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Le droit de propriété est-il le même pour tout le monde ?

Le propriétaire l’est par le seul fait de posséder un titre juridique sur un espace qui peut être le sol, le savoir, le vivant, les entreprises.. sur un espace que j’appellerai espace de propriété : il l’est donc par un artifice juridique.

Le détenteur du titre de propriété est rétribué pour les richesses existantes avant la naissance du détenteur ou pour les richesses produites par d’autres. Ainsi, par un artifice juridique, le détenteur de propriété en tant que oisif s’approprie de manière frauduleuse une partie des richesses. Les véritables créateurs de richesses que sont les ouvriers, les employés, les ingénieurs, les fonctionnaires, les entrepeneurs sont volés en partie. L’accumulation de la rapine provoque l‘étouffement de l‘économie.

Bien sûr, il est possible de fuir cet étouffement en créant un autre espace de propriété. Mais ceci n’est qu’une fuite en avant. Le système reposant sur la notion de propriété pousse irrémédiablement à une privatisation de plus en plus d’espaces, de plus en plus vastes avec de moins en moins de détenteurs de titres de propriété. Cette idée logique ou idéologie nous amène vers un système totalitaire. Mais peut-être que nombre d’entre nous, souhaitons l’avènement de ce système !

Mais le vol ne s’arrête pas là. Cet étouffement contraint les détenteurs de propriété à s’entretuer car le gain pour un même espace de propriété (nombre de brevets, surface des terres, nombres d’usines…) ne va qu’en diminuant. La deuxième idée frauduleuse, après celle de propriété, est de rendre le titre de propriété négociable au même titre qu’un produit. Les écoles de commerce nous enseignent comment éliminer son concurrent et prendre une position de monopole. Prenons un cas concret : je suis exploitant dans le domaine pétrolier et les recherches dans le domaine des énergies renouvelables sont prometteuses. Que dois-je faire ? créer la notion de propriété sur ce nouveau domaine puis détenir des titres de propriété sur celui-ci.

S’enrichir est donc très simple. Il suffit de se déclarer propriétaire en tant que primo occupant après avoir créer un artifice juridique de propriété sur un nouvel espace. Et bien non, ce n’est pas si simple et c’est là qu’intervient la monnaie.

La Loi crée une équivalence entre les richesses existantes ou produites et la monnaie. La société sanctifie même cette dernière comme richesse. Pourtant, je n’ai jamais constaté que la monnaie, seule, pouvait construire un pont, enseigner aux enfants… Comme le titre de propriété négociable est considéré comme un produit, il est nécessaire, pour pouvoir se déclarer propriétaire, de détenir un stock important de monnaie s’identifiant par la suite au capital.

Pour pouvoir vivre, ou devrais-je dire pour certains, survivre, la majorité d’entre nous est condamnée à produire et à rechercher de nouveaux espaces à privatiser.

Le vol est double. Vol de l’espace par la propriété mais aussi vol des richesses produites sur cet espace.

Mais alors qui vole ? celui qui contrôle la monnaie et son émission, c’est à dire une minorité que j’appelle oligarchie. L’outil “banque centrale” est un outil efficace de contrôle car elle centralise le pouvoir. Un réseau social anarchique (pris dans le sens d’absence de guide et non de chaos) ne permettrait pas le contrôle. “L’outil de contrôle” est aussi indépendant que le glaive d’un romain s’enfonçant dans le thorax d’un barbare. Alors qui ?

“Le droit de propriété est-il le même pour tout le monde ?” La réponse est évidemment non. En posant le droit de propriété, la Loi pose de même l’inégalité comme principe fondateur du droit. De plus, il est illusoire de participer à la non démocratie représentative. En effet, la représentation politique est déjà un espace privé. Je doute que le financement (c’est à dire le fait de donner un stock de monnaie pour un titre de propriété) des “campagnes politiques” soit philanthropique.

Pourtant, payer un loyer pour l’occupation d’un bien immobilier est absurde car alors, à qui faut-il le payer ? Pourtant, payer une licence d’utilisation d’une idée (logiciel, schéma technique d’un moteur, formule mathématique d‘économie) est absurde car alors pour quel motif légitime faut-il la payer ? Pourtant, payer le droit d’utilisation d’une bande de fréquence électromagnétique est absurde car alors comment peut-on se rendre propriétaire d’une onde électromagnétique ?

La notion de propriété n’est pas indispensable pour l‘économie libérale. Les seules occupation, possession, utilisation sont suffisantes pour permettre le commerce libéral. Nous avons tout à gagner à l’abolition de la notion juridique de propriété. En effet, chacun pourrait percevoir le juste prix de sa création de richesse, le juste prix de son usufruit et celui-ci ne serait pas grevé par un détenteur oisif d’un artifice juridique. La notion de propriétaire/locataire que l’on peut rapprocher de cette autre notion maître/esclave n’aurait plus de sens. Finalement la question “Le droit de propriété est-il le même pour tout le monde ?” n’aurait plus de sens et l‘égalité serait le principe fondateur de la société.

Source : moncase.fr/blog

 

par Hervé Darce mardi 28 juillet 2009 - 50 réactions
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  • Par Céline Ertalif (xxx.xxx.xxx.120) 28 juillet 2009 12:32
    Céline Ertalif

    Bonjour,

    Cet article est plus que critiquable, il est très confus. Mais il commence mieux que bien, il amène d’excellentes questions : celles du nouveau 3ème millénaire !

    Jusqu’à la fin du XXème siècle, on a vécu dans un monde où les valeurs étaient celles du travail et du capital. Aujourd’hui, nous sommes dans l’obligation de reconnaître qu’il y a des biens naturels collectifs et que ceux-ci sont limités : ressources naturelles fossiles, eau, air, couche d’ozone, paysages littoraux, etc. C’est la nouvelle cosmogonie qui apparaît avec le club de Rome, René Dumont, les hippies et autres écologistes...

    Il faut donc gérer des biens collectifs limités et organiser la coexistence entre ces biens publics à préserver et les biens privés. L’illustration la plus évidente est dans la coexistence de l’urbanisme et de la propriété : la valeur d’un bien privé est extrêmement dépendant des réseaux publics (voirie, énergie, eau, assainissement, télécommunications, collectes de déchets...) et en même temps les règles publiques d’aménagement ont pour fonction centrale de préserver l’autonomie de chaque individu ou de chaque famille qui garde le contrôle de sa porte, c’est-à-dire le droit exclusif de l’ouvrir et de la fermer.

    L’obligation vitale de préserver les biens naturels, ou tout au moins de rester dans un sustainable development, n’élimine pas le travail et le capital, mais elle doit les limiter. Il est bon, dans ce contexte, de rappeler que la propriété est un droit garanti par les pouvoirs publics et qu’il n’y a pas de droit naturel privé. Le droit doit d’abord préserver les biens naturels publics.

  • Par Arno_ (xxx.xxx.xxx.6) 28 juillet 2009 13:41
    Arno_

    La comparaison n’est pas valide. En l’espèce, c’est plutôt l’usage qui est naturel, pas la propriété. Un animal "possède" un territoire parce qu’il en a l’usage : il y vit (usage de l’habitat) et il l’exploite pour vivre (usage des ressources). En outre, il n’occupe ni n’exploite plus que ce dont il a naturellement besoin.

    La propriété, telle que définie dans cet article et également par Proudhon, se distingue justement de la possession et de l’usage, en ce qu’un individu s’approprie des ressources dont il n’a pas besoin (il n’en a pas l’usage) et en retire une partie du bénéfice de l’usage des autres.

    D’une manière plus générale, je trouve toujours limite les justifications de comportements humains ou d’organisation sociale faisant référence aux comportements animaux. L’Homme a quitté son état de nature, en tous cas tente-t-il d’y échapper au bénéfice d’un certains nombre de garanties (relisez Rousseau). L’Homme est certes un animal mais il est egalement Homme parce qu’il est plus qu’un animal.

  • Par Arno_ (xxx.xxx.xxx.6) 28 juillet 2009 10:58
    Arno_

    C’est la philosophie economique de Proudhon en gros...

  • Par Céline Ertalif (xxx.xxx.xxx.120) 28 juillet 2009 13:48
    Céline Ertalif

    Comme le rappelle l’auteur de l’article, la propriété est un droit. Elle est donc garantie par des pouvoirs publics, aucun droit n’est naturel.

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