• dimanche 27 mai 2012
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > « La série L » désertée ? Mais qu’elle devienne donc enfin « la série (...)
44%
D'accord avec l'article ?
 
56%
(23 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

« La série L » désertée ? Mais qu’elle devienne donc enfin « la série I » comme information !

Faut-il pleurer, faut-il en rire ? « La série L » du baccalauréat serait « menacée d’une extinction rapide », lit-on dans un rapport de l’inspection générale, selon Le Figaro.fr du 13 juin 2006. Elle aurait perdu 28 % de ses effectifs en vingt ans. Une conférence tenue à la Sorbonne le week-end dernier a, selon le même journal, dressé un état des lieux alarmant : « Un bon élève va toujours en S, lit-on, un élève moyen en ES et un médiocre va en STG (sciences et techniques de gestion) et s’il n’y a pas de place en STG, il va en L ».

On est tenté d’y voir une bonne nouvelle. Rien n’oblige autant à une révision radicale que l’échec. Cette défection massive des élèves en est un. Reste à en détecter les raisons. À l’évidence, les autres séries sont attrayantes parce qu’elles sont perçues comme utiles, en ouvrant sur des compétences recherchées et nécessaires dans la vie future, tant professionnelle que personnelle. On ne peut en dire autant de « la Série L ».
 
L’enseignement du Français dévasté par le formalisme
 
Il est intéressant de relever que sa baisse d’effectifs de 28 % sur vingt ans est en corrélation avec l’invasion progressive du formalisme dans l’enseignement du Français qui farcit les têtes de catégories scolastiques inutiles, voire erronées. Or, on le sait depuis Guillaume d’Occam (13ème /14ème siècle), « il ne faut pas multiplier les catégories sans nécessité  ». Car c’est ainsi qu’on crée des confusions dans les esprits par des distinctions infondées entre éléments comparables. En outre, ces catégories font diversion et attirent l’attention sur le médium et non sur ce qu’il exprime, une façon de faire « regarder le doigt quand il montre la lune ».
 
Une typologie des discours infondée
 
On se contentera d’un exemple dans le cadre réduit de cet article (1). L’enseignement du Français est aujourd’hui structuré autour d’une prétendue « typologie des discours » distinguant en particulier « le discours narratif », « le discours descriptif », « le discours explicatif », « le discours informatif », « le discours argumentatif ». Il y a quelques jours, le journal Le Monde faisait ainsi réviser aux candidats du bac « l’argumentation » (2). 
 
Or, cette typologie n’a aucune portée opérationnelle, puisque ces catégories, artificiellement isolées, se mélangent dans tout discours. Quelle narration ne comporte pas de description ou d’explication et n’est pas à elle seule une argumentation par la mention ou l’omission calculées d’une représentation de faits ?
 
Un discours informatif qui n’existe pas
 
Mieux, « le discours informatif » enseigné n’existe pas. Car, selon le catéchisme scolastique en vigueur, « le discours informatif » serait celui qui n’influence pas. Les promoteurs de ces erreurs – conseillers ministériels, directeurs des lycées et collège au ministère, inspecteurs ou recteurs - ont beau dépenser depuis vingt ans beaucoup d’énergie dans leurs propres ouvrages comme dans les instructions officielles du ministère de l’Éducation Nationale pour les propager : ils se sont couverts de ridicule. La réalité résiste à leur hallucination qu’ils entendent faire partager. Toute information, quelle soit donnée, cachée ou extorquée, ou même qu’elle se limite à un silence, influence ! C’est ainsi. « La loi d’influence » est à la relation d’information ce qu’est « la loi de la pesanteur » à la tombée des objets sur terre et donc à leur établissement.
 
Une totale indifférence à la notion de fiabilité de l’information
 
Cet intérêt pour des catégories scolastiques inutiles ou erronées fondées sur le déni d’une loi d’influence qui régit les relations entre les êtres vivants, s’accompagne de surcroît d’une totale indifférence à la notion de fiabilité de l’information. À en croire les propagandistes de ces erreurs, un auteur, par exemple, est réputé sincère a priori. Or sincérité de l’émetteur ne signifie pas fiabilité de son information. On peut se tromper en toute sincérité. Voilà une confusion, en tout cas, qui ne peut que satisfaire les démagogues, certains de pouvoir ainsi avoir en face d’eux des gens éduqués dans la crédulité.
 
Une définition erronée de l’information
 
Surtout, l’École enseigne la théorie promotionnelle de l’information que, pour tenter de gagner en audience, les médias ressassent à longueur de temps. Celle-ci repose sur une définition erronée de l’information. Par prudence ou hypocrisie, sans doute, l’École s’abstient de la livrer explicitement : cette définition se déduit seulement de l’usage qu’elle fait des mots « informer » « informatif » ou « information » en les confrontant à d’autres. Le mot « informer » est, par exemple, employé dans une série de mots qui s’opposent, telle que celle-ci : « (L’élève doit pouvoir), lit-on dans le Bulletin Officiel de l’Éducation Nationale N°12 du 23/03/1989, reconnaître les objectifs du message : exprimer des faits, des idées, des sentiments, informer, expliquer, argumenter, démontrer, persuader, inciter à une action, chercher à influencer, réfuter, questionner, etc... »
 
Il ressort, par simple opposition entre les termes, qu’ « informer » diffère de « persuader », d’ « argumenter » comme d’ « expliquer » et consiste donc à transmettre « un fait avéré  », sans volonté d’influencer. Les médias en font autant en opposant « information » à « commentaire », « opinion », « intox », « désinformation », « communication » : ils veulent faire croire que le mot « information » est synonyme de « vérité » : or c’est un leurre (3).
 
L’École a, on le voit, de la suite dans les idées : le déni d’influence de l’information est une règle cardinale qu’elle inculque avec constance. Malheureusement, nul ne peut échapper à la loi d’influence, qu’il parle ou écoute, pas plus qu’on ne peut se soustraire sur terre à la loi de la pesanteur, même en battant des bras pour tenter de s’élever dans les airs.
 
La fable « Le Mycologue inconscient »
 
On a illustré cette obstination coupable dans l’erreur du ministère de l’Éducation nationale et de ses propagandistes par une fable qu’on a déjà racontée sur AgoraVox. Chacun pourra en profiter pour expérimenter sur lui-même combien « le discours narratif » de la fable est aussi « un discours argumentatif » qui ne peut manquer de chercher à influencer le lecteur. Cette fable est intitulée « Le Mycologue inconscient  ».
 
« Il était une fois un professeur de mycologie dont l’unique souci était d’apprendre à ses étudiants à classer les champignons selon la forme du pied, du bulbe ou du chapeau : bolets, cèpes, girolles, trompettes de la mort et amanites se distinguaient ainsi selon leurs apparences. Cela faisait joli dans les tableaux de classification du mycologue.
 
Tout frais émoulus de leur nouveau savoir si excitant, les étudiants coururent aussitôt dans les prairies et les sous-bois cueillir, au vent léger, tous les champignons qui leur tombaient sous la main. Le lendemain, on déplorait parmi eux plusieurs morts et un bon nombre de malades : leur professeur inconscient avait tout simplement négligé de leur enseigner la technique pour distinguer les champignons comestibles de ceux qui sont vénéneux ou hallucinogènes. »
 
Ne pourrait-on pas reprocher à cet esthète des champignons d’avoir manqué à une obligation de précaution ? L’Éducation Nationale n’encourt-elle pas le même reproche de négligence coupable à laisser ses élèves ignorer les moyens de mesurer la fiabilité d’une information dont peuvent dépendre une décision, une stratégie, voire une vie ? Car, si la forme d’un champignon permet parfois de distinguer le comestible du mortel, dans le cas des types de discours, à l’évidence, ce n’est pas la forme de transmission par narration, description, explication ou argumentation qui aide à observer si une information est fiable ou non.
 
Une connaissance indispensable : les leurres et illusions de l’univers médiatique
 
L’évaluation du degré de fiabilité d’une information exige, au contraire, une connaissance sérieuse du fonctionnement de la relation entre émetteur et récepteur et de la théorie expérimentale de l’information qui en découle, voire d’ « une science des leurres » qu’on pourrait nommer « la leurrologie ». L’univers médiatique est en effet constitué d’un réseau de relations où le récepteur peut être le jouet d’illusions et de leurres combinés (4). Ceux-ci sont de deux natures : les premières sont structurelles, les seconds conjoncturels.
 
1- Des illusions structurelles
 
Les illusions structurelles sont celles qui sont indépendantes des lieux et des époques, comme les illusions produites par le médium qui ne livre qu’ « une représentation de la réalité  » : ainsi « une information » n’est-elle jamais « un fait  » auquel on accède, comme l’enseignent l’École et les médias, mais seulement « la représentation d’un fait  » : « Ceci n’est pas une pipe  » dit la légende de Magritte sur le tableau où il a peint une pipe : en effet, ce n’est que « la représentation d’une pipe » qu’on ne peut saisir pour fumer par exemple. Un proverbe d’ailleurs met en garde contre cette confusion dommageable : « Qui voit le ciel dans l’eau, voit des poissons dans les arbres ». Si l’on prend, en effet, « la représentation du ciel réfléchi par l’eau » pour le ciel lui-même, toutes les hallucinations deviennent possibles : on n’est pas étonné alors de voir des poissons évoluer entre les branches des arbres qui se reflètent dans le plan d’eau.
 
Parmi d’autres illusions structurelles, on relève l’illusion de la gratuité de l’information  : elle découle du principe fondamental de la relation d’information selon lequel nul être sain ne livre volontairement une information susceptible de lui nuire. De même faut-il se garder de l’illusion de l’exhaustivité de l’information pour la même raison et en vertu de la contrainte de l’exiguïté du temps et de l’espace de diffusion de l’information : temps d’antenne et colonnes de journaux sont limités et l’attention du récepteur est volatile ; il est plus prudent d’avoir en tête l’illusion de l’iceberg qui montre moins qu’il ne cache : le secret peut occuper une place considérable dans la relation d’information.
 
2- Des leurres conjoncturels
 
Aux illusions structurelles de l’univers médiatique, qui brouillent déjà la vue, les acteurs de la relation d’information accroissent la confusion en ajoutant leurs propres leurres conjoncturels qui varient selon les situations et les besoins. Nulle malveillance ne les dicte pour commencer, mais la nécessité : la cible humaine est, en effet, par nature indocile. Tout est alors bon pour tenter de capter l’attention du récepteur et d’obtenir de lui qu’il adhère à l’idée, au produit ou à la personne dont on fait la promotion. Un inventaire des leurres s’impose donc, qu’il s’agisse de ceux qui trompent ou inhibent l’exigence de rationalité comme le leurre de la mise hors-contexte, ou que ce soient ceux qui subornent l’exigence d’irrationalité, comme les leurres d’appel sexuel, humanitaire, autoritarien ou conformiste et tant d’autres.
 
L’information vue par le pêcheur ou par le poisson ?
 
On reste confondu de voir que dans « une société dite de l’information », l’École désoriente à ce point les futurs citoyens en leur inculquant des erreurs qui leur interdisent de comprendre la relation d’information. C’est que l’enseignement de l’information dépend du point de vue auquel on se place. Puisque les médias désignent leur public comme des « cibles » à atteindre, on peut réduire l’approche de l’information à deux points de vue : celui du pêcheur et celui du poisson.
 
Il va de soi que l’approche de l’information du pêcheur n’est pas celle du poisson. Le pêcheur a tout intérêt, s’il ne veut pas rentrer bredouille, à cacher au poisson les leurres qu’il utilise pour tenter de le capturer. En revanche, il est de la plus haute importance pour le poisson de les connaître s’il ne veut pas finir dans la poêle à frire. Malheureusement l’École a choisi d’enseigner au poisson le point de vue du pêcheur en se gardant de divulguer ses leurres. On voit, par exemple, l’erreur d’une absence d’éducation aux leurres quand on entend certains dire que « le sexe fait vendre  ». Non, ce n’est pas le sexe, mais le leurre d’appel sexuel qui, en captant d’abord l’attention, facilite la promotion d’un produit qui peut même être de lui très éloigné, comme les lunettes d’un opticien (voir photo d‘illustration ci-contre) (5). Ce n’est pas pareil : le leurre d’appel sexuel est au sexe ce que la mouche artificielle du pêcheur est à l’insecte : la truite ne fait pas la différence et c’est ce qui cause sa perte en sautant pour gober le leurre.
 
L’apprentissage de l’information ne devrait-il donc pas structurer l’enseignement du Français de « la Série L » devenue « la Série I » comme information  ? La relation d’information est si complexe qu’elle nécessite une approche graduelle et à temps plein : rien n’est plus difficile à percevoir que l’existence d’illusions et de leurres. On peut être sûr que les élèves accourraient dans cette section. On l’a soi-même expérimenté à son niveau : élèves et étudiants étaient passionnés par cette approche de l’information. On entend bien sûr l’inquiétude des partisans d’un enseignement traditionaliste sur le sort réservé aux Classiques. Qu’ils se rassurent ! Les Classiques ne sont-ils pas les premiers à savoir user des leurres avec maestria et pour certains à les analyser ? Qu’on songe au hasard à Descartes, Pascal, Molière, Fontenelle, Beaumarchais, etc. Et les « Fables » de La Fontaine donc ! Elles sont à elles seules un manuel de rêve qui illustre les leurres en usage dans la relation d’information, à quelques lacunes près, comme le leurre d’appel sexuel que La Fontaine a pourtant abondamment pratiqué dans ses « Contes ». On laisse, par exemple, au lecteur le soin de tirer la morale de « La Cigale et la Fourmi », que l’auteur s’est gardé d’expliciter. Cette fable ouvre le recueil et ce n’est sans doute pas un hasard : n’illustre-t-elle pas le principe fondamental qui régit la relation d’information quand on l’oppose à la seconde fable, « Le Corbeau et le Renard » ? Paul Villach
 
(1) Pour une analyse plus approfondie, voir Paul Villach, « Les infortunes du Savoir sous la cravache du Pouvoir  », Éditions Lacour, 2003. 
(2) Paul Villach, « La prétention du journal Le Monde à exercer une autorité pour séduire les candidats bacheliers », AgoraVox, 4 juin 2010.
(3) Paul Villach, « Canal Plus, en croisade contre Internet, se retrouve condamné pour diffamation envers P. Karsenty  », AgoraVox, 14 juin 2010.
(4) Paul Villach, « Les médias, la manipulation des esprits, leurres et illusions  », Editions Lacour, 2006
Pierre-Yves Chereul, « L’heure des infos, l’information et ses leurres  », Éditions Golias, 2009
(5) Cette publicité de l’opticien MIKLI est parue dans le journal Le Monde le 27 septembre 2002.
par Paul Villach mercredi 16 juin 2010 - 27 réactions
yahoo
44%
D'accord avec l'article ?
 
56%
(23 votes) Votez cet article

2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par Luc Paul ROCHE (xxx.xxx.xxx.157) 16 juin 2010 13:20
    Luc Paul ROCHE

    @ Paul Villach

    La série L, dont je déplore la disparition (disparition contre laquelle je continuerai à lutter même si le combat est peut-être déjà perdu), est une série qui, dans son principe, est aussi prestigieuse, vénérable et utile, au sens le plus large du terme, que les autres.

    Vous avez raison de montrer qu’elle a été victime du formalisme comme d’ailleurs toutes les séries, le "formalisme" n’étant qu’un des aspects du pédagogisme, qui a comme vous le savez de très multiples visages.

    D’un point de vue professionnel, la disparition de la série L aura de très lourdes conséquences pour les enseignants, et notamment pour les professeurs de Lettres et de Philosophie. En ce qui concerne les enseignants de philosophie, la série L représente la moitié d’un service.

    La filière L aurait pu être une filière d’élite : savante, humaniste, lucide ; dans les faits, elle est surtout une filière d’un médiocre niveau. Je le déplore, c’est une conséquence de la culture utilitariste d’aujourd’hui qui la présente comme une filière sans débouchés, alors même qu’aucune filière, quelle qu’elle soit, n’a de véritables débouchés (les filières professionnelles, par exemple, ont connu un démantèlement pire encore que les filière générales, alors qu’elles sont censées être professionnalisantes).

    Le rôle de l’École n’est pas, de toute manière, de conférer un emploi, mais de conférer une Culture. Dans le principe, elle forme le citoyen et non pas l’homme de métier ; dans la réalité, elle ne forme plus ni l’un ni l’autre.

    Le plein-emploi est un problème totalement indépendant de l’École, et dépend exclusivement d’un certain niveau de partage des richesses. Dans un contexte d’ultra-capitalisme, tout le monde se retrouve au chômage : littéraires, scientifiques, docteurs, CAPistes, techniciens, ouvriers, sur-qualifiés et sous-qualifiés peu importe. Il n’est qu’à considérer le chômage ahurissant des jeunes doctorants scientifiques eux-mêmes.

    Bref : je n’ai pas de solution à proposer ; je continue à militer pour la sauvegarde des L, mais sans illusions. La disparition des L ce sera par exemple la disparition de la moitié des profs de philo. La disparition des L ne relèvera pas non plus le niveau des autres sections. La disparition des L n’est qu’un aspect du démantèlement général de nos institutions. La disparition des L ne changera rien au chômage de masse, et même l’aggravera. La disparition des L au profit de filières "utiles" n’augmentera pas d’un pouce l’emploi des jeunes. Les filières "utiles" elles-mêmes n’auront rien d’ "utile". l’École elle-même n’est pas "utile". Seuls les salariés-esclaves, surtout ceux des pays à bas coût de main d’œuvre sont "utiles" aux yeux des ultralibéraux. Qu’on soit biologiste ou pâtissier, philosophe ou mâçon, les libéraux nous adressent aujourd’hui un message de mort universel.

    J’ai rarement été aussi pessimiste dans ma vie...

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox