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La République, vache à lait des parlementaires

En quelques décennies, les élus nationaux sont devenus une caste, qui s’en met plein les poches, alors qu’elle exige tous les sacrifices de la part des Français les plus exposés aux difficultés financières : exclus de l’emploi, jeunes, chercheurs, retraités, salariés précaires, fonctionnaires aux revenus modestes, artistes, indépendants, sans papiers, etc. Même en période de, soi-disant, disette économique, les parlementaires ne songent jamais à se serrer la ceinture.
 
Ils ont augmenté leurs indemnités de 50% en dix ans. Un parlementaire, député ou sénateur, coûte 2400 euros par jour à la collectivité nationale quand, dans le même temps, un RMISTE ou RSA(ISTE), dont l’allocation -454,63 €, en 2009- n’a augmenté que d’à peine 30% depuis 1992, doit se contenter de moins de 15 euros par jour... pour tenter de survivre ! 
(Version actualisée en octobre 2009. Version originale, publiée le 30 juin 2005, sur le site Vive la Liberte http://vive.laliberte.chez-alice.fr///page35.html. Auteur : Verdi.)
 
A quoi sert vraiment un parlementaire aujourd’hui ? A pas grand-chose en vérité. En témoigne l’interminable série de lois ignobles votées, le doigt sur la couture du pantalon, depuis la montée sur le trône républicain de Sarkozy 1er.
 
La République vache à lait ou l’avènement d’une nouvelle classe de privilégiés : les députés et les sénateurs
 
Beaucoup de Français ignorent les privilèges, notamment financiers, de ceux qu’ils élisent. La rémunération exorbitante des parlementaires, comparée à leur efficacité, est une véritable insulte à la probité républicaine.
Leur utilité, sous ce régime présidentiel autocratique, est quasi nulle. De surcroît, leur appartenance à un parti les oblige à une discipline, qui réduit leur rôle à la fonction de godillots. La plupart du temps, l’Assemblée nationale offre le spectacle déplorable de bancs désertés. Tout juste ces parlementaires servent-ils de caution démocratique à la république « bananière » française.
 
Lorsqu’ils appartiennent à la majorité gouvernementale, comme c’est le cas actuellement, avec les députés et sénateurs UMP/NC, ils votent sans sourciller des lois iniques, sans jamais en assumer la responsabilité, et sans davantage se soucier des conséquences, pour ceux qui les subissent.
L’image de ceux-là (UMP/NC) est d’autant plus mauvaise, qu’au lieu d’être les délégués des habitants de leur circonscription, ils sont, servant une politique d’extrême-droite ignominieuse, des législateurs zélés, au service de la destruction du tissu social français.
 
La France n’a pas les moyens de payer ces parlementaires de « luxe »
 
Nous payons donc incroyablement cher ces 923 parlementaires nationaux, qui n’ont aucune obligation de résultats. Lesquels siègent au sein d’assemblées devenues de simples chambres d’enregistrement des lois imposées par le gouvernement « Sarkozy ». Autre aberration scandaleuse : le budget propre au parlement, soit 800 millions d’euros (chiffres 2005), échappe quasiment à tout contrôle, sous prétexte de préserver l’indépendance du pouvoir législatif par rapport aux autres pouvoirs, notamment exécutif !
 
Trop nombreux, cumulant les privilèges et autres avantages ou prébendes, les élus français sont beaucoup trop grassement payés par rapport à leur utilité ou leur efficacité. A titre de comparaison, proportionnellement, la France entretient, à grand frais pour les contribuables, deux fois plus de parlementaires qu’en Allemagne, et sept fois plus qu’aux Etats-Unis !
La France a-t-elle les moyens de se payer ces parlementaires de luxe, plus occupés à défendre leurs intérêts propres, que ceux de leurs concitoyens ? Certainement non !
 
Ce que gagne chaque parlementaire (chiffres au 1er juillet 2009) :  
 
La plupart des 995 parlementaires actuels, soit 577 députés nationaux, 72 députés européens et 346 sénateurs (ils étaient 321 jusqu’en 2004) sont des cumulards qui gagnent 25 à 30 000 euros par mois, voire davantage !
 
En tant que député, il perçoit 21977,08 euros par mois :
 
· à titre personnel, le député empoche au moins 12 911,08 €,
o dont indemnités parlementaires brutes de 7043,69 €(incluses une indemnité de fonction de 1408,74 € et de résidence de 164,12 € (non imposables).
o dont indemnité de frais de mandat de 6190,56 € (non imposable)
 
· crédits collaborateurs (1) : 9066 €.
 
En tant que sénateur, il perçoit 20416,46 euros par mois :
 
· à titre personnel, le sénateur empoche au moins 13 219,65 €.
o dont indemnités parlementaires brutes de 7043,69 € (incluses une indemnité de fonction de 1408,74 € et de résidence de 164,12 € ( non imposables).
o dont indemnité de frais de mandat de 6190,56 € (non imposable).
 
· crédits collaborateurs (1) : 7182,21 €
 
(1) Un parlementaire peut recruter y compris des membres de sa famille (épouse, enfants, proches parents, etc.). Une bonne partie d’entre eux ne s’en privent pas…
 
A ces montants s’ajoutent de nombreux autres avantages ou « facilités » :
 
® frais de transport gratuits,
® téléphone et courrier gratuits,
® internet gratuit,
® frais d’hôtel remboursés,
® le député bénéficie de prêts immobiliers, jusqu’à 76 225 € à des taux dérisoires : 2% sur 10 ans.
® le sénateur bénéficie d’emprunts immobiliers jusqu’à 152 000 € à un taux ridiculement bas de 3% sur 18 ans.
 
Chômage : une indemnisation privilégiée
 
Les parlementaires bénéficient d’une garantie chômage particulièrement avantageuse qui leur permet de toucher une allocation mensuelle d’aide au retour à l’emploi égale à leur indemnité de base, soit  5470 €.
 
Depuis 2003 et 2007, à l’instar du système prévu pour les anciens ministres, les anciens députés et sénateurs, non réélus aux élections générales, peuvent prétendre, jusqu’à l’expiration du sixième mois qui suit la fin de la législature, à une allocation d’aide au retour à l’emploi, appelée « revenu de transition ». Cette allocation est ensuite réduite progressivement :
 
70 % pendant le 2ème semestre
50% pendant le 3ème semestre
40% pendant le 4ème semestre
30% pendant le 5ème semestre
20% pendant le 6ème semestre
 
Retraite à des conditions exceptionnelles  
 
Les parlementaires bénéficient d’une retraite à taux plein, après 22,5 ans de cotisations seulement. Un député peut prendre sa retraite à 60 ans, y compris s’il n’a effectué, et donc cotisé, qu’un mandat, soit 5 ans seulement, avec une pension garantie de 1572 €. De plus, cette pension est cumulable avec les autres retraites.
 
® 50% des revenus des parlementaires échappent à l’impôt.
 
Les autres sources de revenus des parlementaires (chiffres au 1er juillet 2009) 
 
L’indemnité mensuelle de conseiller général ou régional :
 
® 1 500 à 2 650 euros, suivant les régions ou départements. Un fauteuil de vice-président donne droit à une majoration de 40%.
 
L’indemnité mensuelle de maire, ou adjoint (40% du montant) :
 
® 641,11 € pour une commune de moins de 500 habitants,
® 2074,18 € pour une ville de 5000 à 10000 habitants,
® 3394,12 € pour une ville de 20 000 habitants et plus,
® 5468,30 € pour une ville de 100 000 habitants et plus.
 
L’indemnité mensuelle de président de conseil régional ou général :
 
® 5450,00 € avec, en plus, un appartement de fonction luxueux, une voiture de forte cylindrée et chauffeur de maître.
 
L’indemnité mensuelle de président de communauté de communes :
 
® 75% de l’indemnité de maire ou adjoint.
 
Cumul des mandats, une affaire juteuse
 
Bien que la loi du 25 février 1992 limite le cumul des indemnités à une fois et demie le montant de l’indemnité parlementaire de base, ce qui porte le maximum perçu en cas de cumul à 8206,25 € nets, celle-ci ne représente qu’une partie des émoluments. Le cumulard reste largement gagnant, en dépassant très souvent les 15 000 euros mensuels, avec les indemnités complémentaires diverses ( indemnité de résidence, de fonctions, de secrétariat, de collaborateurs, sans compter les multiples avantages en nature et autres facilités (courrier, téléphone, transports, etc.).
 
Utilisation scandaleuse des sommes excédant le plafond des cumulards
 
Contrairement à ce que la logique voudrait, au lieu de rester dans les fonds publics, le surplus, au-delà du plafond de 8206,25 €, est redistribué par le cumulard lui-même, à sa discrétion, à ses copains élus du même parti ou de la même assemblée.
Les parlementaires contournent ainsi, le plus « légalement » du monde, la limitation des revenus, qu’est supposée imposer la loi sur le cumul des mandats. Députés et sénateurs auraient fait encaisser à leur parti, grâce à ce système de financement occulte, plus de 50 millions d’euros en 2004 (estimation).
Il est loin, très, très loin, le temps où les parlementaires français, désintéressés, faisaient de la politique mus par la seule passion de servir leur pays et leurs concitoyens. Aujourd’hui, être élu député ou sénateur est une affaire juteuse. D’autant plus lucrative qu’elle n’empêche pas (ou presque) de cumuler d’autres revenus provenant de divers mandats locaux ou fonctions exécutives.
Une nouvelle caste de privilégiés ponctionne donc la République, sans vergogne, pendant que 10 millions de Français tirent le diable par la queue, et que des millions d’autres peinent à joindre les deux bouts.
 
Verdi
 
Sources : Budget des assemblées parlementaires. Assemblée nationale 2009. Sénat 2009
par Verdi (son site) samedi 7 novembre 2009 - 39 réactions
yahoo
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Les réactions les plus appréciées

  • Par lord_volde (xxx.xxx.xxx.185) 7 novembre 2009 13:13
    lord_volde

    Plus vous montez en grande, plus l’argent coule à flot. Le système encourage non seulement la fraude, mais il en est même tributaire. Le principe premier révèle que là où il y a de l’argent, il y a de la fraude. La loterie nationale permet la fraude à grande échelle, le PMU également. Plus personne ne s’en privent, et seuls les usagers ou clients sont roulés dans la farine. La classe politique est corrompue jusqu’à la moelle depuis des lustres et les choses ne font que s’aggraver depuis l’ère Mitterrand jusqu’à nos jours. Les élus perçoivent des cadeaux multiples émanant des sociétés et de l’Etat. Bon nombre d’entre-eux voyagent gratos au frais de la princesse république et bénéficient des rentes joyeuses de la ripoublique bananière. Les impôts sont une arnaque car ils ne servent qu’à entretenir ce système pervers qui détournent aux profit de quelques milliers d’âmes l’argent des salariés, des travailleurs et des pauvres. La TVA est inique et le principe selon lequel l’impôt doit être doit être répartie entre tous les citoyens à raison de leur faculté contributive est violé tous les jours. Un Rmiste contribue via la TVA qui s’applique sans aucune distinction de revenu. Tous les principes de la République ont été dépouillés par des textes d’exception fort nombreux qui sont devenus quasiment la règle. Le système s’écroule à cause de la corruption et de nos élites fières d’amasser sans compter les deniers du peuple mouton qui continue de voter pour les fieffés menteurs qui composent les partis politiques classiques.

  • Par VivreDifferent (xxx.xxx.xxx.52) 7 novembre 2009 08:42
    VivreDifferent

    Il paraît que c’est pour les dissuader de la corruption qu’on leur donne des rémunérations aussi élevées. Moi j’ai tendance à penser que l’honnêteté est une valeur morale, pas financière.

    Que disent les moralistes, les religions ? L’argent corrompt le coeur de l’homme. L’argent rend sourd aux souffrances des autres. Et on le voit bien, il suffit d’entendre nos députés parler pour comprendre qu’ils vivent bien loin de nos réalités quotidiennes. Comment pourraient-ils nous voir en égaux, nous respecter quand ils gagnent dix fois notre gagne-pain ?

    L’autre jour, j’entendais à la radio un débat avec des députés en invités. La discussion aborda le sujet des impôts, notamment de l’ISF. Le député UMP, naturellement, chercha à nous faire pleurer sur le cas d’une "pauvre" veuve qui, n’ayant jamais travaillé de sa vie, mais ayant une super baraque, devait payer l’ISF, alors qu’elle n’avait pas de revenus. Personnellement, c’est le genre d’argument qui me met en colère, et j’imaginais déjà tout ce que je lui aurais répondu si je m’étais trouvé sur le plateau. Quelle ne fut pas ma surprise, par contre, de voir que le député de l’opposition (enfin, du PS), n’avait lui strictement rien à répondre ! Je rappelle que le plancher de l’ISF est à 790 000 euros ! Comprend-t-il ce que ce montant représente, par rapport à un salaire normal ? Par rapport à un smicard, et même un cadre moyen ? Un cadre moyen gagne 45kE en France (valeur médiane 2008), ce qui doit faire entre 30 et 35kE net. 790/35 = 23 ans de salaire ! Autant dire qu’un cadre moyen ne pourra jamais obtenir par son travail les sommes nécessaire pour payer l’ISF (il en est même très loin, si on considère qu’il est très difficile d’épargner plus de 10 à 20% de son revenu quand on a pas de patrimoine et qu’on assume ses besoins soi-même). Mais ça, notre député s’en rend-t-il compte ? J’ai eu la nette impression que non. Il vit dans un autre monde. Le monde doré des députés, où l’argent tombe du ciel et de la poche des contribuables.

    It’s raining money, alleluia !

  • Par VivreDifferent (xxx.xxx.xxx.52) 7 novembre 2009 09:07
    VivreDifferent

    Je ne suis pas sûr que cet argument résiste à l’examen des faits. Des politiciens riches et corrompus, le monde, l’histoire en regorge.

    La lutte contre la corruption par l’augmentation des salaires est efficace dans les pays pauvres, où la corruption est parfois le seul moyen pour un fonctionnaire de vivre de son boulot. En France, même avec le SMIC, un député pourrait avoir une vie très correcte (leurs frais professionnels étant payés par l’Etat, bien sûr). Cela favoriserait ceux qui font de la politique par conviction, plutôt que ceux qui en font pour le pouvoir et l’argent.

    Pour lutter contre la corruption, notamment par les lobbies, un seul moyen : la transparence sur l’action des hommes politiques et leurs relations, avec des mécanismes de contrôle efficaces qui permettent d’alerter les citoyens, et de sanctionner lourdement les hommes politiques coupables de tels abus ; quand je parle de sanctions lourdes, c’est avant tout au niveau politique, avec notamment l’inéligibilité à vie, et des répercussions sur le parti aussi (s’ils doivent payer les erreurs de leur confrères, ils seront plus enclins à faire le ménage).

    La démocratie, c’est entre autres un équilibre entre pouvoir et contre-pouvoir. Les députés, qui votent eux-mêmes leurs rémunérations, et ne sont soumis à quasiment aucun mécanisme de contrôle, mis à part un vote tous les 5 ans (même pas proportionnel), n’ont pas de contre-pouvoir en face d’eux. Le peuple n’a quasiment aucun moyen de pression sur les députés, à part le vote. (Mais il ne faut pas rêver, il y a d’autres sujets plus importants pour les Français.) Pas étonnant que nos élus soient nombreux à profiter du système !

  • Par bo (xxx.xxx.xxx.112) 7 novembre 2009 14:50
    bo

    A ce tableau tout à fait exact, il faut ajouter une anomalie constitutionnelle française : qui permet aux députés d’exercer d’autres mandats ou fonctions, alors que ces autres fonctions leur donnent le pouvoir de gérer des sommes énormes (voir un article récent donnant chiffrés les pouvoirs financiers des budgets de nos députés)..
    Il y a en effet par déontologie incompatibilité entre la fonction législative et de contrôle des députés et celle d’un gestionnaire de fonds de collectivités
    Ce pouvoir financier s’accompagne ou génère, aussi, divers autres avantages .....(place de spectacles, voitures, notes de frais, voyages, etc... : la liste est fort longue).
    Il est évident, qu’il faut aller vers une très forte diminution du nombre de ces élus et que l’on devrait les cantonner à leur seule fonction nationale dans une véritable démocratie.

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