde des sceaux pour instruction de faire systématiquement appel des décisions prises par les juges en application de leur pouvoir d’adapter malgré tout les peines. Je n’ai pas entendu la gauche sur ce sujet... Ce n’est qu’un exemple parmi beaucoup d’autres pour dire que la gauche, compte tenu de son état de faiblesse ne doit pas se disperser.

                L’histoire de la collusion entre milliardaires et pouvoir politique est du même tonneau : la gauche hurle sur des principes mais où en est-elle à propos de a réforme du code du travail ? La vrai collusion, elle est là,pas dans le fait d’emprunter l’avion de Bolloré !

                A s’époumoner sur les grands principes, la gauche ne fait que braquer ceux qui pourraient commencer à regretter leur vote sarkozyste, et qui vont au contraire s’obstiner dans l’erreur.


                • Francis, agnotologue JL 2 janvier 2008 14:32

                  @ Léon : on peut poster sans s’identifier maintenant ?


                • Francis, agnotologue JL 2 janvier 2008 17:26

                  Bonne année Léon.


                • (---.---.229.74) 2 janvier 2008 12:48

                  Bonjour,

                  Monsieur Reboul, nous connaissons vos positions laïques militantes que pourraient partager bien des croyants...

                  On pourrait dire de NS et de sa « bande », que « l’Evangile ils ne l’avaient pas lu » ; ils jouent les antipodistes avec tout ce que disent ces textes, sans oublier l’ancien testament et les épîtres... ils interprètent donc une piteuse version des Copains d’abord... Mais gare au Gori...i...i...ille !

                  Il prétend réconcilier les Français en retard dit-on avec la valeur argent... (je dirais plutôt moins décomplexés) mais pourquoi ne pas prononcer le mot : NS est esclave de l’argent d’où qu’il vienne et croit servir le peuple et la civilisation alors que l’argent se sert grossièrement de lui...

                  Ce qui m’amuse c’est qu’on aurait de vrais interrogations si par exemple un directeur de la concurrence et des prix se faisait prêter un bateau ou un avion par Edouard Leclerc, de même si un directeur d’agence de l’hospitalisation passait ses vacances avec ou grâce au directeur de l’assistance publique ou d’un grand hôpital... je me souviens de l’époque où Georgina Dufoix s’est retrouvée ministre de la santé alors que son mari vendait des scanners, des hurlements de Juppé contre l’emprunt maladroit du regretté Beregovoy...

                  Le président lui fait ce qui lui chante...

                  Ce qui me fait peur c’est que NS n’appartient qu’à la 1ère vague de philistins décomplexés, celle qui suit, plus jeune, est aussi inquiétante... parce que l’Evangile (ou autre lecture qui rendait bien à César ce qui lui appartenait) il ne l’avaient pas lu, mais s’ils ont un diplôme, c’est qu’ils ont tout compris...

                  Marc P



                  • dan 2 janvier 2008 13:55

                    Cher S. Reboul

                    J’apprécie généralement vos interventions pleines de bon sens mais quand vous dites : Certains qui se présentent comme soucieux de justice sociale, c’est-à-dire comme favorables à la réduction des inégalités des chances et des droits réels, se gaussent de la dénonciation par le PS ou le MoDem des cadeaux que le président de la République accepte de la part d’amis très fortunés et par ailleurs industriels aux intérêts fortement liés à l’État dans la communication et l’énergie, au risque de faire de celui-ci l’obligé de ces derniers., je vous trouve d’un angélisme quelque peu surprenant.

                    Les électeurs de gauche comme de droite ne sont pas dupes de la situation, le pouvoir, l’argent et les grands industriels ont toujours marché mains dans la main. Cela se faisait dans l’ombre, cela se fait aujourd’hui au grand jour et je trouve que ce n’est pas plus mal.

                    Nous savons bien qu’aucun de ceux qui s’époumonent sur ce sujet à gauche n’est crédible. D’abord parce qu’ils sont pour l’essentiel issus de la génération de politiciens qui ont vécu les 14 ans de règne (c’est bien le terme approprié) de F. Mitterrand. Ensuite parce que les liens entre grands industriels et politiciens qu’ils soient de gauche ou de droite ont toujours existé (je ne vous fais pas l’affront de vous rappeler comment DSK a commencé sa carrière). Enfin parce que la plupart des dirigeants de la gauche sont assujettis à l’ISF et ne sont pas crédibles quand ils prétendent comprendre les pauvres et ne pas aimer les riches alors qu’ils vivent dans une débauche de luxe.

                    Ensuite, nous savons pertinemment que la gauche et le modem, tous deux en cours de (re)construction n’ont strictement rien d’autre à proposer aux français que des critiques sur la majorité. C’est aujourd’hui pour eux le seul moyen de faire entendre leur voix à quelques semaines de municipales. Certes c’est le rôle de l’opposition de s’opposer, mais que voit-on depuis 6 mois : des attaques sur sa personne du président (taille, déplacements, vie privée, sa culture, ...), ou de la démagogie sur les réformes qui sont somme toutes assez bien accueillies par des français de plus en plus lucides (la réforme des retraites par exemple était approuvée par plus de 70% des français). Des français qui n’acceptent plus que cette gauche qu’ils ont rejeté déjà par trois fois passe son temps à critiquer tout et n’importe quoi (sur des bases idéologiques qu’ils ne reconnaissent eux-mêmes plus compatibles avec la société d’aujourd’hui) et soit incapable de faire la moindre proposition constructive concrète sur les sujets sensibles.

                    Voila peut être pourquoi tant de français s’éloignent de la gauche, et pourquoi tant d’hommes et femmes politiques de gauche quittent le navire pour des postes où ils se sentent plus utiles (quelques soient vos opinions personnelles sur le sujet).


                    • Francis, agnotologue JL 2 janvier 2008 14:44

                      Sylvain Reboul, on ne peut qu’être d’accord avec cet article quand on partage les mêmes valeurs. Mais ne croyez pas pour autant que puisque nous sommes d’accords sur ces valeurs il faudrait être d’accord sur les méthodes.

                      Pour ma part je fais évidemment une grande différence entre PS et UMP, mais pas sur tous les sujets : Que fait le PS contre les dénis de démocratie que sont la ratification du TCE et les machines à voter ? Sauf erreur, rien.


                      • Voltaire Voltaire 2 janvier 2008 14:47

                        L’article ne manque pas d’intérêt, et mériterait de se replacer dans une analyse plus fouillée de l’évolution de notre société.

                        La France a longtemps méprisé la réussite financière, d’un point de vue général, même si elle faisait dans le même temps preuve d’une certaine hypocrisie. Il a en tout cas été longtemps malvenu d’étaler ses richesses. L’effet pervers en a été une frilosité excessive des élites pour le métier d’entrepreneur : le créateur d’entreprise a généralement, en effet, souvent pour motivation (pas uniquement bien sûr) de faire fortune, passion souvent jugée malsaine. Les élites françaises se sont donc retrouvées dans la haute administration et/ou au conseil d’administration de grands groupes sans passer par la case entreprenariat. Il suffit d’ailleurs de noter que l’immense majorité des grands groupes français est d’âge ancien, contrairement à des pays plus dynamiques. Ceci avait une double conséquence : un manque d’entreprenariat, et donc de création d’entreprises et de richesse (et d’emplois), et une gestion frileuse des grands groupes français.

                        On aurait donc pu espérer qu’avec l’arrivée au pouvoir de Nicolas Sarkozy, cette catégorie de la population aurait été favorisée, à la faveur de son goût pour la réussite individuelle. et un certain rééquilibrage eût pu avoir lieu.

                        Il semble hélas qu’il n’en est rien : comme l’indique l’auteur, si la vision de la société du Président de la République accorde effectivement une place très importante à la réussite financière, sa politique récompense d’abord le capital, et donc la situation de rente, et non le risque de l’entreprenariat.

                        On se retrouve donc dans une situation à l’américaine, qui se caractérise de façon croissante par la même dérive : une société individualiste, où le riche existant, l’héritier, et non le créateur de richesse est favorisé. Cette dérive américaine est récente mais inquiétante, au point qu’un certain nombre des américains les plus fortunés ont réclamé le retour à une taxation plus lourde à la fois sur le capital et sur l’héritage. Il faut d’ailleurs noter qu’il existe une longue tradition de création de fondations aux États-Unis, les plus riches préférant léguer leur fortune à des fondations plutôt qu’à leurs héritiers directs, contrairement à ce qui se passe en France.

                        Le changement sociétal proposé par Nicolas Sarkozy est donc bien un changement de valeurs, où l’argent n’est plus méprisé mais bien reconnu comme seul vecteur de réussite, sans que la création de richesse soit elle appréciée.

                        Plutôt que de s’entourer de nouveaux entrepreneurs, le Président de la République étale donc ses relations avec des puissants, souvent intimement liés aux affaires de l’État. Si l’on ajoute ceci avec leur proximité avec les groupes de médias, on peut comprendre le malaise exprimé par l’auteur.

                        Cette « collusion » est-elle sans risque ? De récents scandales, justement aux Etats-Unis ou en Italie, viennent nous rappeler que cette proximité n’est pas sans danger (il suffit de regarder les nombreuses affaires liées au vice-président américain ou à l’ancien président du conseil italien).

                        En directe opposition avec la tradition Française, Allemande ou des pays nordique, le Président de la République adopte un style qui semble emprunter au modèle anglo-saxon ses aspects les plus contestables (la valorisation de l’argent-puissance) sans y adjoindre les aspects les plus moteurs (le soutien à l’entreprenariat).

                        C’est donc à une révolution de valeurs que l’on assiste, et à une opposition frontale avec le modèle « européen » prôné le plus clairement par François Bayrou, où réussite professionnelle ou financière ne constitue qu’un élément parmis d’autres (famille, liens sociaux...) de la réussite.


                        • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 2 janvier 2008 15:48

                          En réponse à certains commentaires tous pertinents, je suis d’accord pour reconnaître que mon article n’aborde pas la question de savoir comment s’opposer d’une manière constructive à la politique de NS, mais ce n’est précisément pas son objet.

                          Celui-ci, en effet, est philosophique : il s’agit, dans mes deux articles à propos du discours de Rome et du discours des voeux, de montrer dans quelle rupture vis-à-vis des valeurs républicaines, pour ne pas dire rupture anti-républicaine, nous engage l’idéologie sarkoziste avec ses conséquences sur le plan social. Je considère en effet, en tant que philosophe, qu’une politique est inséparable d’une légitimation idéologique et ce que je veux montrer, préalablement à toute stratégie politique concrète, est que cette entreprise de légitimation sarkoziste d’une politique de droite dure que déploie ces deux discours est, sur fond des principes de la démocratie pluraliste, précisément illégitime.

                          Si l’on s’entend sur cela, on peut ensuite, mais ensuite seulement, discuter sur la stratégie politique à opposer à la politique sociale du président de la République.

                          Merci de vos réflexions


                          • Marc P 2 janvier 2008 17:03

                            Pour votre information et celle de ceux qui ne s’en sont pas aperçus....

                            Les infirmières Bulgares ont donné à Sofia une conférence dès leur libération ou presque, avec des politiques bulgares, et de nombreuses personnalités devant tous les médias du monde...

                            J’ai été soufflé de voir derrière les participants les banderoles et les affiches des sponsors de la conférence. NS n’y était pour rien, mais qu’en aurait il pensé... ? Pour nous n’était ce pas impensable ? ... il pouvait s’agir par exemple (je ne m’en souviens plus) de la Banque de Bulgarie et de quelque promoteur immobilier...

                            Il ne manquait que Kinder et Coca-Cola...

                            Je me demande si beaucoup à « l’ouest » ont réfléchi à la signification d’un telle exploitation de l’évènement !

                            Cela donne un idée de la lecture « innocente » et « inexpérimentée » de la modernité des propos et actes de notre président par des russes ou autres ex-emmurés à l’est......

                            (désolé je ne trouve pas d’échantillon des images)

                            On comprend que la gauche se sente désarmée et désarçonnée... C’est comme avec le changement climatique, seule la peur ou une crise grave lui rendront du crédit... ou alors ils sont vraiment forts....

                            Cordialement.

                            Marc P


                          • Bulgroz 3 janvier 2008 06:55

                            "En réponse à certains commentaires tous pertinents, je suis d’accord pour reconnaître que mon article n’aborde pas la question de savoir comment s’opposer d’une manière constructive à la politique de NS, mais ce n’est précisément pas son objet.

                            Celui-ci, en effet, est philosophique :.......

                            Si l’on s’entend sur cela, on peut ensuite, mais ensuite seulement, discuter sur la stratégie politique à opposer à la politique sociale du président de la République.

                            Merci de vos réflexions"

                            ... ... .... .....

                            ce que dit Reboul est a pisser de rire

                            Oui, comment s’opposer efficacement a NS ? C’est pas Reboul qui va nous aider il est le grand homme de l’opposition verbeuse mais pas l’ombre du debut du commencement d’une politique alternative pouvant efficacement se substituer a celle de NS.

                            Esprit de construction : zero, bien en ligne avec celui de l’education nationale. Critiquer et n’avoir rien a proposer a la place.

                            Reboul c’est l’opposition sterile, vaine et inutile. Son ton docte et sentencieux ne suffit pas a cacher la misere de ses pensees. Reboul est finalement un tres grand comique, il rejoint les opposants comme Bedos, Noah, Joey Starr, Montebourg, le bouffi de Hollande ou la madone des 2 Sevres.

                            Avec des comiques comme Reboul, l’UMP peut continuer tranquille.


                          • marc 2 janvier 2008 20:30

                            Sylvain Reboul

                            Votre article m’a beaucoup intéressé jusqu’à ce que j’arrive au dernier paragraphe qui explique le fond de votre pensée ( de votre crainte, plutôt) et qui me parait affadir l’ensemble

                            « Nous ne pouvons donc que nous féliciter que le PS et le MoDem soient en première ligne de ce combat pour la démocratie. Sans leur dénonciation, que l’on doit espérer efficace, de ce changement de valeur, celle-ci serait en grave danger, car cette rupture vis-à-vis des valeurs de la démocratie (qui comme l’affirmait Montesquieu suppose, comme fondement idéologique, la vertu ou l’amour de l’intérêt général), subtilement orchestrée par Nicolas Sarkozy, favoriserait l’extrémisme politico-religieux violent et liberticide, comme les nuées portent l’orage. »

                            Autrement dit , fasse le ciel que le PS et le MODEM finissent par s’opposer à Sarkozy sinon, horreur, les français se tourneront vers « l’extrémisme » !! qu’est-ce que c’est que « l’extrémisme » ? la volonté de changer VRAIMENT, FONDAMENTALEMENT la société ? ce que surtout, vous ne voulez pas ( je souhaite me tromper ) ?

                            Dans ce cas :

                            1- votre profession de foi « démocratique » et « sociale » est vaine car rien ne changera sans dépasser le capitalisme

                            2- Votre appel au secours est vain lui aussi car votre affirmation que le PS et le MODEM sont en première ligne est fausse.

                            - Bayrou , sous couvert d’opposition formelle sur les méthodes, n’a rien d’autre à proposer. Il est tellement d’accord sur le fond que certains de ses amis proches viennent encore de rejoindre le Nouveau centre : quitte à se réclamer de la même politique de fond, autant aller là où l’on sert la soupe.

                            - Le PS se refuse à prendre position dans les domaines les plus importants come les retraites car au fond, il est lui aussi d’acord. Strauss Kahn vient de délivrer ses félicitations à sarkozy en présentant sa politique comme un modèle pour le FMI. les éléphants, dont le premier, se livrent à une véritable forfaiture en approuvant le vote par le Parlement ( malgré auelques dénégations hypocrites ) du TCE rejeté par la moitié des adhérents du PS et 54% des français.

                            Bref, votre plaidoyer me semble trés hésitant.

                            Cordialement


                            • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 3 janvier 2008 11:15

                              Je m’excuse, mais je n’en suis pas désolé, mais le dépassement du capitalisme n’est pas pour demain, si tant est qu’il soit souhaitable, au regard des désastres totalitaires et sanglants de toutes les tentatives passées de révolution socialiste.

                              Nous n’avons pas, ni vous ni moi, d’alternatives viables à l’économie de marché et donc capitaliste. Sauf en ce qui concerne les services publics non-marchands, à ne pas confondre donc avec les services d’intérêt économique général marchand, celle-ci est donc, sauf démonstration impossible à faire car toujours contredite pas l’expérience et la logique (une économie d’état est nécessairement centralement administrée par un État tout puissant qui fusionne pouvoir politique et pouvoir économique dans une mesure encore pire, aux dépends des libertés individuelles, que dans le cadre de la politique de droite dure de NS). L’économie de marché donc capitaliste est donc une condition de possibilité de notre liberté individuelle et collective.

                              Mais cette liberté n’a de sens, sauf à devenir hyper- violente ou la guerre de tous contre tous jusqu’à menacer les conditions même de commerce, voire du capitalisme qui a besoin de confiance et de sécurité dans les échanges et les contrats , que si elle est régulée en vue de réduire les inégalités des droits réels et des chances, d’où la nécessité d’un cadre politique puissant, aujourd’hui plus qu’hier, international pour que cette liberté ne soit pas le liberté du renard libre dans le poulailler libre.

                              Donc la seule chose que nous pouvons et devons faire c’est de rendre le capitalisme, par le biais de la démocratie pluraliste, plus juste ou moins injuste ; il nous faut, non pas dépasser le capitalisme en général, mais dépasser le capitalisme sauvage mondialisé actuel qui aggrave les inégalités entre les individus, les couches ou les classes sociales et les populations et qui ne génère que la dictature du capitalisme financier sur le travail et l’économie et donc sur les salariés, par la mise en place sur le plan international d’un droit du travail et des droits sociaux pour tous dans le monde.

                              En ce sens et en ce sens seulement un autre monde est possible. À condition ne pas prétendre le révolutionner brutalement, mais de le transformer par les luttes sociales et démocratiques dans un cadre transnational, car l’économie comme l’écologie sont devenus des problèmes mondiaux qui ne peuvent être traité qu’à ce niveau .


                            • Sylvain Reboul Sylvain Reboul 3 janvier 2008 11:25

                              excusez les coquilles ; être « traité(s) » en particulier

                              Meilleurs voeux à tous !


                            • CLK500 6 janvier 2008 17:50

                              @Sylvain

                              « mais dépasser le capitalisme sauvage mondialisé actuel qui aggrave les inégalités entre les individus, »

                              Je ne suis pas d’accord avec vous, je connais des Roumains pour qui leur situation depuis l’ouverture au monde s’est nettement améliorée.

                              Cela nous pose un problème cette mondialisation, en France, mais ne tirons pas de conclusions étriquées pour d’autres pays, à ce phénomène.


                            • CLK500 6 janvier 2008 18:06

                              @Sylvain

                              Je trouve que votre indignation, comme celle du PS, est factice, vous savez très bien dans quel monde nous vivons.

                              « d’où la nécessité d’un cadre politique puissant, aujourd’hui plus qu’hier, international pour que cette liberté ne soit pas le liberté du renard libre dans le poulailler libre. »

                              Au niveau mondial c’est une autre histoire, car comme je vous le disais dans une note au dessus, comment demander à certains pays de ralentir leur marche en avant ?


                            • moebius 2 janvier 2008 22:50

                              peut on parler de séparation entre les intérets privés et intérets publiques lorsque dans ce pays les cadres qui sont nommée a la tete des secteurs de l’administration ou de l’état et ceux qui sont nommés a la tete des grandes entreprises privé sont trés souvent issus des memes milieux et du meme moule et sont absolument interchangeables. Ici est le mélange des genres. Et puis mon dieu, lui qui dans ce jeux est au fond atypique populiste on dira est un ludion dans cette farce que le PS fait semblant de ne pas comprendre. Jospin qui était le plus emblématique de la neutralité de l’admnistration n’a pas franchi le premier tour de 2002, nous en sommes toujours là, dans la consternation et l’indignation. Deux formes de discours s’oppossent ici plus que des contenus puisque les contenus eux maintenant s’affrontrent à l’intérieur d’une meme orientation politique et ce presqu’a l’écart d’une majorité qui ne parle plus la meme langue mais qui s’ouvre. Allons nous enfin sortir de cette indignation qui veut nous faire croire que la collusion est une nouveauté ? la vieilles gauche usée et cynique va t’elle reussir comme Bernadette Soubirou à nous rendre l’innocence. Est ’elle résigné ? sans doute ! N’a t’elle encore rien appris de ces défaites ? non ! pas encore ! mais elle attend. moi plus


                              • Marc P 2 janvier 2008 23:20

                                Très belle vidéo à visionner sur Avox (Ken Loach conclut l’interview en s’excusant d’un mot sur Sarko, Brown...) !

                                http://www.agoravox.tv/article.php3?id_article=19483

                                Marc P


                                • Jocrisse Jacques 3 janvier 2008 01:16

                                  Monsieur Reboul

                                  Vous nous faites , ma foi, une fort belle dissertation pour conclure, une fois de plus, à la dangerosité de NS.

                                  Ce thème a été exploité par le PS et le Modem ,pendant toute la campagne avec le succès que l’on connait. Si cela vous fait du bien ,continuez !

                                  Concernant vos affirmations apocalyptiques sur les projets anti-sociaux de NS, j’attends avec sérénité la confirmation du contraire.

                                  Expliquez-nous donc les raisons qui poussent vos collègues dirigeants de La MGEN à supprimer 644 emplois. Sont-ils anti-sociaux ou sont-ils contraints de gérer sainement la mutuelle ? Pourquoi ne faites-vous pas un papier indigné ? Pourquoi, alors qu’il manque tant de profs ??? , vous ne vous êtes jamais insurgé de voir tous ces enseignants détachés à la MGEN (au moins 3 dans chaque délégation) ?

                                  Quant à la formule « Travailler plus .... » dénoncée par votre camp, il y a belle lurette que les enseignants (je vous le concède pour les matières scientifiques et les langues) l’appliquent officiellement et au noir. Quid des cours particuliers. Quid des colles en prépa qui rapportent 50% suppl sur le traitement.Quid des études surveillées des instit , pardon profs des écoles ?

                                  Avant que NS lance cette formule de bon sens, vous ne vous êtes jamais scandalisé ,sans doute parce que cela vous semblait naturel.

                                  Pour finir, vous savez que vous êtes sur la pente savonneuse. Les jeunes enseignants se syndiquent de moins en moins et je crois savoir que l’on peut maintenant entrer en salle des profs et dire qu’on n’a pas voté à gauche sans être traité de fasciste (dans la salle des profs, on avait le fasciste facile).

                                  Hé oui, le monde change Monsieur, et je comprends votre désarroi.

                                  Enfin, c’est votre conviction respectable.


                                  • chabou (---.---.229.103) 3 janvier 2008 03:12

                                    les farq veulent de la terre pour leur peuple, qui oserait critiquer cela, ceci etant dit, c’est le contraire qui se passe, le peuple n’a pas de terre, les terres sont incultes, les gros proprietaires sont favorises comme d’habitude, cazr ils se partagent les terres arables !


                                    • chabou (---.---.229.103) 3 janvier 2008 03:16

                                      rajout cela s’est toujours fait et se fera toujours, chaque famille a le droit si cela est possible de disposer d’un lopin de terre a cultiver, celle delimitation se fait dans tous les pays et depuis toujours au moyen de cairns,(pierres) ou barrieres ou tout autre moyen


                                    • chabou (---.---.229.103) 3 janvier 2008 06:39

                                      allez je tente une persee (vous me suivez, proverbe persan) Le contentement vaut mieux que la fortune.


                                      • donino30 donino30 3 janvier 2008 12:33

                                        Bouuuuhhh le méchant argent qui dirige le monde !!!

                                        Bouhhhhh les vilains cadeaux aux riches !!

                                        A la lecture d’un certain nombre de billets de M. Reboul, quand je vois que de tels extrèmistes enseignent à nos jeunes, ça me fait franchement peur. Espérons que dans sa grande conscience professionnelle , il s’abstient de toute reflexion tendancieuse lors de ses cours magistraux... Mais je n’y crois pas. Et j’espère de tout coeur qu’il n’est pas représentatif du corps de l’éducation nationale. Défendre ses intérêts particuliers contre des réformes est une chose, mais avoir un rapport aussi extrême à l’argent, au capitalisme de manière générale en est une autre.


                                        • marc 3 janvier 2008 13:44

                                          vous voyez , monsieur Reboul, lisez Domino, on est toujours l’extrémiste de quelqu’un !

                                          on ne peut « réglementer » le capitalisme que provisoirement. De toute façon vous vous trouverez contraint soit de céder aux Jacques et Domino de ce monde, soit de les contraindre.

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