Les socialistes français, on les aime plus que tout, avec leur sens de la roublardise, leur passion pour le pouvoir et surtout leur capacité à marcher à quatre pattes devant le président Sarkozy. S’ils le pouvaient, ils se coucheraient devant lui pour se laisser piétiner. Mais l’image d’un cul socialiste étalé sur le parvis de l’Elysée serait pour le moins déplacée au 20 heures de TF1. Et pourtant, ne leur arrive-t-il pas d’exposer leurs fesses aux journalistes, surtout quand Pierre Moscovici déclare que les dirigeants socialistes ne veulent pas « faire obstacle à la révision constitutionnelle » et préféreront manifester leur « mauvaise humeur ».
On imagine la séance à l’Assemblée, avec des socialistes boudeurs et non frondeurs qui croisent les bras en faisant la moue après avoir consciencieusement voté pour que Sarkozy devienne le président le plus puissant de l’histoire de la Ve République. A l’instar de leurs copains, Kouchner, Amara, Besson… les dirigeants socialistes ne sont plus à une contradiction près.
Disparition des trente-cinq heures, chasse aux sans-papiers, amitié avec Kadhafi, pleins pouvoirs à Sarkozy, nomination des patrons de France Télévisions et Radio France, décidément tout leur convient, à nos socialistes. Un secrétariat d’Etat, un poste de ministre, tous se damneraient pour une main tendue de leur bien-aimé Sarkozy. Claude Allègre s’est même essayé au panégyrique dans Le Point, Jack Lang s’est fait vider du groupe socialiste à l’Assemblée pour avoir manifesté tout son amour pour le président Sarkozy en clamant haut et fort son soutien aux modifications des institutions.
Désormais pour rencontrer un socialiste français, mieux vaut vous rendre directement à l’UMP : ils espèrent, les yeux rivés vers leur étoile, qu’une petite mission tombera du ciel. Heureusement, le président Sarkozy est un homme charitable qui sait faire du social avec les parlementaires de gauche et leur attribuer un rapport à rédiger sur la politique internationale, l’école, les chiens méchants… autant de pages qui finiront dans un tiroir. D’ailleurs, le seul qui ne se soit pas trompé sur les socialistes français, c’est Barack Obama qui n’a pas compris l’invitation de François Hollande de se rendre rue Solférino au siège du Parti socialiste, puisque la plupart des membres se trouvent à Matignon et dans la salle d’attente de l’Elysée, convoitant une audience du grand Sarkozy.

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