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Le gouvernement chercherait-il à rentabiliser la souffrance et la mort ?

Selon la DRESS (1) les problèmes de santé mentale, dont l’anxiété et la dépression, constituent l’essentiel des troubles des populations au travail. Elle indique qu’en France, le suicide, qui est fortement lié à la dépression, représentait en 2004 la 1ère cause de mortalité des hommes et des femmes âgées de 25 ans à 44 ans.

 
Les spécialistes de la question affirment que ces troubles naissent bien souvent d’une profonde distorsion entre des objectifs fixés et les moyens qui sont donnés au salarié pour les atteindre lui laissant le soin d’assumer seul un échec pourtant inévitable. La culpabilité s’installe et provoque un conflit souvent très violent qui peut provoquer de graves symptômes.
Le contrat d’objectif, l’évaluation, sont les outils de ces ravages destructeurs. Il ne manquait plus que la récompense. C’est ainsi que le gouvernement veut instaurer des primes individuelles de résultats, un intéressement collectif, récompensant, entres-autres éléments, la maîtrise des coûts…..à l’hôpital !
 
La Prime de fonction et de résultat, …
 
est née par l’article 1er du décret n° 2008-1533 du 22 décembre 2008 dans la fonction publique d’Etat. Pour l’instant limitée à quelques professions, la PFR a vocation à être mise en œuvre dans les trois fonctions publiques et pour toutes les catégories statutaires. Décomposée en deux parties, fonctions exercées et résultats atteints, cette prime reposera exclusivement sur l’évaluation individuelle appréciée par l’encadrement.
 
L’intéressement collectif, …
 
découle de la Loi du 30 décembre 2006. Un accord cadre proposé à l’ensemble des organisations syndicales ferait l’objet d’une loi, qui serait déposée au Parlement en tout début d’année 2010.
L’investissement dans l’effort et le résultat collectifs,  seront les conditions d’attribution individuelle de cet intéressement. Les objectifs et les critères seront fixés collectivement en appréciant prioritairement, l’amélioration de la qualité du service rendu, la maîtrise des coûts, et l’efficience des services. Seule, une partie des services pourrait bénéficier de cette prime…. s’ils sont bénéficiaires et s’ils obtiennent la meilleure progression dans l’atteinte des objectifs. 
 
Comme le souligne très justement la Fédération FO-Santé dans un communiqué, « ce système est totalement inapproprié pour la Fonction Publique Hospitalière. En effet, comment concilier maîtrise des coûts et efficience des services avec les besoins des malades ? Le principe des économies entraîne inévitablement des dérives que nous ne pourrons jamais accepter. L’hôpital pour fonctionner a besoin d’équipes solidaires et non rivales »
 
… C’est l’éclatement de toutes les solidarités !
 
La solidarité des personnels et des équipes pour la prise en charge des malades sont les fondations de l’hôpital public.
Si le Gouvernement met en place à l’hôpital les primes de résultat et d’intéressement visant à isoler et à culpabiliser les personnels hospitaliers, ceux-là même qui persistent dans une démarche professionnelle de qualité, il démotivera les solidarités et portera une grave atteinte à la qualité de prise en charge des malades hospitalisés.
Ce n’est pas au moment où les causes des troubles psychosociaux sont identifiées qu’il faut les généraliser.
 
Se battre pour que survivent les solidarités pour la qualité !
 
La solidarité des personnels et des équipes est la seule issue. L’Hôpital n’est pas un domaine industriel ! Les personnels côtoient chaque jour, la souffrance et la mort que rien ni personne ne pourra « rentabiliser » et surtout pas les personnels hospitaliers.
 
GARDARIST
 
 
(1) DRESS : Direction de la Recherche, des Etudes, de l’Evaluation et des Statistiques. Service du Ministère de la Santé.
 

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1 réactions à cet article    


  • herope kayen 4 décembre 2009 18:02

    Malheureusement, cette situation existe déjà dans les établissements privés. Ma mére vient de se faire opèrer de l’aorte et la notion de « rentabiliser » le patient a été évidente : séjours raccourcis, lit libéré 2 h avant arrivée (pour pouvoir facturer une journée supplémentaire etc...) (le patient attend dans le couloir), concurrence des cardiologues ( l’un nous indique des précautions, l’autre nous dit « aucune ! ») Pas une de nos remarques sur le suivi et l’antinomisme des médecins n’est retenue, c’est le dernier qui a parlé qui a raison !
    Le futur de la medecine : mercantilisme et solvabilité de l’individu. L’humanisme, la détresse ne font pas partie du calcul des cours de la bourse !

    www.fa-heropelyon.fr.gd

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