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Accueil du site > Tribune Libre > Le bal des hypocrites autour de Chirac

Le bal des hypocrites autour de Chirac

La condamnation de Chirac fournit le Buzz et les déclarations de satisfactions s’enchaînent.

Même l’UMP n’ose pas dire qu’il la regrette tant eux-mêmes ont surfé sur la probité, la moralisation et tous les laveurs de conscience qui finissent par se baigner dans le sang.

Ce n’est pas qu’il ne faille pas de justice, des comportements éthiques, déontologique, moraux, mais dans un monde où le « vice » et facteur de croissance il devient difficile de développer la « vertu ».

Alors l’appel à la mesure, au discernement, au bon sens, à la clairvoyance, à la compréhension, à l’entendement, à l’intelligence, à la lucidité, ce que l’on appelle la tolérance qui fonde aussi le libéralisme semble disparaitre de nos sociétés pour laisser la place à la passion, la manipulation, la haine, la vengeance, l’irrationalité, à l’opprobre, à l’abjection, à la culpabilisation, au discrédit, au mépris, au ridicule, au scandale, à la turpitude à la vilénie.

Un peu comme si reniant les réalités de notre condition humaine nous recherchions la vertu absolue, pour les autres bien sûr.

La vertu absolue comme d’autres courent après la liberté absolue, la vérité absolue ignorant qu’ils creusent leur tombe en étant incapable de poser une mesure humaine, nous sommes au bord de cette implosion, et nous n’en sommes pas responsable car nous sommes mortels.

Il est donc important de comprendre ceci :

Le Savoir est l’élément dans lequel baigne notre nature culturelle, et il nous faut regarder notre existence à l’échelle de l’espèce et de sa durée, tout en sachant chacun prendre au quotidien au travers des mots qui définissent l’humain et son monde, le plaisir que cela nous offre d’y appartenir.

Tout ceci commande d’être convaincu qu’il y a un absolu où tout ce que nous concevons s'écroule, Il est donc nécessaire de comprendre que quelqu’un qui dispose d’une certitude absolue peut se suicider car il est déjà mort. En fait c’est un mort vivant qui ne pourra plus rien apporter au monde, hormis sa destruction, car pour vivre il ne peut développer que la mort qu’il porte.

Nous pouvons donc comprendre combien il est difficile d’y échapper et pourquoi je n’en tiens pas les hommes responsables, mais seulement acteurs de leur destin dont ils ont la difficile tâche de réunir par leur intelligence les éléments qui conduiront à leur éviter de s’entre tuer.

En économie jean Marie Albertini la posé sous cet angle.

 La rareté n’a rien de « naturel ». Dans le règne animal elle n’a pas de sens. L’animal s’adapte à son milieu ou il meurt. La rareté économique a une toute autre signification. Elle naît de la volonté de posséder ce que l’autre possède, afin de mieux l’imiter. L’autre nous incite à désirer un bien car il craint de voir notre désir se porter directement sur lui, avec quelques conséquences fort désagréables. Il accroît notre désir des choses, qu’il nous présente en faisant semblant de nous les refuser. Nous l’avons dit, c’est cette relation qui crée la rareté, et non une simple relation aux choses.

Son « invention » complétée par celle de la monnaie, s’inscrit dans la quête d’une violence non supprimée mais détournée. Elle est un acte de paix au même titre que l’invention de la monnaie, du travail, et fonde l’activité économique.

La monnaie rend les biens échangeables, le désir ne débouche plus sur le vol et la capture, mais sur la production qui permet de se procurer de la monnaie. La nécessité de produire des biens pour accumuler la monnaie institue le travail et développe la rationalité instrumentale, la technique. La production suscite de nouveaux désirs, les excite et accroît le sentiment de rareté par le désir contrarié de ce que possède l’autre (les « locomotives »). Pour vaincre la rareté, de nouvelles techniques sont mises au point. Nos vieux démons de la violence à l’état plus ou moins brut, qui nous jettent dans la guerre (ou sa préparation, activent cette évolution. La technique et son application à la transformation du monde élargissent le champ des productions possibles. A chaque élargissement du possible, la rareté ne recule pas, elle progresse.

Tout progrès technique, toute nouvelle production fait apparaître de nouveaux besoins et exige de nouvelles ressources. La rareté précédente est remplacée par une rareté nouvelle, encore plus contraignante. Les imbrications entre l’organisation des hommes et l’organisation des choses multiplient les accaparements, les inégalités, les désirs et les raretés. »…/

« « nous sommes ainsi lancés dans une course sans fin qui condamne à la croissance et par-là même à la rareté. Dieu fasse que nous nous complaisions dans la poursuite de ces leurres, car aujourd’hui nos techniques sont si puissantes que le déchaînement de la violence « traditionnelle » signifierait, le suicide de l’humanité. »…/

 « le passage de la société traditionnelle à la société moderne se fait au moment où le détournement de la violence, autrefois dominée par le sacré, se réalise principalement sous l’égide de la rareté économique et son instrument : la monnaie. Certes, dans la société traditionnelle, l’économique existe ; mais il est en quelque sorte enkysté, voire intégré dans des rapports sociaux dominés par le sacré et le politique. La maîtrise de la rareté passe alors par les interdits (du sacré et du politique), par l’exercice de la vertu privée.

Enfin pour conclure sur un trait psychiatrique, la personnalité narcissique n’hésite pas à utiliser tous les moyens – chantage, séduction, violence verbale, mensonges – pour parvenir à ses fins, c’est à dire au sommet de l’entreprise et de la fortune. Cette dynamique n’a pas besoin de notre vertu, mais au contraire de nos vices, ou de certains de nos vices : ceux qui nous incite à posséder plus de choses »

Voila donc en bref ce qui guide nos sociétés devenu moderne que nous étendons au monde entier.

Ne vous méprenez pas il ne s’agit pas de faire de la morale seulement de dire que nous sommes guidés par nos vices et notre narcissisme, et que l’effondrement de la croissance conduit à retourner notre violence contre nous même que nous appelons l’insécurité sur laquelle se sont construite toutes les actions politiques de ces 20 dernières années.

Au cas où cela aurait pu échapper au regard de quelques uns nous avons passée notre temps à vides des poubelles et à jouer, les deux piliers de la dictature. Et nous pouvons en conclure qu’il est urgent de virer Sarkozy et Merkel et permettre à la BCE de financer la croissance.

Je vous invite donc à situer l’action de Chirac dans cette échelle des choses.

Et bien j’ai le courage d’écrire même, si j’ai toujours été son opposant, qu’il ne mérite pas la peine qui lui a été donné sur le sujet de sa condamnation, même si je suis pas un naïf, et que le secret défense couvre bien des agissements qui feraient bondir tous les vertueux criminogènes. Ainsi comme Emmanuelli, Jupé, Chirac ferme sa gueule, cela aura été son dernier acte politique, ne pas faire appel, et sa fille adoptive aurait pu se dispenser de sa déclaration.

Toutes les communes d’une certaine taille ont pratiqué et pratique encore sous des formes plus discrète la délégation de certains de leurs agents au service d’organisations, voire même prêtent les services de leurs agents à l’organisation de fonctionnement d’associations en tout genre dont aucune n’este en justice. Il n’y a pas un homme politique qui ignore cela et je ne m’arrête qu’à eux.

Cette pratique de la délégation existe dans le monde syndical sinon il y a long temps que le peu qui en reste chez certains aurait disparu.

Il appartient donc au législateur de codifier cette pratique et de faire financer aux yeux de tous par la collectivité de nécessaires délégations, du au choix de laisser la liberté aux citoyens d’adhérer ou non à une organisation politique ou syndicale. C’est le droit d’association mettant un terme à la moi Chapelier l’interdisant. La liberté d’association a dû se défendre de nombreux affront, avant d’être élevée au rang de liberté constitutionnelle en 1971, puis restaurée à l’égard des étrangers en 1981, et enfin garantie par la Cour européenne de Strasbourg en 1999.

Mais il faut savoir que nos choix ont toujours une incidence, et ce n’est pas parce que les citoyens n’adhérents pas à ces organisations que les activités démocratiques des unes et des autres cessent et que l’appel à leurs services diminuent.

Aussi aucun responsable politique ne prendra le risque de leur disparition, même s’ils les minimisent ou luttent les uns contre les autres.

Seul les peuples ignorants peuvent prendre ce risque, les narcissiques vertueux qui s’ignorent et que d’autres exploitent.

Chacun peut copier cet article, s’il sort, et le donner à un politique aucun deux ne dira le contraire de ce que j’écris, mais entre quatre yeux car ce que j’écris n’est pas diplomatique.

A vouloir faire fi des difficultés de la réalité tragique de ce monde à la poursuite de vertus mortifères nous le foutrons en l’air bien plus vite que si nous étions tolérant sans accepter ce qui ne l’est pas.

Alors quand j’entends notre président appeler à l’hallali d’une poubelle qui se vide et s’horrifier de crimes communs, alors qu’il à participé la boucherie libyenne (Natostop/Otanstop : démocratie de l'Otan en image, merci à seph pour le lien) je dis qu’il y a du discernement à avoir, et non à se réfugier dans la vertu.


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7 réactions à cet article    


  • Daniel Roux Daniel Roux 17 décembre 2011 11:07

    Chirac, c’est Mister Jeckill et Mr Hyde.

    Non, Chirac n’est pas un homme bien. Chirac est de la pire espèce de crapule, celle qui, totalement immorale, réussit à se faire passer pour un brave homme.

    Cette faible condamnation est un scandale étant donné la gravité des faits dont il s’est rendu coupable, leurs durées et surtout leurs conséquences pour notre pays. Tous les Français ont subi un grave préjudice pendant les 12 années de sa présidence et les 5 de Sarkozy. Cela n’aurait pu être si le délinquant Chirac avait été arrêté à temps.

    La justice l’a condamné pour des faits dont elle a eu à connaitre et qui ont pu être prouvés, et seulement ceux là.

    Dites vous bien que ce que nous savons n’est que la partie émergée de l’iceberg des crapuleries, pour ne pas écrire des crimes, de Chirac.

    Interrogeons nous sur les morts suspectes, les cambriolages, les tentatives d’intimidation, les menaces physiques dont les juges se sont plains lors de l’instruction des nombreuses affaires et pendant le procès de Juppé et d’autres complices de Chirac.

    N’oublions pas les révélations contenues dans la cassette Méry et surtout l’affaire Boulin dont les détails accablants, même pas secrets, sont disponibles sur la toile.


    • OMAR 17 décembre 2011 18:15

      Omar 33

      D’accord avec vous Daniel....

      Mais à quoi cela sert -il de condamner un vieillard du nom de J. Chirac et d’avoir laissé libre d’agir à sa guise le Président J. Chirac ?

      Non, je ne pense pas que Justice a été rendue aux Français.


    • Daniel Roux Daniel Roux 17 décembre 2011 18:48

      @ Omar

      Je suis persuadé que Chirac rigolera jusqu’à sa mort de cette sentence ridicule.

      Ce qui l’aurait vraiment puni, c’est quelques millions d’euros d’amende et de réparations à ses victimes, tous les Français. Pour Chirac, la seule chose qui compte vraiment, c’est le fric, le pèze, le grisbi. Il n’en avait jamais assez.


    • ddacoudre ddacoudre 19 décembre 2011 11:44

      bonjour omar

      le vidage des poubelles ne peut pas ne pas avoir d’incidences sur nos analyses
      , c’est devenu tellement inquiétant que souvent dans les propos que j’écoute et que je lis, s’en même nous en apercevoir nous mettons en cause la déclaration universelle des droits de l’homme, et retournons à des envie de lynchage et de vengeance, ce que j’explique au travers de l’analyse d’Albertini. d’une autre manière le besoin d’élimination ouvre la porte à la fascisation.
      Chirac pour prendre son cas à bénéficié de l’application de la loi au même titre que son adversaire, et d’aucun passe droit. heureusement encore qu’il existe l’immunité présidentielle qui à effectivement prolongé le jugement, sinon compte tenu du vidage de poubelle nous ne tiendrons plus ni un président ni un homme politique tant chacun s’acharnerait à trouver et trouverait toujours de quoi le faire condamner.
      la sainteté n’est pas de ce monde sauf chez les « fous » au risque de me faire des ennemie chez les religieux.
      ddacoudre.over-blog.com .
      cordialement


    • ddacoudre ddacoudre 19 décembre 2011 12:09

      bonjour daniel

      Cette faible condamnation est un scandale étant donné la gravité des faits dont il s’est rendu coupable, leurs durées et surtout leurs conséquences pour notre pays. Tous les Français ont subi un grave préjudice pendant les 12 années de sa présidence et les 5 de Sarkozy. Cela n’aurait pu être si le délinquant Chirac avait été arrêté à temps.

      nous avons l’habitude de nous lire tu ne seras donc pas surpris que je te dise qu’en l’espèce tu fais état de ce que l’on appelle la pensé magique.

      si cela était exact quelqu’un l’aurait déjà descendu, comme cela arrive parfois sans apporter de solution comme nous l’avons constaté aussi.
      disposer d’une éthique et de déontologie est une nécessité, pour ne pas se transformer en machine à laver les consciences sinon autant se suicider.
      je comprend ton point de vus il est caractéristique de ceux qui au travers d’une condamnation sur des faits précis voudraient que l’on juge, ce que l’on suppose ou connait de délictueux de cette personne.
      ceci est excessivement dangereux, tu te rend compte que l’on jugerai une personne sur des supposition pour lesquelles il n’aurait pas pu s’expliquer.
      je te le dis gentiment ceci est une voie fascisante.
      c’est ce qui se passe aujourd’hui quand l’on demande à la justice non plus de juger les faits mais d’apprécier une dangerosité cela ouvre la même porte, si les hommes ont le sentiment de vivre une situation d’anomie comme c’est le cas actuellement car « l’évolution » c’est faite trop rapidement, à la vitesse de nos technologies qui ont déstructuré nos habitudes.
      ddacoudre.over-blog.com . cordialement.


    • Claudec Claudec 17 décembre 2011 17:08

      Indépendance de la justice

      «  Jacques Chirac condamné par une justice obstinée et indépendante  » titre de manière tonitruante une presse ne manquant pas une aussi belle occasion de promouvoir la pensée unique.

      Obstinée certes, et c’est ce qui ne doit pas déplaire à certains de ceux et celles qui l’exercent, mais indépendante de Qui  ? de quoi ? De qui s’agit-il en réalité ? De la justice ou de ses juges ? Indépendante ? La preuve est au moins administrée qu’elle l’a été en l’occurrence du pouvoir actuel, pas d’une idéologie dont les partisans ne cessent de hurler au déni quand l’un ou l’autre d’entre eux est simplement visé ou que la condamnation de leurs adversaires ne leur paraît pas assez expéditive.

      La réaction d’Eva Joly (récemment condamnée elle-même pour accusation calomnieuse dans l’exercice de ses fonctions de magistrate, ce qui n’est le signe ni de l’intégrité ni de la sérénité nécessaires à qui en est confié l’exercice) réclamant la démission du Conseil constitutionnel de Jacques Chirac attesterait, s’il en était besoin, autant de la relativité de cette indépendance que de la conception qu’en ont certains.

      Quoi qu’il en soit « Dura lex, sed lex », et Jacques Chirac s’honore en ne faisant pas appel d’une décision qui arrive un peu tard, même s’il a pu participer à la retarder. Trop diminué paraît-il pour en ressentir personnellement comme pleinement les effets, son âge le conduit désormais, vers une forme d’indépendance dont nous finissons par tous bénéficier.


      • ddacoudre ddacoudre 19 décembre 2011 11:49

        bonjour claudec

        l’on se comprend sans pour autant faire l’apologie du crime et de la délinquance.

        Comme l’ont souligné Philippe Robert et Marie-lys Pottier, pour « l’insécure », le problème d’insécurité est un problème de société lorsque ses amis sont au pouvoir, et un problème politique lorsqu’ils sont dans l’opposition. Ainsi monte dans l’opinion publique, un sentiment qu’Émile Durkheim qualifierait d’anomie, et donc une menace pour la société dans son ensemble

        ddacoudre.over-blog.com .

        cordialement

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