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Accueil du site > Tribune Libre > Le choix du chômage

Le choix du chômage

Véritable mal français, le chômage semble défier depuis des décennies les plans pour l’emploi et les efforts gouvernementaux. En fait, derrière l’échec des politiques gouvernementales, il y a une forme d’hypocrisie de nos élites gouvernementales, syndicales et médiatiques, un refus de s’attaquer aux véritables causes du chômage pour protéger des situations acquises, de multiples arrangements datant des années de plein-emploi. Ces élites, contrairement aux discours officiels, ont choisi le chômage et la fracture sociale par conservatisme au sens péjoratif du terme ou plus simplement par égoïsme. Cela explique mieux l’inefficacité des gouvernements successifs, de gauche comme de droite que la fatalité, la « crise » ou la mondialisation et explique en particulier pourquoi le chômage baisse dans les autres pays de l’UE alors qu’il monte ou stagne à un niveau élevé en France.

Le chômage est le genre de thème qui reflète presque jusqu’à l’absurde les blocages de la société française. Il s'agit avant tout de comprendre pourquoi les solutions de fond autour desquelles il existe un certain consensus, sont systématiquement repoussées depuis 30 ans.

La vérité sur le chômage est dure à entendre. On pourrait la résumer en une phrase : La société française a choisi délibérément de maintenir le taux de chômage tout au long des 40 dernières années à un niveau sensiblement plus élevé que la moyenne des pays de l’OCDE et encore plus élevé si l’on considère le chômage des jeunes. ; actuellement supérieur de 5 points à la moyenne de ces pays. Cela a été fait tout en prétendant hypocritement par la voix des élites gouvernementales, syndicales, médiatiques, s’attaquer sans cesse au mal, mener un combat sans merci sur la ligne des 1 million, 2 millions puis 3 millions de chômeurs.

 

Dès les années 80, l'économiste Alfred Sauvy au cours d’un colloque sur l’emploi des jeunes à Nice 80 faisait justement observer que « chaque plan gouvernemental de lutte contre le chômage depuis le début du Septennat de Giscard d’Estaing avait été suivi au bout de quelques mois d’une hausse du chômage ». Sauvy rappelait certaines vérités premières expliquant que les formules « créer des emplois », « défendre l’emploi » recouvrent un malentendu profond et sans cesse entretenu sur la signification du chômage. Créer des emplois n’est pas un but en soi mais la conséquence d’une création de richesses ou de valeur. On ne travaille pas pour rester occupé huit heures par jour. On travaille ou devrait travailler pour créer des biens ou services utiles en France ou à l’étranger. On peut bien sûr susciter le besoin ou la demande de diverses façons mais la relation emploi, demande, prix, demeure.

Le Mythe de l'Etat créateur d'emploi

Mais alors pourquoi cette débauche de programmes, plans, mesures aussi inefficaces les unes que les autres. La réponse est simple : ce qui manque, ce n’est pas l’intelligence mais le courage. Les programmes proposés n’apportent peut-être pas de bonnes solutions au chômage mais politiquement ou médiatiquement parlant, elles ne font pas courir de grands risques à ceux qui les proposent, ne suscitent pas des manifestations syndicales et satisfont certaines catégories en donnant l’impression que l’on fait quelque chose, que l’on est concerné par le problème.

Si dans les mois qui suivent, la dure réalité des chiffres montre que rien n’a fondamentalement changé, on peut toujours prendre devant les micros un air désespéré et dire quelque chose du genre« on a tout essayé contre le chômage » comme le déclarait l’ancien président F Mitterrand. De toutes les façons, quand on a son regard rivé sur les prochaines élections, ce n’est pas les effets à long terme sur le chômage qui importent mais l’effet d’annonce, l’effet médiatique à court terme.

Ainsi la principale erreur qui maintient en France le taux de chômage à de hauts niveaux depuis plus de 20 ans consiste à croire ou à faire croire que la puissance publique peut lutter contre le chômage en créant des emplois ou par des emplois aidés et non en créant les conditions de l’emploi en réduisant ses dépenses. On peut être élu président en France en racontant que l’on va inverser la courbe du chômage avec comme moyens principaux la création d’emplois publics et des gadgets du genre emploi d’avenir ou contrat de génération.

Entre 1977 et 2005, on a créé 750.000 emplois publics et le chômage, loin de baisser d'autant sur cette période, a augmenté de 1,5 million. Depuis le début des années 2000, la masse salariale des fonctionnaires en France a continué à augmenter comme s’il n’y avait aucun problème de dépense publique, en particulier à cause des collectivités territoriales, avec toujours le même effet négatif sur le chômage et les mêmes hausses conjointes des impôts locaux et divers prélèvements.

Pourtant les conseils ne manquent pas, la Cour des comptes présidée par un socialiste, a rappelé ces dernières années que l’objectif essentiel pour réduire le chômage est de réduire la dépense publique et le déficit budgétaire et souligne que les politiques gouvernementales ne prennent pas la direction de réduire ce déficit en dessous des 3%, taux proposé par la France elle-même. Tous les pays (Angleterre, Allemagne, USA, Espagne etc..°) qui ont pratiqué des politiques de réduction de dépense publique, réduction du nombre de fonctionnaires etc.. ont eu des résultats sensibles sur le plan du chômage. Mais, électoralement, cela paraît toujours plus payant de promettre de nouvelles dépenses à tous les niveaux pour gagner différents lobbies que de défendre une politique d’austérité.

Même le FN, un parti qui prétend apporter un renouvellement de la politique continue sur cette lignée. Au diable l’avarice, ne soyons pas mesquins quand il s’agit de grandeur nationale avec la SNCF ou le Rafale, ne cédons pas aux diktats de Bruxelles nous dit la nouvelle direction du FN prête à reprendre le flambeau de ce genre de gaspillages « patriotiques » avec la venue, si Marine Le Pen est élue, d’un état « intelligent et stratège » avec des Enarques encore plus intelligents que leurs prédécesseurs. Cela promet…

Le bilan jamais effectué : emplois créés contre emplois perdu, statut bétonné contre emploi précaire

Sous des dehors faussement généreux de bien des discours syndicaux sur la «  défense de l’emploi » se révèle un égoïsme impitoyable envers des groupes dans des situations bien plus précaires. Quand on défend les retraites des cheminots à 55 ans et autres régimes spéciaux, pour payer les déséquilibre de ces régimes, d’autres vont devoir travailler à 70 ans avec une retraite bien moindre, car dans les finances publiques, comme dans la nature selon le chimiste Laplace, rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. En d’autres termes, le statut bétonné des uns se retrouve dans les conditions extrêmement précaires des autres, parfois dans la même entreprise publique comme à l’Education Nationale où les divers suppléants, assistants de langues et autres peuvent être éjectés à la première restriction budgétaire tandis que d’autres bénéficient d’un emploi assuré à vie.

Les jeunes sont bien sûr les premiers à faire les frais de cette politique dépensière même si l’on prétend être plein de sollicitude pour eux avec des emplois financés par le public qui ne débouchent pas en général sur quelque chose de durable. De leur côté, ces jeunes seraient mieux inspirés dans leur intérêt de manifester contre les régimes spéciaux ou autres plutôt que contre le projet de loi El Khomri.

Le problème de fond, c’est que chaque fois que l’on parle de « sauver des emplois » par l’intervention de la puissance publique, on se garde bien d’évaluer le prix de chaque emploi sauvé et le nombre d’emplois dans d’autres secteurs qui aurait pu être créé avec la même somme. Bien sûr, les emplois sauvés sont plus visibles tandis que les emplois perdus du fait de l’augmentation de la dépense publique sont répartis sur toute la nation.

Méthode du saucissonnage

Une autre illusion concernant les plans pour l’emploi, c’est la méthode du saucissonnage. On va ainsi proposer des mesures pour les jeunes (stages, aides aux employeurs, « Contrat Initiative Emploi » et autres), d’autres pour les chômeurs de plus de 50 ans (préretraite ou diminution radicale des charges pour l’employeurs), d’autres encore pour les chômeurs longue durée (encore des diminutions des charges), et enfin une flopée de contrats divers d’insertion, chacun avec ses effets pervers propres ( par exemple l’employeur qui emploie tel bénéficiaire d’un contrat du type contrat d’insertion pour empocher quelques aides publiques et qui le licencie à la fin du contrat, ce qui fausse le marché de l’emploi, rend de plus en plus complexe la législation sur l’emploi et augmente le temps passé à demander ou étudier les différentes aides.

Conclusion

En conclusion, les efforts contre le chômage passent en France par une bataille des idées et des mots avant que l’on puisse passer à la mise en œuvre de mesures vraiment efficaces. Il s’agit de démasquer chaque fois sous les discours généreux, nationalistes, de gauche comme de droite, les égoïsmes catégoriels. C’est un combat difficile car, à court et moyen terme, il n’est pas payant politiquement ou syndicalement.


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78 réactions à cet article    


  • Clocel Clocel 18 mars 09:26

    Quid du NAIRU ???
    Forcément, si on a pas compris que le chômage et son traitement sont des instruments de gestion politique et social...


    • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 18 mars 14:26

      @Clocel
      On peut parler français sur AV. Il s’agit donc du taux de chômage naturel qui n’accélère pas l’inflation, un indicateur qui vaut ce qu’il vaut. On peut se demander pourquoi en France il est si élevé alors que dans d’autres pays il est beaucoup plus bas. La raison, à mon avis est simple, c’est le taux élevé de chômage structurel dues à toutes les rigidités et non dits de la société française que je présente dans cet article.


    • Pere Plexe Pere Plexe 18 mars 18:09

      @Bernard Mitjavile

      « Il s’agit donc du taux de chômage naturel qui n’accélère pas l’inflation »
      NON.
      Taux de chômage n’accélérant pas l’inflation suffira.
      Il n’y a rien de naturel la dedans...


    • foufouille foufouille 18 mars 09:36

      « Quand on défend les retraites des cheminots à 55 ans et autres régimes spéciaux, pour payer les déséquilibre de ces régimes, »
      on va comparer avec les caisses de ton RSI et des agriculteurs : plus de 4 milliards a voler chaque année.


      • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 18 mars 09:55

        @foufouille Je ne suis pas un spécialiste des caisses de RSI et des agriculteurs (j’ai comme tout le monde entendu parler de la mauvaise gestion du RSI) mais il est bien possible que vous ayez raison et qu’il faille regarder de plus près ces caisses. Une chose de sûre, l’argent ne tombe pas du ciel, celui qui est donné aux uns est d’une façon ou d’une autre pris aux autres sans compter le surplus de dépenses dû aux frais de fonctionnement et à la plus ou moins mauvaise gestion de ces dispositifs.


      • foufouille foufouille 18 mars 11:25

        @Bernard Mitjavile
        cherche compensation des retraites.
        http://www.cor-retraites.fr/IMG/pdf/doc-2102.pdf
        page 8
        en plus, ils veulent pas cotiser plus mais donnent des leçons.


      • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 18 mars 11:48

        @foufouille
        Merci, intéressant..


      • Pere Plexe Pere Plexe 18 mars 18:13

        @Bernard Mitjavile
        Pas un spécialiste .

        Et même pas un amateur.
        Vous reprenez stupidement la ritournelle qui est dans l’air du temps sans même prendre soin de vérifier !


      • Le421 Le421 18 mars 20:33

        @Bernard Mitjavile
        celui qui est donné aux uns est d’une façon ou d’une autre pris aux autres

        C’est bête ça.
        Ca s’appelle la solidarité.

        D’aucun remplacent ce mot par assistanat.
        Et vu qu’il y a des gens capables de dépenser des millions pour un collier en diamant pour leur chihuahua pendant que d’autres couchent dans des cartons, ne sommes nous pas dans le meilleur des mondes ??

        L’inventeur de l’AK47 a encore de beaux jours devant lui... Et pas toujours au nom d’Allah !!


      • Garibaldi2 19 mars 01:28

        @Bernard Mitjavile

        Ce n’est pas faute d’avoir posté ici plusieurs fois l’info : le RSI est géré par ses administrateurs élus par ses cotisants (actifs ou retraités). Il est totalement dépendant de l’intercompensation entre régimes pour pouvoir payer les retraites de ses retraitées car il est fortement déficitaire (lien donné plusieurs fois, et donné ici par Foufouille). Le poids des charges sociales pour un indépendant est inférieur à celui d’un salarié, car contrairement à ce qui est souvent dit, pour un salarié il n’y a pas d’un côté les charges patronales et de l’autre les charges salariales. En fait c’est le salarié qui paye l’intégralité des charges sociales, ainsi que toutes celles liées à son poste de travail,dont bien entendu son salaire net. Si un salarié n’est pas capable de faire rentrer assez de fric dans l’entreprise pour payer tout ça ... on ne l’embauche pas, ou on le vire pour un motif quelconque.

        Puisque vous parlez chiffre, en France en 1977 il y a avait 54,57 millions d’habitants pour un pib de 411,5 milliards de $ US, et en 2005 il y avait 63,18 millions d’habitants pour un pib de 2204 milliards de $ US. Qu’il y ait eu augmentation du nombre de fonctionnaires (sans tenir compte de l’informatisation MAIS aussi des nouvelles tâches à accomplir) vous semble-t-il anormal ?

        source : https://www.google.fr/search?client=ubuntu&channel=fs&q=france+habitants+1997&ie=utf-8&oe=utf-8&gfe_rd=cr&ei=oZzsVq3tAoLf8gfT45WgDA


      • Robert GIL Robert GIL 18 mars 10:03

        Au nom de la lutte contre le chômage, une offensive tous azimuts est lancée depuis des années contre les droits sociaux… Depuis les années 70, nous sommes entrés dans l’époque du chômage de masse. Aux chômeurs ­totaux s’ajoutent celles et ceux qui oscillent du chômage à l’emploi précaire et arrivent à travailler quelques heures dans la semaine ou quelques semaines dans l’année. Par ailleurs, il y a tous ceux qui sont en contrats aidés sans horizon, qui ont dû ­accepter des emplois à temps partiel, ou qui ne leur conviennent pas et cherchent autre chose. Au ­total plus de 5 ­millions de personnes.
        .
        voir :
        CHOMAGE : détruire nos droits au nom de l’emploi  ?


        • straine straine 18 mars 12:46

          @Robert GIL
          un rapport de l’OCDE (« Stimuler l’emploi et les revenus » - Perspectives de l’Emploi 2006) :

          Citer
          « Les réformes structurelles qui commencent par générer des coûts avant de produire des avantages, peuvent se heurter à une opposition politique moindre si le poids du changement politique est supporté dans un premier temps par les chômeurs. En effet, ces derniers sont moins susceptibles que les employeurs ou les salariés en place de constituer une majorité politique capable de bloquer la réforme, dans la mesure où ils sont moins nombreux et souvent moins organisés. »

          http://www.oecd.org/dataoecd/8/56/2080230.pdf CHAPITRE 2 Tirer le meilleur parti possible du minimum :
          Citer
          « Dans ce modèle, on considère que les travailleurs n’ont guère de pouvoir de négociation car il ne leur est pas facile de trouver un emploi chez un autre employeur. Le marché du travail peut-être monopsonistique lorsque les travailleurs ne sont pas très mobiles géographiquement. En pareil cas, l’employeur peut fixer les salaires, We, à un niveau inférieur à celui correspondant au produit marginal du travail. L’application d’un salaire minimum, par exemple Wm, peut accroître l’emploi. L’effet positif sur l’emploi sera maximum au niveau de salaire correspondant au niveau d’ équilibre du marché sur un marché du travail concurrentiel. Pour des niveaux de salaire minimum supérieurs au niveau de salaire sur un marché concurrentiel, l’effet jouera en sens inverse, l’emploi tombant en deçà de son niveau initial, Ne, pour un salaire supérieur à Wm’, par exemple Wm’’. Une plus grande élasticité de l’offre de main-d’œuvre et/ou une moindre élasticité de la demande de main-d’œuvre signifient que le salaire minimum peut être relevé dans une plus large mesure sans entraîner de pertes d’emploi. »

        • tashrin 18 mars 10:24

          Article d’une naiveté assez déconcertante

          Quid du NAIRU ???
          Forcément, si on a pas compris que le chômage et son traitement sont des instruments de gestion politique et social...

          => tout est là


          • tf1Groupie 18 mars 11:09

            @tashrin

            Implicitement le NAIRU est concerné par cet article : en France le NAIRU est plus élevé que dans beaucoup d’autres pays similaires.
            Comme le dit l’auteur les Français (pas seulement les politiques) ont choisi de privilégier l’encadrement du travail par rapport à la dynamique de l’emploi..

            Bon, mais l’auteur qui a eu le courage de dire cela sur Avox va en payer le prix.


          • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 18 mars 11:37

            @tashrin
            Vieux cliché marxiste.


          • straine straine 18 mars 13:03

            @Bernard Mitjavile
            J’imagine bien Marx dire « je ne suis pas responsable de ce que vous comprenez » suite à son fameux « Moi, je ne suis pas marxiste »


          • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 18 mars 10:34

            Peut-être serait-il bon avant de parler de droits sociaux de mieux les définir et en particulier de préciser qui paye ces « droits » et comment. 

            Comme le dit un post précédent à propos des retraites des agriculteurs et du RSI, les caisses de retraite s’équilibrent entre elles. Si quelqu’un touche une retraite représentant 90% de son salaire à 55 ans, cela a un coût souvent payé par d’autres régimes ou l’impôt et l’endettement général. En tout cas, le paiement de ces droits ne tombe pas du ciel et tout cela manque de clarté. Comme vous le soulignez, il y a beaucoup de précarité mais cette précarité est loin d’être la même pour tous, c’est ce qu’ont montré les analyses sur la France à 2 vitesses, en particulier celles de Jacques Marseille.

            • foufouille foufouille 18 mars 15:33

              @Bernard Mitjavile
              "Si quelqu’un touche une retraite représentant 90% de son salaire à 55 ans, cela a un coût souvent payé par d’autres régimes ou l’impôt et l’endettement général."
              uniquement si non prévu ou refus de cotiser plus. comme pour le RSI et cultos.


            • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 18 mars 15:54

              @foufouille Voilà quelques précisions que vous semblez ne pas connaître :

              "A la SNCF, la retraite se prend à 55 ans, voire même 50 ans pour les agents de conduite. Pendant longtemps, la pénibilité du travail justifiait ce traitement particulier. Mais, désormais, le pilotage est souvent automatisé et le temps de travail est, pour certains, bien inférieur aux 35 heures. A contre-courant des réformes, les retraites des cheminots ont même connu un bon coup de pouce. En 15 ans, elles ont été revalorisées de 20% de plus que l’inflation, soit bien mieux que dans le privé. Or, la SNCF ne peut pas se payer un tel régime : les cotisations vieillesse des employés et de l’employeur couvrent seulement 37 % des prestations versées. C’est alors la solidarité nationale qui est mise à contribution. Non seulement près de 400 millions d’euros sont puisés chaque année dans les caisses des autres régimes de retraite mais, en plus, l’Etat – donc le contribuable – verse la bagatelle de 2,6 milliards d’euros. Autrement dit, 1% de l’impôt payé par les Français sert uniquement à préserver les retraites privilégiées de la SNCF."

            • foufouille foufouille 18 mars 18:20

              @Bernard Mitjavile
              la SNCF est publique, c’est normal que l’état paye.
              il le fait aussi avec les retraites des salariées pour payer les retraites du RSI des commercants et artisans, et pour les agriculteurs.
              4400 millions chaque année.
              c’est beaucoup moins normal.


            • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 18 mars 20:04

              @foufouille Bien sûr, c’est normal, c’est l’Etat qui paye le déficit de ce régime donc, c’est gratuit puisque l’argent de l’Etat tombe du ciel..


            • foufouille foufouille 18 mars 20:19

              @Bernard Mitjavile
              encore une fois entreprise publique = état qui paye car le nemployeur.
              toi comprendre ?
              c’est normal pour la caisse de retraite des entreprises ?


            • Le421 Le421 18 mars 20:37

              @Bernard Mitjavile
              2400€ par mois et 60 jours de congés !!
              Demandez-donc à JPP !!

              http://tvmag.lefigaro.fr/le-scan-tele/polemiques/2016/03/10/28003-20160310ARTFIG00114-un-cheminot-lance-une-petition-a-l-encontre-de-jean-pierre-pernaut.php

              C’est terrible, la télé !!
              Surtout au 20H.


            • leypanou 18 mars 10:49

              la Cour des comptes présidée par un socialiste, a rappelé ces dernières années que l’objectif essentiel pour réduire le chômage est de réduire la dépense publique et le déficit budgétaire : Didier Migaut est aussi socialiste que Fraçois Hollande, Pierre Moscovici, Manuel Valls, Gérard Collomb ou Jean-Pierre Jouyet ou encore ceux qui ont déjà quitté comme Jean-Marie Bockel.

              Et puis qu’est ce que la réduction du déficit budgétaire a à voir avec la baisse du chômage ? Dites plutôt à quoi ont servi les 40 milliards de baisse de « charges » sensée favoriser la création d’emploi ?


              • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 18 mars 11:42

                @leypanou
                Que les socialistes tiennent compte du principe de réalité est plutôt une bonne chose.

                « qu’est ce que la réduction du déficit budgétaire a à voir avec la baisse du chômage ? »
                En économie, tout est lié, le déficit budgétaire est financé par le service de la dette qui pèse sur les ménages comme sur les entreprises et au final impacte le chômage. En tout cas, merci de me lire si attentivement (cet article était un peu long).

              • foufouille foufouille 18 mars 15:40

                @Bernard Mitjavile
                « pèse sur les ménages comme sur les entreprises et au final impacte le chômage. »
                pas vraiment puisque ce sont les salariés qui cotisent pour eux et leurs retraites d’entrepreneurs.


              • Pere Plexe Pere Plexe 18 mars 18:34

                « l’objectif essentiel pour réduire le chômage est de réduire la dépense publique et le déficit budgétaire »

                Encore une fois on est dans l’incantation, le rabâchage de la doxa libérale.
                Sauf que nul part on a constater un rapport direct.
                Pire on à pu constater le contraire !
                Le dernier exemple flagrant que cet axiome repose sur du vent est la Grèce.
                Meme le très libéral FMI à reconnu qu’un euro de dépense publique en moins donnait deux euros de moins au PIB.

                Mais c’est le propre de la doxa de ne pas avoir à se soumettre aux faits...



              • Gemini Gemini 18 mars 11:01

                Il y a un nom dit tout au long de ce texte : à aucun moment vous n’expliquer ce qu’il faudrait faire, selon vous, contre le chômage.

                Au mieux, cet article est inutile, puisqu’il n’y a rien à débattre ni même à commenter, seulement un enfonçage de portes ouvertes.

                Oui, le chômage continue de monter ou bien reste à un niveau élevé. Une fois ce constat fait, rien d’intéressant. Ni sur ses causes, ni sur ce que l’on pourrait faire pour y remédier.

                Tout au plus laissez-vous transparaitre votre avis en intimant aux jeunes de ne pas manifester contre la loi travail. Au mieux pourrions-nous ainsi supposer que votre article n’est qu’un nième argumentaire pour expliquer qu’en précarisant tout le monde et en laissant le capitalisme et le patronat disposer de droit de mort absolu sur ses salariés et ressources kleenex serait une bonne chose et permettrait de lutter contre le chômage. En effet, il n’y aurait plus de chômeurs, mais seulement des esclaves au service de leurs maitres. Est-ce cela que vous voulez ?
                Aucun des grands pays ayant plus libéralisés les relations de travail ne font rêver. Tout au plus ont-ils un peu moins de chômage, et bien plus de pauvres, de travailleurs pauvres et d’inégalités.

                En fait, le vrai problème, c’est cette focalisation sur le seul chiffre du chômage. Pourquoi en faire l’alpha et l’omega alors que les gains faramineux de productivité obtenus ces dernières décennies devraient permettre à tous de travailler bien moins, au lieu d’enrichir bien plus le capital et de laisser un grand nombre de surnuméraires sur le bord de la route tout en les utilisant pour faire peur à ceux dont le capital à encore besoin pour continuer son accumulation sans précédent.


                • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 18 mars 11:32

                  @Gemini J’explique très clairement que la solution est la réduction des dépenses de l’Etat et que cette solution a été appliquée avec succès dans différents pays de l’OCDE.


                • Clocel Clocel 18 mars 11:37

                  @Bernard Mitjavile
                  Amen...
                  La bonne vieille messe libérale, quoi... ?
                  Ça paye de troller pour l’Empire ???


                • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 18 mars 11:44

                  @Clocel Qualifier les gens de libéraux payés par l’empire (sic) ne vous dispense pas de raisonner et réfléchir en tenant compte des réalités.


                • foufouille foufouille 18 mars 15:36

                  @Bernard Mitjavile
                  " J’explique très clairement que la solution est la réduction des dépenses de l’Etat et que cette solution a été appliquée avec succès dans différents pays de l’OCDE."
                  dans tes rêves. nous n’avons pas d’esclaves, nous.
                  personne n’est légalement payé 3.45 brut par heure.


                • Bernard Mitjavile Bernard Mitjavile 18 mars 15:58

                  @foufouille Mais oui, la France est un pays merveilleux où il n’y a pas de SDF, pas de précarité, le paradis sur terre.. C’est curieux que tant de jeunes cherchent du boulot ailleurs..
                  Vous feriez bien de lire mes posts avant d’y répondre.


                • julius 1ER 18 mars 17:55

                  @Bernard Mitjavile


                  Les actionnaires du CAC 40 ont reçu 56 milliards de dividendes en 2014, en hausse de 30%

                • foufouille foufouille 18 mars 18:22

                  @Bernard Mitjavile
                  la plupart des jeunes restent en france.
                  ton paradis libéral n’existe pas ailleurs.


                • Pere Plexe Pere Plexe 18 mars 18:48

                  @Bernard Mitjavile
                  ...et que cette solution a été appliquée avec succès dans différents pays de l’OCDE"

                  Ah... ?
                  J’ai du loupé le passage.
                  Pourriez vous me le remettre ?

                • Pere Plexe Pere Plexe 18 mars 18:52

                  @julius 1ER
                  Mais le problème est l’augmentation des fonctionnaires d’un % en 6 ans !

                  Ils l’ont dit à la TV !

                • straine straine 18 mars 11:15

                  « Incidemment le modèle sociétal imposé par nos cleptocrates, censé avoir été pensé pour le plus grand bonheur de TOUS ; Va malicieusement , au plus grand dam apparent de ses concepteurs, encore et toujours, enrichir éhontément une minorité au détriment de la majorité !

                  Il semblerait que la Nation Phagocyte ceux qui représentent l’origine de son existence tout en étant son avenir. Ωω

                  [...] La réduction du temps de travail apparaît donc comme la seule solution des pays industrialisés pour éradiquer le chômage. Les gains de productivité essentiellement dû aux avancées technologiques ne doivent plus profiter exclusivement au capital, mais servir à réduire le temps de travail afin de réduire le chômage.
                  [...]
                  évitons le piège du chômage techno­logique relativisant les besoins absolus de la population, un modèle économique durable doit garantir un emploi stable à tous les membres de la population active. les gains de productivités doivent contribuer à la réduction du temps de travail. La globalisation des solutions est le problème de cet ectoplasme euromachin mis en place par les banksters ! »
                  [REPRISE] La tactique du salami [1 janvier 2015]


                  • gogoRat gogoRat 18 mars 11:32

                    « statut bétonné contre emploi précaire  ! »

                     qui est concerné par ce NAIRU dont parlent certains ?
                     ( Les ajusteurs de NAIRU et les ajustés sont-ils répartis en France selon une loi statistique aléatoire ? )
                     

                     Plus sérieusement encore : cf ce message d’outre-tombe

                    « Les méthodes modernes de production nous ont donné la possibilité du bien-être et de la sécurité pour tous ;
                    nous avons choisi, au lieu de cela, d’avoir le surmenage pour certains et la misère pour les autres.
                    Jusqu’ici nous avons persévéré à être aussi acharnés/consciencieux/obstinés que nous l’étions avant l’arrivée des machines ; en cela nous avons été idiots, mais il n’y a aucune raison de continuer a demeurer idiot pour toujours »

                     
                     

                    • straine straine 18 mars 12:37

                      @gogoRat
                      le 25 juin 1863 Rothschild Brothers of London, citant John Sherman, communiqué aux associés, New York, .

                      Citer :
                      « Les rares personnes qui comprendront le système seront soit si intéressées par ses profits, soit si dépendantes de ses largesses qu’il n’y aura pas d’opposition à craindre de cette classe-là ! La grande masse des gens, mentalement incapables de comprendre l’immense avantage retiré du système par le capital, porteront leur fardeau sans se plaindre et peut-être sans même remarquer que le système ne sert aucunement leurs intérêts »

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