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 Accueil du site > Tribune Libre > Laisse tomber, tu fais pas le poids !

Laisse tomber, tu fais pas le poids !

C’est le genre d’histoire qui nous fait nous demander si on a pas besoin d’un deuxième café le matin. Un vol Easyjet entre Liverpool et Genève a dû faire débarquer 4 passagers parce que le poids total des passagers était trop élevé…

Faire descendre des passagers en raison du poids, c’est vraiment un coup bas (normal pour une compagnie à bas coûts me direz-vous, bande de petits comiques que vous êtes).

Mais enfin… ont-ils pesé les passagers ?

La première question qui m’est venue – j’étais pas réveillé, ok ? – c’était : « mais comment qu’ils s’en sont rendu compte ? L’avion a fait demi-tour en bout de piste, incapable qu’il était de lever le nez ? ».

Il ne me semble pas avoir noté la moindre balance à l’entrée d’un avion, et j’imagine mal le capitaine de l’avion s’arrêter en bout de piste pour demander de lâcher du lest (« balance les toboggans !! comment ça t’as oublié de les désarmer ?? »).

En fait pas du tout. Les règles de sécurité européennes prévoient 88 kilos pour un homme (ce qui dans le cas de l’Angleterre un lendemain de match de rugby ne doit pas être loin de la réalité) et 70 kilos pour une femme (mouais). Or, l’airbus A319 comptait 135 hommes pour 19 femmes, soit plus de 13 tonnes de graisse. Une fois que t’ajoutes les pétasses qui te servent un verre d’eau et les bagages, le résultat est formel : surpoids théorique de 300 kilos.

Il ne restait plus qu’à débarquer 4 hommes (ou 5 femmes, mais bon… vas essayer de négocier avec une gonzesse… – alors t’imagines 5 ?).

 

Comment ont-ils finalement pris de la hauteur ?

C’est là que le cauchemar commence. Une fois que le pilote a fait son calcul (avec sa super calculette solaire), et qu’il s’est aperçu du surpoids, il a fait un appel au peuple en proposant 100 livres pour débarquer (moi perso, un avion avec 135 mecs pour seulement 19 gonzesses, pas besoin de me payer pour que je descende, c’est manifestement une destination à éviter – « Genève ? hé merde, la brochure disait Genièvre… j’ai confondu, allez ciao !! »).

Le peuple n’a pas réagi. S’en est suivie une foire d’empoigne sous forme d’enchères qui s’est conclue par le débarquement de 4 passagers moyennant 200 livres par tête. Ils ont pu prendre un autre vol un peu plus riche qu’avant, de vrais héros en somme.

 

Quel manque d’imagination

Easyjet, précurseur d’un nouveau monde de rareté où l’argent devient la seule valeur. On aurait pu imaginer dix autres façons de s’en sortir, mais les enchères se sont mises naturellement en place.

Quelles autres façons me direz-vous encore ?

Ben je sais pas moi, par exemple, demander le poids effectif des gens pour vérifier que le surpoids théorique était réelle (même si personne n’avait envie de savoir le poids des 19 femmes, soyons clair… mais on aurait pu faire ça à bulletin secret – même s’il aurait été dommage que l’avion s’écrase du fait de quelques menteuses (« si, si, je fais 65 kilos, je vous assure ! »)).

Ou alors, vu que le problème est au décollage, faire monter les 4 personnes après le décollage (façon mission impossible, suspendues dans les airs – en plus, comme ça, t’atterris vachement plus vite avec tous ces kilos en trop).

Ou alors, débarquer quelques bagages et les envoyer à destination par le vol d’après (c’est pas comme si Easyjet perdait jamais des bagages).

 

Vive le low-cost

Tout ceci est quand même assez amusant pour qui a déjà pris un avion Easyjet où un guignol vient t’emmerder pour la taille de ton bagage cabine et te fait payer le moindre gramme de dépassement de ton bagage en soute (et ma femme si elle pèse 120 kilos, tu lui fais payer ses 50 kilos en trop ?).

Et puis d’ailleurs, qu’est-ce qu’on achète exactement lorsque l’on prend l’avion ?

C’est vrai quoi, pourquoi nous emmerder sur ce que pèse ma valise si… euh je sais pas moi… Guy Carlier peut s’asseoir (se répandre serait peut-être plus approprié) à côté de moi ? Est-ce que j’achète un service (me déplacer d’un point A à un point B, et dans ce cas Guy a bien le droit de demander deux sièges ma foi) ou une place dans les transports (et la place, ben c’est dimensionné bordel !).

 

Ça me fait penser à cette autre mode (très fréquente sur certaines liaisons) du surbooking. J’adore ce moment où tu arrives à l’heure, tu te tapes une heure de queue pour déposer ton bagage à la con, et là *paf* surbooké.

« Euh, non, non, j’ai acheté un vrai billet. »

Et on te répond gentiment qu’eux en ont vendu trop. Merde, ils peuvent pas utiliser la calculette solaire du capitaine de l’A319 ou quoi ?

Donc là, moyennant finance, on te propose le vol d’après, voire la nuit d’hôtel en sus s’il est tard et que t’es fatigué (fais mine d’avoir faim aussi, ça peut fonctionner).

 

En parlant de surbooking, tiens, ça me fait penser à mon ancien éditeur (un certain Kiro (*)) qui avait légèrement surbooké son nombre d’auteurs. En ce moment, on me dit d’ailleurs dans l’oreillette qu’ils demandent à leurs auteurs en attente d’impression de leur livre d’acheter eux-mêmes du stock (des commandes auteur donc) pour prioriser leur impression… finalement la vente aux enchères, ça marche dans tous les domaines. Bon contrairement à l’histoire en objet, je suis pas sûr qu’il y ait de la place dans le vol d’après quand même en ce qui concerne Kiro, ça ressemble plutôt à un crash…

On peut imaginer ça aussi pour les sites de rencontres, bientôt il faudra payer pour avoir les meilleurs filles ou les plus beaux mecs… euh attends, ça existe déjà, ça s’appelle une pute de luxe Jean-Fab’ (le lecteur averti aura noté qu’en plus, on n’a même pas besoin de l’inviter au restaurant, je me demande si l’un dans l’autre – aheum – ça revient pas au même prix finalement).

Mais bon, j’ai l’impression qu’on s’écarte un peu du sujet.

C’est dommage, c’était tellement passionnant.

-----

 

(*) merci à Aurélie pour cette idée d’article croisé brillante.

 

Retrouvez tous les articles inutiles de Jean-Fabien sur http://www.jean-fabien.fr

 



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