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Accueil du site > Tribune Libre > Le Renseignement, un atout méconnu

Le Renseignement, un atout méconnu

Lorsqu'un produit nouveau se profile à l'horizon, qu'il s'agisse d'une boisson, d'un médicament, d'un alliage, d'un prototype de voiture, une ressource, etc., il faut s'attendre à ce qu'il intéresse la concurrence. Aucun secteur n'est épargné, tout, absolument tout suscite la curiosité voire la convoitise. Même s'il n' y a jamais eu une déclaration de guerre « économique », ce domaine et les secteurs annexes et connexes sont souvent au cœur de tous les conflits modernes et leurs répercussions de menacer nos emplois et bien-être.

Près de 300 grands groupes français réalisent à eux seuls 52 % des exportations. Ces « armes de la paix » que sont les affaires, ne sauraient occulter les disparités : économiques - politiques - technologiques - sociales. Le renseignement dit économique, est devenu une arme incontournable, citons Saint-Simon qui déjà, en 1819, écrivait : « Supposons que la France perde subitement ses cinquante premiers physiciens, ses cinquante premiers chimistes, ses cinquante premiers banquiers, ses deux cents premiers négociateurs, ses six cents premiers agriculteurs, ses cinquante premiers maîtres de forges (Nda : industriels d’aujourd’hui). La Nation deviendrait un corps sans âme. Elle tomberait immédiatement dans un état d’infériorité. En revanche, la perte de trente mille individus les plus importants de l’État ne causerait de chagrin que sous le rapport sentimental, car il n’en résulterait aucun mal politique pour l’État. »

L’accroissement des actes de captation d’informations sensibles est directement lié à l’augmentation de la valeur que représente de telles informations dont le cours ne fait que grimper. Les fuites d’informations ou le manque d’informations coûtent aux entreprises des milliards d’euros et des milliers d’emplois ! Une société se doit de protéger ses intérêts vitaux des risques de toutes natures, une déficience en certains domaines touchant aux facteurs critiques peut entraîner la disparition de la dite société. D’une manière générale, les biens d’une compagnie se concrétisent sous diverses formes : approvisionnements, clientèle, recherches, projets en cours, d’avenir, des ressources humaines, d’une avancée technologique, savoir-faire, etc. Avec l’évolution rapide des technologies, certains produits deviennent obsolètes en quelques mois (l’obsolescence programmée en est un exemple), aussi il ne saurait être question d’amortir les investissements sur de nombreuses années. Il faut atteindre le point mort ou point d’équilibre le plus rapidement possible et sans compromettre l’avenir de l’entreprise.

L’impact de cette « guerre » est difficile à saisir pour les personnes non formées à cette discipline qui n’est pas moins emprunte d’intuition que de savoir-faire. Nous sommes tous constamment soumis à l’influence du renseignement, qu’il soit positif ou négatif, il n’en influe pas moins sur les orientations stratégiques de nos entreprises (le gouvernement est lui aux abonnés absents). Le renseignement est utile, pour ne pas dire indispensable, à nos industriels qui se battent pour la captation des marchés mais aussi aux producteurs de services qui exercent l’essentiel de leur chiffre d’affaires sur le territoire national. Une entreprise peut à sa création n’avoir pour vocation qu’un seul marché et un seul produit ou service, mais vient un temps où elle va vouloir consolider sa position, étendre son marché, réduire ses frais.

La lutte est sans merci, chaque entreprise veut dominer un ou plusieurs marchés et en conquérir de nouveau. Tout développement d’une entreprise porte préjudice à une autre, puisque cela menace leurs : profits - développement - et sécurité. Chaque « front » englobe plusieurs segments : R&D, investissement marchés, gestion, exploitation, etc., qui peuvent venir se recouper. Cela conduit l’entreprise à mener en permanence une lutte sur plusieurs secteurs » : le produit/service, la production (économie d’échelle), la commercialisation (réseaux de vente, distributeurs), le financement, etc. Selon la taille de la société et du marché, l’entreprise va faire appel à des sous-traitants, à des capitaux extérieurs, à des réseaux de diffusion, campagnes de communication, etc.

L’action première d’une société consiste à garantir sa croissance, sa vitalité, son savoir-faire et préserver les emplois. Elle peut ainsi ensuite envisager la redistribution des profits, tant sur les salaires des employés, honoraires des intervenants, rémunération des actionnaires, et appointements divers, que sur la relance de ses marchés. Pour des raisons de coûts : main d’œuvre, matières premières, transports, de l’énergie, des avantages fiscaux, l’entreprise peut décider de procéder à un regroupement et/ou à l’absorption d’un partenaire ou d’un concurrent, ou au contraire délocaliser tout ou partie de ses activités. Cela ne va pas sans risques pour l’entreprise, le marché du travail, le marché des capitaux, ni les services de l’économie et des finances.

Le décideur se doit de privilégier une vision globale, et selon la formule désormais consacrée, agir localement. Les prises de position des décideurs que l’on a pu entendre ici ou là font ressortir la faiblesse des dispositifs de captation de l’information. Certaines n’ont pas vu venir les grands bouleversements liés à l’informatique (Kodak, etc.). Ce besoin d’informations est vital pour maintenir la pérennité d’un marché, voire de l’entreprise, ou découvrir de nouveaux débouchés ou de nouvelles opportunités rémunératrices. Certains lecteurs pourront être choqués par la notion de profit (qui n’est d’ailleurs par toujours financier), mais le profit n’est-il pas une finalité de l’entreprise capitaliste ? Cette notion est définie par l’article 1832 du code civil : « la société est un contrat par lequel deux ou plusieurs personnes conviennent de mettre quelque chose en commun dans la vue de partager le bénéfice qui pourra en résulter. »

Comme pour la grande distribution alimentaire, les renseignements ont une date de péremption, on se doit de se tourner vers le renseignement « tactique » qui s’appuie sur un réseau humain de correspondants : commerciaux, vendeurs, fournisseurs, clients, etc. C’est d’ailleurs un des principes des États qui opèrent via leurs antennes commerciales et leurs ambassades disséminées un peu partout dans le monde. La « War-room » du département du commerce à Washington se préoccupe uniquement de découvrir comment s’accaparer les 200 plus grands contrats mondiaux. Le renseignement tout azimut est devenu une des priorités des États-Unis.

Dans la plupart des pays, le renseignement est considéré comme une chose hautement spécialisée et difficile à comprendre pour les novices, en fait, il s’agit plus d’un domaine réservé dont l’accès est défendu par la confidentialité vers l’extérieur. Nous inclinons en ce qui nous concerne, à penser que le renseignement est l’affaire de tous les citoyens et que l’idée de vouloir le limiter à la veille est absurde. Surtout quand il en va de nos intérêts et de nos emplois.

Le développement du renseignement peut contribuer (il ne saurait être la panacée) au succès de l’économie nationale, et son absence à l’échec de notre développement. La perspective d’ériger le renseignement en valeur nationale pourrait aller jusqu’à devenir l’ossature d’un concept socio-économique. Si le renseignement a un rôle important à jouer, la Nation tout entière doit y participer. « Les Français sont capables de tout pourvu que ceux qui les commandent soient capables de leur bien enseigner ce qu’il faut qu’ils pratiquent » dixit le Cardinal de Richelieu.


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2 réactions à cet article    


  • non667 23 janvier 14:50

    article valable dans une société « open » , sans catégories (combat de boxe ) sans frontières douanières ,sans interdictions de monopole ni possiblité de contournement (ententes illicites )

    il y a des possibilités de lutter contre les méfaits de la suprématie des plus forts (loi de la jungle ) ! encore faut -il que la volonté des gouvernants que nous avons élus y soit  !


    • alain_àààé 23 janvier 15:36

      tu nous prends pour des démeurés j ai été un agent d un service de renseignement en 1970 a la sortie d e mon régiment j avais le choix soit d aller faire la guerre au tchat soit d étre embaucher par bob DENARD pour faire la guerre en afrique ou soit d etre un agent dormant jusqu a je partcipe a une affaire de drogue on m as fait sauté ma maison 3 voitures 1 caravane 2 tentatives de meurtres et assassinat de ma belle soeur perte seche 250000e ;l état refuse de me remboursé ma perte

      SI ON avait des vrais agents de renseignements on ne serait surveillés par les américains ni les alllemands car ceux font de l espionnage pour leur sociéte
      enfin lorsque j ai quitté l armée j ai dit a mon colonel de réferent qu ils fallait que les gendarmes fassent du contre espionnage on aura mis 40 ans pour le méme résultat

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