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Le coup du toner en plein ciel, un remake du coup du Golfe du Tonkin

Et voilà qu’un scénario improbable se dessine en ce vendredi 29 octobre : la découverte de bombes non explosées à bord de deux avions en partance du Yemen vers les USA. Branle-bas de combat médiatique, aussitôt, avec déferlement de fax et d’informations sur les deux tentatives. Et très vite, des éléments fort contradictoires, qui laissent planer des doutes. Rien ne va dans cette histoire de bombes « indétectables », finalement fort heureusement ...détectées. UPS lui-même est obligé assez-vite de préciser qu’il n’a pas de vol direct, et que ces appareils passent par l’Allemagne et l’Angleterre avant de traverser l’Atlantique, ce qui rend la thèse de l’envoi à partir du Yemen assez hasardeuse. Puis vient l’idée comme quoi une femme est à l’origine des envois, puisque son nom figure sur les colis : comme terroriste on a vu plus discrète. Et puis, très vite aussi, on nous découvre le grand organisateur qui se cache derrière la tentative, et son artificier. Un homme dont on venait de parler dans les semaines qui précédaient : juste après les attentats du 11 septembre, un islamiste, qui avait été invité à Washington pour rencontrer le gratin du Pentagone, paraît-il. Alors que sa propre mosquée était sous surveillance du FBI ! Etrange comportement. Etrange rencontre. Mais pourquoi donc aujourd’hui le Yemen ? Et finalement, la solution est venue toute seule, quelqu’un s’est empressé de la trouver à ma place. Retour sur l’homme principal de ses événements hypermédiatisés : l’imam Anwar Al-Awlaqui.

Mais revenons sur sa carrière, à cet imam aux allures d’étudiant attardé et à ses biens étranges contacts. En 1994, l’homme avec qui conversera en mails le tireur fou de Fort Hood devient imam de la Société Islamique de Denver, puis en 1996, il devient celui de la mosquée Ar-Ribat al-Islami de San Diego, en Californie. L’homme aurait été sous la surveillance, déjà, du FBI... en raison de ses contacts dont deux membres au moins des terroristes du 11 septembre, Khalid al-Mihdhar et Nawaf al-Hazmi, tous deux à bord du vol 77, nous disent candidement les journaux US. A l’époque, c’est la mosquée de Falls Church du Dar Al-Hijrah Islamic Center qui attire plutôt les regards. : or c’est là aussi qu’il atterrit. Il dirigera effectivement aussi cette mosquée, de janvier 2001 à avril 2002. L’homme est américain, et ne lit ni ne parle l’arabe : ses prêches seront donc faits exclusivement en anglais ! 
 
Or c’est cette mosquée, justement, que Rita Katz, future fondatrice de SITEGroup, racontera avoir espionnée déguisée sous une burka, ce qu’elle racontera dans son livre "Terrorist Hunter" (au sous-titre si ronflant  :" The Extraordinary Story of a Woman Who Went Undercover to Infiltrate the Radical Islamic Groups Operating in America"), où elle affirmera avoir enregistré des prêches enflammés que nous n’avons toujours pas pu entendre. Sans avoir à les traduire, pourtant ! Un repère des idées du Hamas, mais classé Secret Defense il paraît-il, selon elle. Pour d’autres, des affabulations. Sous l’influence de Katz, et de ses élucubrations, Anwar Al-Awlaqui, repéré ou grillé, comme vous préférez, devra fuir en 2002 la Virginie, direction l’Angleterre, avec l’accusation de soutien financier à Al-Quaida via une organisation charitable yéménite : une accusation proférée bien sûr par… Rita Katz ! Déjà, à l’époque, Al-Alawqui avait failli rejoindre son père, Nasser Al-Alawqui, un ancien ministre Yéménite, ce qu’il fera en 2004... en quittant Londres cette fois, une année avant les attentats. Partout où il est passé, des attentats se sont produits après : étrange poisse qui le poursuit. Bizarrement encore, Hani Hanjour, soupçonné d’être membre du commando du vol vol 77 d’American Airlines qui s’est écrasé sur le Pentagone donnera comme adresse de contact la Mosquée de Church Falls lorsqu’il quittera la Californie pour l’Arizona : notre Anwar Al-Awlaqui a des contacts bien particuliers semble-t-il, et la tolérance dont il bénéficie en fait plutôt un parfait prototype de recruteur-informateur de la CIA... quant à Hanjour, c’est simple, il était tout simplement extraordinaire : incapable de piloter un Cessna 172, il est censé avoir foncé en rase-mottes à près de 900Km/h dans le Pentagone en y laissant devant une pelouse intacte !
 
 
Des soupçons confirmés des années après, sur notre imam de choc, car on vient juste d’apprendre que notre homme aurait été invité ouvertement par le Pentagone peu de temps après le 11 septembre... invité à déjeuner à Washington, où visiblement, il a avait assez de soutiens pour pouvoir mépriser à son arrivée les gardiens du lieu, ce qui en avait laissé plus d’un pantois. L’homme qui est soupçonné par la harpie Katz de propagande terroriste au nom du Hezbollah, pas moins, et qui a comme protégé l’un des pilotes présumés de l’avion qui vient de s’écraser sur le Pentagone, a déjeuné tranquillement avec les responsables du pays après les attentats du 11 septembre : avouez que quelque chose cloche là : dans sa mosquée de Church Falls, un des visiteurs les plus fréquents s’appelait aussi Ahmed Omar Abu Ali. Il sera arrêté en 2003 à Médine, par les Saoudiens, et ensuite transféré en 2005 aux Etats-Unis, pour y être condamné à 30 années de prison, après avoir été torturé en Arabie Saoudite, et rapatrié dans un de ces vols de "renditions » de la CIA. Il y a bien eu deux poids et deux mesures : les anciens "modérés" surveillés par la CIA ou le FBI se retrouvent à Guantanamo après avoir avoué sous la torture être devenu des islamistes violents... et leur incitateur au Djihad, dévoilé par l’irako-israélo -américaine Katz, hérite en même temps du droit de s’envoler librement des Etats-Unis après les attentats ! Il s’envole, l’année précédent celle où les USA ouvrent un bureau au Yemen ! L’année où on écrit noir sur blanc qu’il a aidé trois pirates de l’air ! Ce qu’on s’est bien gardé de dire l’année précédente, lui ouvrant la porte de sortie anglaise ! Non, il n’y a pas, cet imam à petites lunettes sonne... faux.
 
 
Anwar al-Awlaqui, présenté partout aujourd’hui comme "le Ben Laden de l’internet" est manifestement une créature de la CIA : on n’en veut pour preuve que sa "légitimisation" obtenue avec le système habituel d’en avoir fait une cible de drone qui aurait été tuée. Cette rumeur, balancée dans les agences de presse pour faire d"un personnage sans relief un "leader" d’Al-Qaida, ce système, inventé de toutes pièces et maintenu à grands coups de mensonges, est un procédé connu dont avaient déjà bénéficié deux véritables branquignols du même mouvement : les ineffables et grotesques Adam Gadahn, l’homme au mug, ancien étudiant déguisé en islamiste, et l’incroyable échappé de Bagram, Abu Yahya al-Libi, qui avait réussi à sortir de sa geôle située au milieu d’une base de plus de 10 000 militaires américains ! Comme par magie, en bénéficiant d’évidentes complicités américaines ! Les deux, pour en faire des leaders "présentables" aux yeux des militants ont à un moment de leur carrière météoritique été annoncés volatilisés par une attaque de drone. Une sorte de label, qui augmentait parait-il leur aura auprès des militants.
 
Cette façon de "canoniser" les Al-quaidistes est donc classique : annoncé quelques semaines mort, l’homme n’en revient après qu’avec plus de force de persuasion au sein du mouvement. En somme, il hérite du label de "martyr" même s’il ne l’a pas été : au moins il a déjà porté le titre ou la couronne ! Evidemment, ça ne marche bien que si des relais neo-cons ont appuyé la fausse information pour la rendre "crédible". En France, pour ça, on a le site neocon et pro-sioniste de "drzz", de Daniel Zillevic, repris par Jean-Patrick Grumberg, pire faucon encore, qui va se fendre d’un texte à se rouler par terre, celui qui annonce la disparition certaine pour lui d’ Anwar al-Awlaqui, en ajoutant une lourde couche de propagande, l’occasion s’y prêtant. Attention, c’est du lourd (un texte signé Ftouh Souhail, de Tunis) : "Cette semaine, le Yémen a abattu l’imam extrémiste, Anwar al-Awlaki, qui était le conseiller spirituel de trois des auteurs des attentats du 11 septembre 2001, et plus récemment de l’officier américain de confession musulmane, Nidal Hasan, qui a tué 13 soldats le mois de novembre 2009. Anwar al-Awlaki est mort dans une attaque aérienne de l’armée de l’air du Yémen, contre des activistes d’Al Quaeda, avec une trentaine d’autres terroristes". Et au cas où certains n’auraient pas compris, à peine la première couche déposée sur le net, la seconde, encore plus épaisse, est passée au rouleau par le même auteur : "La disparition d’Anwar al-Awlaki dans l’attaque aérienne de l’armée de l’air du Yémen constitue une réussite majeure dans la lutte antiterroriste. Il est évident que la victoire contre l’islamisme doit être totale. Se donner les moyens pour y parvenir, voilà le vrai challenge !! Il est alors évident que le signal le plus évident du coup d’arrêt serait d’anéantir tous les propagandistes du djihad. Le djihad, cette guerre d’un autre temps est devenu un fléau planétaire. Aucun État, aucune démocratie ne doit baisser les bras." Et aucun site Internet ne doit annoncer de choses fausses, sans effectuer la moindre vérification, serait-on tenté de dire. Ne comptez pas non plus sur "drzz" pour faire une mise au point ou un mea culpa le jour ou le "Ben Laden bis" réapparaîtra vivant ! Drzz, pas gêné d’écrire une ode dithyrambique à Obama ici-même en mai 2008 pour le traîner dans la boue deux ans après....sous la plume de Millière... ! A l’extrême droite, donner un avis contraire quelques mois après est sans conséquence aucune. C’est dire la "qualité" de la réflexion d’un Guy Millière ou d’un Daniel Pipes ! Les faiseurs de haine sont bien près à tous les mensonges pour brosser le tableau apocalyptique de djihadistes assoiffés de sang qui leur permettent de proposer en regard une réponse plus que musclée : que ne mentirait-on pas pour des idées fascisantes ! Depuis, Anwar Al-Awlaqui, le "modéré" de 2000, a droit a des réfutations de ces propos extrémistes. Il y a 10 ans prétendu "modéré" et plus que fréquentable, l’homme est désormais devenu l’homme sandwich de la publicité djihadiste ! 
 

Mais comme il faut bien entretenir le flambeau et que le web qui s’en charge faiblit une peu, on remet du charbon dans la machine Al-Qaida, en sortant un magazine "militant", "INSPIRE" sorti à ce jour à deux exemplaires. Et largement promu sur le SITE de Rita Katz qui aurait “trouvé” "par hasard" ce magazine sur le net... Un site lui fait sa fête, à ce magazine de propagande : "Dans ce deuxième numéro, après nous avoir resservi des vieilles recettes de fabrication de bombes que l’on trouve dans n’importe quelle édition du “Anarchist Cookbook“, le magazine nous apprend les ficelles du métier de Kamikaze : comment poser une bombe dans une pizzeria par exemple". Un site qui n’en rate décidément pas une à propos du magazine d’Al-Qaida : "Ici encore, rien de neuf, c’est un copié-collé des instructions données par le FLN Abderahmane Taleb à Djamila Bouhired, qui posa la bombe au Milk Bar de la rue d’Isly, à Alger en 1956 (6 morts dont des enfants). Elle a peut-être rencontré les rédacteur de “Inspire” lors de son récent séjour à Paris, où elle était logée à l’Hôtel Georges-V, aux frais de la Caisse Nationale d’Action Sociale, sorte de CE des mairies françaises…" Un magazine destiné à des militants arabes, écrit entièrement en anglais : cherchez l’erreur...

Car notre Awlaqui devenu islamiste forcené, présenté par SITE ou Memri comme étant un "véritable islamiste" alors qu’il ne parle que l’anglais, se trimballe une autre histoire sordide quui en fait un énième islamiste de pacotille, du calibre d’un Gadahn. Mais celle-là, bizarrement, tout le monde l’a oubliée depuis. C’est le Time, pourtant, qui l’avait retrouvée. "Les convictions religieuses d’Awlaqui peuvent ou non avoir refroidi ses autres passions. Des documents du Tribunal du comté de San Diego montrent que, plusieurs années auparavant, il était deux fois accusé de sollicitation d’une prostituée, une fois en août 1996 et à nouveau en avril 1997, a appris le TIME. Dans le premier délit d’abord, il a été autorisé à plaider coupable à moindre frais, à condition d’entrer dans un suivi d’éducation sur le SIDA et à payer 400 dollars d’amendes et la restitution de documents, indique la cour. La deuxième fois, selon les documents judiciaires, Awlaqui a plaidé coupable de sollicitation d’une prostituée, et a été condamné à trois ans de probation, une amende de 240 dollars et a effectuer 12 jours de service communautaire. Alawqui - qui a refusé via un intermédiaire de commenter cette histoire - a eu une autre accroc avec l’application de la loi lorsqu’il a été interrogé à plusieurs reprises par par des agents du FBI sur l’enquête du 11 Septembre. Un fonctionnaire dira : « C’était comme lui arracher des dents. " Un ’imam" condamné deux fois pour recours à la prostitution et qui ne veut pas lâcher un mot de ce qu’il pouvait bien savoir sur les attentats serait aujourd’hui le "nouveau Ben Laden" ? Pas de problème... si l’on considère que Ben Laden travaillait lui aussi pour la CIA...

Dans un autre article du Time, on reliera même Faizal Shazhad à Awlaqui  ! C’était l’avis d’un grand "spécialiste", paraît-il, nommé Evan Kohlmann, "expert en terrorisme chez Flashpoint Partners". Parce que selon lui, juste avant sa tentative," une vidéo de Baitullah Mehsud avait fait référence à Awlaqui " : des "preuves comme ça, on peut en pondre tous les jours... "Nous ne savons pas encore s’il ya une connexion définitive entre Shahzad et les Talibans pakistanais, mais il est terriblement intéressant de noter que d’un représentants apparent des talibans pakistanais, poste des vidéos et s’en attribue le mérite, et conseille aux gens de regarder et d’étudier ce que dit Anwar al- Awlaki, " notait le Time. Voilà qui est sacrément téléphoné, ou plus que tiré par les cheveux. Et qui évite surtout de relier Faizal à David Headley ! "Flashpoint Partners", un énième Memri.... en effet : FlashPoint Partners, créé par Evan Kohlmann, du NEFA, et où l’on trouve Roger Cressey de Good Harbor Consulting, LLC, une société de sécurité ayant des contrats avec le Pentagone, ou Jim Putt, ancien de la CIA... auteur de "The Search for al Qaeda : Its Leadership, Ideology and Future" et conseiller... de l’équipe d’Obama. Avant Fashpoint, Kohlmann dirigeait "Globalterroralert"... qui expliquait, par exemple, en ligne, comment faire une veste pour kmaikaze... !!! Avec ces manipulateurs là ça va loin, en effet ! ""Evan Kohlmann est l’œuvre d’un seul homme, un site qu’il dirige de sa chambre à coucher dans un appartement à grande hauteur de Manhattan West Village," voilà comment on le présentait en 2004 encore, son fameux site ayant démarré en mars de cette année-là.

Kohlmann, le "Doogie Howser du terrorisme", comme on a pu si justement le présenter.... son premier article dans la presse avait été rédigé avec... Rita Katz ! Un abonné au National Review, le magazine le plus réac des Etats-Unis. "En l’absence d’expertise au-delà des qualifications de premier cycle et un stage dans un think-tank douteux, Kohlmann est devenu consultant pour le département américain de la Défense, le ministère de la Justice, le FBI, le Crown Prosecution Service et de Scotland Yard de SO-15 SO-15 Counter Terrorism Command" apprend-t-on, un peu sidéré. Kohlmann avec ce fort léger bagage mais ses entrées est ainsi aller déposer en Angleterre contre Younes Tsouli, alias Irhabi 007, auteur d’un site djihadiste qui lui a valu 24 ans de prison... dans tous ses "rapports", il présente des photos de décapitation ou nomme par exemple dans un rapport de 19 pages 27 fois Ben Laden et 34 fois Al-Qaida. Pour le pouvoir, c’est l’idiot utile, pour sûr. Quelquefois, ça devient grotesque : il a ainsi déposé à un procès sur un membre du Jamaat-e-Islami, sans jamais avoir écrit une seule ligne sur ce groupe ou s’être rendu au Bengladesh. Lors de sa déposition, il s’est avéré incapable de citer le nom des leaders du groupe et même celui du premier ministre du pays. Bref, un amateur complet, mais devenu expert dans les tribunaux jugeant les islamistes !

Alors, à partir de là, avec un responsable pareil, les incohérences flagrantes de la découverte des cartouches de toner détonantes qui n’ont pas sauté parait un épisode supplémentaire de ce bourrage de mou à répétitions. On a eu le droit à un vrai festival de contradictions : les cartouches censées faire sauter des avions étaient adressées à des synagogues, ce qui fait deux objectifs bien différents. Puis on a une déclaration comme quoi les dihadistes auraient cherché à "tester" les protections des aéroports, en se grillant du coup pour les prochaines fois : le moins qu’on puisse dire c’est que c’est totalement idiot ! Les imprimantes HP avaient été munies d’une carte de portable (Nokia semble-t-il) qui aurait servi de déclencheur... en l’absence de leur antenne, ou avec déclenchement par autre téléphone... et donc pour une explosion au sol : sinon, il eût fallu se positionner au milieu de l’Atlantique Nord avec l’espoir qu’un portable Nokia démuni de sa coque qui lui sert d’antenne puisse sonner 12 000 mètres au dessus... dans le genre incohérent on a en effet tout eu, y compris dans la presse : "Les autorités yéménites ont arrêté samedi soir une femme soupçonnée d’avoir envoyé les deux colis piégés à destination des Etats-Unis qui auraient pu exploser en plein vol s’ils n’avaient pas été interceptés dans des aéroports de Dubaï et de Grande-Bretagne". En vol, et dans ce cas à proximité des aéroports allemand et anglais sur la route... Avec une responsable de l’attentat déjà clamée partout comme arrêtée...car elle a laissé son numéro de téléphone sur les colis ! Ne rigolez pas, c’est ce que va ECRIRE le New-York Times, recruté pour l’occasion pour pousser une thèse toute faite... bourrée de trous et d’omissions flagrantes. La première phrase de l’article signé Mark Mazzetti, Robert f. Worth et Eric Lipton étant un véritable chef d’œuvre de propagande : "Au milieu de la semaine dernière, une femme qui prétendait que son nom était Hanan al-Samawi, une étudiante en génie de 22 ans, est entré dans bureau de l’U.P.S. dans le quartier huppé d’Hadda Sana, au Yémen, la capitale tentaculaire. Elle a montré comme preuve une photocopie de carte d’identité et a déposé une bombe cachée dans un cartouche d’imprimante avec une adresse de Chicago répertoriée en tant que destination du paquet". Cela sonne comme la recopie point par point d’un document envoyé par l"administration US. Quelques heures après était démontré que c’était faux, et que la prétendue envoyeuse s’était fait voler ses papiers et ses numéros de téléphone : qui avait pu autant envoyer les trois journalistes sur une pente aussi foireuse ? Un passe encore, mais trois ! 

Mieux encore : les destinations, aussi intriguaient, avec ces fameuses synagogues pas vraiment prises au hasard : "Barack Obama avait indiqué vendredi que les colis étaient adressés « à des lieux de culte juifs, à Chicago », son fief électoral, où il doit passer la nuit de samedi à dimanche, dans le cadre d’une ultime tournée avant les législatives de mardi". En somme, on aurait visé l’endroit où se trouvait le président.Voilà qui sent encore plus le coup monté. En espérant que la fameuse imprimante ait pu passer toutes les barrières du Homeland Security avant d’arriver au bon endroit ! Rien en tient debout dans ces "explications" ! "Les terroristes on testé les transports par avions cargos, moins bien surveillés que les vols passagers" pouvait-on lire ailleurs... à part que le lendemain, on apprenait qu’aucun vol d’UPS n’était parti du Yémen, faute de liaison directe, inexistante, et que les colis avaient fait la première partie du voyage... dans la soute d’un avion de passagers ! 

Alors pourquoi donc cette gesticulation Yéménite ? Pour se trouver un prétexte pour aller bombarder le Yemen, pardi ! Et le pire, c’est qu’on va même le lire en toutes lettres comme explication ! "L’élection est pliée", estime Larry Sabato, professeur de sciences politiques à l’université de Virginie. "Seule une réponse militaire pourrait avoir un impact sur le scrutin. Il ne s’agit pas d’une élection sur le terrorisme mais sur l’économie."  Une "réponse militaire " sur le Yemen ? Sabato venait candidement de trouver tout seul la solution de QUI est à l’origine de ces envois de fausses bombes.... c’est tout bonnement l’incident du Golfe du Tonkin qui recommence ! Une manipulation de plus !

Le fin mot de l’histoire est encore plus grotesque qu’on ne pense. On l’a vu, la penthrite est quasi indétectable : ni par les scanners, ni par les chiens de surveillance. Même dans des endroits inattendus (enfin, selon le folklore de la peur). Résultat, pour découvrir les fameuses imprimantes, il fallait avoir été .... tuyauté. C’est le cas, et c’est là où ça devient coton. Il y a un mois, un ancien leader d’Al-Qaida s’était rendu aux autorités saoudites. Jabir Jubran Al Fayfi, c’est son nom, est celui qui aurait donné la piste de l’artificier et de ce qu’il préparait. Or l’homme a une "belle carrière" derrière lui : il était à Tora Bora quand Ben Laden s’est échappé, fin 2001. Mais il n’a pas eu la même chance que Ben Laden : capturé, il est devenu le numéro 188 de la prison de Guantanamo, tortures et voyages gratuits à la clé. Puis relâché cinq ans plus tard (sans procès, et sans condamnation donc), en décembre 2006, et ré-expédié en Arabie Saoudite, où il avait repris aussitôt... son activisme, paraît-il. Bel échec ? Peut-être pas, bien au contraire. "Le centre de réhabilitation qu’a fréquenté al-Fayfi est pourtant considéré comme un modèle du genre. Il utilise des arguments religieux et financiers pour réhabiliter les extrémistes et les éloigner du terrorisme. Malgré tout, 11 des 270 individus qui sont passés à travers le processus sont retournés vers les groupes terroristes, selon le centre. Al-Fayfi était de ce nombre, ayant rejoint al-Qaïda peu après sa libération de la prison de Guantanamo, en décembre 2006, et sa participation au programme de réhabilitation". Une réhabilitation aussi "ratée" que l’évasion (réussie) d’Abu Yahya al-Libi si vous me suivez...

Car le hic, c’est qu’Al Fayfi, comme islamiste, on pouvait trouver mieux, aussi, étant un drogué à l’héroïne notoire. Mais les renseignements qu’il a donné "ont été primordiaux, nous dit la presse car il avait indiqué les bons numéros des colis". Maintenant réfléchissons un peu : un homme détenu cinq ans, renvoyé "grâce à un programme mêlant pressions et argent", nous dit-on, revient dans son pays, plutôt la tête bien "nettoyée"... et recontacte à nouveau ses anciens collègues, puis se fait à nouveau emprisonner pour que ça paraisse plus sérieux comme "reddition". En fait, infiltré, réintroduit, il a été proprement exfiltré."Les agents de sécurité yéménites ont indiqué qu’ils soupçonnaient que les Saoudiens avaient planté al-Fayfi à al-Qaida au Yémen comme agent double’" ajoute le NYT. Ah tiens. Et un mois après, on découvre un complot dont il a donné tous les éléments.... comme les numéros du loto. C’est un peu gros comme explication, un peu gros. Après cinq ans de lavage de cerveau, un repenti à joué ou non aux espions, et a indiqué tout ce qui était en préparation avant que ça ne de produise ? Peut-être pas : il est en tout cas la seule explication PLAUSIBLE que détiennent les américains et les saoudiens pour expliquer comment ils ont bien pu trouver... l’introuvable ! Est-elle crédible ? La fameuse "dénégation plausible" chère à Allen Dulles peut aussi se transformer en "explication plausible" ; visiblement.

Non, franchement, pour nous faire croire à cette énième mise en scène grossière, il va falloir se lever plus tôt, et surtout cessez de tenter de nous faire passer pour islamiste pur et dur un bonhomme courant après la prostituée et ayant déjeuné avec Rumsfelfd au lendemain du 11 septembre... Après David Headley et sa fameuse conversion religieuse marquée par les sorties en boîte de nuit et l’alcool, on va nous trouver quoi la prochaine fois ? Encore quelques mois et un Richard Nixon nous sera présenté comme fervent pratiquant musulman... sobre comme un chameau.

 

Documents joints à cet article

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