• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Le siècle de l’arnaque, les arnaques du siècle

Le siècle de l’arnaque, les arnaques du siècle

Martin Winterkorn, l’ex Pdg de Volkswagen qui a été viré à la suite des fraudes sur le diesel – qu’il a couvertes ou qu’il ne devait pas ignorer et interdire si tel est le cas – reçoit une retraite de 3.100 euros par jour. Soit 1.131.500 euros par an, et 1.134.000 les années bissextiles. C’est ce que gagnent Ronaldo, Messi et quelques autres… par mois ! Dix fois plus !, quand ce n’est pas 50 fois plus pour certains qui dépassent les 50 millions d’euros par an. Qui doit-on condamner ? Winterkorn et ses collègues patrons des grands groupes qui ont fauté (mais pas tous) et auront des retraites de cet ordre de grandeur, ou les Stars du Foot, de la NBA, de la F1, etc., qui perçoivent dix fois plus pendant leurs carrières ? Quand on s’indigne parce qu’un Président de la République ou un Premier Ministre touche quelques dizaines de milliers d’euros par moi, on ferme les yeux sur ces rémunérations qui défient la raison et les lois de l’économie.

Qui doit-on condamner ? Les deux mon Général ! Plus exactement avec la même rigueur ceux qui leur accordent de si généreuses rémunérations : d’un côté les actionnaires et les conseils d’administration des grands groupes, de l’autre les présidents et les conseils des clubs, des écuries etc. D’autant qu’ils le font avec l’argent du bon peuple, notre fric, à travers les droits télé, c’est-à-dire la pub, le sponsoring, les produits dérivés and so on, tous complices de ces dérives, qui leur rapportent aussi beaucoup. Comme il est beau le pubard dans son grand bureau en haut des Champs !

A partir du cas Martin Winterkorn qui plombe VW de 20 à 30 milliards d’euros ( !) – en se promettant de consacrer un autre article aux Stars du sport –, on peut remonter la chaîne des scandales qui ont animé le monde des affaires. Ce n’est pas nouveau, il y en a toujours eu (Panama, emprunts Russes, etc.), mais les nôtres s’accompagnent d’une impunité pour leurs auteurs qui nous met du sable dans la bouche quand on en parle. Avant de citer le bon père Madoff on peut remonter aux affaires Worldcom, Enron, Crédit Lyonnais pour boucler sur la Deutsche Bank (qui attend confirmation d’une condamnation d’une dizaine de milliards d’euros) en passant par le clash des Subprimes, l’affaire Société Générale, les effondrements des Banque islandaises, irlandaises, grecques, américaines (et autres établissements de crédit ou de gestion de fortunes), la vie des « specials ones » chez Goldman Sachs, etc… et la masse d’argent planqué dans les Enfers fiscaux (ou a cité le chiffre de 26.000 milliards de dollars, soit 50% du PIB mondial, une paille !). Impossible d’en faire le tour, mais on reste confondu devant l’inamovibilité des responsables qui sont à tout le moins, les Pdg, les mandataires sociaux, les directeurs généraux et financiers, et les administrateurs.

Un seul a vraiment morflé, c’est Madoff qui a pris mille perpètes pour ses forfaitures – mais c’est le seul –, perdu sa fortune mal acquise, et vu le suicide de son fils. Les autres ont soit sauté avec des parachutes dorés (pour faire plus joli sous le soleil de Satan), soit sont encore là ni responsables ni coupables avec rémunérations, primes et bonus comme si rien ne s’était passé. Soyons précis, Madoff a eu des compagnons de cellule, les types d’Enron, et de rares lampistes qui se sont fait prendre comme les plombiers du Watergate. Notre ministre du budget, qui s’est fait piquer sur un malheureux coup de téléphone pour quelques centaines de milliers d’euros, pourrait le rejoindre mais avec sursis pour ne pas froisser son costard.

Si on admet que ces rémunérations élevées (1 à 2 millions d’euros par an, mais pas plus) soient justifiées (la loi du marché mondialisé disent ceux qui savent), il faut aussi admettre qu’en cas de faute grave une sanction financière en rapport avec leurs rémunérations, y compris bonus et gâteries, soit appliquée ; et en cas de vol, dissimulation etc., on prend tout : maisons et châteaux, bijoux de famille, voitures et bateaux etc. A poil, le mec ! Y compris sa femme, même si la DLC est dépassée… et les enfants. Minima sociaux pour tous avec interdiction d’exercer un métier. Est-ce, parmi d’autres, une justification du « salaire universel » ? Peut-être ! 


Moyenne des avis sur cet article :  4.42/5   (12 votes)




Réagissez à l'article

1 réactions à cet article    


  • Daniel Roux Daniel Roux 11 janvier 09:56

    Ceux qui travaillent salariés et indépendants, participent activement à la société dont ils font partie qu’ils le veuillent ou non. Ceux-là méritent leurs revenus fixés effectivement par la loi de l’offre et de la demande dans un système qui le permet et que la grande majorité des gens comprend.

    Parmi ceux qui ne travaillent pas, il y a ceux qui sont exclus de la société, sans toit, ni revenus. Peu importe leur parcours, leur mérite ou leur incapacité à s’adapter, ceux-là n’ont pas eu de chance.

    Et il y a ceux qui, profitant largement de la société qui les protègent, refusent de participer, de verser une juste part de leurs revenus extravagants provenant de dividendes de firmes qu’ils n’ont pas fondées et dans lesquelles ils ne travaillent pas. L’origine de leur fortune provient d’un ancêtre. Ils n’ont aucun mérite, juste de la chance. Ce sont des parasites, des tics, des sangsues qui vivent de notre travail.

    La majeur partie des problèmes de notre société provient que c’est cette dernière catégorie (0,1%) qui dicte sa loi aux autres (99,9%).

    Comment est-ce possible ? Par la manipulation de masse qui fait croire à 90% des électeurs qu’un Fillon ou un Macron ou un Le Pen ou un Valls ou leur député ou leur sénateur, les représentent.

    Ne votez plus pour vos ennemis.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON









Palmarès