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Le mouvement autonome en France depuis 1968

Des origines à septembre 1895, la naissance de la CGT :

"la lutte pour l’unité, l’Autonomie syndicale et le syndicalisme de métier constituent les trois pans de la CGT."(Histoire du syndicalisme CGT, UL de Villeneuve d’Asq)

Voici un paradoxe intéressant à noter pour la suite de l’Autonomie du prolétariat en France.

Le mouvement Autonome se définit comme une lutte pour l’Autonomie du prolétariat par rapport au capitalisme et à l’État, mais aussi par rapport aux partis et aux syndicats, Il est classifié à gauche de l’extrême gauche.


Caractéristiques du mouvement autonome

Le mouvement Autonome contemporain est apparu en Italie en 1973 sous le nom d’Autonomia Operaia (Autonomie ouvrière). Il fait donc référence au concept d’Autonomie ouvrière ou d’ Autonomie prolétarienne développé par les mouvements révolutionnaires internationalistes depuis 1848

Le mouvement Autonome de Paris se distingue par sa pauvreté d’expression et son isolement comparé à l’imagination et à l’ancrage social des mouvements italiens et allemands, il se réduit pauvrement à des pratiques alternatives et un refus des normes politiques dominantes.

Être Autonome, c’est refuser de laisser un autre penser et décider à sa place. Cela se traduit par des assemblées générales houleuses où dominent de grandes gueules, hébétées par l’alcool, promouvant, en disque rayé, des pratiques telles que l’auto-réduction qui consiste pour un groupe d’usagers à imposer par la force une baisse du prix d’un produit ou d’un service. Elle peut aller jusqu’à la gratuité et prendre la forme de véritables pillages de supermarchés. Les Autonomes, comme les Anarchistes, parlent alors de « communisme immédiat », c’est-à-dire sans phase de transition.

Mais à part ce désert parisien de l’Autonomie, centrée sur la consommation par le vol, l’imagination des marginaux refusant d’être prolétarisés construit l’Autonomie du prolétariat en dehors des usines et des lieux de travail, paradoxe qui nourrira la réflexion de la revue "Marge", de multiples groupes se développent et créent des collectifs de lutte sur un peu tous les sujets où des injustices existent c’est à dire partout et reprenant le titre d’une des revues les plus virulentes du moment, ils veulent "Tout"

L’Autonomie en France s’est développée dans tous les territoires régionaux et a traversé tous les mouvements de luttes en cours dans l’après 68, sur les décombres des grands mouvements autoritaires et idéologiques des années soixante-dix tels que les maoistes, les trotskistes et les anarchistes fortement organisés dans la Fédération Anarchiste, l’Autonomie s’est nourrie du fort vent de contestation de l’époque et du refus des idéologies et des invectives à base de réduction des pensées théoriques sous tendues par l’adversaire du moment.

Les Maos, aprés avoir buté sur la question centrale de la prise des armes par un mouvement révolutionnaire cohérent, rejoignent en masse le cagoulard Mitterand, dés 1972 et finissent rapidement dans les cabinets des ministres et dans diverses structures de gestion du capitalisme où ils se cachent toujours, leurs Noyaux Armés Pour l’Autonomie Prolétarienne, n’ayant du fait même de leur constitution par une organisation centralisée et non démocratique que le nom d’autonome, disparurent.

Une dizaine d’entre eux orphelins d’idéologues et de chefs se ventilèrent promptement sous le nom de Spontex "mao-spontanéistes", certains était militaristes d’autres non, ils étaient surtout pour l’humour, et les fesses des jeunes filles, Gluksman et les Maos de l’université Autonome de Vincennes en auraient fait partie, mais le terme a surtout servi à désigner en forme de dérision tous ceux qui n’étaient pas d’accord avec une ligne politique donnée, il n’y a qu’à voir les différents témoignages de nos grands Maos hexagonaux, les spontex ils ne se souviennent plus qui c’était, la plupart du temps ils se souviennent que c’en était d’autres qu’eux.

L’histoire des différents trotskismes et de la Fédération Anarchiste, autres courants fondamentaux de 68, ne peut se voir qu’en opposition voir en affrontement ou encore en tentatives de récupération hégémonique sur les pratiques autonomes des différents collectifs.

Les différentes sensibilités des collectifs formant le mouvement de l’Autonomie à la Française étaient liées aux parcours des différentes familles politiques qui se sont rejointes, notamment ceux nommés par Debord, goguenard, les Pro-Situs (Relire Les Commentaires), issus, mais sans aucune filiation directe, du mouvement post "Internationale Situationniste" (l’un de ceux ci est peut-être le petit frère en culottes courtes ou le fils de l’un de ceux là, comme filiation, c’est court) les mouvementistes et les militaristes composés d’une partie importante de ces mêmes Pro-Situs et d’une partie des autres composantes de l’Autonomie en voie de rassemblement, des communistes-libertaires, des anarchistes anti-franquistes et bien d’autres inorganisés, les "militaristes" n’étaient qu’une minorité issus de chacun de ces courants à parts égales, le débat sur la nécessité éventuelle ou obligatoire de l’utilisation de la violence et selon quel degré traversait tous les courants de l’époque.

De nombreux Groupes Autonomes se constituaient sous forme de communautés de vie en tentant de réinventer de nouveaux rapports désaliénés dans tous les domaines de la vie.

Des collectifs de toutes sortes émergent, représentatifs des préoccupations les plus chères de leurs membres en fonction de leur parcours et de leurs intérêts du moment.

Dés 68 se créent des collectifs anti-prison, le GIP groupe d’information sur les prisons, suivi du CAP comité d’action des prisonniers, puis du CAPJ comité d’action prison justice, ancêtres de tout les collectifs anti-prison, des pratiques d’évasion des hôpitaux psychiatriques, l’internement forcé étant souvent utilisé pour se débarrasser d’un marginal non délinquant, des groupes agissent sur l’Anti-Psychiatrie en parallèle aux travaux et à la réflexion menée par Tony Laîné et Felix Guattari, les malades réclament d’être associés aux soins qu’ils subissent et se réunissent autour de la revue "L’impatient".

"Les Handicapés méchants" autour de Babette Auerbacher réclament l’Autonomie délicatement assistée pour les handicapés traités de manière sadique et infantilisante par leurs équipes soignantes, des "Mineurs en fugues" ouvrent des squats et réclament l’Autonomie de leurs rapports avec la société et un droit de regard et d’association sur les décisions prises quant à la société future que les adultes leur légueront, ils sont soutenus par la revue Possible et Libération parle souvent d’eux.

Libération est un journal socialiste dés le départ et n’a jamais particulièrement aimé les Autonomes, mais les colonnes du courrier des lecteurs servent aux Autonomes et à d’autres groupes à communiquer et se filer des rencarts pour des manifs ou des amours, souvent les deux simultanés, "Libé sous le bras".

Un grand fournisseur d’apprentis Autonomes de toutes les générations de l’Autonomie se trouve également dans le mouvement pour une école différente créateur des écoles parallèles, des lycées autogérés et des lieux de vie ( dont le Coral de Claude Sigala n’est que l’exemple médiatisé pour cause d’affrontement judiciaire), tout ce courant se rassemble et est représenté par la revue Possible, dès 1979, de Pierre Selos et Roger Auffrand, mais existe en tant que critique radicale de l’embrigadement scolaire depuis 1968, se revendiquant Autonome.

Les Autonomes sont également des homosexuels militants, dans le FHAR, Front Homosexuel d’Action Révolutionnaire, depuis 1971 dont Daniel Guérin est l’un des premiers promoteurs,, la revue Androzine dès 1986 notamment les rassemble et le débat sur les rapports de domination homme-femme est permanent et vécu au quotidien, le sperme et la cyprine noieront le vieux monde.

La plupart des Autonomes se retrouve très tôt sur des préoccupations écologistes et antinucléaires se satellisant autour des mouvements de l’écologie politique qui allaient donner plus tard l’écologie électoraliste, la question de la violence dans les manifestations est le fait des forces de répression de l’état dans des régions en situation insurrectionnelle (Malville, Vireux-Chooz), les écolos sont autant partagés que les Autonomes sur les questions de la riposte ou de la protection des manifestations, La Gueule Ouverte première version rapporte bien ces débats.

Les Autonomes sont également anti-militaristes et prônent l’insoumission totale civile et militaire, le collectif des OP 20 est exclusivement un collectif Autonome clandestin.

Le Mouvement Algérien Pour la Paix et les Libertés (MAPLI) se revendique de l’Autonomie également, ses luttes sont contre la dictature de Boumédienne puis de Chadli, il réclame la libération et la restitution à leur familles des jeunes émeutiers Kabyles enlevés et disparus, il est intervenu avec brio dans l’affaire de l’enlèvement de Dalila Maschino, et défend les droits de ses militants sans papiers, son principal initiateur Hamouche Hachemi décédera dans de troublantes circonstances en 1997, de nombreux articles de presse des quotidiens parisiens ( le Matin de Paris, Aurore, Quotidien du médecin, Libération, etc.)de 1976 à 1982 relatent ses actions et prises de position, ce mouvement avait reçu l’appui de J.P. Sartre et Simone de Beauvoir.

Des Autonomes en fonction de leur résidence géographique ou de leurs origines tant politiques que culturelles mènent une dissidence anticapitaliste au sein ou à l’extérieur de mouvements d’indépendance et autonomistes, corses, basques, bretons, irlandais, palestiniens,et par la suite canaques. Certains auront une influence minoritaire mais notable sur les luttes locales, principalement chez les jeunes basques et les jeunes bretons, avec les mêmes débats concernant l’utilisation de la violence et ses limites, et bien souvent une coloration très Autonome de leur formations de jeunesse.

Des collectifs "contre le chômage et la vie chère, vol, pillage et sabotage", s’organisent pour assurer à meilleur prix et même gratuitement leur envie de voir des concerts, des films, avoir des vêtements, assurer leurs différents besoins quotidiens, autour de l’occupation de lieux entiers, immeubles, rues, "rue des Vilins" 20e par exemple ou dans le 14e, c’est la tendance "Gabor Winter" de l’Autonomie du délinquant social, en opposition avec le délinquant politique.

Des collectifs d’avocats se créent et défendent ces différents collectifs au cours de leurs affrontements judiciaires, là aussi, rupture ou connivence, le débat traverse tout les courants, l’une de ces avocates est désormais la femme de Carlos.

Des justiciables réclament l’Autonomie de leurs moyens de défense devant la justice, ce seront "les assises de la défense libre" (Fréderic Joyeux, Jacques Vérgès, Tiennot Grumbach).

L’Autonomie traverse tous les courants anti-autoritaire et toutes les luttes, les coordinations de salariés depuis 1986 sont issues de ces réflexions et de ces pratiques, on ne saurait la réduire à l’accaparement aliénant, frauduleux et boulimique de biens de consommations de la société moderne, ni à la participation guerrière à des émeutes éphémères, activités chères aux Pro-Situs

Les maos n’ont jamais été autonomes et à partir de Libération, lancé par J.P. Sartre (après l’échec idéologique et politique de la Cause du Peuple) ils ne sont plus maos mais socialistes, du nom du parti du futur président, ayant fait l’analyse cynique que la prise de pouvoir d’état se ferait plus en douceur de cette manière, faisant l’impasse sur la nature bourgeoise des gestionnaires de la Gauche de gouvernement.

Voir à ce sujet "Génération" Hérvé Hamon

La théorisation, en France, des idées largement diffuses de l’Autonomie, s’est faite à partir des militants de la revue Camarades. Il est rapidement apparu plusieurs pôles de sensibilité différente dont le consensus se faisait autour de l’opposition aux partis et syndicats, sans pour autant endosser les idées libertaires spécifiquement anti-État et anticapitalistes, de nombreux Communistes Libertaires de l’O.R.A. ancêtre de L’O.C.L.en faisaient partie.

Une large partie du mouvement de l’Autonomie organisée, à savoir l’Autonomie des groupes parisiens, ultra minoritaire en France, n’était pas opposée à l’idée d’un État fort, notamment dans la perspective ultérieure de défendre les acquis de l’Autonomie, les théoriciens de cette stratégie de la tension se sont fait depuis Invisibles, pousser l’état et la bourgeoisie à montrer son véritable visage n’a encore pas poussé les larges masses dans les bras pervers et attentionnés des guerriers de l’Autonomie, mais en a poussé de trop nombreux dans les bras des matons, dans d’autres pays cela se termine à la cave et éteint les aspirations populaires pour des générations, est-ce le choix politique de ces futures Sections d’Assaut du capitalisme en crise ?

Les différentes sensibilités étaient aussi liées à la pratique et la situation sociale de chacun, avec notamment, un pôle étudiant (Normale sup’, Paris Dauphine, Nanterre, Fac de Vincennes), et un pôle de jeunes représentant les « nouvelles marges » de banlieue (dont la bande de Rueil Malmaison est la seule dont on se souvient du fait de sa participation régulière aux réunions des chefs, rue du Buisson Saint Louis)), dans les lycées de nombreux jeunes se reconnaissent dans l’Autonomie politique.

Le MIB, Mouvement Immigration Banlieue se propose de construire les conditions de l’Autonomie de la jeunesse de Banlieue, depuis 1982, peu après la récupération politique et électoraliste de la Marche des Beurs.

Le débat intellectuel du mouvement s’est nettement démarqué de la volonté de lutte armée prônée par certains sur le modèle italien. Il a été estimé que les contradictions de la société française n’étaient pas telles que la lutte armée soit justifiée.

C’est une des raisons qui a évité à la France les « Années de plomb » connues notamment en Italie et en République fédérale d’Allemagne, une révolution c’est un peuple entier en armes.


Ceci malgré l’aventure d’ Action directe qui a été d’un impact relativement limitée.

Dés le départ l’Organisation de l’Action Directe, devenue groupe Action Directe après une rapide scission, a été violemment critiquée par les groupes qui vivaient l’action directe des travailleurs au quotidien, l’un deux sur Toulouse s’appelait le C.L.O.D.O. et s’en prenait aux moyens informatiques des sociétés, mais ces groupes étaient nombreux, (Défense Extrémiste Garantissant des Actions Terriblement Subversives), et n’ont pas voulu prendre le risque d’être contrôlés ou récupérés par des Comités Invisibles.

voir Retour sur les années de braise aux éditions du Cras à Toulouse à http://www.ainfos.ca/06/apr/ainfos0...

Cette organisation, Action Directe, ne fait pas partie de l’Autonomie, peut-être plus de secrets services, voir le point de vue de Debord dans la préface d’Appels de la prison de Ségovie, Champs Libres, 1980.

La marge isolée de la société et du prolétariat a isolé l’avant-garde de son avant-garde perdue.

Chronologie

1974
Fondation du groupe Marge, par Gérald Dittmar et Jacques Lesage de La Haye, groupe qui à partir de 1977, se réclame de l’« autonomie désirante ». Parution de la revue Marge, à laquelle collaborent Serge Livrozet, Frédéric Nathan et Daniel Ladovitch. Certains numéros sont tirés à 10 000 exemplaires. Daniel Guérin, Walter Jones et Grisoune Jones ont milité dans Marge.

1976
En France, le mouvement Autonome présent depuis des années se focalise en partie autour du groupe « Camarades », animé par Yann Moulier-Boutang qui a édité entre 1972 et 1973 la revue Matériaux pour l’intervention inspiré des thèses de l’opéraïsme italien.

Voir le livre phare de toute une génération d’Autonomes depuis 1970, "Les Marginaux" de Jacques Levy-Stringer en 1977 chez Fayolles,

Années 1980
Le mouvement Autonome disparaît en Italie sous les coups de la répression. Il est alors surtout présent en Allemagne. En France, il se retranche dans les squats parisiens mais apparaît encore dans certaines émeutes, lors de la manifestation de mars 1979 des sidérurgistes à Paris, en 1980 autour de l’université de Jussieu, en 1982 dans les Ardennes à l’occasion des manifestations antinucléaires et de la mobilisation des sidérurgistes.
Par la suite les positions exclusivement guerrières des beuglards lors des assemblées générales dégoûteront de nombreuses personnes qui tout en poursuivant leurs activités et leurs luttes Autonomes laisseront le nom d’Autonomes aux casseurs médiatisés, lors de leurs spectacles périodiques.

Les Autonomes se mobilisent également beaucoup pour la libération de certains prisonniers.

Principaux collectifs

 * Collectif autonome Tolbiac (CAT, 1981-1982)
 * Centre autonome occupé (CAO, 1983-1984)
 * Coordination autonome pour des espaces libérés (CAEL, 1983-1984)
 * collectif U.S.I.N.E.(Utilisation subversive des intérêts nuisibles aux espaces, Montreuil, printemps-été 1985)
 * collectif Rockalusine ( Automne 1985)
 * collectif P.R.O.L.O.S.(Projet Résolument Ouvert de Luttes Ouvrières et Sociales, Montreuil, 1985-1988)
 * C.M.L. (Comité des mal-logés, 1986-1991)
 * Narbé L’Hermitte (1987-1989)
 * Squatters et précaires associés (1987-1989)
 * Sans-cravates (1989)

Médias et publications

 * CAT Pages (1981-1982)
 * Tout ! (1982-1985)
 * Molotov et Confetti (1984)
 * Radio Mouvance (1985)
 * Radio Pirate (1986)
 * Quilombo (1988-1993)

Principaux squats parisiens

 * rue de l’Est (1981-1982)
 * rue Piat (20e, 1982-1983)
 * rue des Cascades (20e, 1982-1983)
 * rue de Tlemcen (20e, 1982-1983)
 * L’Usine( Montreuil, 1985)
 * rue Caplat (18e, 1987-1989)
 * rue Lignier (20e, 1991-1992)
 * Et une trentaine d’autre, de 1986 à 1991,

dont des barres d’HLM entières, ouverts et soutenus par

le Comité des Mal-Logés, comité résolument Autonome et Assembléiste de lutte sur la question du logement en Région Parisienne, rassemblant jusqu’à cinq cent personnes,http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/2...

et les jeunes autonomes squatteurs issus d’Usine, du CAO et des squats de concert comme Pali-Kao, dont le premier et le plus emblématique fut le soixante-sept (rue des Vignoles 20e) malgré sa tardive récupération par les forces organisées de la future Gauche-Plurielle fortement épaulée par des Pro-Situs organisés, dont à partir de cette date on peut fortement douter de leur degré d’autonomie.

Ces Pro-Situs agiront efficacement pour disloquer le Comité des Mal-Logés, les trois quarts des squatteurs Autonomes s’écarteront de leurs positions émeutiéristes et cesseront de participer à l’Autonomie sur Paris, de la même manière que le mouvement Autonome des années soixante dix s’est effondré lorsqu’il n’était plus possible de rester Autonome sans être ni voyou, ni casseur, ni dealeur, ni flic.

voir à ce sujet la thèse de Sylvaine Conord, anthropologie visuelle des mal logés de la place de la réunion sur http://www.analisiqualitativa.com/m... et l’article suivant http://internetdown.org/chroniques/...

Années 1990

1992
Le groupe « Apache » quitte le SCALP.

1993
 * Naissance à Nancy de la revue Cette Semaine, qui évoluera vers l’anarchisme.
 * Décembre : création à Paris de la Coordination des sans-abris (CDSA).
 * Scission de la CNT. La CNT-Vignoles s’engage dans la voie du syndicalisme révolutionnaire, tandis que la CNT-AIT entame une réflexion critique sur l’anarcho-syndicalisme, qui va l’amener à se rapprocher des courants de l’autonomie ouvrière.

1994
Un collectif autonome est créé à l’occasion du mouvement anti-CIP : le « MARS » (Mouvement d’Action et de Résistance Sociale). La CDSA ouvre un squat avenue de Breteuil (7e) puis rue Saint-Sauveur (2e). Apparition de « Travailleurs, Chômeurs, et Précaires en colère » (TCP).

1995
Campagne contre les vigiles du métro (TRAUM, Tribune de Résistance Active des Usagers du Métro). Création durant la grève du mois de décembre du Collectif d’Aide aux Manifestants interpellés (CAMI).

Parution de Tic-Tac : huit numéros jusqu’en 1997. « T...I...C, T...A...C..., T’es ici, t’en as assez, Tic-Tac, Si t’en as ta claque de tout ce mic-mac, Sois frénétique, freine pas l’attaque, Pas fanatique mais feinte l’attaque, Sois systématique, le système attaque, Pas trop plastique et place ta claque ».

1996
Collectif Des papiers pour tous : actions de solidarité avec les sans-papiers.

1997
Coordination de résistance et de lutte anti-capitaliste (CRELAC)

1999
Assemblée Générale des chômeurs de Jussieu, création du Collectif Anti-Expulsion (CAE), disparition de Apache, parution de Karoshi : revue anti-travail contre le revenu garanti

1999
Parution de Tiqqun - Organe conscient du Parti Imaginaire - Exercices de Métaphysique Critique, 162 pages, auto-édition, les thèses Pro-Situs, l’Autonomie délirante après l’Autonomie désirante

Principaux squats parisiens

 * rue Popincourt (11e, 1990-1991)
 * rue Didot (14e, 1993)
 * avenue de Breteuil (7e, 1993-1994)
 * rue Saint-Sauveur (2e, 1994-1996)
 * rue Amelot (11e, 1994-1995)
 * rue de Bagnolet (le 105) (20e, 1994-1996)
 * rue de Charonne (11e, 1997-1998)
 * avenue Jean Jaurès (19e, 1998)
 * rue des Orteaux (les Zortos) (20e, 1998-1999)
 * rue des Maraîchers (20e, 1998-2000)
 * rue des Couronnes (20e, 2002-2003)

Un livre, publié en 2008, évoque cette scène squat parisienne : Parisquat - Des squats politiques à Paris 1995-2000 ; il s’agit d’un recueil de documents et de témoignages de squatteurs autonomes des années 1990.

Années 2000
Dans le mouvement altermondialiste, une partie infime des Autonomes sont désignés sous le terme de « Black Bloc » en raison de leur tenue noire qui leur permet d’être plus facilement identifiés par la police lors de leurs actions émeutières. En France, la mouvance Autonome semble plus apparaitre comme une composante spontanéiste de l’ultra-gauche dirigée par les Pro-Situs, voyez vous venir le Comité Invisible ?

A partir de ces années là, la même auto réduction oxydée prend de stupeur l’ensemble du mouvement Autonome dont des Comités Invisibles souhaitent l’attirer et l’emprisonner (avant de le mener à nouveau en prison) dans une idéologie décalée de la réalité (propre des idéologies) exclusivement émeutièriste et voyoutiste, disloquant comme déjà en 1979, 1990 et 1999 le mouvement grossissant de tous ceux désirant être Autonomes, mais ne se reconnaissant pas dans des chefs mégalomanes et imbus de leurs hautes études.

2000
En Italie, Oreste Scalzone est de retour en février 2007 après 26 ans d’exil, Oreste dès 1970 avait refusé la stratégie de la tension et refusait l’idéologie de l’émeute et de la lutte armée.

En août 2008, la revue No Pasaran, jusque là proche des Autonomes, se dissocie d’eux par un article extrêmement critique vis-à-vis de la manifestation du 5 avril 2008

Le 11 novembre 2008, en France, dix personnes sont arrêtées, suspectées d’avoir saboté des lignes TGV provoquant de grands remous médiatiques sur le territoire français, puis libérés début décembre, faute de preuves, malgré les affirmations de la police comme quoi ils étaient sous surveillance au moment même des sabotages.

Tout ce battage médiatique semble avoir eu comme seule fonction d’attirer le regard de tous sur un livre dont la publication serait passée inaperçue, fournissant ainsi une idéologie délirante et un chef martyr à une jeunesse déboussolée et dérouté, c’est à dire une direction d’action très chère de tous temps aux fractions les plus réactionnaires de la bourgeoisie gestionnaire du capital en temps de crise, la Cagoule aime les manifestations émeutières suivies de répression aveugle, et lorsqu’il n’y a pas assez d’émeutiers, elle sait en susciter, tout ceci n’a plus grand chose à voir avec un mouvement Autonome d’émancipation des classes laborieuses.

Les collectifs Autonomes sont une réalité intrinsèque de la vie politique et de la critique en actes quotidiens de la société actuelle, ils se refusent à se placer sous la coupe de quiconque, fussent des intellectuels formés aux plus hautes études, et ne sont pas sous la coupe d’organisations clandestines ou de Comités Invisibles, c’est au travers de la transformation quotidienne de leurs rapports à la société et au mondialisme que leurs luttes continuent et continueront de s’exprimer.

Ni Jean-Marc, ni Julien, Libérez tous les prisonniers

Autonomie un jour, Autonomie toujours


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