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Accueil du site > Tribune Libre > Le précaire cet écologiquement irresponsable !

Le précaire cet écologiquement irresponsable !

Écrit après avoir entendu le président Macron parler de « make ze planète grète eugène »...

Dans notre monde tellement progressiste, la coupure a tendance a se creuser de plus en plus et de pire en pire entre les très riches et les très pauvres. Et la classe moyenne entre deux, ou plutôt ce qu'il en reste, trop riche pour être aidée, trop pauvre pour s'en sortir vraiment sans heurts ni crédits, se paupérise lentement mais sûrement. En même temps, comme le dit notre président, les riches développent des soucis sociaux et politiques, rajoutent aux prétentions matérielles des vanités politiques et l'envie très forte de se donner le beau rôle, en particulier celui de guides des peuples, ceux-ci n'ayant pourtant rien demandé...

Leur dernière lubie, elle ne mange pas de pain et ne les force pas à un partage plus équitable des richesses, est une certaine conception de l'écologique, une conception « gadget », une conception « alibi » pour se donner bonne conscience et faire marcher le commerce en créant de nouveaux labels, de nouveaux produits beaucoup plus chers.

Le précaire, lui, n'est pas écolo, il s'en fout du développement durable. Souvent même c'est un de ces « petits mâles blancs » qui se détend en regardant exclusivement la télévision et qui si ça se trouve n'est jamais allé voir une pièce d'« humour de résistance » de Jean-Michel Ribes. Pire encore, il prend sa voiture hors-d'âge, rempli bien des fois avec du diesel, pour aller travailler à Paris ou dans une autre grande ville, une bagnole qui bien souvent a un bilan carbone désastreux. Mais cela n'a pas l'air de l'angoisser, il ne se rachète pas une électrique, même pas une « hybride ».

Parfois, il est bien obligé de prendre les transports en commun, de s'entasser avec on l'imagine un plaisir immense dans des wagons bondés, pour cause d'économies budgétaires décidées afin de mieux construire l'Europe. Il faut dire là encore que le précaire, des plus inconscients également sur cette question se fout complètement de la construction européenne. Et puis, en même temps (j'aime beaucoup ce que vous faites monsieur le président) quand il rentre dans son logement loué beaucoup trop cher pour une si petite surface, enfin c'est ce qu'il dit, il prétexte abusivement la fatigue à cause des retards, des pannes, des problèmes de cadencement et de personnels il ne s'inquiétera pas une seconde de faire le tri de ses poubelles avec ordre et méthode.

 

Il pousse même le vice jusqu'à n'acheter pour manger que de la nourriture manufacturée industriellement, fabriquée avec des produits dont on n'est même pas certain qu'ils aient le label « bio » ou « développement durable ». Il faut le dire tout net, le précaire est un irresponsable.

Pourtant à la télévision ce n'est pas faute de multiplier les émissions dites de « coaching » pour refaire son éducation à peu de frais et lui inculquer quelques principes simples. C'est bel et bien de sa faute s'il a l'impression qu'on l'infantilise, qu'on le déresponsabilise ou qu'on le considère comme un crétin fini. Ce n'est pas faute non plus d'entrecouper les dessins animés débiles, et, ou violents que sa progéniture consomme à tire-larigot de spots dits « de prévention » ou « éducatifs » intimant aux enfants de rappeler à leurs parents quelques idées force claires à saisir. Là encore ce n'est pas faute de répéter aux enfants de pauvres que c'est de leur faute et celle de leurs parents si les gentils petits ours blancs meurent de faim au Pôle. S'ils s'en fichent de tuer les ours blancs, les bras en tombent aux plus riches seuls êtres raisonnables donc à les entendre de notre société....

Dans les pays les moins développés, le peuvre est encore plus léger, encore moins soucieux de faire attention. Ses dirigeants construisent des centrales fonctionnant aux énergies fossiles, ils laissent rouler des voitures sans pot catalytique, ne s'inquiètent pas des conséquences de l'utilisation de l'eau par les citoyens. Enfin bref, c'est pire encore que dans nos pays dits modernes. Et quand des industries « sales » sont supprimées par souci écologique, il ose se mettre en colère à cause du chômage ainsi provoqué mais enfin n'est-ce pas ma chèère on ne faire pas d'omelettes sans casser d’œufs ?

Et si le problème finalement ce n'était pas la précarité galopante ?

 

Sic Transit Gloria Mundi, Amen

Amaury - Grandgil

Image empruntée ici

 


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9 réactions à cet article    


  • Giordano Bruno 6 juin 09:35

    Je trouve toujours bizarre d’utiliser le mot « précarité » pour désigner la pauvreté, celle-ci étant malheureusement si peu précaire.


    • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 6 juin 09:38

      @Giordano Bruno
      parce que c’est le terme exact, un précaire n’est pas encore un pauvre au regard des statistiques, et plus riche là encore au regard des stats...

      Sinon on peut couper les cheveux en quatre des heures sur un mot...

    • JL JL 6 juin 09:59
      ’Le précaire cet écologiquement irresponsable« 
       
      ’’Le précaire, lui, n’est pas écolo, il s’en fout du développement durable. ’’
       
      Salauds de pauvres !

      Heureusement la COP21 a résolu ce grave problème mondial !
       
       smiley
       
       
       

      « La dégradation de l’environnement est intimement liée à la crise sociale. En effet, ceux qui détiennent les leviers politiques et financiers sont aussi les promoteurs d’un modèle de consommation à outrance, dévastateur pour la planète... mais imité par les couches moyennes. Que ceux du haut de l’échelle misent sur la décroissance, et l’effet d’entraînement est assuré... La préservation de la planète passe par l’égalité. ». « Stupéfiante enquête d’Hervé Kempf sur cette oligarchie planétaire richissime qui ne cesse de prospérer sans conscience sur la grande misère du monde. Fort de ses reportages en Amérique latine ou en Inde, entouré de penseurs éclairés tels Hans Jonas ou James Lovelock, l’essayiste décrit comment le capitalisme, à mesure qu’il devient fou, tue la terre et les mers tout en minant subrepticement la démocratie. Contrepouvoir et prospective, autant dire du grand journalisme.« - Anne Crignon - Le Nouvel Observateur, 22 février 2007. » 
       
       
      Les religions disent aux riches : »donnez aux pauvres, dieu vous le rendra« 
      Le libéralisme dit aux pauvres : »donnez aux riches, la main invisible vous le rendra".

      • Claude Simon Gandalf 6 juin 11:02

        Erf, est-ce de la faute du sommet ou de la base que la pyramide écologique s’effondre ?


        Apparemment, tel Schumpeter, elle doit s’effondrer de tant en tant pour se renouveler.

        Peut-être que, laisser du temps de cerveau libre à la conscience écologique, en fait à notre condition biologique, permet de faire progresser la recherche dans ce domaine, ce qui peut lier l’écosystème humain et l’écosystème végétal et animal, qui lui, s’adapte.

        Quoiqu’il en soit, merci d’avoir un article, qui, dans la teneur, ne justifie pas le fait que les inégalités soient une justification à l’écologie.

        • Amaury Grandgil Amaury Grandgil 6 juin 11:13

          @Gandalf
          La seule solution en la matière est un changement radical de société


        • JL JL 6 juin 11:16

          ’’... elle doit s’effondrer de tant en tant’’

           
          Vous voulez dire : tanzantan ?

          • Claude Simon Gandalf 6 juin 12:11

            @JL


            Je me demandais si Nicolas Hulot payait bien tout ses impôts, à savoir que l’excellence écologique, qui permet la plus-value, se doit également de servir la redistribution.

            Le moine qui lègue son savoir aux oligarques sait quelle cause il veut servir.

          • Buzzcocks 6 juin 11:29

            Mes grands parents ouvriers, avaient tous un petit jardin, donc ils faisaient de l’écologie sans le savoir. C’était ainsi, après l’usine, ils allaient encore bêcher, planter, ratisser, couper ....

            Vous allez dans les banlieues loin des grands centres urbains, là, où ça vote FN, les prolos habitent toujours les mêmes maisons... mais le lopin de terre qui servaient au jardin, n’est plus utilisé. Car oui, le jardinage, c’est quand même pas fun, et surtout c’est dur. C’est quand même plus facile d’aller quémander des aides sociales à la mairie et pester que la vie est trop injuste et que c’était mieux avant.

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