Voici ci-dessous l’article qu’Agoravox vient de me refuser par deux fois, notamment au prétexte "qu’il n’appoeterait rien de nouveau à l’actualité en cours"....
MAIS QU’EST-CE QUI LEUR PREND ?????
Parce que Mme Marine LE PEN nous fait un numéro éculé, (j’ai bien écrit éculé !!!) la classe politique s’engouffre, à commencer par le PS ....
Mais où va-ton ?????
Qui
s’est offusqué à la parution du livre en question alors qu’en même
temps M. Frédéric Mitterrand était Directeur d’une Chaîne de télévision
publique à vocation internationale, TV 5 ?????
Qui s’est offusqué lorsque M. Frédéric Mitterrand a été nommé à la Villa Médicis ?????
Qui s’est offusqué lorsque M. Frédéric Mitterrand a été nommé Ministre ????
Et pourtant, dès la parution de son livre, TOUT AVAIT DEJA ETE DIT !!!
Alors pourquoi "s’en rendre compte" seulement aujourd’hui ????
Je vous propose ci-dessous la critique parue à l’époque dans "Le Monde des Livres"
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Monde des LIVRES
Frédéric Mitterrand au risque de l’intime
Article paru dans l’édition du 08.04.05
Qu’on n’attende pas de révélations de « La Mauvaise Vie ». L’auteur de cette « autobiographie en creux » est un homme pudique
On
connaît sa voix, sa diction, son ton qui force l’écoute, sa volonté de
se montrer comme « une personne amusante, pleine d’entrain et qui veut
être entendue ». On s’est peut-être dit, parfois, que sa manière de
s’affirmer, ce jeu entre enthousiasme et désinvolture, était une façon
de se cacher, de ne pas donner prise à ceux qui souhaitent toujours «
en savoir plus ».
Mais
l’on n’imaginait sûrement pas l’homme que révèle ce livre, La Mauvaise
Vie (éd. Robert Laffont, 360 p., 20 ), délicat, pudique jusque dans
l’impudeur. Un homme qui, souvent, ne s’est pas aimé et le dit avec
élégance, sans prendre la pose de l’aveu, en restant à égale distance
de l’ostentation et de l’autoflagellation, dans un récit courageux et
émouvant, écrit sans afféterie, dans un beau style, simple et clair.
«
C’est un geste de mémoire », mais ce ne sont pas pour autant des
Mémoires, avec ce que cela suppose de construction chronologique et de
mise en spectacle de soi-même. Ceux qui attendraient de Frédéric
Mitterrand, créateur, en 1971, du cinéma et de l’espace L’Entrepôt,
homme de télévision et de radio depuis plus de vingt ans, des histoires
de coulisse, des secrets de stars, des ragots mondains, seront plus que
déçus.
Les
amateurs de roman familial - il est le neveu de François Mitterrand -
en seront tout autant pour leurs frais. C’est l’absolu contraire des
livres écrits - ou plutôt non écrits - par ceux qu’on nomme aujourd’hui
des « people ». Un texte pour vrais lecteurs. Un récit de solitaire,
une autobiographie en creux, où l’on suit le parcours intime de
Frédéric Mitterrand à travers des rencontres marquantes, des bonheurs,
des chagrins.
«
Les noms réels ne sont pas cités, sauf un, précise-t-il. C’est dans ce
désir constant de mise à distance que je suis sans doute le plus
sincère. » Il a été cet enfant - né en 1947 - d’une bourgeoisie aisée,
« et en expansion », élevé par des bonnes, notamment « une méchante et
une gentille ».
«
J’ai toujours aimé les bonnes. Elles étaient les plus constamment
présentes, dans mon enfance. La méchante a sans doute eu une influence
négative sur mon rapport aux femmes. La gentille m’aimait bien - dans
le livre, il raconte leurs retrouvailles, après des années -, mais au
fond, je n’ai pas compté pour elles, ni pour l’une ni pour l’autre,
tandis qu’elles ont eu de l’influence sur mon avenir. On ne peut pas
annuler la lutte des classes. »
Très
tôt, il a éprouvé une attirance pour les garçons, « avec ce que cela
suppose de secret, de clandestinité, on était dans les années 1950,
c’était une autre société ». Il ne cache pas, dans son récit, ses
sentiments mêlés, « peur, exaltation, honte (...), et certainement une
dose de masochisme ». Il n’aime pas le mot « homosexualité, trop
médical », et ne se reconnaît ni dans la stratégie du « coming out » ni
dans une quelconque idée de « communauté gay ». Il explore son passé
pour enfin se comprendre, mais conclut : « Je ne saurai jamais pourquoi
je me détestais autant. »
Pense-t-il
que l’homme public qu’il est prend des risques en disant, ainsi, sa
vérité ? « Pas vraiment. Il y a des choses beaucoup plus graves. C’est
important pour moi, mais ce n’est pas grand-chose. Pourtant, ça va
peut-être faire des dommages. Mais, quand même, ce n’est rien. »
MOMENTS D’EXISTENCE
Faire
des dommages ? Certainement inquiéter ses proches par cette persistante
mélancolie. Etchoquer quelques autres par ses propos sur les hommes. Evidemment,
si l’on s’arrête, en feuilletant au lieu de lire, sur des scènes de
drague, de bordel - en France dans les années 1970, assez joyeuses ; en
Thaïlande plus tard, plus tristes -, on peut utiliser La Mauvaise Vie
pour tenir, comme certains aiment à le faire à la télévision, des
propos vulgaires. Ce serait une trahison totale du geste de Frédéric
Mitterrand.
Il
faut le lire dans la continuité pour comprendre ces moments d’existence
qu’il livre : l’enfant qu’on lui confie, qu’il va élever et éduquer - «
oui, c’est sûrement une nostalgie de la famille, et une manière de me
réconcilier avec mon enfance en donnant à quelqu’un une belle enfance »
; l’enfant et l’adolescent qu’il a été - avec une très belle évocation
de sa grand-mère maternelle ; le jeune homme tourmenté, qui est dans
l’embarras avec les hommes qu’il aime et « ne sait pas quitter » ;
l’homme qui n’est pas « mal parce qu’il préfère les hommes, mais mal
avec lui-même », qui a « toujours aimé des femmes sans pouvoir les
désirer » - on appréciera deux subtils portraits de femmes célèbres,
facilement identifiables.
Et,
au bout du compte, le Frédéric Mitterrand de La Mauvaise Vie ne peut
plus aller rencontrer des garçons qu’« ailleurs ». « Il me faut
l’inconnu, la terre étrangère, le pays sans repère, écrit-il. Là où
l’on ne saura jamais rien de moi, il existe une chance, si ténue
soit-elle, que j’obtienne l’abandon et l’oubli, la rupture des liens et
la fin du passé. Le choix. »
Alors,
la Thaïlande. Et un chapitre « Bird », dans un bordel de Patpong, où
les garçons, par numéros, sont présentés aux clients, dont Frédéric
Mitterrand, qui sait très bien pourquoi il réprouve ce genre de
pratique, ce que cela suppose de désastre, de violence. Pourtant, il va
choisir un garçon d’une vingtaine d’années et raconter le moment qu’ils
passent ensemble. C’est courageux, mais risqué. Même lu par des
lecteurs qui ne seront pas hostiles a priori, par principe, cela peut
facilement être sordide, glauque, lugubre - et tous les autres
synonymes.
Et
même si on a été passionné jusque-là par le livre - c’est
l’avant-dernier chapitre -, on est inquiet. C’est évidemment impudique,
mais avec une singulière délicatesse. C’est étonnamment émouvant. «
Peut-être parce que je n’ai en rien voulu me placer du côté de la
révélation ou du témoignage, conclut presque timidement Frédéric
Mitterrand. Les témoignages pour moi ne sont pas des livres, je voulais
essayer de faire un livre, et... », il finit par le dire, « un acte
littéraire ». Qu’il se rassure, c’en est un.
Josyane Savigneau
Pour faciliter votre lecture, j’ai pris la liberté de colorier en rouge les "bons" passages ....
Le
p’tit père Bayrou s’était fait taper sur les doigts, il y a quatre mois
seulement, en "exhumant" un livre de Conh-Bendit pour des raisons
strictement politiciennes.
Manifestement, ce mauvais exemple n’a pas porté ses fruits puisque la classe politique recommence, et avec gourmandise en plus
!
Pauvre France !
Vous pouvez retrouver cet article sur mes blogs, ainsi que bien d’autres qui me sont refusés ici...
www.lamauragne.over-blog.com
www.lamauragne.blog.lemonde.fr