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Accueil du site > Tribune Libre > Le travail varié et ses effets sur la classe salariée actuelle

Le travail varié et ses effets sur la classe salariée actuelle

D'abord, qu'est-ce que le travail varié ?

Selon le dogme capitaliste, chaque salarié est fait pour un métier déterminé et ce système s'efforce de maintenir la classe salarié dans cette condition au prix de millions de chômeurs, de travailleurs précaires, etc.

Ainsi dans ce système, le travail spécialisé crée forcément le chômage.

La production des marchandises est fait par des entreprises privées. Chaque entreprise produit sans tenir compte du besoin réel de la population et il arrive très souvent des crises de surproduction.

Par exemple actuellement il y a surproduction de pétrole et d'acier qui sont nécessaire pour produire plus de 90% des produits manufacturés. On a donc en réalité une surproduction de l'ensemble de l'industrie. Et lorsqu'il y a surproduction, on ferme les usines, on licencie, bref on aboutie au chômage.

Donc la surproduction crée le chômage.

Or pour qu'il ait surproduction dans une branche de production, il faut qu'il ait sur-travail dans cette branche.

A la surproduction de marchandises correspond du sur-travail, c'est-à-dire une surproduction de travailleurs spécialisés dans une branche déterminé.

On est donc arrivé a un stade économique où le travail spécialisé dans une branche de production, sur une longue période, aboutit au sur-travail et donc à la surproduction.

Il faut donc que le travailleur change de métier le plus souvent coûte que coûte.

Sous le capitalisme, ce changement de métier se fait avec violence, c'est-à-dire par le chômage. Dès qu'il a sur-travail dans une branche, les entreprises licencie.

Pour éviter ce changement violent, il faut le grand développement des aptitudes physiques et intellectuelles du travailleur pour qu'il change de métier selon les nécessités de la production. C'est cette nécessité de changement de métier permanent que Karl Marx appelle le travail varié.

Il fut le seul économiste à le découvrir et on peut voir la démonstration complète dans le Capital pour les curieux (p. 165-166).

Avec la productivité du travail actuelle(machines et logicielles informatiques), sans travail varié, on aboutit fatalement à une crise de surproduction et donc au chômage.

Comment le travail varié accroît le salaire ?

Le salaire est la valeur de la force de travail, celui-ci est déterminé, pour un salarié qualifié, en grande partie par les frais de formation.

Exemple : comparer salaire d'un bac+ 0 avec un bac+5, le rôle de la formation se fait grandement sentir dans les salaires.

Donc plus les frais de formation croissent, plus le salaire croît.

Or, pour éviter le chômage, le travailleur d'aujourd'hui est obligé de travailler selon le principe du travail varié. Cela implique un apprentissage du plus grand nombre de métiers possibles et donc par là même le plus grand developpement de son salaire car plus il se forme, plus sa force de travail devient complexe et cher.

Les conditions économiques nécessaires pour instaurer le travail varié

Il y a deux conditions principales :

1° On doit produire selon les besoins de la population locale (nationale ou fédérale selon le type d'Etat) et par conséquent toutes les entreprises et les ressources du pays doivent être utilisés uniquement dans le but de satisfaire la population nationale.

Exemple : Si en 1 mois, on peut produire la quantité de voitures que la population francaise a besoin en une année (avec la productivité du travail actuelle et le nombre d'usines dont dispose la France à l'intérieur et à l'exterieur, cet exemple est possible), les salariés de cette branche seront affectés à d'autres branches de production. Sinon, on crée une situation de surproduction de voitures et donc du chômage dans ce secteur.

2° Toutes les entreprises doivent être nationalisés, sans quoi, la distribution du travail entre les différentes branches serait impossible. Donc sans nationalisation, le principe du travail varié est impossible.

Le principe du travail varié est un système de production où la recherche du profit et de l'éternelle croissance économique n'ont plus de place. On ne produit que selon les besoins de la population nationale.


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22 réactions à cet article    


  • Rincevent Rincevent 9 février 14:40

    Bien que n’étant pas économiste, cette analyse me semble dater un peu. D’abord, on est de moins en moins dans le métier (qui suppose une valeur de négociation avec l’employeur) et de plus en plus dans l’emploi (à prendre ou à laisser, sans négociation), ce qui est très différent.

    D’autre part, le chômage n’est pas dû qu’à la surproduction. Il vient aussi, de plus en plus, d’une gestion par la financiarisation à outrance, des « coups » en bourse, etc : combien de boites fermées, alors que le carnet de commandes était plein ? Ça, c’est complètement scandaleux.

    Ajoutez à ça la robotisation grandissante des tâches et vous aurez les nouvelles raisons de l’aggravation du marché du travail.

    En fait de travail varié, ce sont les conséquences de tout ça qui font souvent galoper l’employé « bas de gamme » d’un emploi à l’autre, plutôt que d’un métier (qu’il n’a pas ou plus) à l’autre.


    • Jao Aliber 9 février 16:09

      @Rincevent
      J’entend par métier, un emploi par exemple : un informaticien, un médecin, un ouvrier spécialisé,etc.


      Vous avez raison le chômage n’est pas dû qu’à la surproduction, j’ai d’ailleurs fait un article sur les trois causes du chômage ici : le travail spécialisé, la crise de surproduction et le développement de la productivité du travail sans baisse du temps de travail.

      Mais ces trois causes ne sont que des formes différentes d’une même chose : les forces productives dépassent les besoins de la population(leur consommation est limitée par le faible développement de leur force de travail induit par la spécialisation de leur activité) sous le capitalisme.

      Il faut donc voir dans le chômage causé par la robotisation comme une forme de crise de surproduction qui signifie aussi crise de sur-travail c’est à dire crise du travail spécialisé.

      Le travail varié ne signifie pas travailler dans la précarité.Il signifie que le salarié, formé à plusieurs métiers, change de métier selon les nécessités de la production sans tomber dans le chômage.

      Il devient un homme intégral, complet.

      Et l’avantage de ce type de travail est qu’il développe la force de travail puisque la formation dans le plus grand nombre de métiers possibles devient obligatoire.


    • Sozenz 9 février 16:44

      @Jao Aliber
      .Il signifie que le salarié, formé à plusieurs métiers, change de métier selon les nécessités de la production sans tomber dans le chômage.

      celui qui vit sur plusieurs métiers est qualifié d instable ...
      il « faudrait » aussi une spécialité exercée .
      et là je rigole ... ;
      il n y a pas de solution « miracle » .


    • Jao Aliber 9 février 17:06

      @Sozenz
      Oui lorsqu’on travaille, il faudra bien l’exercer dans une spécialité mais sans dépasser une certaine durée maximale sinon...crise de surproduction.

      Un exemple pour comprendre : si, en un 1 mois, les salariés du secteur auto peuvent produire la quantité de voiture dont la pop. française a besoin en une année, sur les 11 mois restant, il doivent changer de métier sinon il crée du gaspillage de voitures puisque le besoin annuel sera dépassé.

      Donc, lorsque l’économie est basée sur la satisfaction des besoins nationaux, la productivité actuelle ne permet pas à un travailleur de rester dans un même métier sinon cela crée du sur-travail, c’est à dire une crise de surproduction.

      Un autre exemple frappant : voyez le cours du pétrole, on vend à perte actuellement.Même chose pour l’acier, les usines se ferment partout.On assiste à une crise de surproduction.

      Cela signifie qu’on passe trop de temps à produire de l’acier et du pétrole(au cours de l’année) c’est à dire que la production dépasse les besoins de la population.Et Donc qu’il faut changer de métier pour éviter une crise de surproduction

    • Rincevent Rincevent 9 février 17:10

      @Jao Aliber

      C’est peut-être un dada personnel mais je fais une grande différence entre celui qui a un métier et celui qui a un emploi. Si un métier est censé procurer un emploi, l’inverse n’est pas vrai.

      Votre vision du travail varié est, à priori, sympathique mais ce n’est que l’alignement sur ce que veux le système : une force de travail mobile et rapidement adaptable à ses besoins.

      Sur le fond, il ne faut pas se leurrer. Au delà des crises, le travail disparait : http://www.pauljorion.com/blog/2012/10/14/le-travail-disparait/ Un résumé très clair du problème. Venant de l’homme qui avait prévu la crise des subprimes en 2004, soit trois ans avant, j’ai tendance à le croire.


    • Jao Aliber 9 février 17:37

      @Rincevent


      Ce qui est possible(et nécessaire aujourd’hui), c’est que si le salarié arrive a apprendre plusieurs métiers(ou emploi ?), en tout cas plusieurs fonctions productives, son activité devient libre.C’est à dire, selon l’emploi du temps du travail global que la planification offre, il peut choisir d’être aujourd’hui médecin, demain informaticien, après demain géologue sans devenir médecin, ni informaticien, ni géologue.

      Donc plus il apprend, plus sa liberté de choix devient grand, plus il se libère du travail contraint.

      Se libérer du travail contraint, se libérer de l’obligation de choisir un métier déterminé pour des années, c’est ce j’appelle la mort du travail salarié, c’est ce que Marx appelle l’abolition du salariat.

      C’est cela la vrai liberté.

      Ainsi l’orientation des étudiants(ou lycéens) pour « choisir » leur métier n’est rien d’autre que le choix de s’imposer un métier à vie, de devenir l’esclave d’un métier déterminé.C’est ce type de travail qui doit disparaître parce que source de chômage.

    • Sozenz 9 février 22:28

      @Jao Aliber
      .C’est à dire, selon l’emploi du temps du travail global que la planification offre, il peut choisir d’être aujourd’hui médecin, demain informaticien, après demain géologue sans devenir médecin, ni informaticien, ni géologue.

      Oh oui , passer sa vie sur un « banc » pour apprendre . je prends ^^


    • Sozenz 9 février 22:45

      @Jao Aliber
      il peut choisir d’être aujourd’hui médecin, demain informaticien, après demain géologue sans devenir médecin, ni informaticien, ni géologue.

      on va vous brancher monsieur Dugué . vous allez surement lui trouver un travail . ^^

      Mais non je ne me moque pas .... je n oserais pas ( quoique ^^)


    • rocla+ rocla+ 11 février 11:25

      @Sozenz


      Celui  qui a plusieurs métiers a plusieurs cordes à son arc .

      Plus on acquiert des savoir-faire plus on se débrouille dans la vie .

    • rocla+ rocla+ 9 février 16:54

      Parler de travail sur Agoravox  est  très  risqué .


      Entre les corses  grévistes les cheminots  absentéistes les 
      Rsistes obligés de faire quelques heures  et les Cgétistes  syndicalistes
      grévistes  ticketsderestaurantistes on est pas sortis de chez l’ Aubergiste ...

      • foufouille foufouille 9 février 17:25

        @rocla+
        et les cassos à la retraite trop fainéant pour bosser jusqu’à 70 ans.


      • rocla+ rocla+ 9 février 17:34

        Je le disais que c’ est très risqué de parler travail sur Agoravox ...


        ça les énerve les branleurs pros ..... smiley



      • foufouille foufouille 9 février 17:46

        @rocla+
        tu travailles pas, donc branleur pro..
         smiley


      • rocla+ rocla+ 9 février 17:49

        @foufouille


        C ’est risqué de parler travail sur Agoravox  , non seulement t’ as direct un branleur 
        pro  en plus t’ as un perroquet psitacause toujours ...


      • rocla+ rocla+ 9 février 17:51

        Un branleur pro c ’est difficile de s’ en défaire , un peu comme un 

        bout de sparadrap collé sur le doigt ...

      • foufouille foufouille 9 février 18:39

        @rocla+
        tu travailles ou pas ?
        non = branleur avec viagra et gode.


      • tf1Groupie 9 février 17:12

        « Chaque entreprise produit sans tenir compte du besoin réel de la population »

        Euh ... l’auteur a-t-il entendu parler des études marketing ?

        Parler d’économie quand on n’a pas de point de repère dans l’entreprise c’est compliqué.

        Par ailleurs au moyen-âge il n’y avait pas de crise de surproduction.
        Au final, la pénurie c’est super et apparemment cela éviterait le chômage si je comprends bien.


        • rhea 1481971 10 février 06:18

          C’est simple, ce qui était fabriqué en France est fabriqué dans les pays ou les employés ont un salaire de misère, mais il faut transporter tous ce qui sort des usines vers les pays ou la population a un pouvoir d’achat. Avez vous regardez le documentaire hier soir sur la cinq, la conclusion de ce film :
          le transport maritime actuel est en train de nous empoisonner et détruit la pyramide des espèces marines.Résultat de tout cet état des choses, nous avons un taux de chômage élevé et en plus nous sommes empoisonnés.Personne ne bouge, les gens sont inertes et les politiques discutent de la déchéance de nationalité pour la symbolique. Nous plongeons dans l’absurdité la plus complète, seul les médecins s’en tirerons.


          • Ar zen 10 février 06:54

            Est-ce que les usines textile du Nord et de l’Est de la France ont fermé parce qu’il y avait surproduction ? Est-ce que le chômage dans ces régions est consécutif à une surproduction ? Est-ce que les entreprises métallurgiques Françaises ont fermé à la suite d’une surproduction ? Et le chômage qui en a découlé ? Est-ce que les usines automobile ferment en France parce qu’il y a surproduction ?

            Il faudrait quand même tenir compte du principe des vases communiquants. Il y a des usines textiles implantées au Pakistan et au Bangladesh n’est -ce pas ? Même en Tunisie ! Des usines automobile se sont installées dans les anciens pays de l’Est. Les choses ne sont pas aussi simples que vous les décrivez.


            • eric 10 février 06:57

              C’est juste debile.....le « systeme capitaliste » tel, que vous l’entendez, si il existait, devrait avoir les memes consequences partout toutesnchoses egales par ailleurs. Il y a moins de chomeurs en allemagne qu’en France, avec des revenus en tendance superieurs, des services publics pas pire mais aux agents mieux remuneres. Et je ne vous parle meme pas des Etats-unis. Donc votre schema ne rend pas compte du reel et il est sans doute nul et non avenu.


              • Buzzcocks 10 février 09:58

                @eric
                45% des allemandes travaillent à temps partiel contre 30% des françaises.
                Ensuite, si on avait la même démographie que les allemands, on aurait aussi un chômage en baisse... l’Allemagne perd des habitants quand nous, on en gagne... Le nombre d’actifs en France augmente mais pas assez pour compenser les nouveaux entrants. En Allemagne, ils créent des postes aussi mais comme la population des nouveaux entrants baisse, le chômage baisse.
                Donc pour le chômage, l’allemagne peut annoncer des bons chiffres, mais avoir une population qui vieillit, ça pose problème. Faire entrer des migrants pour compenser aussi visiblement.
                Enfin, l’allemagne a besoin de consommateurs pour écouler ses produits et si ses voisins se cassent la gueule, ils suivront aussi.... Déjà que le système bancaire allemand est en train de se gaufrer.

                Pour les USA, je vous invite à lire ceci : http://www.businessbourse.com/2015/08/07/etats-unis-nouveau-record-9377-millions-damericains-en-dehors-de-la-population-active/


              • Rincevent Rincevent 10 février 12:44

                L’auteur, qui se présente comme chercheur en économie, pense avoir détecté LA cause du chômage, alors qu’il s’agit d’ UNE des causes parmi d’autres. A partir de là, il déroule en oubliant le reste. C’est typique d’un travail universitaire qui tient plus de la démonstration que du monde réel. Ça aboutit aussi à une conclusion qu’un Gattaz aurait pu signer des deux mains, ce qui pour un « chercheur en économie marxiste » est assez paradoxal, non ?

                A part ça, rocla+ et foufouille, quand est-ce que vous partez en vacances ensemble... ?

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