Réponse à NOJ qui déclare :"Je pensais que Kueny ne connaissait rien à l’enseignement et qu’il était seulement un "théoricien en chambre". Je lui conseillais donc de s’informer.
Son dénigrement des méthodes pédagogiques me laisse à penser qu’il doit être un piètre enseignant. Si "travail, répétition, effort" ne s’accompagnent pas de développement de l’esprit d’analyse, de synthèse, de comparaison et d’esprit critique, son enseignement s’apparente au gavage des oies.
Son système ne pourrait fonctionner que dans des villes importantes en période de reconstruction après une guerre.
Kueny ne serait-il pas un nostalgique de l’organisation de l’enseignement avant les lois de Jules Ferry ?"
Je ne vous connais pas et il m’est difficile de porter un jugement sur vous. Et même si je vous connaissais ce serait forcément subjectif car il est toujours plus facile de voir les défauts des autres que les siens propres.
Je suis parfaitement favorable à l’analyse, qui étaient largement pratiquée par les instituteurs avant les réformes des années soixante.L’analyse de texte est très importante.
Concernant la synthèse et l’esprit critique, leur développement n’est possible qu’après avoir acquis des connaissances. Sinon sur quoi applique t-on son esprit d’analyse ou son esprit critique ? Je vous encourage vivement à lire l’ouvrage de D.T. Willingham : "Why don’t students like school" aux éditions Jossey-bass. En se basant sur les études scientifiques du cerveau humain il montre notamment que chercher à enseigner aux élèves l’analyse ou la synthèse est impossible sans une connaissance élargie des faits et que la connaissance des faits doit précéder l’analyse et la synthèse.
Il montre que l’on ne mémorise que ce sur quoi l’on a réfléchit. Il précise que l’on n’apprend de nouvelles choses qu’en relation avec ce que l’on sait déjà. L’efficacité dans une tâche mentale requiert beaucoup de pratique. C’est par le travail et les répétitions que l’on acquiert les connaissances et les compétences. Notre mémoire de travail ayant peu d’espace, il faut la libérerer en mémorisant à long terme les connaissances. Les étudiants ne peuvent raisonner comme des experts car ce que connaissent les étudiants est organisé différement dans leur cerveau que celui d’experts qui raisonnent de manière abstraite en voyant la structure profonde des problèmes. Les exemples qu’ils donnent sont très intérressants.
Son message principal c’est que l’intelligence et les capacités des élèves ne sont améliorées que par un travail intense et soutenu. Je vous encourage à lire cet ouvrage en anglais mais vous pouvez lire sa traduction "Pourquoi les enfants n’aiment pas l’école" Ed. la librairie des écoles.
Vous comprendrez mieux pourquoi travail, répétition, effort ne sont pas opposés à analyse, synthèse, esprit critique...
C’est la raison pour laquelle je suis attaché aux méthodes dites traditionnelles et éprouvées, et modernes puisque sans cesse perfectionnées, qui privilégient l’analyse, l’acquisition des connaissances, la progression linéaire dans les apprentissages, les répétitions, l’apprentissage par coeur pour libérer la mémoire de travail limitée en espace de stockage, la chronologie, la méthode alphabétique de lecture, le fait de faire réfléchir les élèves sur le contenu que je veux leur faire mémoriser etc....
Je ne suis pas nostalgique, je cherche simplement et humblement à permettre à tous les élèves de progresser. Car aujourd’hui seuls les élèves issus de milieux favorisés ou aisés réussissent. il n’y a jamais eu si peu d’élèves de milieux moins favorisés dans les grandes écoles françaises. Sophie Coignard le souligne également dans son excellent ouvrage le Pacte immoral.
Nos connaissances actuelles sur le fonctionnement du cerveau, bien qu’encore imparfaites et ne nous livrant qu’une petite partie de la réalité, associées à l’observation des résultats des méthodes et pédagogies employées avec les élèves, nous permettent de choisir des méthodes et des pédagogies efficaces et éprouvées. Ce n’est pas le cas de la plupart des méthodes modeernes et récentes qui vont à l’encontre des récentes connaissances sur le fonctionnement du cerveau humain.