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Le référendum, une arme électorale ?

« Le rôle d’un président de la République, c’est d’apaiser les tensions, pas de jeter de l’huile sur le feu. Si on veut mettre un pays à feu et à sang, en faisant des chômeurs des ennemis publics, c’est-à-dire en leur faisant porter le poids des difficultés du pays, on fait courir les plus grands risques à la solidarité et à la France », a déclaré François Bayrou qui voit dans cette initiative « une idée pernicieuse ». Du coup, une centaine de gaullistes auraient rejoint le leader centriste. Quant à mon point de vue personnel de blogueur démocrate sur l'usage annoncé du référendum, le voici...

Le référendum est un moyen d’expression du Peuple réglementé par la Constitution. En aucun cas, il ne peut être un instrument au service d’un candidat à l’élection présidentielle.

Le référendum est un instrument constitutionnel au service du Peuple et du chef d’Etat

Pour la question de l’avenir de la France au sein de l’Europe, Sarkozy s’est assis sur le référendum. Et il voudrait nous faire croire aujourd’hui qu’il accorde un grand prix à ce mode d’expression démocratique ? Pour l’Europe, le recours au référendum était pleinement justifié constitutionnellement. Pour les questions qu’il soulève aujourd’hui, il ne se justifie pas et doit être absolument écarté car il est utilisé comme un levier à usage personnel pour un candidat à la Présidentielle et non comme un moyen actionné par le président de tous les Français.

Souveraineté populaire ou populisme ?

Sarkozy a bradé la souveraineté de notre pays chez les Américains et chez Angela Merkel (quelle pitoyable mise en scène l’autre soir au journal de France 2 !). Il fait mine de se rattraper par la voie de référendums mal intentionnés pour dire au peuple « vous voyez, vous gardez votre souveraineté. Il n’en est rien dans la réalité : à cause de Sarkozy, ce sont les marchés financiers, l’Allemagne et les Etats-Unis (voire le Qatar et autres émirats) qui décident bien souvent pour la France.

Le populisme est l’ennemi du Peuple. Il est admissible à petites doses surtout quand les électeurs ne sont pas vraiment dupes. Mais nous atteignons ici des sommets ! D'autant plus qu'il s'agit très probablement d'un leurre, l'annonce de référendum ne sera pas suivie d'effets.

Le recours au référendum à la manière de Sarkozy est non seulement personnel et intéressé mais aussi populiste, vu les sujets choisis.

L’objet de tout référendum est, pour le peuple, de toucher à un enjeu « essentiel à son destin » (Charles De Gaulle), à savoir : réforme de la constitution, intégration européenne, intégration ou séparation du territoire français de territoires particuliers, organisation des pouvoirs politiques ou des services publics, grands axes de la politique économique et sociale (voir la constitution de 1958). Ce n’est pas le cas ici. Par « essentiel à son destin », le général De Gaulle marquait bien l’idée d’un Peuple-Nation, c’est-à-dire moins marqué par ses contingences temporelles qu’embrassant autant le présent que le passé et l’avenir de notre nation. Il s’agit de lier le recours au référendum à l’idée de permanence et de durée, sans quoi son usage banalisé donnerait peu de légitimité aux réformes approuvées qui pourraient être défaites en peu de temps par la même voie…

La visée du référendum : il doit s’adresser à l’ensemble du peuple français et pas aussi ostensiblement à un électorat donné.

La justification du référendum : Ce mode d’expression ne doit être actionné que dans l’intérêt général du pays et pas dans l’intérêt d’un candidat. Je me demande dans quelle mesure son recours ne devrait pas être mieux réglementé en période de campagne d’élection nationale.

Nicolas Sarkozy piétine la constitution et le gaullisme pour défendre des intérêts particuliers. Il montre par là qu’il n’a jamais été le président de tous les Français ni le garant de la constitution.

En procédant ainsi et en radicalisant "à droite toute" sa tribune dans le Figaro magazine, Sarkozy a donné le coup de grâce aux gaulllistes, lesquels rejoignent aujourd'hui François Bayrou. "Il y a des députés qui n'ont pas envie d'être battus en criant "vive Sarkozy" comme on criait "vive le roi", a glissé Alain Lambert, président du conseil général de l'Orne, rallié à François Bayrou. Un autre rallié, Xavier Jaglin, ex-président des villepinistes du même département, affirme qu'une centaine de gaullistes ont rejoint le leader centriste dans son sillage. Le dernier en date : Florent Longuépée, ex-compagnon de route de Philippe Séguin.

Le référendum doit être préservé pour ne pas devenir un mode de gouvernement banal et ordinaire (ce qu'il n'est certainement pas dans notre constitution). Il doit constituer un des éléments-clés de la future "VIème République" où il sera employé comme un outil efficace pour renforcer le rôle des citoyens. Mais en attendant, nous sommes sous la Vème République, sa conception gaullienne doit prévaloir sans quoi la nature même du régime est bafouée ainsi que l'idée de démocratie à la française.




par Taverne (son site) samedi 11 février 2012 - 6 réactions
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  • Par arobase (---.---.---.22) 11 février 2012 12:03

    ce n’est pas le référendum en soit qui est grave mais le projet de sarkosy !!


    obliger tous les français (car personne n’est à l’abri) à accepter n’importe quel emploi, même pour quelques heures, payer comme le veut le patron sous peine de devenir sdf ! !

    sans compter ce qui se concocte au niveau du droit du travail faire primer sur le droit les accords individuels patrons /salariés sur le droit du travail !!! 

    chaque entreprise aurait son propre règlement , sur les temps de travail, les congés, les salaires... !! au gré des patrons !!!

    fin des conventions collectives mais des contrats particuliers entreprise par entreprise !!! !

    imaginez ce que ça veut dire !!

    j’espère que cette fois les français auront compris à qui on a à faire ! les centristes qui envisageaient de voter sarkosy , c’est à dire à droite, sont prévenus. 

     si sarkosy est élu, c’est son dernier mandat. donc il n’aura plus aucune retenue sur quoi que ce soit !! à frémir !

    toute la France doit être derrière la gauche pour lui donner le maximum de poids (il en faudra) pour combattre les requins internationaux de la finance, et ce dès le premier tour.
    et rester vigilants !

    l’espoir est à ce prix . aucune autre solution n’est possible.
  • Par democradirect (---.---.---.68) 11 février 2012 10:43
    democradirect

    Il faut introduire rapidement un véritable droit de référendum.

    Le président ne devrait pas pouvoir lancer un référendum. Le référendum devrait être obligatoire sur les sujets les plus importants (par exemple une modification de la Constitution ou un transfert significatif de souveraineté nationale). Le peuple devrait pouvoir imposer l’organisation d’un référendum contre une décision des élus ou pour proposer une réforme (si le président veut lancer un référendum, il devrait récolter les signatures comme n’importe quel citoyen).

    Il ne faut voter que pour des candidats qui prennent l’engagement suivant :

    « Si je suis élu à la présidence de la république, je m’engage à soumettre en votation populaire ou au Parlement durant la première année de mon mandat l’introduction du droit de référendum d’initiative populaire suivant : si une proposition de modification de la Constitution est soutenue par un million de signatures de citoyennes et de citoyens inscrits sur les listes électorales réunies en 18 mois, alors cette proposition devra obligatoirement être soumise en une votation populaire dont le résultat s’imposera aux élus. De plus, toute modification de la Constitution – même voulue par les élus – devra obligatoirement être soumise en une votation populaire dont le résultat s’imposera aux élus ».

    Pour le président actuel, il ne s’agirait pas simplement de formuler cet engagement, mais de lancer immédiatement le processus.

    Voir ici un appel à diffuser et un argumentaire.

     

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