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Accueil du site > Tribune Libre > La présentation par « France 2 » de « La journée de la jupe » : indigence (...)

La présentation par « France 2 » de « La journée de la jupe » : indigence ou malhonnêteté intellectuelle ?

Voudrait-on un exemple de l’indigence intellectuelle ou, à défaut, de la malhonnêteté intellectuelle d’un média officiel ? Il suffit de voir la présentation que le Journal Télévisé de France 2 a faite du film de Jean-Paul Lilienfeld, « La journée de la jupe », dimanche soir, 22 mars 2009. Olivier Bailly l’a mise en ligne sur Agoravox, le lendemain, pour illustrer son article : « Adjani s’explique sur la journée de la jupe ».

Le reportage est une sorte de sandwich où sont mêlées entre les commentaires journalistiques en voix off des scènes extraites du film et des bribes d’interview du réalisateur et d’une jeune actrice. (3)

L’effet ou le but de cette présentation est de détourner l’attention du problème posé par ce film que l’on a résumé, dans un précédent article, en y voyant une terrible fable sur la folie contrôlée de l’Éducation nationale (1). Le leurre de diversion mis en œuvre est lui-même une combinaison de plusieurs autres leurres.

1- La stimulation du voyeurisme

Le premier leurre est l’exhibition de quelques scènes de violences mises hors-contexte : la dispute autour du revolver tombé d’un sac d’élève, le coup de boule de la professeur à un élève, la professeur dominant des élèves à plat ventre, revolver au poing. La particularité du réflexe de voyeurisme stimulé est de paralyser la réflexion par la sidération que provoque le spectacle du malheur d’autrui.

Sous prétexte que des « tensions extrêmes ou (des ) situations drolatiques (l’)émaillent » est-il dit encore, ce film peut «  être vu comme un thriller », catégorie vague à souhait relevant du sabir anglo-américain pour désigner des films souvent policiers fondés essentiellement sur l’attente fébrile de la conclusion d’une enquête ouverte en général après une mort violente. On ne saurait mieux ici désorienter le spectateur.

2- Le leurre de l’ambiguïté volontaire

Pour expliquer sans doute cette violence dans un établissement scolaire, le film fait alors l’objet d’une bizarre mise en garde : « Attention ! film politiquement incorrect  ! » prévient France 2 qui le traite encore d’ « œuvre gonflée ». Est-ce un compliment ou un reproche ? L’ambiguïté volontaire n’insinue-t-elle pas une exagération, un culot déplacés de nature à discréditer le film ? Mais à quel propos ? On n’en sait rien. France 2 se donne seulement un air anticonformiste. Car, avec le cliché à la bouche, la chaîne se montre plutôt politiquement correcte : non seulement le film est un « thriller », mais c’est aussi un «  huis-clos », formule creuse mais savante qui doit son succès au titre d’une pièce de Sartre, mais qui ne dit strictement rien sinon que l’action se passe entre des personnages enfermés dans un lieu. Avec ça on est bien avancé ! 

3- Le leurre de la mise hors-contexte

Mais France 2 entend manifestement insister sur une supposée exagération en s’empressant de corriger le réalisateur qui présente son film comme un «  constat violent  » conforme à la réalité, prétendant même qu’ « on peut aussi être un bourreau tout en étant victime » : « Un constat, concède la chaîne, même si le trait est forcé, c’est une fiction » se presse-t-elle d’ajouter. Par cette mise hors-contexte, elle se garde de préciser de quelle genre de fiction il s’agit et quel rapport elle entretient avec la réalité. Or ce n’est pas un roman, mais une fable dont l’originalité est d’user de symboles – forcément stylisés par nature - pour représenter dans une même histoire de nombreuses autres qui entretiennent avec elle une relation de ressemblance. Mais, pour être schématique, la fable n’en est pas moins porteuse d’une représentation fidèle de la réalité : qu’on relise les « Fables » de Jean de La Fontaine !

4- Le leurre de diversion proprement dit

L’attention est en même temps systématiquement détournée de l’essentiel. On souligne la performance « tout simplement époustouflante » d’Adjani : la star sert d’écran commode. Ou encore c’est une jeune actrice qui voit le film comme « une sonnette d’alarme  » au sujet de la triste situation familiale de certains élèves. France 2 prétend, de son côté, que ce film visent exclusivement les professeurs. Il s’agirait, dit la chaîne d’ « une prof de français (qui) pète les plombs » et « ce film politiquement incorrect (…), du jamais vu, » aurait « de quoi faire grincer quelques dents professorales. » Et pourquoi donc ? On n’en sait pas plus.

On retrouve ici la simplification outrancière chère aux médias des relations dans l’École qui se limiteraient à un face-à-face entre professeurs et élèves. C’est oublier la grande ordonnatrice de ce face-à-face, l’administration elle-même. Cela change tout, puisqu’elle peut faire en sorte que le face-à-face soit facilité ou au contraire sévèrement contrarié. Mais les médias officiels, par une sorte d’allégeance tacite traditionnelle, se font un point d’honneur à ne jamais mettre en cause l’administration de l’Éducation nationale, forcément au-dessus de tout soupçon.

5- Le leurre de la vaccine

France 2 en apporte une preuve supplémentaire par le dernier leurre, le leurre de la vaccine. « On l’a compris, dit la voix off, le propos aborde les ratés de l’enseignement dans les lycées difficiles. » Va pour le mot « lycées », bien que le film mette en scène un collège. La différence n’est pas si grande : les mêmes problèmes se posent dans des lycées si on se souvient du lycée d’Étampes où une jeune professeur a failli mourir sous les coups de couteau d’un élève en décembre 2005.

C’est le mot « ratés » qui intéresse ici. Il a la même fonction que le mot «  bavure » quand il s’agit de ne pas imputer à la police une faute inhérente à son fonctionnement. Comme un vaccin suscite des anticorps par inoculation de germes inactivés, le leurre de la vaccine, analysé par R. Barthes, vise à admettre un peu de mal pour faire accepter un grand bien. France 2 convient donc qu’il existe des « ratés » - l’erreur est humaine ! - , mais pour implicitement soutenir qu’ils ne remettent pas en cause le bon fonctionnement général de l’institution. En somme, des exceptions n’invalident pas la règle.

Or, c’est tout le contraire que montre ce film-fable : la crise soudaine que vit la professeur est le résultat d’une dénégation de la réalité par une administration qui ne prend aucune mesure pour rendre possible l’acte d’enseigner. Le symbole de la fuite du principal en pleine prise d’otages révèle cette démission ahurissante de l’administration. Il ne reste donc à celle-ci qu’à supprimer les symptômes qui risqueraient de l’amener à devoir qualifier sa conduite de folie institutionnelle : la responsabilité exclusive est rejetée sur les professeurs, qui, c’est vrai, pour avoir leur part de responsabilité dans le désastre, sont de bons boucs émissaires. Si, heureusement, à la différence de la professeur Sonia Bergerac, ils échappent à l’élimination physique, on sait leur réserver au besoin les bons soins de la psychiatrisation. Le Pr Henri Baruk (2) dénonçait déjà l’usage abusif de la psychiatrie dans l’Éducation nationale, le 5 février 1985, dans Le Quotidien du médecin. 

 
Est-ce par souci de ménager l’intérêt du spectateur, ou l’image de l’administration de l’Éducation nationale, que France 2 a désorienté ainsi son public ? En tout cas, truffée de leurres, sa présentation du film ne permet pas de soupçonner que c’est une fable sur la dénégation obstinée de la réalité par une administration qui conduit l’École au désastre, en en faisant payer le prix à ses professeurs les plus lucides. Paul Villach

 (1) Paul Villach, « « La journée de la jupe », une terrible fable sur la folie contrôlée… de l’Éducation nationale  », AGORAVOX, 23 mars 2009

(2) Le professeur Henri Baruk, décédé le 14 juin 1999, était neuropsychiatre, membre de l’Académie de médecine, ancien directeur de la clinique universitaire de la Maison de Charenton. :
« J’ai vu, disait-il, des sujets refusant d’obéir à un ordre injustifié considérés comme « paranoïaques », tout sujet réclamant étant qualifié de « paranoïaque » sans savoir si ses réactions sont justifiées ou si elles sont délirantes. Certains sujets en butte à ces accusations ou à ces éliminations injustifiées peuvent finalement ne pas avoir la force de résister et tomber malade de dépression naturelle. » (in Le Quotidien du médecin, 5 février 1985.)

(3) Voix off du reportage de France 2 diffusé au JT de dimanche soir, 22 mars 2009 :

(Scène de la dispute autour du revolver)
« Ce sac contient un revolver. Attention, film politiquement incorrect. Une bagarre, un coup de feu et le prof de français pète les plombs, prend ses élèves en otages. Du jamais vu. De quoi faire grincer quelques dents professorales. On l’a compris, le propos aborde les ratés de l’enseignement dans les lycées difficiles. »

(Jean-PaulLilienfeld :
"Je n’ai pas cherché à faire quelque chose de violent. Je crois qu’il s’avère juste. Si on essaie de dresser un constat à peu près réel, il est extrêmement violent ".)

« Un constat, même si le trait est forcé, c’est une fiction, un huis-clos qui peut se voir comme un thriller. »

(Jean-Paul Lilienfeld :
"On est à la fois victime, oui, les gens qui habitent les quartiers défavorisés sont victimes avant de commencer plein de choses et en particulier du racisme qui existe, et on peut aussi être un bourreau tout en étant victime.")
(Scène du coup de boule)
(Une actrice élève :
"Je pense que ce film pourrait au contraire tirer la sonnette d’alarme, expliquer qu’il y a un réel problème, un fossé, quand on voit Isabelle Adjani avec toute cette force parler avec un très bon français, il est vrai quand à la maison on se retrouve avec des parents qui ne peuvent pas vraiment communiquer avec nous, qui ne peuvent pas nous apporter tout ce qu’on recherche, oui, il y a un fossé qui se crée.")
(Scène de la dénonciation du viol collectif)

« Tensions extrêmes ou situations drolatiques émaillent cette œuvre gonflée habitée par une Isabelle Adjani tout simplement époustouflante. »


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85 réactions à cet article    


  • Paul Villach Paul Villach 25 mars 2009 12:11

    @ farkanscheltabres

    Léon ne supporte pas que l’on dise au sujet de l’Éducation nationale : le roi est nu ! Alors il essaie de se voiler la face. Esprit de corps quand tu nous tient ! D’ailleurs, voyez la photo qu’il a choisie, il s’en faut de peu qu’on y reconnaisse une burqâ ! Paul Villach


  • Gazi BORAT 25 mars 2009 12:48

    @ Léon

    Attention aux attributs du Diable, de tous temps ont ainsi été chassées les Sorcières !

    Une pointe de rouge dans votre picto, on aurait décelé en vous un suppôt de Moscou !

    gAZi bORAt.


  • Michael Jordan Manson (MJM) Michael Jordan Manson (MJM) 25 mars 2009 12:10

     Cette égérie est superbe.


    • Gazi BORAT 25 mars 2009 12:28

      Mr Villach,


      Le procédé que vous utilisez relève de la facilité.

      Vous avez votre lecture personnelle de ce film et une analyse de celui-ci qui vous est aussi toute personnelle. Toute évocation de problématiques périphériques à celle que vous jugez principale est ainsi, par votre procédé, évacuée dans une catégorie "leurres" fort commode.

      Ceci sans jugement aucun de l’opinion que vous émettez, ni des arguments que vous utilisez.

      Mais sur le procédé, je le trouve contestable car, étendu à tout sujet, c’est une tactique imparable pour éviter le débat.

      gAZi bORAt


      • Paul Villach Paul Villach 25 mars 2009 12:43

        @ gazi Borat

        Merci de reconnaître l’efficacité de ma technique d’analyse.
        Maintenant, il ne tient qu’à vous de me montrer que je me trompe, à savoir que, selon vous, France 2 attire l’attention de son public sur l’essentiel du film, ce thriller, ce huis-clos, ce film politiquement incorrect, cette oeuvre gonflée !!!! Tout ce bavardage pour détourner l’attention de la responsable première du désastre.
        Montrez que les procédés qu’emploie la chaîne ne sont pas des leurres, comme l’ambiguïté volontaire, la mise hors-contexte et la vaccine, ces procédés usés de la malhonnêteté intellectuelle. Paul Villach


      • Gazi BORAT 25 mars 2009 12:53

        @ Paul Villach

        France 2 analyse une information, superficiellement, comme il est de règle dans ce hachoir à actualité qu’est le Journal de 20h00.

        Il se trouve qu’ici se trouve transformé en bouillie un sujet qui vous est cher. Mais c’est le cas de tous les sujets traités par les journaux télévisés.

        A part quelques exceptions : comme parfois la fabrication traditionnelle des sabots dans le Massif Central lorsqu’officie JP Pernaut, c’est une règle quotidienne !

         

        gAZi bORAt


      • Ironheart 25 mars 2009 12:50

        Moi je perçois le "gonflé" et "anti conformiste" comme un éloge du film, plutot qu’une critique voilée, le reportage en dit surtout du bien !


        • Gazi BORAT 25 mars 2009 15:04

          @ IRONHEART

          "anticonformiste" est toujours un adjectif élogieux.

          gAZi bORat


        • Ironheart 25 mars 2009 12:53

          sa présentation du film ne permet pas de soupçonner que c’est une fable sur la dénégation obstinée de la réalité par une administration qui conduit l’École au désastre, en en faisant payer le prix à ses professeurs les plus lucides.

          >> bonne analyse, merci ! :) Très bon article.


          • Gazi BORAT 25 mars 2009 12:57

            A noter, malgré l’intervention de spécialistes autoproclamés de la question sur Agoravox, la confusion renouvelée par le commentateur du JT entre :

            • "Révolver" et "Pistolet".

            Encore heureux qu’il n’ait pas parlé "d’arme de destruction massive".

            gAZi bORAt

            • docdory docdory 25 mars 2009 14:36

               @ Gazi Borat
               Parce qu’il y a une différence entre un revolver et un pistolet ? Pour moi , ce sont des synonymes , comme fusil et carabine !


            • Gazi BORAT 25 mars 2009 14:59

              En image :

              Un pistolet automatique :



              Un révolver



              Pour l’anecdote : avec le premier (modèle utilisé dans le film), La professeure peut, avec un peu d’application, effacer la moitié de sa classe. Avec le second, seulement un cinquième.

              gAZi bORAt


            • Gazi BORAT 25 mars 2009 15:02

              Mauvaise démonstration..

              Reprenons donc :

              Un pistolet :

              http://accel21.mettre-put-idata.over-blog.com/0/51/39/34/arme/pistolet.jpg

              Un revolver :

              http://www.hyperprotec.com/images/revolver-alarme-colt-detective-special-nickel-01.jpg

              Les commentaires restent ceux du post précédent.

              gAZi bORAt


            • Jojo 25 mars 2009 20:47

              Docdory,
              PMAK : Pistolet mitrailleur automatique Kalachnikov.
              Oui je sais, c’est l’arme de guerre du méchant dans les films. Mais si vous aviez fait votre service militaire, vous connaîtriez l’équivalent chez les bons...


            • souklaye souklaye 25 mars 2009 13:51

               Nous pourrions tous solennellement pleurer sur le cadavre de l’éducation nationale et ériger une stèle en l’honneur du professeur inconnu.

              Nous pourrions encore retranscrire la lutte du corps enseignant pour l’instruction des plus indigents.

              Nous pourrions analyser les rouages en forme de réformes et les coupes budgétaires qui sabotent jours après jours le brio de ces professeurs philanthropes et passionnés.

              Nous pourrions… Tant de choses, excepté que l’école est un concept surfait et ses employés complètement anachroniques.

              La suite ici :

              http://souklaye.wordpress.com/2009/03/24/avant-maintenant-apres-–-les-zep/


              • srobyl srobyl 25 mars 2009 14:06

                Qu’attendre d’autre de France 2, en particulier d’endives comme Pujadas ou de conformistes BCBG comme Elise Lucet, avec ces "feuilletons" à la mords-moi le beauf, dont le dernier en date sur les emplumés de la country, cette musique de merde qui pue le KKK et qui donne envie de mourir jeune, et -plus ancien- cette "chose" atroce sur la chasse à l’élan, prétexte à montrer des GCDC de Scandinavie (ou d’ailleurs qu’importe) attirmant que "le filet, d’élan, morceau de roi, ne se dégustait qu’entre hommes, au coeur de la forêt." Pas question de donner ça aux bonnes femmes restées à la maison...Pouah ! Et on se gausse des talibans ! France deux , c’est france de mes deux !


                • Gazi BORAT 25 mars 2009 14:53

                  @ Srobyl

                  Vous l’aurez voulu.. en défense à votre attaque de la musique country :

                  http://www.youtube.com/watch?v=tcIgQWdWWag&hl=fr

                  gAZi bORAt


                • srobyl srobyl 26 mars 2009 15:33

                  Gazy Borat :
                  J’en fus un amateur... Patsy à la voix sublime et rauque, et au destin tragique, alimenta mes fantasmes d’adolescent (et fut à l’origine sans nul doute du lancement de la lessive aux enzymes, réductrice de taches rebelles !  smiley J’ai encore un max de CD de cette musique hors pair.
                  Las... tout comme , après en avoir été un fan, je vomis le foot pour ce qu’il véhicule de connerie beaufesque actuellement , le côté cow boy texan m’a fait mettre un bémol à l’affection que je portais à cette musique. Et surtout aux gugusses qui "s’y croient" dans des bals pour vieux cons en s’affublant comme Sarkozy à cheval en chemise à carreaux !
                  Pour l’heure, le jazz a mon adhésion totale, seule musique d’outre-Atlantique qui me réjouisse pleinement et sans arrière pensée.
                  Bien à vous.


                • docdory docdory 25 mars 2009 14:15

                   

                  Cher Paul Villach

                   

                  Lorsque le présentateur déclare : " attention , film politiquement incorrect " et " oeuvre gonflée " , il évite de dire que c’est surtout un film " islamiquement incorrect " qui montre aussi comment cette religion , basée sur les idées d’un chamelier du début du moyen âge, est totalement inadaptée à la vie dans une société moderne , libre et démocratique, et comment l’introduction par l’intimidation de ses dogmes dans l’enceinte d’un collège censé être laïque entraîne des perturbations gravissimes . En s’opposant avec virulence au discours officiel de l’UMPS et de l’union européenne sur l’islam RATP ( religion d’amour de tolérance et de paix ) , il enfreint une autocensure officieuse des médias concernant tout discours s’opposant à l’islam .

                  Il est remarquable de constater que ce film sort en même temps que la proposition pakistanaise, soutenue par l’OCI ( organisation de la conférence islamique ) de résolution onusienne assimilant l’offense à l’islam à une violation des droits de l’homme :

                  http://www.guysen.com/articles.php?sid=9407&titre=Offense-%E0-l-Islam---violation-des-droits-de-l-Homme—

                  Le film " la journée de la jupe " , fortement islamocritique , contreviendrait clairement à une telle résolution ( qui fort heureusement , n’aurait en principe aucune valeur contraignante pour les Etats ) . Il conviendra de surveiller attentivement d’éventuelles réactions des " autorités " musulmanes et de leur bras armé , le MRAP , au sujet de ce film ...

                   


                  • Gazi BORAT 25 mars 2009 14:34

                    Et voilà, chacun enfource sa monture face à une série B à prétentions, objet de tous les fantasmes réactionnaires.

                    Pour l’un : la rengaine du "Choc des Civilisations", pour l’autre "l’administration irresponsable".

                    Et de vouer aux gémonies le JT de France 2, coupable de ne pas chanter leur partition préférée.

                    Et chacun encore de louer comme impolitikement korrekt (l’épithète à la mode), un film qui pourtant représente bien les thématiques (retour de l’Autorité, diabolisation de l’immigration, décrédibilisation de l’Education Nationale) qui firent la fortune du candidat Sarkozy.

                    gAZi bORAt


                  • Gazi BORAT 25 mars 2009 15:31

                    @ CHANTECLERC

                    J’ai comme l’impression que ce type de films vont se multiplier... avant d’être totalement ringardisés.

                    Cet engouement me fait imaginer un début de mini vague.. comme au début des années quatre vingt ces films comme "L’agression" glorifiant l’autodéfense, le thème en vogue à l’époque dans la frange réactionnaire du public.

                    Des producteurs en mal de "gros coups" vont passer commande à des tâcherons qui réaliseront quelques fictions du même type avec de moins en moins d’exigences... et les "blackboard jungle" à la française appartiendront bientôt à un cinéma de genre qui, dans dix ans, ne sera plus évoqué que par quelques érudits du septième art..

                    En général, le film fondateur d’un "genre" est le meilleur.. et les suivants sont de plus en plus consternants..

                    gAZi bORAt


                  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 25 mars 2009 14:44

                    Salut Paul,

                    J’ai tenté à ma façon d’aborder cette question dans cet article un peu court et succinct, http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=53351 ( notez d’ailleurs le fil déplorable qu’il a engendré...) C’est grandement décourageant. J’ai fait court et concis pour qu’il paraisse avant que ce sujet ne disparaisse dans l’actu débordante.

                    Ce film à petit budget doit même nuire à l’image que tentait de brosser la bouffonnerie présentée à Cannes. On peut en effet s’étonner que FR2 se mèle de ce film indépendant, mais je n’ai pas remarqué la tendance lors de la présentation du sujet au journal de FR2. Cela m’a juste étonné, et témoigne de la formidable pression propagandiste qui a accompagné le " reportage assisté " qui a fait grand bruit pour pas grand chose et révèle le caractère dominant de notre chaine publique : Forger les opinions.

                    Ce que j’ai noté de plus grave, par contre, c’est cette caméra qui tue la professeure...


                    • alceste 25 mars 2009 15:26

                      Si Paul Villach n’avait pas une si haute idée de l’Enseignement, il éviterait le sujet ou se contenterait d’écrire soit dans le registre désinvolte qui plaît aujourd’hui, soit dans le registre compassionnel qui n’est que l’autre visage de la désinvolture - ou du foutage de gueule -.

                      D’aucuns voudraient le voir plus complaisant, mais, comme le sujet le passionne, que la grande misère de l’Institution le scandalise, que les faux fuyants des médias l’irritent, et que tout cela ne lui donne pas envie de se taire, il l’écrit et tant mieux.


                      • Paul Villach Paul Villach 25 mars 2009 15:35

                        @ Alceste

                        Merci, Alceste ! Paul Villach


                      • Gazi BORAT 25 mars 2009 15:35

                        @ Paul VILLACH

                        Vous avez raté, en omettant de commenter l’illustration visuelle de votre article, un beau décryptage d’image comme ceux dont vous faites habituellement votre miel.

                        De plus, l’analyse de celle ci, manichéenne en diable, vous aurait été des plus confortable : la "blanche colombe" apeurée face au "vilain corbeau"...

                        Mais, me direz-vous, les couleurs ne sont utilisées que pour leur symbolique..

                        N’est-ce pas ?

                        gAZi bORAt


                        • Paul Villach Paul Villach 25 mars 2009 15:40

                          @ G Borat

                          Je n’ai rien raté ! Ce n’est pas par hasard que j’ai choisi cette photo. 
                          Mais n’introduisez pas de soupçon d’ethnisme pour faire diversion. On connaît la chanson.

                          Ce n’est pas une affaire de couleur ni d’ethnie, mais de bardas mythologique incompatible avec la morale de la société de la connaissance que doit incarner l’École par-dessus tout. Paul Villach


                        • jules simon 25 mars 2009 17:18

                          Mr VILLACH,

                          vous qui semblez vouloir defendre notre ecole, faites donc l’effort de respecter la langue francaise.
                          Apres "l’intericonicite" et la metonymie a laquelle vous voulez attribuer un sens qui vous est pour le moins personnel, voila maintenant l’"ethnisme" !
                          Notre langue est bien assez riche pour que l’on n’ait besoin de ces neologismes.


                        • Paul Villach Paul Villach 25 mars 2009 18:00

                          @ Jules Simon

                          1- "vous qui semblez vouloir defendre notre ecole"

                          Rassurez-vous, je ne fais pas semblant ! La preuve ? Voyez les articles qui analysent en profondeur le désastre que l’on observe depuis plusieurs années. Mais je vois que ça vous dérange ! Je le comprends, car, vous, vous êtes satisfait de cet état de fait, je suppose. Chacun ses goûts. Il y en a qui apprécient les désastres ! Moi, non ! Peut-être avez-vous déjà des actions dans une officine qui attend avec impatience une privatisation à venir du service public d’éducation.

                          2- "faites donc l’effort de respecter la langue francaise. Apres "l’intericonicite" et la metonymie a laquelle vous voulez attribuer un sens qui vous est pour le moins personnel"


                          - "L’intericonicité" vous choque ? Je trouve que celui qui a formé ce mot, a respecté les racines de notre langue, comme "AGORAVOX", grecque et latine.
                          Si vous avez un autre mot pour désigner ce leurre, puisqu’il faut bien le nommer, faites-moi part de votre suggestion.

                          - "Métonymie" ne vous plaît pas non plus dans le sens général où je l’emploie ? Je suis en cela Paul Watzalwick ("Le langage du changement", Le Seuil, 1980). C’est le procédé d’expression "pars pro toto", la partie pour le tout, dans toutes ses variantes. Quoi de plus clair ?


                          - "
                          voila maintenant l’"ethnisme" ! Notre langue est bien assez riche pour que l’on n’ait besoin de ces neologismes"
                          L’ethnisme ne vous plaît pas non plus. Cela pose problème ! Vous préférez "racisme" ? L’ennui, c’est que la génétique nous apprend que la notion de "race" humaine ne se vérifie pas scientifiquement. Donc le mot "race" et tous ces dérivés n’ont plus de raison d’être quand il s’agit des hommes ! N’en déplaise à son ancienneté historique ! On n’arrête pas le progrès. Mais pour les chiens, ça marche !

                          En revanche, les accents ne sont pas faits pour les chiens ! Puisque vous souhaitez comme moi que notre langue française soit respectée, donnez l’exemple ! Apprenez à placer des accents là où il faut : ça fait plus joli ! Paul Villach


                        • jules simon 26 mars 2009 09:18

                          Mr VILLACH,

                          1) pas d’interpretation je vous prie. Cela ne me derange en rien que vous defendiez l’ecole, bien au contraire, et non je n’ai d’action dans aucune officine vouee a la privatisation de l’education.

                          2) selon moi la chose primordiale pour utiliser un mot est qu’il soit reference dans un dictionnaire de langue francaise et utilise selon le sens defini par ce dictionnaire ( je crois d’ailleurs que c’est encore ce que l’on apprend a l’ecole). Si l’on part du principe que chacun peut creer des mots ou leur attribuer un sens alors............

                          3) oui le mot racisme me plait d’avantage et je n’ai pas l’impression de reconnaitre l’existence de races humaines en l’employant.

                          pour les accents, je les mettrais volontiers si je disposais d’un clavier adequat.


                        • Paul Villach Paul Villach 26 mars 2009 11:21

                          @ Jules Simon

                          1- Le dictionnaire est toujours en retard sur la recherche. Il adopte les mots créés, il ne les crée pas.
                          Il ne s’agit pas bien sûr de créer des mots inutiles, pas plus qu’il ne faut multiplier les catégories sans nécessité, disait Guillaume d’Occam (13ème/14ème siècle)

                          2- Le leurre de l’intericonicité est un procédé qui a été longtemps méconnu. C’est la publicité qui l’a mis en lumière. Il faut bien le nommer : inter (préfixe établissant une relation) - icône, iconique (= image) - (suffixe marquant une qualité).
                          3- Le mot "racisme" faisant référence à "race", dont les généticiens disent que pour les hommes elle n’existe pas en raison des multiples brassages de populations, il faut l’abandonner. Le mot "ethnisme" fait l’affaire, en renvoyant à la notion d’"ethnie".
                          Mais, je sais, que depuis Copernic et Galilée, nous savons que le soleil ne se lève ni ne se couche, mais que nous n’en continuons pas moins à le dire. Cela n’a pas d’importance. En revanche, employer le mot "racisme", c’est contribuer à entretenir une erreur grave ! Paul Villach


                        • Bulgroz 25 mars 2009 15:53

                          Monsieur Villach,

                          Pensez vous que les problèmes des cités soient exclusivement sociaux ou peut on faire prévaloir des justfications ethniques ou culturelles ?


                          • Paul Villach Paul Villach 25 mars 2009 16:21

                            @ Bulgroz

                            Si on s’en tient au film, vous avez pu voir que je pose le problème d’ l’incompatibilité de deux morales, 

                            - une morale archaïque qui postule l’inégalité de droit de la moitié de l’humanité, les femmes, avec toutes les conséquences désastreuses qui en découlent,

                            - une morale de la société de la connaissance qui postule au contraire une égalité de droits des deux composantes de l’humanité et toutes les conséquences heureuses qui en découlent.

                            Cette morale archaïque a une origine socio-culturelle.
                            Le problème n’est pas ethnique, puisque l’on voit nombre de français, de différentes origines ethniques, qui ont un niveau socio-culturel comparable ou bien supérieur au vôtre ou au mien et qui partagent ou ont partagé cette même morale de la société de la connaissance. Des exemples illustres : Senghor, Césaire, Damas, Tyrolien, Depestre, Fanon, etc. Paul Villach


                          • Bulgroz 25 mars 2009 17:31

                             "Les français, de différentes origines ethnique..." et la liste des poètes que vous citez. (uniquement des poètes ou intellectuels antillais, aucun musulman ou africain). Est ce du racisme ?

                            Il est évident que les émigrés ou fils d’émigrés qui ne posent pas problème ne sont pas un problème.

                            Ce sont ceux qui posent problème qui posent problème.

                            C’est cette dernière catégorie de Français de plus en plus nombreux et inassimilables qui pose problème.

                            Mais je constate que vous refusez de voir le problème. Iriez vous vous loger dans une cité du 93 en majorité étrangère ?

                            Peut être que l’introduction de stats ethniques vous permettra de voir où ce situe le problème.

                            Les Français qui vivaient dans les cités ont mis les voiles quand la proportion d’émigrés est devenue trop importante (les cités n’ont pas été crées pour y loger les émigrés). Pkus personne ne veut y habiter, tenir boutique, y être fonctionnaire, policier, médecin, pompier....

                            Ceux qui ont fui n’ont pas envie de les retrouver comme voisins. C’est mal, me direz vous mais c’est cela la réalité.


                          • Gazi BORAT 25 mars 2009 17:48

                            @ bulgroz

                            Les centre-villes ont, depuis le XIX° siècle, cernés par des quartiers à dominante populaire.

                            Ont les a appelé successivement faubourgs, barrières, banlieues, et dernièrement "quartiers difficiles".

                            La presse s’est toujours fait ses choux gras de la peur que pouvaient inspirer au "bon peuple" ces lieux où vivaient une population depuis toujours caractérisées par son "manque de civilisation". La réponse sécuritaire apte à rassurer le "bon peuple" terrifié àdessein fut la déportation.

                            Le système pénitentiaire de Guyane remplit cet office d’enfermement des éléments les plus turbulents de ces "classes dangereuses" (terme de l’époque).

                            Aujourd’hui, les quartiers difficiles sont de même stigmatisés pour le caractère inassimilable des moeurs de ses habitants à toute civilisation. Rien de nouveau..

                            Ce qui, a toute époque a caractérisé ces lieux, C’EST LA MISERE !

                            gAZi bORAt


                          • daniel daniel 25 mars 2009 18:07

                            Senghor, Antillais ? c’est nouveau ?


                          • french_car 25 mars 2009 18:21

                            Et non pas Antillais, Normand, si je me souviens bien il était l’époux d’une Normande et a fini ses jours en Normandie. Pas Musulman non plus bien que la population sénégalaise fût très majoritairement musulmane.


                          • Gazi BORAT 26 mars 2009 07:19

                            On peut ajouter à la liste Albert Memmi et Kateb Yacine.. et nombre d’écrivains devenus, au cours de leur vie, ressortissants de pays ayant accédé à l’indépendance et restés fidèles en écriture à la langue française..

                            gAZi bORAt


                          • Paul Villach Paul Villach 26 mars 2009 10:57

                            @ G_Borat

                            Bien sûr, et tant d’autres ! Et Mouloud Feraoun donc avec "Le fils du pauvre". Paul Villach


                          • french_car 25 mars 2009 16:08

                            Après le bis nous avons le tertio, Villach allez-vous nous pondre un quatrième oeuf sur le même film ?
                            Au fait je vous suggère d’ajouter une signature à vos poulets :

                            - Delenda administratio

                            Car il semble qu’elle vous obsède autant que Carthage obséda Caton en son temps smiley


                            • Paul Villach Paul Villach 25 mars 2009 16:29

                               @ French-car

                              Désolé de vous décevoir ! Car je suppose que vous êtes très content de l’École telle qu’elle est.
                              Vous venez donc en toute hâte faire dérision et diversion, comme sait le faire cette administration que vous chérissez et que ce film montre telle qu’elle est, c’est-à-dire irresponsable !

                              En attendant, pas un argument à vous mettre sous la dent, parce que vous êtes au pied du mur avec ce film ! Paul Villach

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