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Accueil du site > Tribune Libre > Le « journalisme citoyen » et les vrais journalistes

Le « journalisme citoyen » et les vrais journalistes

Depuis sa naissance, le phénomène appelé "journalisme citoyen" subit des critiques récurrentes, parfois en des termes très durs, particulièrement de la part des vrais journalistes, les titulaires d’une carte de presse.

1. Tout d’abord, quès aco, le "journalisme citoyen" ?

Comme son nom ne l’indique pas, il s’agit d’un citoyen qui n’est pas journaliste ! Et qui prétend, sinon faire œuvre de journalisme, du moins écrire des articles susceptibles d’intéresser au moins une personne... À moins de deux lecteurs, mieux vaut garder l’article pour soi !

Remarquons d’emblée que cette ligne de partage, claire et simple, est devenue plus floue, car certains journalistes publient dans les médias citoyens - soit pour aborder d’autres sujets que ceux acceptés par leur journal ou radio, soit simplement pour se diversifier.

Inversement, des citoyens publient dans des médias dirigés et principalement écrits par de vrais journalistes, comme Rue 89.

Plus encore - il est possible qu’une partie des citoyens soient faussement amateurs, des journalistes, attachés de presse ou influenceurs envoyés au front par divers lobbys ! Oh ! Ma tête, ça devient compliqué, ce sujet.


2. Commençons par passer un peu de pommade aux vrais journalistes

Tels des James Bond, ils ont dans la poche une carte de presse qui leur ouvre les portes de tous les lieux de pouvoir, depuis l’Élysée jusqu’aux plus ténébreuses réunions des mystérieux "think-tanks" où les maîtres du monde ourdissent leurs complots, ce qui leur permet d’en informer les lecteurs. Heu, non... là j’en fais trop.

Disons que leur vocation les a poussés à faire une école de journalisme, où ils ont appris à séduire le concierge et la secrétaire des puissants, à recouper l’info avec des ciseaux... Euh, non. Ce n’est pas ça non plus : où ils ont appris à chercher l’info, à être objectifs, avant de faire des stages sur le terrain.

Lors de leur dernière année d’école, à l’issue d’un rituel secret qui ne se transmet que de rédac’ chef à journaliste, on leur a révélé les secrets de la machine à café et la déontologie du métier - savoir taire le nom de la maîtresse des politiciens, savoir utiliser les couverts dans les bons restos avec les chefs de cabinet, comment se comporter à une réception au jardin (ça s’appelle "garden party" dans ce milieu) de TF1 ou de l’Élysée - bref, toutes les ficelles du métier.

C’est alors qu’ils ont enfin obtenu de la préfecture de police le permis de tuer à coups de plume assassine, cette carte qu’on presse sur le cœur dans un holster.

Sans rire, on peut rendre hommage aux reporters de guerre, qui prennent des risques considérables pour nous informer, au talent des éditorialistes, à la ténacité des journalistes d’investigations qui fâchent les puissants, ce qui peut leur valoir la mort comme pour la journaliste russe Anna Politkovskaïa ou des menaces très crédibles, comme Saviano par la Camorra.

Mais cela ne reflète pas l’ensemble du journalisme, qui est très hétérogène. Comme beaucoup de métiers, le journalisme recouvre une grande variété de profils : presse économique, sportive, mode, etc.


3. Le journalisme citoyen apporterait de fausses infos, ce serait un danger pour la société !

À en écouter certains, ça refilerait presque des virus informatiques...

Un exemple récent : la fausse info de la mort de Steve Jobs, dont on accuse le journalisme citoyen. G. Narvic en a fait un bon article sur AV.

Les médias traditionnels, grands ou petits, oublient de rappeler qu’ils ont eu leur lot d’infos bidons. On a encore en mémoire l’annonce dramatique et fausse de la mort du petit garçon disparu, qui a coûté sa place à une journaliste de TF1 pourtant très expérimentée.

Il nous revient aussi l’annonce prématurée de la mort de Pascal Sevran par Europe 1, dont le patron - Jean-Pierre Elkabbach - avait auparavant talentueusement critiqué les sites inconséquents ! "Des sites qui, pour exister, pour faire un coup, pour nuire à un adversaire, lancent des rumeurs, des fausses informations, des ragots, des nouvelles non vérifiées. La tentation est grande pour des sites de taper fort afin de se faire entendre, quitte à ne pas vérifier ou à ne pas donner la parole aux personnes qu’ils attaquent."

Ainsi, les mêmes qui donnent des leçons se font avoir par la course aux scoops.
L’affaire est rappelée par La Libre Belgique, dans l’hommage à Pascal Sevran.

Arrêt sur image

Rappelons aussi les orgies présumées de la bourgeoisie toulousaine, que l’emballement médiatique avait transformées en affaire de l’année avant de retomber comme un soufflé, et finir par l’aveu que tout reposait sur les déclarations d’un mythomane.

Les pros sont prompts à expliquer ces bavures par la pression, la course à l’audience, le travail dans l’urgence, l’exigence des auditeurs, lecteurs ou spectateurs qui iraient de suite voir ailleurs si les journalistes ne suivaient pas l’actualité de près. Ce qui n’est pas faux, reconnaissons-le.

Ils ont en quelque sorte des excuses légitimes, alors que le "citoyen journaliste" serait irresponsable, car il ne risque ni son poste ni sa réputation, ou si peu.

Même les journalistes de guerre, emblématiques de la profession, presque mythiques, ne sont pas exempts de critiques : les fameux journalistes "embedded" ne voient que ce qu’on les laisse voir. Jamais on a eu aussi peu d’images des victimes civiles (et même militaires) d’un conflit que lors des guerres d’Irak et d’Afghanistan... La leçon du Vietnam a été bien retenue par le service de (dés)information de l’armée américaine... Cela dit, la plupart de ces journalistes signalent honnêtement les limites qui leur sont imposées.

Malgré tout, même en se sachant manipulés, nous avons dans la tête l’image d’une guerre propre, alors même que les victimes civiles sont couramment estimées à 500 000 et que les bavures des bombardements se multiplient.

À notre avis, l’actualité immédiate n’est pas le bon positionnement pour le "journalisme citoyen", qui pour cela serait contraint de se rapprocher du fonctionnement du journalisme, s’abonner à l’AFP et aux différentes sources de productions d’info, avoir une rédaction permanente, etc., bref devenir un vrai journal fait par de vrais journalistes.

Mais il peut y avoir des exceptions, un article sur un sujet régional par quelqu’un bien au fait de la vie locale, ou un reportage à l’étranger par un expatrié ou quelqu’un ayant voyagé récemment, etc.


4. Le journalisme citoyen ne produit pas d’infos, n’apporte aucune info

Vous m’excuserez de faire référence à mes propres articles et de ne choisir des exemples que parmi les sujets que j’affectionne, mais je souhaitais des exemples dont je sois sûr. Nous pensons avoir apporté diverses infos inédites, ou au minimum rappelé des infos très peu connues car victimes d’autocensure :


— Que l’anglais est imposé à l’école primaire, chose simple à comprendre sur le plan intellectuel, car "pas de choix" signifie "obligatoire" ! Aucun prof n’est venu contredire. Pourtant, à notre connaissance, aucun média traditionnel ne l’a encore écrit. Pire - ils rivalisent d’imagination sémantique pour tourner autour du pot, du style "c’est l’anglais qui, à 95 %, etc.", quand ils ne pratiquent pas le mensonge pur et simple "l’anglais est choisi à 95 %"... Tout est bon pour éviter les gros mots comme "imposé" et "obligatoire" !

Soyons honnêtes : en rangeant de vieux papiers, il est apparu que la revue Famille magazine (n° 114, "Choix des langues, ne vous trompez plus") avait fait preuve d’une franchise que bien des grands journaux pourraient leur envier, en parlant du secondaire : "Dans quatre établissements sur dix, seul l’anglais est proposé en LV1." Bravo à la journaliste (Marie Ducamp), qui au passage démonte quelques clichés comme l’utilité de l’apprentissage précoce.


— Que l’espéranto progresse en France (cf. le site polyglotte de Montpellier, par exemple), que deux députées européennes sont espérantophones, qu’il a eu un beau succès au méga-festival des langues à Nankin (Chine) ; je ne détaille pas puisque ce n’est pas le sujet. Nous en avons apporté des preuves vérifiables.


— Que le niveau exigé en langue vivante au baccalauréat pour la certification en langue dans le cadre européen est absurdement surévalué, aboutissant à des blocages prévisibles. Et qu’en outre, cela pousse la France à enrichir la Grande-Bretagne, déjà 200 000 euros payés par l’État et les régions à titre expérimental, combien lorsque ce sera généralisé ? On parle déjà d’un million par an...

Quel grand journal et quel grand journaliste va faire un article disant qu’on va banquer un million par an à la GB pour un boulot que nos professeurs de langue pourraient faire dans le cadre de leur travail !


— Tout récemment, la proposition d’un rapporteur européen de généraliser l’anglais pour toutes les opérations portuaires : nous sommes sinon les seuls, du moins les premiers à le signaler, tant le sujet est évité.

Il existe certainement d’autres exemples d’infos inédites ou très peu médiatisées, nous n’avons pas la prétention d’avoir lu et analysé tout Agoravox, mais ces quelques exemples suffisent à infirmer cette accusation.

Donc, peut-être y a-t-il peu d’infos originales dans le journalisme citoyen, mais dire qu’il n’y en a jamais est faux, tout simplement. CQFD.


5. L’inverse n’est pas vrai pour autant : le journalisme traditionnel n’est pas fait uniquement d’infos inédites !

En dehors des grands dossiers, des enquêtes approfondies, il est frappant de voir à quel point certains articles se contentent de broder autour de nouvelles fournies par l’AFP, par la salle de presse de l’UE ou autour de déclarations syndicales ou d’autres organisations - bref, se contentent de mettre en scène la même info, assortie de quelques commentaires vite troussés.

Un seul exemple : lorsque le président Sarkozy avait déclaré que les chaînes télé françaises avaient vocation à parler français.

"Nicolas Sarkozy a donné sa vision de la réorganisation de l’audiovisuel extérieur français. "Je pense qu’une chaîne publique, France Monde [regroupant RFI, TV5 et France24, NDLR], qui garderait l’identité de chacun des participants, ne peut que parler français", a dit le président. "Avec l’argent du contribuable je ne suis pas disposé à diffuser une chaîne qui ne parle pas français", a-t-il déclaré à l’occasion de sa conférence de presse du 8 janvier 2008."

Comme sur le sujet du français et de l’anglais dans l’UE règne une sorte d’autocensure, la plupart des médias se sont contentés du service minimum, sans analyse, sans reprise de l’historique de France 24, de la question des langues dans l’UE, ce qui donne, sur Courrier international ou sur TVDZ, "la télévision du Maghreb"
les pages internet des articles similaires sur de grands journaux comme Le Point ou autres ne sont plus disponibles, mais de mémoire je peux dire que c’était à peu près la même chose, une info brièvement et discrètement rapportée, du bout du stylo.

Par contre, grâce au journalisme citoyen, on dispose d’un article beaucoup plus fouillé !

Les journalistes, les vrais, ont souvent les mêmes sources d’infos ; en fait, les infos inédites sont les plus rares, quel journaliste ne rêve pas de sortir un scoop ? Mais le plus gros des journaux est fait de la même matière brute, retravaillée selon la couleur du journal.


6. Certaines libertés n’existent que sur le journalisme citoyen

Principalement, celle de débattre après un article.

Il est bon qu’on puisse parfois parler sans le filtre du courrier des lecteurs. C’est en quelque sorte la version améliorée du café du commerce, ou de la foire d’empoigne qu’était souvent l’émission télévisée de Michel Polac.

Au point que les médias traditionnels, sur leur version en ligne, ont presque tous instauré la possibilité de commentaires, parfois limités à leurs abonnés (Le Monde). Certes, le filtre de la modération existe toujours, probablement à juste titre, mais on est désormais très loin du courrier des lecteurs qui ne laissait passer que de rares commentaires soigneusement choisis.

Le lecteur en ligne d’aujourd’hui veut pouvoir s’exprimer, et c’est grâce au journalisme citoyen !

Une particularité anecdotique : l’ego des "journalistes citoyens" est mieux traité que celui des professionnels ! Car leurs articles sont archivés, du moins sur des sites comme AV, ce qui permet de retrouver les anciens articles. Inversement, aussi bonne que soit la plume de tel ou tel journaliste, il est impossible de relire facilement ses articles passés. Heureusement qu’ils sont payés, sinon il y aurait là une injustice capable de les dégoûter d’écrire dans un "vrai" journal.

Autre particularité, pas toujours enviable : on peut davantage se défouler en tirant à boulets rouges sur qui on veut, la notion de politesse y étant plus élastique...


7. Les journalistes cachent des infos ou manquent d’objectivité

Souvent ! Et ne pas traiter une info ou la minimiser sont des méthodes fréquentes de manipulation.

Chaque média a sa ligne éditoriale, sa tendance, qui forme comme des limites que le journaliste ne doit pas dépasser.

Exemple : la discrète visite de Bernard Tapie à l’Élysée, faite après que le scandale de ses 240 m d’euros a été révélé (net pour lui : 40 m pour préjudice moral, sans que l’État ne s’y oppose !) a été fort peu traitée par nos grands médias...

Ou encore, le fait qu’actuellement l’État marchande avec TF1 qui a le culot de lui réclamer une fortune pour sortir de French 24 (sortie nécessaire à la restructuration de l’audiovisuel extérieur français), alors même qu’il a freiné son développement en refusant des exclusivités et en refusant sa diffusion sur le numérique, et juste après que le gouvernement lui ait offert le cadeau royal et controversé de l’interdiction de la pub sur les chaînes concurrentes ! Gageons que le montant qu’obtiendra TF1 après cette sorte de chantage (tu payes pas, je sors pas du capital) ne fera pas l’objet de beaucoup d’analyses...

L’objectivité est un but impossible à atteindre, c’est plutôt un état d’esprit, une volonté d’honnêteté.

(Rappelons le classique bon mot du fondateur du Monde, Beuve-Méry, qui disait que, pour le même article, il recevait des lettres de lecteurs le félicitant pour son objectivité, et d’autres lui reprochant son manque d’objectivité...).


8. Il y aurait des articles complètement nuls dans le journalisme citoyen

Oui , c’est vrai ! J’ai bien pensé mettre quelques exemples tirés d’AV, mais ça ne serait ni charitable ni confraternel.

Mais regardons un peu du côté du vrai journalisme... Quel journal ou télé n’a pas ses grosses daubes ? Les candidats se bousculent au portillon.

Tout récemment, l’entretien un peu orageux de Juncker par Pujadas sur France 2 a fait sourire. Arrêt sur images se moque savoureusement de leur journalisme d’investigation, qui semblait avoir découvert qu’une rue du Luxembourg était pleine de banques !

Quel magazine sérieux ne fait pas chaque printemps un dossier sur les méthodes modernes pour maigrir en trois semaines, le soleil, la plage, la drague d’été, les boîtes échangistes, les plages exhibitionnistes ? Avec à l’appui un débat philosophique sur l’épilation : pilosité fournie débordant sur l’aine versus épilation totale, et ses implications psychologiques : montre-t-on davantage son âme avec le minou rasé ?

Et le levier de la peur, combien de fois le vrai journalisme en joue-t-il ? Peur des émeutes, des banlieues, de la crise, de la retraite, de la maladie, de la vie ?

Et l’incessante lutte entre les magazines à coups de couvertures racoleuses ! Combien de couvertures en 2008 sur Carla Bruni et NS ?

La plupart des journaux ont un horoscope hebdomadaire. C’est du sérieux ça, entretenir la superstition et la croyance des gens dans les fausses sciences ? La science ne sait et n’explique pas tout, mais on sait au moins avec certitude à quel point l’astrologie est bidon !

Le journalisme authentique s’accommode de méthodes authentiquement douteuses.

Plus grave que les infos banales, et pire que l’astrologie, le vrai journalisme contient aussi sa dose de manipulation, connue sous le joli nom de publi-reportage - et pas toujours clairement signalée aux lecteurs...

Et gare aux récalcitrants :

"Par Badboy, Mariannaute. Une journaliste est menacée de sanctions par la direction de France 3 Aquitaine pour avoir refusé un publi-reportage. Point de départ d’une dénonciation de la "publicité pernicieuse"..."
Sur Marianne en ligne


9. Le journalisme citoyen serait mal écrit et truffé de fautes de français

Déjà, il n’a pas les moyens d’avoir un correcteur attitré, à l’inverse de tous les grands journaux.

Ne serait-ce que par politesse, nous sommes d’accord que les rédacteurs doivent au minimum passer leur texte à un correcteur orthographique.

Pour ce qui est de la qualité littéraire du journalisme citoyen, nous ne donnerons qu’un seul exemple, le plus récent que nous ayons en tête, en priant les autres bonnes plumes d’Agoravox de nous pardonner.

Ceux qui trouvent cet article de Monolecte mal écrit sont quand même difficiles...

Du reste, comme le soulignent les fondateurs du site, l’idée n’est pas tant de recruter des non-journalistes sachant à peu près écrire, mais de devenir un bouillonnement de débats et d’idées, si possible avec des infos et si possible de première main, qu’elles soient internationales, nationales ou locales.


10. Manque d’originalité !

Alors là, tout faux : un des principaux apports du journalisme citoyen est de permettre à des voix discordantes de s’exprimer, à des sujets boycottés de trouver une tribune, à des articles insolites d’être publiés à l’improviste.

Un exemple récent d’originalité

Bernard Dugué propose un changement de date pour le début officiel des saisons, tout en gardant les événements physiques que sont équinoxes et solstices comme symboles naturels. Un commentaire (Skirlet) signale d’ailleurs que, dans certains pays, chaque saison commence le premier du mois (ex. : 1er juin pour l’été, 1er septembre pour l’automne).

Surprenant et remue-méninges, non ? Être surpris, découvrir un texte qui nous parle, nous fait soudain réfléchir, ça se mérite.

Alors que les médias traditionnels, tenus, pour durer, de correspondre au goût de leur lectorat si difficilement conquis, sont probablement moins enclins à la diversité et à l’insolite.


11. Le boycott de certains sujets

Les espérantistes, dont je suis, trouvent depuis la fondation d’Agoravox la possibilité de plaider leur cause (l’usage d’une langue construite comme lingua franca du monde ou de l’UE), de répondre aux préjugés et critiques par des éléments objectifs et vérifiables. Sur de tels sujets, la ligne éditoriale et l’auto-censure des médias traditionnels - même de grande qualité - empêchent les lecteurs de se forger leur propre opinion. Rappelons néanmoins que la presse régionale, France Culture, France Inter et France 3 ont changé d’attitude envers l’espéranto, et c’est tout à leur honneur.

La polémique sur le 11/9...

Les articles de Denis Robert qui relate régulièrement sa longue bataille procédurale contre Clearstream, dont le dernier en date.

Tout ceci démontre clairement le rôle que peut tenir le journalisme citoyen comme contre-pouvoir, modeste, mais réel.


12. La gratuité

Les journaux, même réputés, sont portés à bout de bras par la pub en raison de finances fragiles, et un boycott par un gros annonceur mécontent peut être un séisme... Seul Le Canard enchaîné est exempt de publicité et ne vit que de ses ventes.

Tous les médias en ligne s’orientent vers une formule mixte de gratuité partielle, d’abonnement et de publicité.

Ce qui n’est que justice, car journaliste, c’est un métier, qui doit donc être rémunéré, ce que ne peut faire le journalisme citoyen, malgré de timides tentatives : le média québécois Centpapiers annonce un futur partage des revenus, s’il y en a ! De même, les encyclopédies en ligne se cherchent, face à Wikipedia qui est lui-même à la croisée des chemins.

Bref, nous sommes dans un domaine mouvant qui s’est considérablement transformé, et dont personne ne sait à quoi il ressemblera dans quelques décennies.

(Nota : en parlant de gratuité, faut que je pense à envoyer ma facture à Agoravox pour ce plaidoyer)


13. Signalons aussi quelques articles récents d’Agoravox sur le même sujet

"L’information entre vérité et réalité", par Caleb Irri :
"Pour qu’une information soit considérée comme vraie, il ne suffit pas qu’elle existe réellement, mais plutôt que les médias s’accordent à la considérer comme telle."

"Fausse mort de Steve Jobs : à qui la faute ?" par Guillaume Narvic :
"L’enjeu de la vérification de l’information est donc bien crucial, mais c’est un faux débat que de pointer du doigt le journalisme citoyen. La question est celle des normes rédactionnelles, des procédures de vérification et la manière dont on les applique. Et ça concerne au même titre le journalisme citoyen... et le journalisme professionnel."

Et en dehors d’AV, Novövision


14. Les pseudos

Quelques journalistes aussi utilisent des pseudos - voire de fausses particules de noblesse. Peut-être faudrait-il que les gestionnaires du site disposent des vraies identités des auteurs... Qui peuvent néanmoins facilement être retrouvées en cas de délit. Confessons ici que "krokodilo" est un pseudonyme, et je n’habite pas une ville orbitale comme indiqué, je n’y suis même jamais allé.


15. le journalisme citoyen a probablement accéléré ou modifié l’évolution du français, du simple fait de l’augmentation exponentielle du nombre de producteurs d’écrit

Le nombre de producteurs d’écrit a considérablement augmenté, Avec parfois quelques inconvénients : il n’est pas rare qu’en faisant une recherche Google sur tel ou tel mot ou expression, la forme incorrecte revienne presque aussi fréquente que la forme dite juste !

Mais c’est une liberté supplémentaire qui nous est donnée, aux côtés des pros, celle de participer activement à la vie de la langue.
 

Conclusion


Nous avons vu et reconnu tout ce qui sépare le journalisme du phénomène appelé journalisme citoyen.

Peut-être aurait-il fallu lui trouver un nom plus adapté : débat citoyen ? Une sorte de version écrite et améliorée du café du commerce, née de l’explosion de la toile et dont nul ne connaît l’évolution future.

Erreurs, manipulations, propagande, mensonges volontaires, boycott de sujets, polémiques artificielles, articles de commande, complaisance envers les puissants ou pour flatter les lecteurs, mauvaise foi, soumission aux impératifs financiers de la pub et des actionnaires, copinage de la critique culturelle, publicité envahissante, "marronniers" (dossiers ou articles récurrents, comme maigrir avant l’été), médiocrité.

Toutes ces dérives sont possibles aussi bien dans le vrai journalisme que dans le "journalisme citoyen" !

Dans les deux cas, donc, le lecteur doit donc veiller à rester lucide, évaluer ce qui est écrit, regarder si des références ou des sources sont indiquées, recouper l’info - bref, ne pas se contenter d’avaler la soupe toute prête.

D’une manière générale, cela pose la problématique de la chose imprimée : dans notre société médiatique, un fait n’est considéré comme vrai que s’il est paru à la télé ou dans un grand journal. Or, nous avons vu par quelques exemples que tout ce qui était imprimé n’était pas vrai (cela peut être simplement tronqué ou carrément faux !) et qu’en outre tous les faits n’étaient pas imprimés !

De plus, les frontières se sont vite entremêlées : certains journalistes, et non des moindres, tiennent un blog, tandis que les médias en ligne permettent presque tous des commentaires. Quand ce n’est pas une émission entière qui migre sur la toile avec armes et bagages ! Arrêt sur image, trop dérangeant en décortiquant les manipulations et en apprenant aux téléspectateurs à analyser les infos qu’on lui sert, a dû trouver des cieux plus accueillants...

Arrêt sur image

(un blog avec certains de ses anciens chroniqueurs)

Cette nouvelle interactivité des journaux et des journalistes avec leurs lecteurs est d’ailleurs en partie à mettre au crédit du journalisme citoyen. Il peut lui arriver, rarement peut-être, d’apporter des infos inédites, il amène parfois un éclairage original ou des sujets insolites, au gré des intervenants et de leurs centres d’intérêts, et peut contourner n’importe quel boycott. Bref, c’est un brassage continu de sujets et de lecteurs, là où la presse traditionnelle demeure davantage cloisonnée, chaque média ayant son lectorat et sa ligne éditoriale, qui se tiennent l’un l’autre.

C’est un espace démocratique, un modeste contre-pouvoir supplémentaire aux côtés du vrai journalisme qui produit la masse d’infos francophones disponibles, françaises, mais aussi belges, suisses, québécoises, marocaines, Le Courrier du Vietnam, et bien d’autres.

Parfois, dans ses excès, il peut sembler la version écrite du carnaval où on peut se grimer et moquer les puissants !

Quoi qu’on en pense, ce phénomène semble bien installé, et il faudra bien que les vrais journalistes fassent avec. Quant à son évolution, elle est ce que nous en ferons.


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187 réactions à cet article    


  • Voltaire Voltaire 30 octobre 2008 10:20

    Excellente analyse.

    J’ajouterai que les "journalistes professionnels" se servent de façon croissante de l’information produite par les "journalistes citoyens" par la mise en ligne d’articles de blogs et autres sites citoyens sur les sites de leurs média classiques. Ce faisant, ils effectuent un certain criblage, en fonction de leur orientation, actualité, et on l’espère de leur originalité et qualité. Bien entendu, le défaut du système est que cette sélection limite la diversité (on peut ainsi orienter un débat), mais elle crédibilise le journalisme citoyen.

    Il faut d’ailleurs constater que le combat de certains journalistes classiques contre le journalisme citoyen est maintenant derrière nous. Un seul exemple, le site de "Maitre Eolas" et ses informations ont été très largement repris dans la presse à propos de la crise de la magistrature vis à vis de la chancellerie, et ont fournis des informations que les journalistes traditionnels auraient été bien en peine de trouver et de rassembler ainsi.

    Après une période de foisonnement naturel, une certaine sélection s’opère naturellement dans le système, entre blogs personnels et réels sites d’information citoyennes, qui produisent des analyses souvent approfondies grâce à un réseau de lecteurs fidèle et informé.

    La guerre est donc derrière nous, et les deux système sont voués à cohabiter, car ils sont finalement complémentaires.

    Une dernière remarque : la puissance du réseau de sites "citoyens" exige une liberté intacte du système, parfois menacé par le désir de contrôler l’information. Une récente réunion de l’OCDE à Séoul au sujet de l’importance croissante du rôle d’internet dans l’information et la démocratie, tout autant que dans l’économie, a mis en lumière les risques liés au souhait des nations d’accroitre la sécurité du système. Il faudra donc être vigilent pour que la nécessaire sécurisation du système (préservant les données personnelles, limitant le spamming ou la fraude) n’entraine pas une limitation des échanges d’information. 


    • Krokodilo Krokodilo 30 octobre 2008 11:37

      Je me rends compte en lisant les commentaires que j’aurais effectivement dû parler un peu plus des blogues. En me focalisant sur le journalisme citoyen polyvalent, j’ai négligé le phénomène blogue qui touche les professionnels de nombreux métiers, et sont une source importante d’infos fiables, du vécu, et qui fournissent certainement de la matière à beaucoup de journalistes, comme vous le dites, et leur évite un certain nombre de recherches. Ils sont souvent d’excellente qualité, mais il faut avoir fait la démarche de les trouver et d’y jeter un oeil régulièrement.
      Maître Eolas, donc, mais aussi le site associé à Libé "Secret défense" !

      http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/

      ainsi que des ensiegnants, des infirmières, des médecins, de plus en plus de métiers donc.

      De même que Libé est partenaire du blogue Secret défense, le journalisme citoyen polyvalent pourrait peut-être s’associer à des blogues citoyens de métiers, afin qu’on ait au moins le titre de la nouvelle chronique, en "feuilletant" un seul "journal."

      Superrésistant n’a pas tort de dire que le journlaisme cityoyen, finalement c’est du blogue, les uns spécialisés, les autres diversifiés, tous ayant comme point commun un débat plus fourni que dans les médias traditionnels, davantage d’interactivité.


    • La mouche du coche La mouche du coche 30 octobre 2008 13:41

      Je trouve que le problème est mal posé dans cet article. 

      La question n’est pas de savoir si les arguments du journalisme-citoyen sont pertinents ou non face à ceux des journalistes ; mais de comprendre pourquoi les articles citoyens n’ont pas beaucoup d’audience, quand ceux des journalistes en ont beaucoup. smiley


    • Antoine Diederick 31 octobre 2008 14:00

      actuellement, c’est en France que le désir de contrôler Internet est le plus fort. Aux us et ailleurs, sauf en Chine qui est une dictature économique au nom du peuple, l’opinion est plus libérale....

      les idées sont elles trop dangereuses pour certains..... ?????

      Ensuite, le "piratage" sur Internet, on rêve , là, la culture si elle n’était pas marchandisée, n’aurait comme but que de nous rassembler autour de pratiques gagnantes et non dicriminatoires.....

      Merde à la fin de ces tentatives qui consistent à catégoriser ce qui semble spontané , c’est la Vie cela...et tant pis pour ceux qui ne comprennent pas cela.....



    • Antoine Diederick 31 octobre 2008 14:02

      "discriminatoires"

      la passion me fait oublier les lettres comme Mozart commit trop de notes sur la portée .


    • Antoine Diederick 31 octobre 2008 14:16

      merde , j’ai plein de trucs à faire et je lis sans désemparé ce fil...que je suis bête, salut les gars....a plus tard.....

      pas trop d’accord avec certaines idées de l’auteur de l’article, cependant cela mérité réflexion....

      hold on !


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 31 octobre 2008 14:27

      Bien sûr, toutes choses étant égales, il vaut mieux savoir qu’improviser. Mais le clivage essentiel etre journaklisme professionnel et citoyen n’est pas sur le plan des ressources humaines, il est sur celui de l’encadrement. Le journaliste pro travaille pour une entreprise qui est là pôur faire des ous et est donc partie prenante de la structure du pouvoir.

      En étant, le journaliste en repecte la forme et les normes, s’autocensure ou est censuré. Le blogueur, au sens large de celui qui s’adresse aux lecteurs sans le filtre d’une rédaction, n’a pas cette contrainte. Il PEUT dire la vérité.

      On aura le meilleur des mondes quand des journalistes professionnels vivront des abonnements à leurs propres blogues et en tireront les moyens de mener leurs propres enquêtes. Les journaux actuels disparaîtront.  J’ai dit pourquoi et comment avant qu’il n’y ait un internet !

      Les conséquenes sociopolitiques seront cruciales. Il restera a reformater le contrôle des foules dans la transparence... et à juguler la corruption

      http://nouvellesociete.wordpress.com/2008/03/12/174-la-fin-des-complots/

      http://les7duquebec.wordpress.com/2008/10/27/un-million-pour-sarkozy/

      Pierre JC Allard






    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 31 octobre 2008 14:39

      Addendum : Le lien du commentaire précédent réfere a une conférence de 1989 dont le texte a été publié en 1991. Le lien ci-dessous pointe vers une mise a jour de 1998 qui est encore d’actualité aujourd’hui

      http://nouvellesociete.org/124a.html

      PJCA


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 31 octobre 2008 14:42

      Addendum : Le lien du commentaire précédent réfere a une conférence de 1989 dont le texte a été publié en 1991. Le lien ci-dessous pointe vers une mise a jour de 1998 qui est encore d’actualité aujourd’hui

      http://nouvellesociete.org/124a.html

      PJCA


    • Pierre JC Allard Pierre JC Allard 2 novembre 2008 00:26

      L’auteur : je m’excuse, mais je ne peux pas ne pas vous offrir ce lien.

      Arretez tout ! Ecoutez ici le CANULAR DU SIECLE

      ON A VRAIMENT FAIT CE COUP DE FIL !!!

      http://blogues.cyberpresse.ca/hetu/?p=70422833

      Pierre JC Allard

      http://nouvellesociete.org


    • Krokodilo Krokodilo 2 novembre 2008 18:16

      Pierre JC Allard

      Merci, je suis allé le voir aavnt que la télé ne le reprenne, marrant.

      Sur le sujet des manips, Marianne a fait sur le thème des banlieues une vidéo en 2 versions, pour montrer comment on peut transformer l’ambiance et l’impact :

      http://www.marianne2.fr/Comment-bidonner-un-reportage-sur-les-banlieues_a92742.html?PHPSESSID=7443e7bbf675e425cdd508702e37ff82



    • Raymond Viger Raymond Viger 2 novembre 2008 19:15

      Journalisme citoyen ou débat de citoyen sur les blogues, la réflexion ne fait que commencer à être débattu en cour de Justice. Au Québec, une ordonnance de non publication pour les blogues de citoyens crée une jurisprudence qui sépare drastiquement le journalisme professionnel du journalisme citoyen.

      http://raymondviger.wordpress.com/2008/11/01/loto-quebec-ordonnance-de-non-publication/
       


    • Forest Ent Forest Ent 30 octobre 2008 11:02

      Analyse posée et intéressante.

      J’y ajouterai un point : beaucoup d’entre nous répondons à des questions et critiques de lecteurs, ce qui n’est pas le cas des professionnels qui n’en ont pas le temps. Nous avons la possibilité d’approfondir un sujet sur le fond, plus qu’on ne l’aurait en mettant simplement en forme la dépêche AFP. Je ne sais pas si c’est toujours intéressant, mais j’imagine que ça permet au moins de relativiser.


      • Yannick Harrel Yannick Harrel 30 octobre 2008 13:37

        Bonjour Forest Ent,

        Oui par la deuxième partie de votre phrase et bémol sur la première.

        Certains journalistes, les plus en vue notamment, sont tellement certains (imbus ?) de délivrer la flamme de la Vérité et la Connaissance à la face du monde et a minima de leur lectorat qu’ils n’entrevoient même plus l’intérêt de recourir à autre chose qu’un monologue. Croyez bien que certains des rédacteurs que nous sommes avons un temps limité pour rédiger et intervenir sur les articles (là par exemple je dois filer pour une intervention d’importance), toutefois le besoin d’interagir avec les lecteurs et commentateurs est tel que nous prenons le temps de le faire. Le journalisme citoyen c’est accepter la confrontation des idées et des points de vue.

        Cordialement


      • Nobody knows me Nobody knows me 30 octobre 2008 15:13

        Nous avons la possibilité d’approfondir un sujet sur le fond, plus qu’on ne l’aurait en mettant simplement en forme la dépêche AFP

        On peut d’ailleurs souligner la tendance de certains journalistes officiels à recopier bêtement des dépèches AFP, parfois sans
        même vérifier si le texte contient des aberrations énormes.


      • Yannick Harrel Yannick Harrel 30 octobre 2008 20:01

        Bonjour,

        Effectivement ce n’est pas la seule boulette : j’ai l’impression que les journalistes ne savent pas calculer ou plutôt confondent (ce qui est tout aussi grave) le billion Américain avec le million bien de chez nous.

        Cordialement


      • SANDRO FERRETTI SANDRO 30 octobre 2008 12:46

        Excellent article, constat irréprochable .
        =Au point 3, vous auriez pu ajouter la participation brillante des journalistes professionnels et accrédités à la manifestation de la vérité dans l’affaire Villemin, les pseudos pédophiles d’Outreau sur outrance, l’affaire des croix gammées sculptées sur le torse d’une pauvre dame du RER -en fait échappée de l’asile-, etc, etc.
        Je ne sais si la caravane finit par passer, mais la presse aime à hurler avec les loups, c’est méme pour cela qu’ils agissent en meute...

        =Le point 9 est, vous le savez , la partie faible de votre article. Vous ne m’y citez pas, non plus que mon camarade l’amiral Argo, Red et quelques autres grands chefs "sévèrement toqués de la plume" dans ce restaurant de la cuisine citoyenne.
        (PS : la publication dans l’après-midi d’un erratum aux frais de l’auteur pourrait arranger l’affaire et éviter que je vous envoie Tony et sa moto)

        Bref, ceci pour dire que vous étes avantageusement sorti de vos récurrences sur l’esperanto et l’enseignement des langues étrangères, et qu"’on aimerait voir cela plus souvent", comme on disait aux Guignols.


        • Krokodilo Krokodilo 30 octobre 2008 17:15

          Sandro.

          Oups, j’ai oublié de vous citer  ! En tant qu’ancien motard, j’espère que l’arriverais à baratiner votre envoyé Tony-les-muscles !

          " vous étes avantageusement sorti de vos récurrences sur l’esperanto et l’enseignement des langues étrangères,"

          Vous remarquerez que j’ai quand même parlé de l’espéranto et des langues… on ne se refait pas !
          Blague à part, je crois que pas loin de 20% de mes articles - au jugé- ne parlent ni d’Eo, ni d’enseignement des langues, ni de l’anglicisation de l’UE ; dernier exemple en date encore affiché dans la fenêtre "autres articles" : "Les prochains jeux olympiques seront-ils virtuels ?". Egalement "y a t-il un accent tonique en français ?", ou "de quoi les journalsites peuvent-ils se moquer aux JO ?", "influence du journalisme citoyen sur le français, et surtout un des premiers, u ne cirtique d’un livre sur le bonheurdont je recommande à tous la lecture en ces temps de récession inavouée :

          http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=18155

          Par contre, je compte bien reprendre mes "récurrences", selon l’actualité, si AV le veut ! On parlait des blogues : je vois ça effectivement comme un blogue, je rends compte de l’évolution de trois sujets que je suis d’assez près, de préférence lorsqu’il y a des nouveautés et/ou des infos qui intéressent peu les autres médias (la proposition de l’anglais pour le travail portuaire dans l’UE, le festival des langues en Chine). En quelque sorte, je tiens mon blogue sur AV, tout en gardant la possibilité de parler d’autre chose de temps à autres, n’est-ce pas finalement le but ? Je pourrais recopier le Canard enchaîné chaque semaine, assorti d’un commentaire, mais quel intérêt ?

          Comme dit plus haut, je me demande si certains qui tiennent leur blogue sur leur métier n’auraient pas intérêt à systématiquement passer leur dernière chronique sur AV, ou au moins le titre en partenariat, comme le font certains médias en ligne.




        • SANDRO FERRETTI SANDRO 30 octobre 2008 17:53

          Bon, excuses acceptées. On va faire ça comme dans la presse écrite :
          "en raison d’une grève surprise d’une certaine catégorie de personnels typographes, lire Sandro -bien Sandro- en lieu et place de ..."
          Ou bien, comme dans les Pensées de Pierre Dac :
          "finalement, contrairement à ce qui a été annoncé, c’est bien la pharmacie Gomez et non la pharmacie Lopez qui sera de permanence ce week end".

          Un dernier problème, et je vous laisse tranquille : je suis saisi d’une demande de radiation du Conseil de l’Ordre vous concernant, au motif que vous avez aussi omis de citer deux confrères émérites du site, G.Yang et Dancharr, ce qui n’est pas charitable.
          Dois-je les anesthésier au protoxyte d’azote ou leur injecter une bulle d’air en I.V ?

          Le cabinet Parcimoni et Bonessian


        • LE CHAT LE CHAT 30 octobre 2008 12:53

          bravo crocro , pour ce bel article ! smiley
          le journalisme citoyen n’est pas pire que celui des" pros" et bien moins soumis à l’autocensure !
          comme tu le dis , on peut y apprendre de l’info inédite , et si c’est de la daube , c’est pas pire que les milliers de morts fictifs de Timisoara ou la vie de Raymond le sabotier au 13h de téhéfin !


          • Antoine Diederick 30 octobre 2008 22:36

            oui , M’sieur Chat....le journalisme "citoyen" n’est pas plus mauvais que le journalisme "pro"....cela me semble vrai

            mais ce journalisme citoyen n’est pas encore trop ni assez sécurisé....

            il y a aussi un écueil....les reportage originaux qui supposent des fonds....

            la production d’articles originaux demandent d’être ’budgetisés’....surtout quand on s’attaque à des sujets de fond ....

            Dans l’ensemble, les gens sont mieux formés qu’avant, soit par les études soit par l’information, ils sont plus aptes à se saisir objectivement des sujets de société, d’actualité ou autres. Mais pour aller plus avant, déployer des moyens c’est un autre paire de manche.....

            Le journalisme citoyen c’est de l’info et des opinions gratuites grâce à la bonne volonté de personnes qui se sentent engagés.



          • morice morice 30 octobre 2008 13:00

             Vous oubliez une chose : le net offre aux groupuscules une occasion incroyable d’avoir un tambour de résonance. Ceux à l’avoir bien compris sont les gens de l’extrême droite comme ici Seb59 et son mentor : virés pour xénophobie et racisme, ils reviennent sous un autre nom faire leur pogrom habituel : et ça, la démocratie visiblement ne sait pas y répondre. Il s lynchent, et on les laisse lyncher. En croyant respecter la démocratie : or ils n’en ont rien à faire de la démocratie : ils veulent LEUR parole, point barre. C’est la néantisation de la démocratie. Comment y remédier ?


            • nick 30 octobre 2008 13:08

              @Morice,

              Ne pas leur répondre...ça serait déjà un bon début...en leur répondant à tour de bras comme vous le faites vous jouez leur jeu...


            • A. Nonyme Trash Titi 30 octobre 2008 14:22

              Hors sujet et amalgame fallacieux, comme d’habitude.
              Morice, ne vous plaignez pas de ce que vous vous ingéniez à déclencher à longueur de temps, c’est pénible.

              J’ajouterais en reprenant votre style :

              "On parle de JOURNALISME citoyen là, pas du NET. Vous ne savez pas LIRE ou quoi ? Faut vous faire SOIGNER !"

              Et encore, j’édulcore...


            • Super resistant de l’islam 30 octobre 2008 15:21

              "virés pour xénophobie et racisme,"

              Ca reste à prouver.

              En attendant, je connais certains "auteurs" qui font une fixation sur l’amerique et les chretiens, qui ecrivent des articles antisemites et qui violent les protections d’agoravox quand leurs articles ne sont pas publiés... smiley
              Ca s’appele du fascisme. De meme qu’affirmer que vous avez été prof est un mensonge.

              Vous travaillez pour quelle organisation morice deja ? (ne me dit pas "la paix maintenat" on sait que c’est bidon).


              Cet article parle justement des gens comme vous qui empechent la reconnaissance du journalisme citoyen. smiley


            • Krokodilo Krokodilo 30 octobre 2008 17:22

              Morice,

              Les grands médias nationaux traitent déjà les espérantistes de marginaux, d’ahuris ou de casse-pieds, de groupuscule comme le vous dites de ces zozos. L’influençage (le lobbying) est la rançon de la liberté d’expression.

              Je me trompe ou il y a un système de vote des rédacteurs au-dessus d’un certain nombre d’articles pour valider les futurs articles ? C’est là-dessus qu’on peut jouer pour contrer d’éventuels excès, àmha.

              J’en profite pour signaler aux habitués que j’avais voté pour la parution d’un article qui semble bloqué depuis un mois, sur la francophonie qui étouffe(rait) les langues africaines : je ne suis pas d’accord, mais l’article est bien écrit, passionné et plus que virulent, mais je pense qu’il a sa place, le sujet mérite d’être publié, ça change un peu de la politique intérieure.



            • appoline appoline 30 octobre 2008 13:20

              J’ai apprécié l’article. Dommage Docteur Krokodilo, cela sonne plutôt bien, même si c’est peu crédible comme plaque professionnelle sur la devanture d’une station orbitale ; les petits hommes verts aiment le rationnel.
              Ce site permet de se forger une opinion avec les informations venant des internautes de tous bords. Il y a à prendre et à laisser, mais je dois avouer que beaucoup de vrais journalistes pourraient prendre de la graine auprès de nos rédacteurs.


              • Krokodilo Krokodilo 30 octobre 2008 17:26

                Vu la dentition des crocos, ça conviendrait mieux à un dentiste ! De toute façon, rensiegnemetn pris, le Conseil de l’ordre refuse les pseudos sur les plaques !


              • pissefroid pissefroid 30 octobre 2008 13:21

                Papier très instructif. Merci de l’avoir écrit.
                Une idée me passe par la tête, est-ce que ce ne serait pas mieux de parler de "journaliste libre" en opposition à "journaliste encarté" : (qui a une carte de presse, pas qui fait le trottoir).
                Peut-on parler de journalisme quand le propriétaire du journal (média) est marchand d’armes ou marchand de béton ?


                • Krokodilo Krokodilo 30 octobre 2008 17:30

                  Pissefroid,

                  vous m’avez fait bosser : il me semblait que "encarté" avait pris un sens péjoratif, mais en vérifiant sur mon Littré et mon petit robert, il n’y avait pas cette notion… Mystère résolu sur la Toile, le TLFI mentionne un sens péjoratif pour les prostituées "encartées par la police".
                  Donc, comme je le soupçonnais, je pense que ça ne plairait guère aux journalistes d’être considérés comme "encartés" !



                • Lisa SION 2 Lisa SION 2 30 octobre 2008 13:34

                  " Il existe certainement d’autres exemples d’infos inédites ou très peu médiatisées, nous n’avons pas la prétention d’avoir lu et analysé tout Agoravox, mais ces quelques exemples suffisent à infirmer cette accusation. "

                  En effet, ce qui rend l’info officielle navrante, c’est cette façon qu’elle a de tenir en haleine trois jours durant...avec un mariage ridicule à Lille. Ce fait divers sans conséquences sur l’avenir du pays, ( qui a été traité dix fois sur Avox ), permet d’en cacher et d’en faire passer d’autres, bien plus importants, sous silence.

                  Tout l’intérêt d’un média-citoyen est de mettre l’accent sur tous ces sujets que les médias officiels enterrent. et qui souvent, sont autrement plus représentatifs. En effet, si notre société est terriblement affectée par un nombre considérable de symptômes divers, il convient d’en détecter avant tout les plus graves. Un peu comme si l’on se réjouissait d’avoir intercepté 50 kilos de haschich naturel...alors que dans le même temps passent 500 de cocaïne coupée de poisons véritables. C’est le même type d’amalgame qui est utilisé pour noyer des infos lourdes de sens dans une soupe ordinaire. Il ne faut pas mélanger grippe et cancer et privilégier de soigner le plus grave. Bien-sûr, un accident de voiture par semaine relaté sur les ondes témoigne d’une réalité, pourtant, vingt cinq personnes meurent tous les jours sur le bas-côte... En relater en permanence serait insoutenable, mais surtout porterait atteinte aux constructeurs qui malgré toujours plus de sécurité fabriquent encore de tombeaux roulants...

                  C’est sur ce thème que le journaliste citoyen peut se différencier de l’officiel, en mettant le doigt sur les vraies causes de panne sociale. Si son travail est plus confidentiel que celui de Denis Robert, journaliste de terrain, il peut néanmoins apporter sa petite pierre à l’édifice.



                  • Lisa SION 2 Lisa SION 2 30 octobre 2008 16:49

                    Petites corruptions locales.
                    Coût pour les contribuables : un million d’euros.

                    Le petit maire de mon petit village voit arriver le remembrement. Ravi, il en profite pour virer un plus petit paysan et s’approprie un joli bout de terre touchant les siennes, certes, mais virant l’autre à un litre de gazoil de chez lui. Il souhaite ensuite engager un projet de sablière, au bord du Cher, sur ses terres gagnées et pour ce faire, les fait impunément déclasser de première en troisième catégorie. Il monte le dossier et le dépose pour l’enquête d’utilité publique quinze jours à la mairie. 

                     Je consulte le premier jour, et constate tous les inconvénients et aucun avantages. Pas de base nautique en fin de travaux où je puisse, à vélo, emmener ma fille, pas de baisse d’impôts communaux dûs à une si belle activité professionnelle, je ne sais combien de camions au stop sous les fenêtres de ma maison du douzième siècle et une sérieuse déterrioration du site adorable choisi pour traverser le canal. 

                    Je souligne que j’habite ce sympathique petit bourg où Alain Fournier s’inspira de son roman « Le Grand Meaulne ». 

                    Je reviens le quatorzième jour, ouvre le cahier d’observations publiques, où deux petits commentaires se réjouissent ( des parisiens voisins ) et un de la DDE renâcle ( alors que j’ai rameuté toute la ville ). J’ajoute mon point de vue et m’inquiète de savoir pourquoi le tracé ne rejoint pas directement la nationale à deux kilomètres de là, de l’autre coté du Cher et évitant ainsi les traversées de deux bourgs. Monsieur le maire renvoie le dossier qui reste en suspens. « Oui mais » réponds le Préfet 

                    Puis il contacte le maire de l’autre commune responsable du pont qui objecte un arrêté, limitant à dix neuf tonnes ( sauf transport scolaire. ??? ) Il entreprend de tracer une autre piste à travers un bois au frais de la commune qui n’aura jamais servi. L’autre maire finit par installer des bornes plastiques rouges et blanches pour limiter les croisements de deux véhicules. Une rangée contre le trottoir du pont à droite et une rangée au milieu à gauche. L’interdiction passe à six tonnes. Après avoir risqué l’accident surplace, j’entreprends de repousser cinq bornes, avec mon pneu avant, au milieu du pont, au niveau du pilier central, pour autoriser le croisement et interdire la manoeuvre de recul jusqu’au virage d’entrée, très dangereuse. À chaque fois que je repasse, les bornes ont été remises. Puis un jour, un tas de sable est installé tout le long du pont juste derrière les bornes. J’ai compté, ayant travaillé moi-même dans des sablières, quinze godets de deux tonnes...ajoutez quinze tonnes d’eau et vous comprendrez pourquoi six mois plus tard, le pont, limité à six tonnes, ayant supporté quarante cinq tonnes de sable mouillé.... a été jugé à refaire. 

                    Après six autres mois de travaux et un million d’euros, le pont a pu être refait à neuf et le dossier sablière accepté.

                    Quel journaliste officiel voudrait bien se charger d’un tel dossier ? Quel journal accepterait de publier une telle information ? Tout le monde ici s’en fout complètement, est-ce une bonne raison pour fermer les yeux ? L’information est maintenant sur Internet, et chacun peut donc croire que la corruption existe partout.

                    Même au coeur des petits villages...C’est là que porte sesfruits le journalisme citoyen. Lisa SION.


                  • Antoine Diederick 31 octobre 2008 12:33

                    j’aime bcp le terroir français, mais à force de centralisation en France, "on " laisse faire en province.....


                  • Le Hérisson Le Hérisson 30 octobre 2008 13:40

                    A l’auteur,

                    Vous répondre sur l’ensemble de votre article nécessiterait plusieurs pages. Je me contenterais de résumer mon point de vue, étant moi-même journaliste et boulimique des médias de toute sorte.

                    1- que le journalisme "professionnel" n’aille pas très bien est une évidence. Cependant, contrairement à ce que pense parfois le grand public, les journalistes dans leur ensemble sont plutôt humbles et font oeuvre de médiation. Un journaliste n’invente rien, enfin en principe. Il se contente de relayer l’information et les faits. Par exemple, concernant aussi bien l’affaire Villemin que celle d’Outreau, l’origine du scandale médiatique vient moins des journalistes que des acteurs qui se trouvaient au premier plan : le juge Lambert par exemple, ou les assistants sociaux et les juges dans l’affaire d’Outreau.

                    Dans ce dernier cas, c’est d’ailleurs une journaliste, Florence Aubenas, qui a, la première, mis en doute ce qui se passait dans cette affaire.

                    En revanche, il existe une charte déontologique des journalistes, qui impose, par exemple, de vérifier l’information ou encore de ne pas se comporter comme un flic ou un justicier. Il est regrettable que certains journalistes, et notamment certains très connus, ne l’aient pas respectée et n’aient pas été clairement sanctionnés !

                    C’est le fait que les journalistes semblent de plus en plus perdre de vue leur propre charte déontologique ou les principes de leur métier qui aboutit à la méfiance du grand public pour la presse. Cela dit, on a la presse qu’on mérite. D’autre part, c’est évidemment la course au profit qui produit ce genre de négligence.

                    2. Le journalisme dit "citoyen" souffre de plusieurs handicaps. D’une part, il n’y a pas vérification de l’information et tout le monde peut à peu près écrire n’importe quoi sur n’importe qui... D’autre part, comme on le voit sur Agoravox, ce sont surtout des écrits à propos de commentaires, des états d’âme sur tel ou tel sujet, sans forcément le recul nécessaire. Enfin, la hiérarchie de l’information n’existe pas sur ces sites. Ainsi, on va lire des centaines d’articles sur Carla Bruni car on sait qu’un papier sur elle fait de l’audience Internet alors que d’autres sujets ne sont jamais abordés.

                    3. En réalité, les deux "types" de journalisme sont complémentaires et doivent, en quelque sorte, se nourrir l’un de l’autre.


                    • Krokodilo Krokodilo 30 octobre 2008 17:37

                      Le Herisson,

                      c’est toujours intéressant d’avoir les réactions des intéressés, quand je parle de l’enseignement des langues, je suis parfois déçu du peu de témoignages directs.

                      Dans vos exemples de bavures, plusieurs corps de métier ont effectivement cafouillé ensemble. J’ai choisi exprès des exemples concernant plustôt les journalistes - quoique à Toulouse, c’était aussi très confus.

                      2. La hiérarchisation de l’info, oui, mais les grands magazines ont fait eux aussi beaucoup de couvertures sur Carla Bruni et NS…

                      3. Finalement,on est d’accord.



                    • Probité 31 octobre 2008 20:26

                      A l’auteur et au commentaire de « Le Hérisson »,

                      Je trouve cet article intéressant au regard de l’analyse réalisée entre la différence de traitement de l’information effectuée par le « journaliste citoyen » (1) et par le vrai journalisme, même si cette analyse mériterait d’être approfondie.

                      En effet, les conditions d’écriture sont très différentes entre les deux positions décrites (pour les commentaires sur les articles d’auteurs, c’est différent).

                      L’un est salarié, respecte (ou est sensé respecter) la ligne rédactionnelle et la charte déontologique du journalisme, dispose de moyens techniques ou rédactionnels importants, doit rendre des comptes à sa hiérarchie, dans un temps qui lui est compté.

                      L’autre n’est pas dépendant d’une rémunération, peu transgresser la charte déontologique du journalisme mais doit respecter « La notice légale » du site internet sur lequel il écrit, dispose de peu de moyens techniques ou rédactionnels (si l’on considère que internet n’est pas un moyen technique performant, ce qui est moins sur), il n’a pas de compte à rendre une hiérarchie, et dispose de temps pour rédiger.

                      Mais l’un et l’autre ont en commun de faire appel à une histoire qui leur est propre, un vécu et à une culture personnelle _ au Moi en quelque sorte.

                       

                      En outre, si la fonction d’un rédacteur est effectivement de ne rien inventer, de rapporter et se contenter de relayer de l’information et les faits, comme l’évoque le commentaire de Le Hérisson, c’est faire fi du Moi. Ce présupposé ne peut donc pas être considéré comme un argument  valable au regard du traitement de l’information.

                      Dans cette hypothèse, quelles sont les dispositions nécessaires à un rédacteur pour espérer réaliser un traitement honorable de l’information ?

                      Et bien, au regard des conditions d’écriture susnommées, je pense qu’indéniablement le rédacteur disposant de temps et qui n’est pas soumis à une hiérarchie, une rédaction ou in fine à un groupe commerciale, a beaucoup plus de chance de réaliser une traitement honorable de l’information.

                       

                      En conclusion, comme l’évoquait l’article de l’auteur (7. Les journalistes cachent des infos ou manquent d’objectivité) et Le Hérisson (« les journalistes semblent de plus en plus perdre de vue leur propre charte déontologique »), la charte déontologique du journalisme, si chère à Beuve-Méry, n’est plus du tout au goût du jour pour une grande majorité des journaux français (notamment pour les quotidiens et tout particulièrement pour les autres supports médiatiques). La nouvelle charte respectée est certainement plus proche de celle-ci.

                       

                      (1) : Je pense que les articles publiés dans AGORA VOX ne sont pas réalisés par des journalistes, puisque AGORA VOX n’est pas un journal, au sens moderne du terme. Le terme définissant les rédacteurs des sites internet reste à créer.


                    • Cug Cug 30 octobre 2008 13:43

                       La différence fondamentale entre les journalistes c’est l’indépendance.
                       Il y a ceux qui le sont vraiment (ex:canard enchainé), ceux qui disent qu’ils le sont et vous prennent pour des cons (exJ.M.Apahatie) et ceux qui ne le sont pas ou plus (exFigaro, TF1, Libé, le Monde).


                      • bof 30 octobre 2008 14:11

                        Pour avoir travaillé quelque temps comme pigiste (fort mal payé, d’ailleurs, mais comme j’avais déjà un boulot, je m’en fichais), j’ai retiré de cette expérience un utile enseignement :

                        La seule véritable indépendance n’est en fait

                        • ni celle de la carte de presse qu’on n’a ou pas,
                        • ni celle de la rétribution qui permet ou non de vivre de son travail
                        • ni celle de l’espace auquel on a ou non accès pour s’exprimer sur un sujet...
                        mais plutôt la possibilité d’écrire sur des sujets qui suscitent l’intérêt du lectorat. Si vous n’intéressez pas le public, vous vous découragez assez rapidement et finissez par ne plus écrire que ce que les lecteurs ont envie de lire... ou alors vous laissez tomber, ce que j’ai fait.
                        Et encore j’avais la chance de pouvoir m’exprimer, en plus des sujets ’traditionnels’, sur des sujets... disons plus confidentiels, puisqu’on ne me mettait pas la pression de l’audience (ou que j’en faisais assez par ailleurs).
                        Eh oui : tant qu’à écrire, je souhaitais être lu. Vanité, sans doute...

                        Du coup, maintenant, je n’écris plus que pour moi seul : n’est-ce-pas ça le comble du journalisme citoyen ?
                        J’écris ce que je veux, sur ce que je veux, comme je veux, quand je veux, sans avoir à me soucier de savoir si je suis assez correct avec tel ou tel... et personne d’autre que moi ne lit !
                        La liberté totale...


                      • Antoine Diederick 30 octobre 2008 22:21

                        écrire pour soi est une véritable thérapie, écrire pour les autres, communiquer est un véritable défi.

                        être seul juge de ce que l’on professe est sans danger , deux menaces, la complaisance égotique ou la lassitude.

                        écrire pour les autres, toutes le menaces....

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