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Le « commissariat à la souveraineté numérique », nouveau bidule à la mode

Après le plan calcul, Bull, le plan informatique pour tous ou le cloud à la française, nos zélus se lancent dans un nouveau projet jacobino étatiste...

 Un Commissariat à la souveraineté numérique. Telle est la nouvelle merveille techno-administrative sur la laquelle notre représentation nationale entend plancher au cours des mois à venir. Notez le choix des mots et comment, subtilement, tous les schémas de pensée directement issus de l’après-guerre viennent se télescoper avec le dernier sujet à la mode dans les cercles du pouvoir : les machins numériques.

Un Commissariat d’abord. Comme celui du plan quinquennal, comme à l’époque du grand mirage du Gosplan soviétique. Un Commissariat forcément haut, voire très-haut, qui fera l’objet — comme il se doit — d’un rapport tout à fait officiel : un rapport dans la grande tradition de celui qui avait, en son temps, été commandé par M. Balladur sur les autoroutes de l’information (1994) et avait permis à la puissance publique de conclure que cette petite chose que l’on appelait à l’époque « Internet » [1] n’aurait finalement qu’un succès limité.

La Souveraineté ensuite. Une petite dose de protectionnisme délicatement mâtinée de nationalisme — c’est à la mode — le tout enveloppé dans un concept fumeux — c’est pratique — permettra à tout un chacun de ne surtout pas évoquer les quelques succès déjà enregistrés par nos pouvoirs publics en matière de souverainisme économique et ce, notamment, dès lors qu’il est question de machin numérique. Le Minitel, bien sûr, mais aussi et bien plus récemment le « cloud à la française » qui fût, on l’a oublié, un échec tout à fait remarquable.

Bref, tous les ingrédients sont réunis : motifs fumeux, méthodes d’un autre âge et pilotage organisé par des gens qui — pardonnez-moi — n’ont sans doute d’un ordinateur qu’une vision très théorique et lointaine. Nous allons à coup sûr assister à un nouvel épisode calamiteux du colbertisme à la française : une grande mobilisation nationale (notamment des contribuables), d’intenses efforts de communication, quelques retards auxquels viendront vite s’ajouter quelques déconvenues d’ordre technique et, finalement, rien.

Ce système d’exploitation souverain ne verra sans doute jamais le jour et si, par miracle, quelque chose devait finalement sortir des cartons des commissions et sous-commissions mises sur pied à cet effet, vous pouvez être absolument certain que personne n’en voudra et que le machin ainsi créé sera imposé de force à nos administrations pour justifier son budget de développement.

Le plus extraordinaire, finalement, dans cette affaire de Commissariat à la souveraineté numérique et de système d’exploitation souverain, c’est que plus personne ne s’en émeut vraiment. Après plusieurs décennies de clowneries comparables, nous avons finit pas nous y habituer : on s’en offusque mollement ou en rit quelques jours — c’est selon — puis on passe au dossier suivant.

--- [1] Autre préoccupation prioritaire de nos parlementaires : imposer l’usage de « l’internet ».

Article paru sur MaVieMonArgent


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4 réactions à cet article    


  • amiaplacidus amiaplacidus 17 mars 10:55

    Ce n’est pas demain la veille du jour où les politiques comprendront les technologies de l’information.

    Bon, il ne faut pas trop leur en vouloir non plus, tellement occupés par leur plan de carrière, ils n’ont pas vraiment le temps de se mettre au courant.


    • Abou Antoun Abou Antoun 17 mars 12:00

      Bonjour à tous,
      Sur le même sujet, je rejoins complètement amiaplacidus.
      J’ai consacré un article à l’OS souverain.
      Par ailleurs dans cet article j’explique pourquoi en matière de numérique nos politiciens ne feront que des stupidités. Il s’agit de problèmes que la plupart ne comprennent même pas.


      • Abou Antoun Abou Antoun 17 mars 12:03

        Bref, tous les ingrédients sont réunis : motifs fumeux, méthodes d’un autre âge et pilotage organisé
        par des gens qui — pardonnez-moi — n’ont sans doute d’un ordinateur qu’une vision très théorique et lointaine. Nous allons à coup sûr assister à un nouvel épisode calamiteux du colbertisme à la française : une grande mobilisation nationale (notamment des contribuables), d’intenses efforts de communication, quelques retards auxquels viendront vite s’ajouter quelques déconvenues d’ordre technique et, finalement, rien.

        On a vu le désastre dans l’Éducation Nationale qui a abouti à un abandon complet, suivi d’une rente versée à Microsoft (Bill Gates reçu comme un chef d’état par tous les présidents successifs).


        • hermes1234 18 mars 09:18

          Le « cloud à la française » ’est surtout l’echec du privé. Si l’on veut que ce genre projet aboutisse il faut créer une industrie d’état pour le mener.

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