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La route de nos pires bellicistes, sera-t-elle longtemps barrée ?

Sur une proposition de la Russie, la conférence qui s’est tenue à Genève ce samedi 30 juin dernier, concernant le règlement de la question de la transition démocratique en Syrie, à débouché sur un accord, obtenu autour d’un texte très largement inspiré par Sergueï Lavrov, le ministre Russe des affaires étrangères. Ce texte n’exige pas le départ préalable du président Syrien, comme le voulaient les “atlantistes”, et surtout, il rend impossible selon ses termes, le recours pour le règlement de ce conflit, à une intervention militaire étrangère...

Les gouvernements français se suivent, les étiquettes changent, mais par delà tout le folklore des slogans bon marché qui leur servent de doctrine politique, et qui suffisent à ravir leurs idolâtres respectifs et en faire des inconditionnels, il est clair qu’ils portent tous la même marque de fabrique, celle des services de nations étrangères qui, par la manipulation médiatique et une infiltration systématique et très soutenue des élites dirigeantes, s’arrangent pour que concernant ce qui leur est essentiel, c’est à dire la politique étrangère de la France, celle-ci demeure, grâce à sa puissante armée, leur exécuteur dévoué de basse besogne.

Bien sûr, ils abandonnent, pour que cela puisse nous être supportable, et ne soit pas l’occasion de soupçons risquant de tout remettre en cause, les options de politique intérieure, aux humeurs du moment de l’électorat français. Ceci, étant bien entendu que par ailleurs, le champ d’action de ces différents gouvernements se trouve très sérieusement encadré, par des dispositions économiques et financières sur lesquelles ils n’ont aucune prise, et qui ne leur laissent guère d’espace, pour mener une politique qui soit résolument en faveur du peuple français.

Nous avons donc eu la chance de voir succéder, au bout d’années d’un longue attente, un gouvernement de gauche, avec tout ce que cela entraine forcément d’espoir renouvelé pour tous les démocrates et progressistes, au gouvernement de droite qui fut le plus délibérément réactionnaire, rétrograde, et néfaste, que ce pays a jamais subi, depuis les sombres heures de l’occupation. Et, il est clair que dans le plan des “manipulateurs”, cette faveur sociale, qui est malgré tout indéniable, devrait être en mesure de nous faire avaler ce qui va avec.

De fait, nous n’avons pas tardé à découvrir la contrepartie de cette stratégie laissant au peuple l’illusion que c’est bien lui qui a décidé de son dirigeant, à partir du choix en réalité, unicolore, quant aux affaires de politique étrangère, qui lui a été proposé, au bout d’une campagne électorale qui a soigneusement ignoré ce sujet.

C’est ainsi que la nouvelle équipe dirigeante, n’a strictement rien fait d’autre, que de reprendre à son compte, avec la même propagande mensongère déjà si bien rodée, le même aveuglement ethnocentrique, pour ne pas dire carrément, la même obsession raciste, le même mépris de la souveraineté des peuples, toutes les options bellicistes et criminelles de l’équipe précédente, dont les objectifs sont en réalité, tous en défaveur de notre nation, et ne satisfont que les intérêts de cet axe malfaisant, qui ne cesse d’ensanglanter et de martyriser l’orient, depuis des décennies.

Il est temps que se rétablisse enfin, une véritable et authentique pensée nationale, qui soit autre chose que le catalogue d’inepties et de malpropretés racistes d’un parti qui se dit tel. Ceci, pour que nous cessions de voir sacrifier nos intérêts, géopolitiques, économiques, et culturels, par des dirigeants sans envergure, sans message, et sans ambition nationale, et qui, alors que le pays doit déjà faire face à tant d’urgences, ne trouvent rien d’autre à lui proposer, que de s’engager à nouveau dans une de ces sottises interventionnistes totalement grotesques, dont l’expérience a pourtant maintes fois montré, qu’elles n’ont aucune issue favorable.

Ces interventions brutales qui sont dévastatrices pour les peuples injustement agressés, ruineuses pour les peuples agresseurs, totalement illégitimes, illégales, et immorales, puisque ceux-ci s’arrogent ce droit, alors même que les premiers, notons et retenons le bien, ne leur ont “strictement rien fait”, anéantissent l’idée religieusement entretenue par tant d’hommes de bonne volonté, d’un progrès possible de notre humanité. Ceci, en n’envisageant comme forme de règlement des différents entre les hommes, qu’une brutalité archaïque, et alors même que la fatalité catastrophique de cette méthode primaire et bestiale, que ne devrait plus ignorer personne, et surtout pas les responsables politiques au plus haut niveau de la nation, aura été plus que largement démontrée, en Somalie, au Liban, en Iran, en l’Irak, et en Afghanistan, et d’autres encore, contrées qui furent les théâtres éloquents de cette vanité.

Et qu’on ne vienne surtout pas nous chanter, comme le font tous ces idolâtres benêts, d’une gauche “défroquée”, qui n’a de cesse que de trahir et de salir tous ses idéaux proclamés, qu’il s’agit par tout cela, de porter secours à des populations martyrisées par des tyrans ? Ceci, en ayant le culot de prétendre que la férocité guerrière, qui fit suite à l’intervention partisane des onusiens en Côte d’Ivoire, qui a ruiné le pays et rendu vain, tout espoir de réconciliation nationale, que la livraison de la Libye, au délire de fondamentalistes sanguinaires, que les trente années d’interventions étrangères en Afghanistan, qui ont ramené ce pays au moyen âge, et que les centaines de milliers de civils irakiens sacrifiés, pour s’être maladroitement trouvés en lieu et place des inévitables dommages collatéraux, participent de la défense des opprimés...

A défaut d’honnêteté, d’humanité, de logique, et de simple bonne connaissance des dossiers, ne tirer aucun enseignement des expériences du passé, et s’employer à entrainer la nation dans le renouvellement d’un désastre prévisible, disqualifie définitivement un dirigeant, et n’en déplaise à celui-ci, ceci ne constitue en rien la marque de la “normalité”...

 

 Paris, le 1er juillet 2012
 Richard Pulvar 

 




par Richard Pulvar (son site) mardi 3 juillet 2012 - 34 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Walkyries (---.---.---.135) 3 juillet 2012 14:20
    Walkyries

    Il ne faut plus dire : « ... en tant que sympathisant PS » mais : « ... en tant qu’hypocrite, ... »

  • Par FRIDA (---.---.---.40) 3 juillet 2012 20:05
    FRIDA

    Dans cette affaire syrienne, il faut rendre hommage à Kofi Annan, il est resté neutre et a bien résisté aux sirènes de la démagogie au chantage à l’émotion ,

    contrairement à Bai ki Moon, ce dernier une vraie serpillère aux mains des Américains, il n’a plus su ce que c’est que la retenue ni le langage diplomatique et administratif, il s’est lancé dans l’imitation de la rhétorique américaine, au point de croire que c’est leur porte parole.

    il y a maintenant une campagne des organisations humanitaires qui montent au crénau pour traduit les responsables syriens devant la CPI, une campagne d’accusation de la troture, du crime contre l’humanité et de crimes de guerre, ces mêmes organistations qui sont très silencieuses sur les prisons volant de la CIA et la sous traitance de la torture, et quant à l’affaire d’Abu ghraib, une goutte dans un océan de torture et bien qu’on n’ait jamais entendu ce justiciers de l’humanité avoir demandé de traduire Bush père et fils devant la CPI, et pourtant ils ont déclenché une guerre sur la foi de ce que contenait une petite fiole, ils continuent la persécution uniquement des coupables qui sont ennemis des Etats-Unis.

    on reproche également à la Syrie d’avoir réograniser sa législation contre le terrorisme, et on le lui reproche alors qu’elle affronte une vrai guerre terroriste menée par des bandes de terroristes dont le seul but est justement la terreur et le chaos, une dévastation totale du pays. On lui reproche de se défendre et sur le plan militaire et sur le plan juridique, alors les Etats-Unis se sont dotés d’une législation anti terrorisme qu’ils ont exportée à tous les pays puisque tout le monde maintenant se plie à leur exigence au niveau de la sécurité.

    bref, c’est qu’on appelle le double standard dans le triatement, en fonction de ce que vous êtes...

  • Par SEPH (---.---.---.152) 3 juillet 2012 17:45
    Conseil de Guerre de l’OTAN contre la Syrie
    Rick Rozoff

    29 juin 2012

    Mardi 26 juin, à Bruxelles, le Conseil de l’Atlantique Nord – la plus haute instance de commandement du bloc militaire de l’OTAN (Organisation du traité de l’Atlantique Nord), dominé par les États-Unis – doit aborder la question de la Syrie sous l’angle des clauses de son texte fondateur qui, tout au long de la dernière décennie, a été à l’origine de déploiements préliminaires de forces armées conduisant au déclenchement de guerres totales

     
    Ce conseil est constitué des ambassadeurs des 28 États membres, représentant une population totale de 900 millions d’habitants. Ses membres fondateurs comptent trois puissances nucléaires – les USA, la France et l’Angleterre – dont la première s’est autoproclamée unique puissance militaire mondiale.
     
    Jusqu’à la veille de cette réunion, l’OTAN devait examiner une requête de l’un de ses membres, la Turquie, de tenir des consultations conformément aux dispositions de l’Article 4 du Traité de l’Atlantique Nord, qui autorise tout État membre à appeler l’intégralité des membres de l’Alliance à répondre à ce qu’il considère comme une attaque contre sa sécurité et son intégrité territoriale.
     
    Le 25 juin, trois jours après que le chasseur bombardier supersonique F14 eut été abattu au-dessus des eaux territoriales syriennes, la Turquie annonça qu’elle demanderait que l’alliance militaire en réfère à l’Article 5, lequel stipule que « toute attaque armée contre un ou plusieurs États membres en Europe ou en Amérique du Nord doit être considérée comme une attaque contre tous », les alliés de l’OTAN étant alors tenus de « porter assistance à la, ou aux parties ainsi attaquées, en engageant sur le champ, individuellement et en concertation avec les autres parties, toute action jugée nécessaire, y compris le recours à la force armée... »
     
    L’Article 5 avait été invoqué en octobre 2001, pour la première et unique fois en date, et fonde toujours, depuis une dizaine d’années, le déploiement en Afghanistan de troupes des 28 États membres et de leurs 22 partenaires.
     
    L’Article 4 fut invoqué pour la première fois le 16 février 2003, à nouveau par le Conseil de l’Atlantique Nord et à nouveau au sujet de la Turquie, à la veille de l’invasion anglo-américaine de l’Irak. Cela entraîna le déclenchement de l’Opération « Display Deterrence » [déploiement d’une force de dissuasion], et le déploiement en Turquie de cinq batteries de missiles d’interception ’Patriots’ – trois allemandes et deux américaines – ainsi que de quatre appareils de surveillance aérienne AWACS [Airborne Warning and Control Systems : Systèmes aéroportés de Contrôle et d’Alerte], en conjonction avec le Système de Défense Aérienne Élargi Intégré de l’OTAN.
     
    L’OTAN déploya, selon ses propres termes, « 1 000 techniciens spécialisés et extrêmement compétents » pour conduire l’Opération.
     
    Les premiers avions AWACS arrivèrent le 26 février, et trois semaines plus tard l’invasion et le bombardement de l’Irak étaient lancés. Bien qu’il n’y ait eu à l’époque en Irak que 25 millions d’habitants, contre 70 en Turquie, et bien que l’armée turque ait été la plus formidablement équipée de la région – tandis que l’Irak sortait affaibli de huit années de guerre contre l’Iran dans les années 1980, de la campagne de bombardements des États Unis et de leurs alliés en 1991 et depuis, et de douze années de sanctions écrasantes, l’OTAN ne tarissait pas d’éloges sur l’Opération Display Deterrence, qui venait de « tester et prouver la capacité des forces de l’OTAN à répondre immédiatement et avec la force offensive appropriée, à une menace évoluant rapidement contre l’un des membre de l’Alliance ».
     
    Dans quelle mesure un Irak aussi mortellement affaibli avait réellement pu représenter pour la Turquie « une menace évoluant rapidement », cela ne fut jamais précisé.
     
    Les AWACS sortirent sur une centaine de missions et les batteries de Patriots allemandes furent notamment équipées de missiles Patriot Advanced Capability-2, « un missile plus moderne fourni par l’Allemagne » expliqua l’OTAN.
     
    L’Opération prit fin le 3 mai, soit 65 jours après son déclenchement et 45 jours après le début de l’invasion de l’Irak. Pour donner une idée de ce que l’OTAN pourra déclarer à l’issue de cette réunion au sommet, l’Ambassadeur turc de l’époque, auprès de l’OTAN, déclara après avoir invoqué l’Article 4 : « Encore une fois, je tiens à témoigner de la sincère gratitude du peuple et du gouvernement turcs envers la solidarité dont l’Alliance a su faire preuve en renforçant la défense de mon pays en réponse à la dernière crise en Irak. Nous sommes convaincus que, à travers un déploiement d’une force de dissuasion aussi active et collective, l’OTAN a non seulement tendu la main et offert une aide infiniment appréciable à l’un de ses membres en grande difficulté, mais il a aussi prouvé une fois de plus sa crédibilité et sa pertinence, en tant que pierre de touche de la sécurité collective dans la zone Euro-Atlantique ».
     
    La Turquie était alors, tout comme aujourd’hui, présentée comme la victime – « en grande difficulté » qui plus est – tandis que l’Irak, en état de siège et sur le point d’être anéanti, était considéré comme l’agresseur.
     
    La population syrienne se trouve à l’heure actuelle dans la même position que l’Irak à l’époque, sauf que la Turquie est cette fois une nation quasiment trois fois plus grande. La Syrie est isolée et ses forces militaires sont dérisoires par rapport à celles de son voisin turc. Ce dernier peut en outre compter sur le soutien de 27 alliés, au nombre desquels la plupart des plus grandes puissances militaires du monde. Les États-Unis disposent déjà d’environ 90 bombes nucléaires tactiques B61 stationnées sur la base aérienne d’Incirlik, à 35 miles des côtes méditerranéennes de Turquie.
     
    C’est en outre au moins la seconde fois depuis avril dernier que le Premier Ministre turc Recep Tayyip Erdogan demande l’activation de la clause d’assistance militaire mutuelle de l’article 5 – qui implique le déclenchement d’une guerre. La première ayant eu lieu plus de deux mois avant la destruction du chasseur bombardier turc survenue la semaine dernière.
     
    Le 25 juin, le vice Premier ministre turc Bulent Arinc avait annoncé que sa nation « avait déposé auprès de l’OTAN toutes les demandes requises concernant l’Article 4 et l’Article 5 ».
     
    Selon l’agence de presse Associated Press, il aurait ajouté : « Il est important de comprendre que, dans le cadre légal, nous userons bien évidemment jusqu’à la fin, de tous les droits que nous garantit le droit international. Cela inclut notamment l’auto-défense. Cela inclut aussi toutes les formes possibles de représailles. Cela inclut toutes les sanctions applicables à l’État agresseur en vertu du droit international. La Turquie ne négligera absolument rien en la matière... ».
     
    Les États-Unis et l’OTAN avaient impérativement besoin d’un prétexte pour attaquer la Syrie, et la Turquie, seul membre de l’OTAN frontalier de la Syrie, a toujours été le prétexte idéal auquel recourir pour attaquer une nation arabe.
     
    L’incident de vendredi dernier et la réunion de l’Otan qui y a fait suite, marquent le début du quatrième acte d’une tragédie que le reste du monde n’a que trop peu de temps pour empêcher.
     
     
     
    Traduit de l’anglais par Dominique Arias.
     
    Auteur de nombreux articles très documentés sur les activités militaires des Grandes Puissances occidentales à travers le monde, Rick Rozoff est chercheur et activiste, créateur de l’organisation Stop NATO.

    Stop NATO : site et articles : http://rickrozoff.wordpress.com
     
    Source originale : Global Research
     
    Source : Investig’Action : http://www.michelcollon.info/Consei...
    OTAN - Syrie - Turquie
  • Par ALasverne (---.---.---.212) 3 juillet 2012 18:32
    ALasverne

    Bachar el-assad n’a rien d’un démocrate, mais il faut en finir effectivement avec ce groupe de pays qui satisfont leurs intérêts, leurs impérialismes et leur volontés néo-colonialistes d’une manière générale au détriment des valeurs qui peuvent fonder la démocratie à l’échelle et surtout assurer la coexistence pacifique des peuples.

     La souveraineté des peuples ne doit pas être à géométrie variable d’une part et, d’autre part, si une ingérence humanitaire, démocratique s’avère légitime, elle ne peut être décidée et exécutée que par l’ONU. Ce qui sous-entend qu’on ne doit participer, nous français, à aucune menée et aventure bellicistes particulières. Encore moins décidées par un philosophe de projecteur, sur un coin de table, ou pour satisfaire les appétits de quelque Empire que ce soit.

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