• vendredi 24 mai 2013
  • Agoravox France Agoravox Italia Agoravox TV Naturavox
  • Agoravox en page d'accueil
  • Newsletter
  • Contact
AgoraVox le média citoyen
La fondation Agoravox
  Accueil du site > Tribune Libre > Le capitaine dans la tempête
6%
D'accord avec l'article ?
 
94%
(19 votes) Votez cet article
  • Faire un don
  • Imprimer cet article
  • Marquer et partager

Le capitaine dans la tempête

Et pourtant la mer est d'huile ….

Voilà donc cette affiche qui va couvrir nos murs, envahir l'espace public pour nous imposer une autre image du petit homme. Durant cinq années, il s'est montré agité, tourmenté, agressif, prétentieux. Le voici débarrassé de ses attributs magnifiques. Point de Ray Ban ni de portable consulté de manière compulsive, pas de Rolex visible, sa majesté se présente en toute simplicité.

Il a changé et vous devez le croire sur image ( on ne vous demandera pas d'accréditer sa parole, vous savez trop qu'elle n'engage que ceux qui sont assez naïfs pour la croire). Il apparaît calme et serein, esquissant même un léger sourire enfin départi de son air narquois. Il a le front dégagé, le regard clair, vous pouvez avoir confiance en lui.

Il fait dos à la mer, lui qui se présente pourtant comme le capitaine d'un navire dans la tourmente. Il oriente son regard vers le levant. Adieu l'Amérique et ce modèle qui a échoué. C'est vers le voisin Allemand que notre candidat lorgne avec respect. La tentation était grande de glisser un modeste pédalo en fond d'image, mais il ne faut tout de même pas exagérer.

Le ciel est bleu, bleu d'un horizon qui se coupe jusqu'aux Vosges et un peu au-delà. Pas de soleil couchant, aucune teinte rouge. Bleu, blanc, noir, les nouvelles couleurs d'une France qui va abandonner son modèle social, l'héritage du conseil national de la résistance. C'en est fini des faiblesses et des mollesses, à droite toute, l'image ne trompe pas.

Bien carré sur la partie gauche de l'affiche, le grand homme est en gros plan. C'est lui et lui seul qui tient le cap. Il est la tête pensante d'un redressement annoncé qui tourne le dos définitivement à la gauche, au peuple. Nulle trace d'humain, pas de vie en dehors de cette présence tutélaire. Il est seul aux commandes et c'est même un sacré coup de barre à droite.

Il ne nous fait pas face, il n'est pas temps de se regarder dans les yeux et de dresser d'abord le bilan du mandat passé. Ce profil évite l'inventaire, seul compte désormais les lendemains qui chanteront à nouveau. Le slogan est d'ailleurs sans ambiguïté, ce seront des chants martiaux pour une France forte qu'il s'agira de remettre au pas !

La France Forte : FFL à l'envers, le petit signe subliminal pour l'ombre tutélaire du grand Charles qui ne doit pas se reconnaître dans cet agité qui tient du cabri. Force Française Libre, humour déplacé pour une France livrée pieds et poings liés au modèle allemand et à une Europe qui nie les peuples. Les vrais Gaullistes doivent s'étrangler mais ils sont habitués désormais à se plier face à ce géant.

La France est première, la France est grande avec son petit homme. Il fallait trouver un adjectif plus court que les six lettres de son patronyme. Les cinq de Forte feront bien l'affaire et nous placent explicitement dans un projet qui exigera qu'aucune autre tête ne dépasse. Et pour démontrer que chacun doit s'effacer devant la nation, le nom du désormais candidat n'apparait qu'en lettres ridicules au pied de l'affiche. Il est même curieux de constater que Sarko seul reste visible, comme si la terminaison exotique devait disparaître dans la chemise blanche du notable.

Le corps est nié, pas de bras ni de jambes, pas de buste, seul la tête apparaît dans ce portrait qui pour les besoins du message droitier accepte de montrer en évidence, ce bouton qui focalise tous les regards. C'est le retour à l'humain, à l'homme imparfait qui nous dira bientôt : « Je vais vous écouter ! ».

Demain, le calme de cette affiche sera contredit par les coups d'éclats permanents de la campagne, par les trépidations incessantes d'un homme trop pressé pour se retourner et faire son bilan. Demain pourtant cette affiche nous renverra une image en trompe l'œil et il y aura encore bien des naïfs pour accorder créance à celui qui a creusé la dette de façon abyssale.

Iconographiquement sien.




par C’est Nabum (son site) jeudi 16 février 2012 - 17 réactions
6%
D'accord avec l'article ?
 
94%
(19 votes) Votez cet article



2 moyens pour donner

Don défiscalisé 10€ ou plus

Obtenez une réduction fiscale de 66% avec un e-reçu. Un don de 10 € ne vous coûte que 3€40.

Grâce à votre aide, AgoraVox peut continuer à publier plus de 1000 articles par mois. En donnant à la Fondation AgoraVox, vous offrez un soutien à la liberté d'expression et d'information.

Les réactions les plus appréciées

  • Par C’est Nabum (---.---.---.108) 16 février 2012 21:45
    C'est Nabum

    Éric


    J’avoue ne rien saisir à votre commentaire mais je ne suis pas très malin sans doute !
    Belle manière de détourner une analyse qui n’a d’autres ambitions que de décrypter une image.
    Sans doute que le projet est manqué.
  • Par frugeky (---.---.---.37) 16 février 2012 23:13

    Son patronyme complet, que le code électoral lui impose (s’il s’avisait un jour de respecter la loi mais pas besoin c’est lui le chef) fait beaucoup plus que 7 lettres.

    Au décryptage de la photo on peut rajouter une teinte pour cacher ses cheveux grisonnants qui est très en raccord avec sa sincérité. Je le verrais bien avec une teinte auburn.
  • Par kelbo.khaos (---.---.---.53) 17 février 2012 02:24

    « Et pourtant la mer est d’huile …. »
    … d’huile de vidange, puisque cet arrière-plan provient d’une banque de photos, représentant la vagues de…la mer Egée, qui porte ce pauvre bateau Grèce en perdition, touché coulé par la clique des Goldman-(mise à) Sachs, et avec la complicité de l’accouplement contre-nature d’une chancelière teutonne boudinée et de son troll-derviche tourneur.…
    « Il fait dos à la mer, lui qui se présente pourtant comme le capitaine d’un navire dans la tourmente. Il oriente son regard vers le levant. Adieu l’Amérique et ce modèle qui a échoué. C’est vers le voisin Allemand que notre candidat lorgne avec respect »
    A ceci près que ce capitaine de bateau-lavoir, ballotté par les flots entre Charybde et Scilla, qui reluque à droite sur l’affiche, n’est pas à l’ancre sur la terre de France, mais bien sur le continent d’Afrique ; cap sur le dollar et sur le Nouveau Monde qui le fascine. Face à l’Ouest, face au Couchant qui l’attend, aux prémisses de ce prochain printemps, finissant à la godille.
    « Le corps est nié, pas de bras ni de jambes, pas de buste, seul la tête apparaît dans ce portrait qui pour les besoins du message droitier accepte de montrer en évidence, ce bouton qui focalise tous les regards. »
    … ce hochet que vous distribuez à l’envi, comme un cadeau publicitaire dans un baril de poudre à laver… qui sait quoi.
     « vous voulez bien vous allonger, mais avec de l’allure, cette allure que vous portez à votre boutonnière. Et quand on sait ce qu’a pu vous coûter de silences aigres, de renvois mal aiguillés, de demi-sourires séchés comme des larmes, ce ruban malheureux et rouge comme la honte, dont vous ne vous êtes jamais décidé à empourprer votre visage ... » (Léo Ferré—Il n’y a plus rien).
    « La France …morte » elle gît-là, échouée. Mille millions de sabords ! Après l’abordage, rien de tel qu’un salutaire sabordage du canot de secours du timonier.

  • Par Alpo47 (---.---.---.39) 17 février 2012 08:14
    Alpo47

    Le « Francfort » serait approprié, en allusion à la soumission de Sarko à la mainmise de l’Allemagne sur notre pays et sur toute l’Europe.

Réactions à cet article

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


Faites un don

Les thématiques de l'article

Palmarès

Agoravox utilise les technologies du logiciel libre : SPIP, Apache, Debian, PHP, Mysql, FckEditor.


Site hébergé par la Fondation Agoravox

Mentions légales Charte de modération