Au moment où s’amorce la conférence de Durban sur les changements climatiques, le gouvernement Harper aurait l’intention de se retirer du protocole de Kyoto. Devant un tel constat d’échec, il était évident que le Canada ne répondrait pas aux exigences demandées d’ici 2020. Plusieurs personnes ont maintenant honte d’être canadiennes, car le Canada est présentement perçu comme un réel problème à l’échelle mondiale. L’exploitation des sables bitumineux et l’attitude du gouvernement mis en place depuis déjà trop longtemps sont les principales causes de cette lamentable réputation. Faisons-nous la bonne chose en nous retirant du protocole de Kyoto ? Cela permettra-t-il de nous tourner vers une autre entente internationale sur la réduction des gaz à effet de serre qui serait plus efficace ? Ces questions méritent qu’on s’y intéresse plus en profondeur.
La crédibilité du gouvernement conservateur est sévèrement touchée lorsqu’il est question de réduction des gaz à effet de serre. Je crois que nous ne devrions plus faire confiance à Ottawa quand ils prennent des décisions sur l’environnement. L’échec de Kyoto montre que le gouvernement fédéral renie non seulement ses propres paroles, mais il renie aussi la volonté de nombreux Canadiens qui militent pour les générations futures. Tous les gestes faits par le gouvernement semblent être aux PROFITS d’une industrie polluante et financièrement efficace qu’à court terme, mais qui laissera aux Canadiens une catastrophe environnementale, une industrie énergivore à haut taux de carbone et une réputation ternie. Ce manque de vision conduit le Canada dans un cul-de-sac dont il sera très difficile d’en ressortir. L’avenir de l’économie mondiale est maintenant tourné vers les avancés technologiques, les énergies vertes et l’innovation. Le modèle européen est un exemple que le tournage vert est possible et le Canada devrait s’en inspirer. De plus, d’un point de vue strictement économique, la réduction des gaz à effet de serre se veut une bonne chose. L’investissement dans les transports en commun et dans l’efficacité du transport routier permet de réduire les congestions et contribue à une meilleure productivité. Dans la même veine, améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments en se tournant vers des énergies vertes (éolienne, géothermie, solaire, etc.) permet de réduire les couts de chauffage à long terme et de diversifier l’économie de l’état. Mais pour avoir conscience de cela, ça prend une certaine vision de l’avenir, ce que, je crois, le gouvernement Harper n’a pas.
Par ailleurs, je pense que le Canada ne devrait pas agir en lâcheur en quittant le protocole de Kyoto et devrait faire preuve d’un courage politique. Jusqu’à maintenant le Canada n’a pas tenu parole en ne faisant rien, mais il n’est jamais trop tard pour agir et tenter de changer les choses quelque peu soit-il. Tenir ses engagements jusqu’au bout serait la moindre des choses à faire pour tenter d’améliorer l’image internationale du Canada. Quitter le protocole et le renier ne ferait que montrer le manque de sérieux du gouvernement face à la question des gaz à effet de serre. Certains diront qu’il est trop tard et que le gouvernement devrait regarder en avant. Des mauvaises langues poussent l’audace à dire que l’accord a été signé par le précédent gouvernement et que le gouvernement Harper n’avait pas à endosser les engagements de ces prédécesseurs trop ambitieux. Au-delà des batailles politiques sur l’administration du pays, aujourd'hui l’enjeu environnemental n’est plus une question de gestion, mais bien une obligation urgente qu’il faut mettre en priorité. De nombreuses études montrent l’importance de changer nos mœurs de consommation pour la survie de la planète. Il n’y a donc aucune bonne raison de ne pas agir et de fermer les yeux sur le problème. Il n’est pas trop tard pour changer les choses, nous avons pris conscience des conséquences de nos gestes et les générations futures sont bien informées sur le sujet. Perde espoir et laisser tout cela aller sera la pire chose à faire.

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