Depuis une grosse poignée de décennies, une compagnie d’hommes et de femmes, forte de quelques centaines d’individus, se disputent ainsi chaque année, et par magazine interposé, le classement de l’insolite et provocateur concours du « plus riche de la planète ». Un classement que la presse mondiale s’arrache.
Or donc, dans la nuit de jeudi à vendredi (à l’heure européenne), Forbes, le magazine en question qui est pour Sa Majesté Fric ce qu’est le Guide Michelin pour les fourchettes en argent, faisant ses comptes pour l’année 2009, a décerné ses médailles.
L’Or est pour le Mexique (un pays pourtant pas très riche) avec un certain Carlos Slim Helu (vous connaissiez ? moi pas !) qui a réussi en 2009 à peser 53,5 milliards de dollars, grossissant ainsi d’une année sur l’autre de 18,5 milliards. Il a fallu la photo-finish pour le déclarer « vainqueur » au détriment du grand favori américain Bill Gates qu’on connaît bien avec son Microsoft, crédité de 53 milliards de dollars (au fait combien de zéros pour un milliard ?). En un an, le pauvre aurait perdu quelques milliards par acte de charité, à travers ses associations caritatives. La médaille de bronze a été pour un autre habitué des podiums, l’homme d’affaires yankee, Warren Buffet qui a terminé l’année précédente avec un jackpot de 47 milliards.
Il vous faut également savoir que l’an dernier, malgré les effets néfastes de la « crise », les milliardaires se sont comptés un peu plus d’un millier (1011 exactement), peloton ayant augmenté de…218 unités en douze mois. Pas mal n’est-ce pas ? Le record de « participations » est pour le début de l’année 2008 avec 1225 « compétiteurs ».
L’Amérique, temple du capitalisme ou du libéralisme, comme vous voulez, compte dans ce peloton le plus grand nombre de richissimes avec 464 « veinards », devant l’Europe, forte de 248 fortunés, qui bat de très peu l’écurie de l’Asie et du Pacifique (234). L’Afrique et le Proche Orient terminent, malgré les richesses de leurs sous-sols, au quatrième et dernier rang avec 65 milliardaires…seulement.
Ce millier d’individus possède, selon Forbes, 3.600 milliards de dollars qui représenteraient 6% du PIB mondial. En somme leur richesse est égale à celle de 6% de la population de la planète (il se trouvera bien un économiste qui me dira que je me trompe). Mille onze personnes aussi riches, en tout, que 6% de 6 milliards d’autres péquenots comme vous et moi. Pour faire plus clair, aussi riches qu’un peu plus de 30 millions d’humanoïdes, orphelins, sdf, chômeurs, miséreux et petits ou gros futés compris.
Est-ce que mes neurones fatigués qui ont joué les calculettes se sont fourvoyés ? Peut-être bien ! C’est qu’une telle avalanche de zéros s’est déversée pour la première fois dans ma vieille citrouille de tête qui n’a jamais eu la bosse des maths et des…économies !
J’allais oublier, la France ! Et oui, cocorico ! Tout comme au foot, au ski ou athlétisme la Gaule n’a pas récolté les honneurs attachés aux médailles, mais elle est présente dans les dix premiers du classement. Mondial s’il vous plaît, et première d’Europe ! Grâce à Mr LVMH, Bernard Arnault en personne. Septième avec 27,5 milliards de dollars, à 1,5 et 1 milliard de dollars de deux indiens et un américain. Pas mal non ?
Un petit tour sur Wikipédia et voilà que moi l’ignorant j’apprends que ce monsieur, qui a reçu pas mal d’aides de l’Etat Français voilà un plus de vingt ans, dirige et possède en grande partie un groupe qui emploie 23.000 personnes à travers plus d’une cinquantaine de sociétés dont 26 de « luxe » (maroquinerie, horlogerie, maisons de couture, parfums, presse – Les Echos – ou Grand Magasin). En outre le dit groupe a pris des participations plus ou moins importantes dans 23 très grosses sociétés comme, entre autres, Carrefour ou Bouygues.
Toute réflexion faite, la possession de telles fortunes disséminées dans maintes économies, un peu partout de par le monde, ne donne-t-elle pas au quidam qui la gère une puissance qui peut infléchir la conduite de certains chefs d’Etat ?
Voilà une bonne question pour le naïf que je suis. C’est promis, je vais y réfléchir ce soir, juste avant de m’endormir pour faire de doux rêves où le fric me foutra la paix.