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La victoire annoncée (mais fausse) de l’UMP aux européennes

Depuis quelque temps la propaganda tant du pouvoir que journalistique veut nous démontrer que l’UMP est en train de gagner les élections européennes. Les derniers sondages donnent (IFOP, IPSOS et Opinion Sarkoway) grosso modo les mêmes scores avec un ordre établi : UMP (27 environ), PS, (22 environ) Mouvement Démocrate (entre 11 et 13,5) et le trio Cohn Bendit/Bové/Joly (entre 7 et 9). Pour affirmer cette victoire, un seul comparatif, celui avec les élections de 2004, sauf, oui sauf que lorsqu’il s’agit du Mouvement démocrate et pour lui seul on compare alors aux présidentielles. c’est le fameux jeu : pile tu perds, face je gagne. On prend d’un côté pour montrer la victoire de l’UMP et de l’autre l’affaiblissement du Mouvement démocrate.

 
Pour preuve de ce que j’avance voilà quelques éléments pris dans la Pravda :
Pour l’UMP, 27 % seraient un succès. Ce serait une progression de plus de dix points par rapport à 2004 et le meilleur score pour la principale liste de droite depuis quinze ans. Cela signifierait également que l’UMP échappe au vote sanction. Un paradoxe alors que 14 % seulement (-6) veulent exprimer par leur bulletin de vote leur « soutien » à l’action de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement, contre 39 % (+1) qui veulent exprimer leur « insatisfaction ».

Le PS, qui mise sur un rejet de Nicolas Sarkozy, en est pour l’instant pour ses frais. 22 %, c’est sept points de moins qu’en 2004. Ce serait aussi la première fois depuis 1994 que la liste du PS n’arriverait pas en tête. Un mauvais signal pour le premier rendez-vous électoral de Martine Aubry. Avec 13 %, en progression d’un point par rapport à l’enquête d’avril, le MoDem confirme son statut de troisième force politique du pays. Mais il ne s’agirait que d’un point de plus que par rapport à l’UDF de 2004. Surtout, le parti centriste ne récupère pas tout le capital accumulé par François Bayrou. 
Mais, comme durant la campagne présidentielle, l’ancien candidat à l’Élysée a su se placer au centre du débat, en embarrassant une fois encore le PS. Un succès tactique dont il peut espérer toucher les dividendes dans les urnes.
 
Ce bon journaliste fait un bon petit amalgame. C’est à dire qu’il compare quand cela l’arrange avec les élections de 2004 (pour montrer que l’UMP progresse à pas de géant) ou bien par rapport aux présidentielles pour démontrer que le Mouvement Démocrate dégringole. Or il faut choisir soit les présidentielles, soit les européennes. Vous aurez remarqué un point assez important c’est qu’il n’y a aucune confrontation aux scores des législatives. Je vais donc réparer ces oublis. Voici les chiffres :
  • présidentielles (1er tour) : Nicolas Sarkozy 31,18 Ségolène Royal 25,87 François Bayrou 18,57 Jean-Marie Lepen 10,44 Olivier Besancenot 4,08 Philippe de Villiers 2,23 Marie-Georges Buffet 1,93 Dominique Voynet 1,57 Arlette Laguillet 1,33 José Bové 1,32 Frédéric Nihous 1,15 Gérard Schivardi 0,34
  • législatives de 2007 (1er tour) UMP 39,54 divers droite 2,47 Nouveau Centre 2,37 MPF 1,2 PS 24,73 PC 4,29 verts 3,25 divers gauche 1,97 MRG 1,32 UDF-MoDem 7,61 FN 4,29 Extrême gauche 3,41 divers 1,03 CPNT 0,82 divers écologistes 0,80 -
  • européennes de 2004 PS 28,90 UMP 16,64 UDF 11,96 FN 9,81 les verts 7,41 MPF (7 listes sur 8) 6,67 soit grossièrement corrigé 7,62 PCF 5,88 LO LCR 2,56 CPNT 1,73 RPF (5 listes sur 8) 1,70 soit grossièrement corrigé 2,72 Tous ensuite ont soit moins de 8 listes (parfois une seule) et moins de 1 %
De ces chiffres nous pouvons tirer quelques conclusions. Soit nous choisissons une seule comparaison ce qui donne -
  • présidentielle UMP perd 4 %, PS perd 4 % Bayrou perd 5 %. Donc tout le monde perd. Or dans ce contexte Bayrou a été quitté et attaqué par les députés du NC se disant les seuls représentant de l’UDF et sont venus apporter leur soutien dès les législatives 2007 à ce pouvoir. Donc si ces députés représentaient selon eux et le pouvoir le courant UDF ils ont apporté à Sarkozy virtuellement plus de 10 % ce qui donne tenant compte des variations saisonnières Sarkosy 31 + 10 = 41 (score que l’on retrouve aux législatives de 2007 : 40 %) donc pour 27 en sondage = - 14, Bayrou 18 -10 = 8 comparé à 13 % = +5 -
  • législatives UMP perd près de 15 points (39,54 (UMP) + 2,37 (NC) - 27 (sondages)), le PS perd 2,5 et le Mouvement Démocrate, grand vainqueur gagne 3,5 points. -
  • européennes UMP gagne 8,5 points (27 (sondages) - (16,64 (UMP) + 2,72 (Pasqua)), le PS perd 7 points et le Mouvement Démocrate gagne 1,5 points (ou rien selon les sondages)
 
Selon toute logique il est impossible de faire une comparaison entre 2004 et aujourd’hui tout simplement parce que le paysage politiqe a été bouleversé. Notamment l’UDF devient Mouvement démocrate avec une scission très douloureuse et des députés nationaux et européeens qui l’ont quitté et qui eux se réclament de l’UDF. C’est à dire que dans cet environnement très hostile (politique cible des attaques du PS, de l’UMP, du pouvoir, du NC et maintenant de Cohn Bendit) et journalistique le Mouvement Démocrate est en train de gagner son pari. Il faut se souvenir des déclarations péremptoires des analystes qui nous disaient que les électeurs de Bayrou (1er tour) allaient tout gentiment retourner dans leur bercail originel et ne laisser au leader que ses yeux pour pleurer, c’est à dire son étiage naturel selon eux de 6 % (et même moins car on estimait savamment que moins de 30 % des ses voix était son socle et que le reste allait gentiment retourner vers l’UMP et vers le PS, soit un résiduel durci de moins de 6 %). On ne peut aucunement évacuer que l’UMP vient de 31 % de Sarkozy aux présidentielles (puisqu’il est le tête de liste de l’UMP et que c’est son bilan européen qui est mis en avant) et des 42 % du premier tour de la majorité présidentielles aux législatives de 2007 qui a soutenu son action et qui s’en réclame pour les euroépennes. De ces deux scores on ne peut que dire que l’UMP ramasse une claque. Ce à quoi il faut ajouter qu’un mouvement qui se réclame de la majorité et qui ne fera que 27 % est extraordinairement minoritaire car pas une autre liste ne soutient cette action. C’est à dire que chacune individuellement des listes a un projet différent de celui de l’UMP mais que chacune s’oppose à cette majorité. En gros l’UMP a en face d’elle 73 % des sondés qui ont fait un choix. C’est une belle catastrophe. Cependant la machine à propaganda est en route car tous les discours (et journalistiques puisque le Monde titre également sur l’UMP en tête) va nous faire passer une défaite pour une victoire en faisant la seule comparaison qui leur convienne celle des européennes de 2004 ne se gênant pas par ailleurs de comparer (et vous verrez que j’ai raison) les scores du Mouveemnt démocrate eux avec les présidentielles. Il faudra alors corner très fort pour leur demander de choisir soit comparaison avec les présidenteilles (et tout le monde perd sauf le Mouvement Démocrate si on tient compte de la scission de l’UDF dès l’après présidentielle), soit avec les européennes, mais surtout de dire qu’une analyse plus poussée ne peut que donner l’UMP largement perdante et le Mouvement démocrate gagnant. On pourrait même renvoyer dans les dents des sarkolâtres qui nous bassinnent avec les 53 % du second tour qui donneraient au Kaiser Sarkoko tous les droits, qu’alors passer de 53 % à 27 % c’est l’exploit de diviser en deux ans par deux son score. On imagine à peine ce que cela donnera dans deux ans (13,5 !). Et enfin si , le score du Mouvement démocrate reste à 13 ou 14 % ce sera une belle victoire car le Mouvement Démocrate part en réalité de 7 % aux législatives de 2007 n’étant pas existant en 2004 et l’UDF ayant été scindée. Ce qui nous démontre que le NC est définitivement mis à la porte du débat politique et que ces plus de 20 députés ne font pas le poids en regard des seuls 3 du Mouvement Démocrate et nous verrons bien quel sera le rapport de force des députés euroépens NC avec ceux du moDem sachant que si ce parti se disant si fort avait présenté des listes le rapport aurait été de le comparer à 0 élu puisque son score annoncé était de 2 %.
 


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Les réactions les plus appréciées

  • Par Le Bordelleur (---.---.---.54) 13 mai 2009 12:24
    Le Bordelleur

    Les nouvelles machines électroniques à voter, permettent à l’UMP de lire dans le marc de café...

  • Par Vilain petit canard (---.---.---.67) 13 mai 2009 13:32
    Vilain petit canard

    Propagande élémentaire : on annonce à grand fracas qu’on va gagner, ça sera plus facilement admissible après, et ça entraînera les indécis. En tout cas, vos calculs simples font du bien, et démontrent bien que la vraie cible à abattre c’est le Modem, quelle que soit l’importance qu’on lui attribue.

  • Par Gourmet (---.---.---.230) 13 mai 2009 14:24

    Bravo et merci pour cette analyse argumentée.
    Ce qui se passe actuellement me fait odieusement penser au référendum de 2005 : TOUTE la presse était pour le OUI, sondages à OUI (forcément vus qu’ils étaient commandés par la droite).
    Résultat : NON !
    Cette fois-ci il est probable que ce soit plus subtil : pas de gesticulation ou encore de vocifération côté gouvernement de manière à éviter d’exciter les opposants.
    Partant, la propaganda est déplacée sur la presse, presse rangée aux côtés du pouvoir : Le Monde, Le Point, L’Express et Le Figaro.
    De toute manière il est notoire que les sondages éloignés ne valent rien. Ils sont arrangés pour plaire au donneur d’ordre.
    Seuls ceux réalisés juste avant le scrutin sont susceptibles d’être intéressant.
    Car c’est de ceux-là dont le bon peuple se souviendra.

    db

  • Par sampiero (---.---.---.225) 13 mai 2009 19:13
    sampiero

    La méthode Coué : « on va gagner » !!

    En plus de la presse complice qui inonde le pays de cette certitude, il y a aussi l’autre message que des tas de gens reprennent sans réfléchir : « voter upm ou ps, c’est pareil ! »

    Et bien non, ce n’est pas pareil, mais à force de se l’entendre dire, les esprits faibles finissent par en être convaincus.

    Pas pareil car outre les affaires européennes, un coup de semonce pour ce gouvernement serait salutaire sur bien des sujets.

    Sinon, c’est la porte ouverte à des tas de belles choses, dont en deux ans les pauvres gens ont eu une idée précise. le pire est à venir.

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