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Le projet 2012 sur l’école de Nicolas Sarkozy

Monsieur le Président vous promettiez en 2007 les réformes suivantes :

" Si je souhaite réformer le collège unique, c'est pour que chacun puisse y trouver sa place, pour que les différences de rythmes, de sensibilités, de caractères, de formes d'intelligence soient mieux prises en compte de façon à donner à chacun une plus grande chance de réussir. "
 
" Nul ne doit entrer en sixième s’il n’a pas fait la preuve qu’il était capable de suivre l’enseignement du collège. Nul ne doit entrer en seconde s’il n’a pas fait la preuve qu’il était capable de suivre l’enseignement du lycée ."
 
Je constate à ce jour que vous n'avez pas tenu vos promesses.
Le jeudi 5 janvier vous promettez :
 
"qu'"il faut mettre fin aux faiblesses du collège unique tel que nous le connaissons aujourd'hui". Et précisé que l'heure est venue, selon lui, d'"assumer la diversité des parcours en quatrième-troisième".
 
"Il n'est pas normal que le collège actuel prépare exclusivement à l'enseignement général, et pas à la voie professionnelle : comment, dans ces conditions, cette dernière ne serait-elle pas vécue comme une voie de relégation ?" "*
 
Ma question est toute simple Monsieur le Président : pourquoi vous croire aujourd'hui alors que vos promesses de 2007 n'ont pas été tenu ? Pourquoi cette réforme se ferait-elle lors de votre deuxième mandat alors qu'elle n'a pas été faite lors du premier mandat ?
 
Le président poursuit son discours  :" "Ce dont souffrent en premier lieu les enseignants, c'est le décalage entre ce que l'institution leur demande officiellement – à travers ces fameux textes statutaires qui remontent aux années 1950 – et la réalité de la société d'aujourd'hui, des élèves qui leur sont confiés".
Mettre fin à ce décalage nécessite, selon le chef de l'Etat,"de la part des professeurs, d'accepter de nouvelles manières de travailler". "D'être plus présents dans les établissements, sans aucun doute", a-t-il précisé, en ajoutant aussitôt : "Mais, en contrepartie de ce nouvel engagement, leur rémunération devra être considérablement augmentée, et leurs conditions de travail très sensiblement améliorées." "**
 
Je pense que la plupart des professeurs ne sont pas opposés à ce changement. Quant aux promesses d'augmentation considérable de la rémunération et l'amélioration sensible des conditions de travail je n'y crois guère. Compte tenu de l'état des finances publiques une augmentation conséquente me paraît illusoire. Quant à l'amélioration des conditions de travail ce n'est pas nos élites qui en détiennent la clé. L'état d'esprit actuel s'y oppose.
J'espère que si un tel changement avait lieu, l'état s'engagerait à donner les moyens aux professeurs désireux de quitter l'enseignement d'opérer dans de bonnes conditions une reconversion professionnelle. J'ai peur que ce ne soit qu'un voeu pieu.
 
Les réformes quelles quelles soient n'ont pas beaucoup de chances d'aboutir dans le système actuel. Seule une réelle autonomie des établissements associé à une liberté de créer des établissements en instituant des solutions qui consisteraient à verser le coût de la scolarité de l'élève à l'établissement choisi par les parents permettraient d'améliorer les choses. L'intervention de l'Etat devrait se limiter à garantir l'accès à tous les élèves à une instruction de qualité. Car réformer, donner l'autonomie, alors que l'Etat par le biais de ceux qui donne les orientations continue à promouvoir des pédagogies, des programmes et des méthodes inefficaces, est voué à l'échec. Un professeur des écoles mieux payé mais qui continue par exemple à utiliser de mauvaises méthodes de lecture, ne sera pas plus efficace. D'excellents instituteurs où maîtres obtiennent d'excellents résultats avec la rémunération actuelle, car ils utilisent les bonnes méthodes et les pédagogies efficaces. Les maîtres qui instruisent dans les écoles hors contrat qui se multiplient obtiennent d'excellents résultats avec des traitements inférieurs à ceux de l'éducation nationale.
 
Monsieur le Président si vous voulez vraiment vous mettre au service de la France et des enfants de ce pays, consacrez une journée à écouter les maîtres qui obtiennent de bons résultats dans leurs classes ainsi que ceux qui ont écrit des ouvrages qui font une analyse pertinente des causes de l'échec actuel et qui proposent des solutions efficaces.
Parlez-en aux équipes qui entouraient Xavier Darcos ou Gilles de Robien... Prenez le temps d'écouter Marc Lebris, Elizabeth Nuits, Frédéric Prat du site lire-écrire, Colette Ozilou, Sophie Coignard, Laurent Lafforgue, Anne Coffinier, Michel Ségal et tant d'autres que vos services contacteront sans mal... Je suis sûr qu'après les avoir entendu vous vous réconcilierez avec l'école et les professeurs et que les mesures à adopter, si vous en aviez le courage politique, vous sembleraient plus claires.
 
De grâce, Monsieur le Président, si vous voulez rester crédible et permettre que les français se réconcilient avec leurs élites, réfléchissez avant de faire des promesses que vous n'êtes pas en mesure de tenir. Les électeurs ne font plus confiance aveuglément et ne se laissent plus facilement attiré par des promesses dont ils pensent qu'elles ne seront pas réalisées.
 
* et ** Source Le Monde du 5 janvier,
par kueny samedi 7 janvier 2012 - 15 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Jean J. MOUROT (xxx.xxx.xxx.212) 7 janvier 11:11
    Jean J. MOUROT

    Les solutions que vous préconisez risquent d’être pire que le mal ! L’Education nationale est un service public. Tentons de l’améliorer mais ne le confions pas aux familles et au Privé, ce qui favoriserait encore plus les actuels bénéficiaires du système ! Quant aux technocrates qui entourent et entouraient les ministres, ils ne connaissent l’École que du point de vue de Sirius. Les propositions actuelles du Luc Châtel concernant l’évaluation des enseignants sont à cet égard symptomatiques de la volonté de calquer la gestion du service public, et particulièrement de l’éducation, sur la gestion des entreprises privées dans ce qu’elles ont de pire !

  • Par henri1947 (xxx.xxx.xxx.124) 7 janvier 19:15

    Quand G.W.Bush a été élu à son 2ème mandat, ses conseillers l’ont convaincu de détruire l’essentiel de l’école publique, gratuite américaine. Motif : au moins les enfants seront instruits, au plus cela coutera cher pour s’instruire, au plus les enfants seront abrutis par les médias à son service (téléréalité et autre), plus malléables seront les futurs électeurs. Plus manipulable sera le futur corps électoral avec moins d’instruction, donc moins de recul, moins de juge-arbitre. Cela a été fait. Cela ne suffit pas pour garder le pouvoir mais les dégats sont là et durables.

    N’oublions pas que Sarkozy était un grand admirateur du président américain et de sa doctrine ultralibérale. Il connait les recettes qui marchent et il les applique vaillamment.

  • Par Richard Schneider (xxx.xxx.xxx.207) 7 janvier 18:31
    Richard Schneider

    @ C Barratier :

    Évidemment que Sarkozy et sa clique n’ont qu’un objectif : détruire l’école républicaine et la remplacer par une multitude d’établissements aux statuts variés ;
    Pour ceux qui auront les moyens : les meilleurs équipements, les meilleurs profs...
    Pour les autres : une pauvre école etc ...
    C’est tout simplement le système américain.
    La pieuvre libérale frappe tous les secteurs de notre système hérité de la Libération. Le démantèlement de nos services publics sera achevé en 2017 - si le Guide Suprême est réélu au printemps prochain.
  • Par C BARRATIER (xxx.xxx.xxx.234) 7 janvier 15:41
     C BARRATIER

    L’auteur ne se rend pas compte je pense que SARKOZY reprend les thèmes de "SOS éducation" de la nébuleuse libérale menée par la chapelle de DARCOS premier fossoyeur de l’école publique : il s’agit de la privatiser...En Hongrie en ce moment on privatise dans des institutions religieuses les écoles publiques. SARKO un lien avec la Hongrie ?

    Voir dans la table des news :
    "Ecole, République, Opus Déi, DARCOS, SARKOZY"

    Il y a autre chose derrière ce discours, la promotion de l’apprentissage à 14 ans, un fromage pour le MEDEF et les autres patronats qui dévient des crédits publics colossaux vers leurs poches par cette voie. L’apprentissage à 14 ans a existé dans le passé, avec ses abus sur l’exploitation des enfants (plus on est jeune plus les indemnités d’apprenti sont faibles et plus on est malléable. L’apprentissage est presque totalement privé. Un dossier complet sur ce sujet dans la table des news :

    "République : Résister à la pieuvre libérale et intégriste"

     http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=204

    Il faut comprendre que tout ce qui morcellera l’école vers des lieux qui ne sont ni laïques ni républicains prépare une confiscation de l’état par un président cousin de celui qui vient de tordre le cou à la démocratie hongroise. Vous voyez qui ? SARKO sait qu’il va pêcher des voix dans toute cette nébuleuse masquée.

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