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Le 6 juin 1944 : pas d’oubli !

Le 6 juin 1944, on peut penser que vous n’apparteniez pas encore à ce monde, mais sans doute vos parents ou grands-parents vous ont-ils raconté le souffle d’espoir que fit naître ce jour-là.
L’épopée du « Jour le plus long »... Blesse mon cœur d’une langueur monotone... (merci Paul Verlaine). Pardonner oui, oublier, non !
Espoir de recouvrer enfin la liberté après quatre ans d’occupation, de terreur nazie.
Des hommes venus de l’autre côté de l’Atlantique, avec des alliés de multiples bords, venaient mourir sur nos côtes pour une certaine idée de la liberté, de la démocratie.
A l’époque, les Etats-Unis étaient là pour rendre la liberté à l’Europe, et aux autres continents, alors sous le joug d’un régime totalitaire, sanguinaire qui avait envahi une bonne partie des pays occidentaux, pas pour satisfaire les goûts de grandeur mégalomaniaque d’un président des Etats-Unis non responsable.

Il y avait encore de par le monde un esprit de fraternité, d’entraide, de respect de l’autre.
Il y avait de grands hommes qui portaient en eux un idéal, une certaine idée de l’humanité, du respect des peuples à disposer d’eux-mêmes.
Les « terroristes » étaient des patriotes qui s’en prenaient à une puissance occupante et non à des civils.
Monsieur George Bush junior, Monsieur Vladimir Poutine et certains illuminés dictateurs, qu’avez-vous fait de ce monde ? C’est vous qui avez armé le bras des extrémistes, des intégristes de tous bords. C’est vous qui rendez fou et sanguinaire ce monde, où déjà l’économie règne en maître à la place des idéaux moraux et humanistes.
Nos anciens dirigeants avaient une idée de la grandeur de leur pays, de les faire avancer de concert, en paix et dans l’harmonie de leurs concitoyens. Vous en avez fait un monde de haine, de violence, où la loi du Talion n’a plus de cesse et où les dictateurs de tout poil trouvent une bonne raison d’existence avec votre complicité, moyennant finances et concessions. L’Europe devrait se souvenir de la poignée de main entre Charles de Gaulle et Konrad Adenauer.
Les Etats-Unis devraient se souvenir qu’il fut un temps où nous les admirions pour l’esprit de liberté qu’ils véhiculaient. Un temps où John Fitzgerald Kennedy et Martin Luther King luttaient pour la fin de la ségrégation raciale ; ils l’ont payé de leur vie !! Un temps où ces chantres avaient pour nom Joan Baez, Bob Dylan ou Leonard Cohen... Un temps où la foule manifestait contre la guerre au Vietnam !
Israël et l’Egypte devraient se souvenir d’Itzhak Rabin et d’Anouar El Sadate marchant la main dans la main vers la paix ; eux aussi l’ont payé de leur vie malgré le prix Nobel de la Paix.
Et nous tous, d’un temps où notre voisin pouvait être blanc, noir, jaune, musulman, chrétien ou athée, et où nous le respections en tant qu’homme, pour ses qualités et non pas pour sa religion ou sa couleur de peau. Ecoutez donc « Exodus  » 1947 ou parmi tant d’autres « Le Déserteur  », merci Piaf et Boris Vian !
Tout le monde se félicite de la fin de l’Apartheid en Afrique du Sud, mais encore faut-il ne pas l’appliquer autour de nous. Il faut aussi se rappeler qu’elle a été obtenue, entre autres, parce que Nelson Mandela est resté trente ans en prison pour le droit de ses idées.
Le 6 juin 1944 a été le début le plus marquant de la reconquête de la liberté en France et chez ses voisins proches et les plus éloignés.

De cette liberté retrouvée, qu’en avons-nous fait ?

Un monde où l’on continue à se battre, bien sûr plus loin, chez les autres ... mais croyez-vous que c’était le but des soldats qui sont venus mourir sur notre sol ? Pourquoi dénie t-on ces combattants de nos jours ?
Oui nous aimons les Etats-Unis, nous ne sommes pas anti-américains, mais simplement lucides en leur disant : « Arrêtez de tout vouloir diriger ! Vous êtes la nation la plus cosmopolite du globe et vous ternissez nos valeurs, c’est triste ! »
Quel regard peuvent poser nos enfants sur ce que nous avons fait du monde que nous avons reçu en héritage, particulièrement nous les Français, pays des droits de l’homme ?
Quels sont ceux qui se dressent encore pour rappeler que la liberté, l’égalité, la fraternité ne sont pas que la devise de notre République, mais des mots qui signifient que chacun doit être libre de se déterminer en âme et conscience quel que soit le sujet, que l’égalité veut dire égal et qu’il n’y a pas de sous-hommes, que la fraternité se conjugue aussi au quotidien, avec son voisin ? comme les hommes de bonne volonté sont disposés à le faire.

Que de chemin parcouru en 63 ans, pas toujours dans le bon sens, en tout cas pas dans celui de la mutuelle compréhension.
En ces jours anniversaires, essayons de retrouver le souffle de ce jour-là et de ceux qui en découlèrent pour que nos enfants, nos petits-enfants, ne puissent nous reprocher le monde, la société que nous leur laisserons en héritage.
Prenons « un enfant par la main, pour lui montrer le chemin » comme le chantait Y. Duteil, mais faisons en sorte que ce chemin soit celui du respect de soit, des autres.
Messieurs nos gouvernants, du haut de vos certitudes, n’oubliez pas que dans la vie... « On ne sait jamais... mais que le jour où quelqu’un vous aime... il fait très beau » comme le disait le grand Gabin !

La turpitude dans laquelle se trouve Le Darfour actuellement et depuis combien de temps devrait faire germer au moment du G8, et au rappel du 6 juin 1944 un petit, mais tout petit, sursaut d’humanisme.

par Le Panda (son site) jeudi 7 juin 2007 - 37 réactions
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  • Par Y. DESGREES (xxx.xxx.xxx.1) 7 juin 2007 14:50

    Petite rectification, non sans importance pour la poèsie : "L’épopée du « Jour le plus long »... Blesse mon cœur d’une lenteur monotone... (merci Paul Verlaine)..."

    ... d’une LANGUEUR monotonne... ç’eut été plus correct ! cf : VERLAINE, dans "paysage triste" des "chansons d’automne"

  • Par Pierre R. - Montréal (xxx.xxx.xxx.13) 7 juin 2007 16:19
    Pierre R. Chantelois

    @ Patrick, dit le Panda

    Regard lucide et nostalgique sur un passé si près de nous. Plus jeune, je me nourrissais de lectures, insatiable et téméraire. Toute science était bonne à lire. Bérêt basque et Gitane nous autorisaient à n’importe quelle folie. Du moment où, L’être et le néant , sous le bras, nous nous réclamions de l’avenir. Nous savions fièrement relativiser la vie et revendiquions le simple droit à l’existentialisme. Qu’en reste-t-il ? Un vieux fonds de nostalgie. Il y a toujours dans notre enfance, un moment où la porte s’ouvre et laisse entrer l’avenir, écrivait Graham Green.

    C’est un peu ce que nous perdons avec l’âge. La porte se referme inexorablement sur nos désillusions.

    Excellente réflexion, non d’un autre âge, mais sur un autre âge.

    Pierre R.

    Montréal (Québec)

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