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Lancement du Réseau des Pirates : "nous sommes des millions, ils font de nous des pirates..."

Alors que le projet de loi Hadopi sera examiné ce mercredi 11 mars à l’Assemblée Nationale, je prends le parti des pirates. Ils sont, nous sommes, des millions, en France, chaque jour à échanger des oeuvres : des tubes, des films à la mode, mais aussi des films et des disques rares, introuvables, des œuvres oubliées ou « tombées » dans le domaine public. Ces pratiques sont là pour durer. Elles sont inscrites dans la révolution numérique.

Les tentatives d’interdire les échanges sur Internet - par l’intimidation ou par le filtrage - sont vaines. Leur coût en termes de libertés publiques est inacceptable. Cantonnées dans la clandestinité, ces pratiques de partage ne donnent pas, il est vrai, le meilleur d’elles-mêmes. C’est au grand jour qu’elles révéleront toutes leurs potentialités. Il est grand temps de reconnaître ces pratiques. De cesser cette guerre contre le public et la jeunesse. En attendant ce jour, je prends le parti des pirates.

Je déclare que je suis l’un d’entre-eux.
Je déclare avoir consommé, remixé ou diffusé des œuvres culturelles.
Alors, pour eux je suis un pirate...


Internet et les technologies numériques ouvrent un extraordinaire espace de libertés
 : libertés de s’exprimer, de créer, d’accéder à l’information et aux œuvres, mais aussi d’innover et d’entreprendre.

Jamais autant d’informations, de connaissances et de créations n’ont été accessibles à un aussi grand nombre d’individus.
Jamais autant de citoyens et de créateurs n’ont été en mesure d’exprimer leurs opinions sur les affaires du monde, mais aussi de rendre leurs productions accessibles et réutilisables et permettre ainsi d’en créer de nouvelles.

D’influents groupes d’intérêt, dans les industries de la culture, des médias et du divertissement, et certaines forces au sein des appareils d’état, supportent mal ces libertés et ces capacités nouvelles. Ils n’ont de cesse, depuis 20 ans, de les brider, de revenir sur elles.

Verrouillage technique des œuvres et criminalisation de leur contournement, obligations de filtrage des contenus présumés illicites, procédures d’exception sans respect des droits de la défense comme le projet de “riposte graduée”, invention régulière de nouvelles infractions comme le « défaut de sécurisation de sa connexion » ou la responsabilisation des développeurs pour les usages potentiels de leurs logiciels, projets de labellisation des sites, listes blanches sur le WiFi, remise en cause du dispositif de responsabilité aménagée des prestataires techniques, régime spécifique à l’Internet pour les délits de presse…

Il faut cesser de considérer l’Internet comme un espace où règne le non-droit, comme une zone de risques. Internet est le laboratoire où la jeunesse invente de nouvelles manières de faire. Le chantier où l’État et des collectivités publiques expérimentent de nouvelles relations avec les citoyens.

L’espace ou s’invente peut-être la société de demain, fondée sur la coopération et l’échange : celle de “l’après-crise”.

Les responsables politiques doivent reconnaître le présent et prendre le parti des possibles.

Nous appelons les parlementaires français à signer ce pacte et à défendre les libertés numériques à l’occasion du débat sur l’Hadopi.

Les élections au Parlement Européen se tiendront le 6 et 7 juin. C’est aussi au Parlement Européen que s’élabore le cadre de ces libertés numériques. Nous voulons inscrire les enjeux du numérique dans la campagne des Européennes : le levier de progrès que représente Internet pour nos sociétés, les risques qui pèsent sur les libertés numériques.

Nous demandons aux candidats, et en premier lieu, aux têtes de liste, de s’engager à défendre les libertés numériques en signant également le Pacte des Libertés numériques.
 



Qui sommes-nous ?

Premiers signataires à l’origine de ce "Pacte pour les libertés numériques", nous sommes des blogueurs, activistes, journalistes, spécialistes des nouvelles technologies, développeurs, simples internautes, etc., tous passionnés par le Net, convaincus de sa puissance transformatrice - qui en effraie certains-, et attachés à défendre les nouvelles libertés qu’il nous offre. Nous appelons les citoyens-internautes à nous rejoindre, nombreux.
 

Mikiane (Michel Levy-Provencal) est passionné de technologie et de nouveaux média. Il a cofondé le site d’informations Rue89 avant de rejoindre France24 pour y diriger le Studio Multimédia. Il blogue sur mikiane.com.

Nicolas Voisin est blogueur, producteur et consultant spécialiste des médias sociaux. Il a créé le Politicshow, première webtv politique citoyenne française, en 2006 et depuis, le JT du Web six35, Chermedia, aaaliens, lesdemocrates (...). PDG de 22mars SAS, ses domaines de prédilection sont les blogs, les réseaux sociaux, la veille collaborative et la vidéo en ligne.

Benoît Thieulin est chef d’entreprise, acteur engagé du web politique, et spécialiste du web social et communautaire. Il a récemment participé à une mission d’étude sur les innovations de la Campagne d’Obama pour le compte de la Fondation Terranova.

Maurice Ronai est chercheur en sciences sociales (EHESS) et auteur de documentaires. Co-auteur de « Vers la Cité numérique » et rapporteur du livre Blanc *Administration électronique et protection des données personnelles » en 2002, du Rapport Rocard « République 2.0 » en 2007, c’est un observateur engagé des politiques publiques numériques.

Arnaud Dassier est fondateur de la web agency, l’Enchanteur des nouveaux médias, très active dans l’internet politique depuis 10 ans. Ancien adjoint au maire du 9eme arrondissement apparenté DL/UMP.

Olivier Maurel est Social Innovation Manager chez danone.communities, incubateur de social businesses. Après plusieurs expériences dans les médias (Canal +, M6, Orange, vpod.tv), il utilise aujourd’hui le web pour engager la responsabilité des entreprises dans de nouvelles relations avec la société civile. Il est co-fondateur deSoukorama (podcast vidéo) et Kaleido (réseau de cinémas communautaires).

Damien Douani est marketeur digital, "évangéliste" 2.0, économiste. Membre de l’équipe de ReadWriteWeb France, il co-blogue sur stanetdam.com et co-organise les Ignite Paris. Ses sujets d’expertises sont les tendances et usages émergents, la prospective, les stratégies digitales, les médias sociaux et audiovisuels.

Guillaume Champeau est éditorialiste fondateur du magazine en ligne Numerama.com, dirigeant de start-up et chargé de cours au CELSA Paris IV-Sorbonne. Juriste de formation et passionné par les nouvelles technologies, il adresse un regard critique sur l’adaptation du droit et de l’économie à l’ère du numérique, avec un intérêt particulier sur le droit d’auteur et le partage des connaissances.

Fabrice Epelboin est consultant en stratégie internet et startupper, il a participé et cofondé de nombreuses startups et web agencies depuis le milieu des années 90 et fait parti de l’équipe de ReadWriteWeb France. Ses domaines de prédilection sont le web et les média, le web sémantique et le web social.

Benoît Raphael est rédacteur en chef du Post.fr, premier site d’information communautaire, lancé par le Monde Interactif. Ancien de la presse quotidienne régionale (où il a lancé le site participatif quelcandidat.com sur l’élection présidentielle) il tient un blog sur l’évolution des médias ("demain tous journalistes ?") depuis 2005.

Jacques Rosselin, Entrepreneur dans le secteur des médias, fondateur et directeur de l’hebdomadaire Vendredi, une sélection des meilleures info du net (un des premiers journaux "web-to-paper"). A également fondé Courrier International, CanalWeb (le pionnier des opérateurs de webTV en Europe) et Antennes Locales, opérateur de télés locales.

Quitterie Delmas, blogueuse, femme politique engagée en marge des structures partisanes, responsable du développement durable dans une agence de conseil en communication et marketing sur Internet.

Carlo Revelli est le président de la Fondation AgoraVox, premier média 100% participatif et également fondateur d’une société de veille sur Internet créée en 1996.

par Nicolas Voisin (son site) mercredi 11 mars 2009 - 103 réactions
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  • Par lapalette (xxx.xxx.xxx.54) 11 mars 2009 19:35

    J’ai plus de 50 ans, je connais l’informatique depuis les années 80 et j’utilisais les liaisons par téléphone (au tarif de l’international) pour me connecter avec des sites comme Compuserve pour échanger des listings de programmation avec d’autres fondus de mon espèce. Dans ces années là, les liaisons allaient à la vitesse fabuleuse de 1200 baud et il fallait du temps pour récupérer une routine ou un listing complet !. quand internet est apparu, je me souviens avoir prédit la mort du système avec l’apparition des marchands sur le réseau. J’ai fait partie de ceux qui ne croyaient pas à internet je me suis lancé dans la création multimédia sur CD Rom et je me suis trompé. point.
    Pendant des années, je me suis acquitté de ces taxes odieuses qui se sont accumulées sur les éléments de stockage pour financer la création. Je payais pour sauvegarder mon travail (qui, aujourd’hui me parait bien pauvre), j’engraissais les compagnies pour faire mon travail. J’ai engraissé des compagnies qui vendaient des logiciels qu’il ne fallait pas ouvrir sous peine de ne pouvoir être remboursé s’ils ne convenaient pas, (voir le CLUF de Microsoft, il est toujours en vigueur)
    J’ai payé, payé, payé.
    Maintenant, habitant la province profonde, je télécharge de vieux films qu’il est impossible de trouver dans les hypers parcequ’ils ne sont pas dans le hit parade des ventes mais qu’il est possible de trouver en fouinant sur les sites de peer to peer.
    Non seulement le commerce des gros m’a toujours nuit depuis l’apparition de l’informatique mais en plus, maintenant, je suis devenu un pirate !, un voleur, alors que j’ai compris depuis le premier jour que l’instruction fondamentale de l’informatique, c’est la recopie : Recopie du contenu d’une adresse mémoire à un autre endroit, recopie de l’information (terriblement volatile) d’un lieu à un autre.
    Nos idéologues au pouvoir n’ont pas compris le sens de cette révolution. C’est comme les fournisseurs de semences qui nous vendent des graines hybrides pour être sur que nous pourrons pas replanter le fruit de notre labeur la saison suivante. C’est le commerce qui est la chose anti-naturelle, c’est pas le travail, jardin ou invention délirante, le pirate c’est celui qui se pose en intermédiaire entre le producteur et le consommateur. Le pirate est celui qui se positionne du coté du pouvoir.
    Mais j’ai espoir. Il n’est pas possible d’arrêter le fil de l’eau, elle est toujours la plus forte et je me console en me disant que les imbéciles qui légifèrent, qui organisent LEUR pouvoir, seront inéluctablement les perdants de l’histoire parcequ’ils ont perdu le sens de la nature des choses, parce qu’ils ne savent pas de quoi ils parlent...
    Il nous faudra sans doute courber l’échine quelque temps mais nous ganerons, nous qui ne cherchons pas à faire du profit, mais qui cherchons simplement à partager de la connaissance....

    Je demande que si cette loi scélérate est votée, que l’on supprime TOUTES les taxes qui ont été imposées au fil du temps ,sur les supports numériques car un état ne peut pas recevoir à la fois une taxe sur une activité et la rendre illégale....
    Qu’en pense le Conseil d’Etat ?
    Je signe.

  • Par Olga (xxx.xxx.xxx.241) 11 mars 2009 19:09
    Olga
    Nos pauvres député(e)s et sénateurs/sénatrices ne savent plus quoi inventer pour se donner l’illusion qu’ils servent encore à quelque chose... Ils/elles se doivent de griffonner quelques textes dans les derniers domaines où on leur donne le droit de légiférer. Alors, bien sûr, autant s’attaquer à des sujets polémiques qui feront parler d’eux/d’elles (en emmerdant la jeunesse et les moins jeunes smiley ... ) et si en plus ils/elles réussissent à satisfaire un lobby influent, leur mission (si j’ose dire) est doublement accomplie... smiley 

    Alors oui, pourquoi ne pas se revendiquer en pirates qui bravent les autorités dépassées... 
    Born To Be Wild smiley 

    Et un peu de Dylan pour la route...
    Bob Dylan - It’s Alright Ma (I’m Only Bleeding)

    So don’t fear if you hear
    A foreign sound to your ear
    It’s alright, Ma, I’m only sighing.

    Alors n’aie pas peur si un son
    inconnu arrive à tes oreilles
    Tout va bien maman, je soupire seulement.
  • Par ykpaiha (xxx.xxx.xxx.10) 11 mars 2009 19:06

    Je reprend ma croisade.
    Non pirater c’est pas bien, mais se preter une musique, un livre, une BD, un journal, un film ...n’est pas pirater c’est du Savoir Vivre.
    Et pourtant toutes ces oeuvres qui ont des auteurs, certaines ont une restriction plus forte que d’autres.
    Et pourquoi ?
    Sous quel prétexte le journal dont je vais emputer une partie car l’artcle qu’il contient m’interpelle, ou bien la BD que je vais lire chez mon dentiste, serait moins valorisé que la musique de chiotte qui nous est déversé au quotidien ?
    A quand une décharge electrique sur l’Eneide parceque je l’ai lu 5 fois, alors que l’ai une licence pour 3 lectures ? ou bien une amende car la puce contenue dans le dernier Livre a la mode a dectecté un changement de lieu d’entreposage ?
    Non Messieurs les senseurs une oeuvre n’appartient pas a son auteur, elle se partage et c’est ce partage qui donne de la valeur a l’oeuve et par conséquence a son auteur quel que soit son support !!
    La pensée appartient à tous, donc elle ne peut être propriété, donc la propriété intellectuelle n’existe pas.
    Que penser de certains qui s’approprient le vocable d’artistes alors qu’ils ne font que confisquer a leur profit un bien inaliénable qui est l’effacement et la modestie de l’auteur devant son oeuvre.
    En se comportant comme ils le font il déconsiderent l’oeuvre qui les a fait vivre et de se fait sont les vrai prédateurs et pirates et pas ceux qui les lisent ou les écoutent.

    (Extrait de Victor Hugo)
    Le principe est double, ne l’oublions pas. Le livre, comme livre, appartient à l’auteur, mais comme pensée, il appartient—le mot n’est pas trop vaste—au genre humain. Toutes les intelligences y ont droit. Si l’un des deux droits, le droit de l’écrivain et le droit de l’esprit humain, devait être sacrifié, ce serait, certes, le droit de l’écrivain, car l’intérêt public est notre préoccupation unique, et tous, je le déclare, doivent passer avant nous.

    Discours d’ouverture du Congrès littéraire international de 1878


  • Par Marsupilami (xxx.xxx.xxx.183) 11 mars 2009 18:13
    Marsupilami

     @ L’auteur

    Merci pour cet article. Il est évident que la loi Hadopi est abracadabrantesque, tout comme l’étaient les DRM. Elle sera très rapidement dépassée et contournée.

    Bon. Personnellement, en tant que créateur touchant des droits d’auteur grâce à Beaumarchais, je préfère nettement la licence globale, vu que la loi Hadopi ne se soucie pas vraiment des droits d’auteur. Je ne suis pas une superstar touchant des millions d’euros, juste un petit créateur d’œuvres qui estime avoir le droit de toucher une juste rétribution pour mon travail, même si je n’ignore malheureusement pas que les éditeurs sont presque tous des arnaqueurs qui s’enrichissent sur mon dos.

    La gratuité absolue, c’est la mort à terme de la création, sauf pour les créateurs qui ont d’autres sources de revenus que leurs créations, ce qui n’est pas le cas pour nombre d’entre eux. Et quand bien même ce ne serait pas le cas, je ne dirais pas que "toute peine mérite salaire", vu que la création n’est pas une peine, mais que toute œuvre produite mérite un minimum de rétribution.

    Et ce n’est pas qu’une question de pognon. Ayant été arnaqué par un éditeur racheté par une bande de margoulins financiers qui avait déstocké sauvagement, et sans me payer, une de mes œuvres auprès des bouquinistes soldeurs, j’ai décidé de la mettre en ligne gratuitement sur Internet pour qu’elle reste quand même disponible pour ceux qui voudraient en prendre connaissance. Mais j’estime que cette solution était un pis-aller. J’aurais nettement préféré continuer à toucher des droits d’auteur pour cette œuvre qui m’avait demandé un an de travail.

    Au fond, j’aimerais bien pouvoir créer gratuitement, mais dans la société où nous vivons c’est impossible. Ce n’est pas une histoire de beurre dans les épinards, mais une histoire d’épinards. Les créateurs d’œuvres ne sont pas de purs esprits dépourvus de tubes digestifs et de charges locatives, n’en déplaise aux partisans de la gratuité miraculeuse du cyberespace.

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