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Accueil du site > Tribune Libre > Le vélo au cinéma, au delà de celui de Christiane Taubira

Le vélo au cinéma, au delà de celui de Christiane Taubira

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Faute de pouvoir rester au pouvoir, en faisant du sur-place, Christiane Taubira, a bien réussi sa sortie ! C’est que le vélo vous rend toute sa sympathie. Il se fait caméléon, et bien mieux que le scooter, va au teint de n’importe qui !

       Les premières études du concept vélo remontent à ….1493 : On trouve dans le « codex Atlanticus », une esquisse d’un élève de Leonard de Vinci, décrivant un dispositif ressemblant beaucoup à l’objet actuel. http://bit.ly/1P0MqFR.&nbsp ;

       1493, nous sommes en pleine période de la renaissance, et allez savoir si Christiane Taubira n’a pas inconsciemment choisi ce symbole, pour exprimer par la pédale, les difficultés qu’elle aurait eu à affirmer par le langage, qu’il fallait sortir du moyen-âge.

       Quelle fâcherie ne se transforme pas en galéjade dès que vous montez sur la selle pour chercher votre équilibre ? C’est un atout hyper important en politique ! On montre ainsi une vraie personnalité, qu’on est capable de s’extraire du peloton, à la force du jarret !

      Quel dommage que le bon dieu n’ait pas équipé Adam et Eve d’un tandem ! Je suis sûr et certain que les choses n’auraient pas tourné comme ça s’est passé par la suite ! On n’en serait pas où l’on en est aujourd’hui, à pédaler dans la choucroute et l’état d’urgence.

 

     JPEG  Cet animal étrange, « marc’h houarn » comme on dit en breton pour signifier ce cheval de fer, et qu'on appelle aussi « la petite reine » n’a que des avantages  : Un prix très abordable, facile d’utilisation, ne mangeant pas de foin, et jamais chafouin ! Il a permis aux paysans des pays émergents d’avoir ainsi un mulet toujours à disposition pour aller au marché, de décupler leurs bénéfices tout en s’ouvrant au monde. Inutile de vanter ses mérites au niveau de la pollution de l’air ! Pas la peine de mettre un logiciel truqué dans son cadre : Zéro émission de carbone, pas plus de monoxyde d’azote dans les poumons que pour ceux qui suivent derrière.

       Il n’est pas étonnant que dès le début, les cinéastes se soient emparés du vélo. Le biclou JPEGreste sage, tient la pose, ne s’est jamais monté la tête, n’a pas de caprice de starlette. C’est un second rôle restant toujours à sa place, mais qui fait admirablement le boulot ! Il avantage les courbes, le galbe féminin, mais aussi le mollet viril, abolissant toutes formes de distance, autant au propre qu’au figuré. 

        Acteur unisexe, androgyne, encore une fois en avance sur son temps, il s’adapte à chacun, se fait révélateur de toutes les passions, et les potentialisent ! Son pédalier permet de multiplier les distances, par la magie des propriétés de la physique, de la gravitation et de la dynamique.

  JPEG      Mais il garde toujours sa neutralité bienveillante. A l’image de la selle, il sait se régler à la hauteur du coureur, et sa qualité d’empathie parle à l’oreille de chacun. Une chose qui est devenue très compliquée à obtenir à l’époque actuelle ! C’est pour ça qu’une bonne cure de vélo vous fera autant de profit qu’un séjour en station thermale.

         Pour se re-calibrer, rien de plus facile ! Il suffit de monter dessus, de serrer le guidon, et de partir le nez au vent ! Ou même de regarder les autres pédaler tranquilles, tout à leur affaire. Le bonheur, c’est une image de vainqueur qui vous sourit, aussi contagieuse pour vos sens que celle de l'angoisse si quelqu'un tombe à terre devant vous. On peut converser avec les autres en tournant les pédales d'un vélo ! Voilà pourquoi on trouve une telle émotion parmi les spectateurs agglutinés sur les routes du tour de france. C'est un grand album d'images et de mythes qu'on regarde passerJPEG

          Car les émotions des autres nous structurent ! Les pleurs et les rires nous affectent ! La simple vue de quelqu’un sur un vélo vous fait pédaler dans votre tête, activant les neurones qui tournent les pédales ! Tout cela vous ventile, et vous regonfle au moral et au physique. C’est le principe des neurones miroirs, le dérailleur de la pensée, un truc étonnant, qui vous aide à monter les côtes.

           Découverte - Les neurones miroirs - http://bit.ly/23EUEuY

           Voici quelques films, de qualités très inégales, tous baignés dans leur époque, leurs échelle des valeurs, et dont le vélo, cette cellule de soutien psychologique, vous murmure à l’oreille des secrets d’époque, nous permettant de mieux comprendre d’où nous venons ! 

 

              Pour le maillot jaune  : Film Français de Jean Stelli ( 1939)

                       http://bit.ly/1P3Co4q

     JPEG           Qui se souvient de ce film réalisé en 39 ? Un nanar sympathique…Albert Brégéon, le chouchou du public, va-t-il gagner la grande boucle ? Rien n’est moins sûr !. C’est qu’il manque d’entraînement, préférant se dorer la pilule sur la côte d’azur. C’est là que Colette Monnier, une jeune et jolie journaliste va l’interviewer et le provoquer, dans un savant marivaudage, mettant en doute sa virilité et son courage.

            « Z’êtes même pas cap , finalement, qu’elle lui sort, la gamine, dédaigneuse, en prenant des notes sur son carnet. Vous vous dégonflez ! »

             C’en est trop pour Bébert, piqué au vif, qui décide de montrer sa valeur, prenant finalement le départ de la grande boucle. Notre héros alternera actes de bravoure et défaillances retentissantes. On le verra à l’agonie, dans un fossé, tout près de l’abandon, mais un paysan compatissant lui redonnera du mordant en lui faisant une omelette et en lui offrant un coup de rouge.

             -Il faut avoir lu « Les forçats de la route », d’Albert Londres, écrit « en live », sur le tour 1924 http://bit.ly/1SiZhYb, pour se remettre dans la réalité d’un tour de l’entre deux guerres. La course s’est un peu humanisée en 39, suivant sans doute l’amélioration des conquêtes sociales. Plus d’étapes de nuit, longues de 400 kms. On n’en est plus tout à fait à l’époque d’Albert Londres, quand ceux qui chutaient devaient se débrouiller seuls, à l’arrière, même avec un bras cassé, comptant sur la bienveillance des villageois pour s’occuper d’eux !

      JPEG       Mais néanmoins l’épreuve n’a rien à voir avec ce qu’elle est à l’heure actuelle. Pourtant, les coureurs sont contents de leur sort : Ils peuvent pratiquer leur sport, échappant ainsi à la condition exténuante du travail ouvrier ou paysan. Que demander de plus ? Et cela même si ce métier ne permet pas à l’immense majorité d’entre eux de s’enrichir ! Jusqu’au début des années 80, bien des coureurs professionnels, pour survivre, devront avoir l’hiver une activité annexe : Lad, laveur de carreau ou garçon de café par exemple.

              Mais cette histoire se déroule dans une France en crise, animée par un gouvernement revanchard ayant bradé les acquis du front populaire. Depuis 1938, le radical Edouard Daladier a remplacé Blum, et a « remis la France au travail ». Il est revenu sur plusieurs réformes du front populaire, mettant un terme à « la semaine des deux dimanches », soit le retour aux 48 heures…..

              Et voilà pourquoi Bébert a perdu le tour de France ! Au fond, ce n’était qu’un socialo, qui pensait qu’à ne rien foutre, ne s’entraînait plus ! C’était normal qu’il paie l’ardoise cash !. Une histoire morale qui tout de même se termine bien. Car si notre héros ne part pas avec le bouquet du vainqueur, c’est Colette qui sourit maintenant à ses cotés, ne pensant plus à le taquiner. Quand au vélo de course qu’il pousse de l’autre main, voilà qu’un gamin à casquette lui demande un autographe, s’extasiant devant sa machine !

             «  Oh m’sieur Bregeon ! Qu’est ce qu’il est beau, votre vélo  ! »

             « Bha tiens, mon gars ! Il est pour toi…Prends-le ! Peut être que l’année prochaine, c’est toi qui gagnera le tour de France avec ! »

             « Oh, merci m’sieur Bregeon ! »

…..Malheureusement, il n’y eut pas de tour de France en 1940 !

             - La représentation du vélo dans ce film est toute prolétarienne. Un outil que l’homme se doit de respecter, et qui lui rend bénéfice au centuple, pourvu qu’il respecte les règles et la morale. Qu’il fasse son boulot » par dessus la jambe » ou qu’il succombe à de mauvaises valeurs, oubliant son devoir, pour privilégier les vacances, oubliant sa place, et il en paiera le prix fort. La messe est dite : On ne peut pas pédaler à coté de son vélo ! Le vélo ne ment pas !

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             Le voleur de Bicyclette : Film italien de Vittoria De Sicca (1948)

                   http://bit.ly/1Q0SdsA (bande annonce)

                    http://bit.ly/1TtaRio ( Présentation du film)

     JPEG            La guerre est passée avec son cortège d’horreur, mais reste totalement investie dans le paysage Romain. L' Italie n’est plus qu’un pays du tiers monde, où il faut se battre pour obtenir un petit travail, qui vous permettra juste de quoi survivre. C’est en jouant des coudes, mais surtout grâce au vélo qu’il possède, un bien inestimable, que ce chef de famille a réussi à décrocher ce boulot de colleur d’affiche. Mais rapidement il va se le faire voler. Tout le film repose sur cette quête éperdue et vaine pour retrouver la bicyclette, traversant la Rome des quartiers borgnes, tout le jour durant, avec son jeune fils de 10 ans à ses cotés. Désespérance du père, désespoir du fils voyant son père humilié, rabaissé, honteux, au fil des expériences calamiteuses !

             La seule scène vraiment réconfortante de ce chef-d'oeuvre, c'est ce moment où le père s’aperçoit avec soulagement que le corps noyé qu’on remonte du fleuve n’est pas celui de son fils, qu’il avait quitté un moment. Quel soulagement ! Et l’on est si heureux pour lui ! Car c’est bien là finalement l’essentiel, quand il le retrouve et l'embrasse éperdument ! Le reste pourra attendre. « La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie ! »

              

       JPEG      -La bicyclette est représentée ici en tant qu’échelle de valeur, pour signifier la précarité absolue de ceux qui n’ont que ce trésor pour pouvoir espérer une vie meilleure, et dont la vie est tenaillée par la peur du moindre incident, pouvant être fatal. Tenir en équilibre sur deux roues demande un petit entraînement ; une chose qu’on croit acquise, en filant heureux le nez au vent, mais qui tient toujours du miracle ! 

  

C’est un objet parfait, ou rien ne manque, mais ou rien n’est de trop, et qui symbolise autant la beauté que la fragilité de la vie.

 Cette petite reine possède autant la grâce que la fragilité de l'hirondelle, le nom d'une marque de cycle bien connue avant guerre !  Qu’une roue se brise à cause d’un caillou, que la chaîne se casse, et le beau mouvement s’arrête, et vous vous retrouvez par terre ! 

 

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               Jour de fête : Film Français de Jacques Tati (1949)

                           http://bit.ly/1KhdIZv (bande annonce)

                           http://bit.ly/1PoJ0ya (présentation du film)

 

       JPEG          Encore un autre chef-d'oeuvre. Mais nous voilà cette fois dans la comédie. François est ce grand escogriffe, qui fait sa tournée de facteur en vélo, dans un village français de carte postale, tel qu’on l’imagine, en écoutant « Douce France » de Charles Trenet.

               L’étranger perturbateur va apparaître benoîtement, dès les premiers plans, dans son habit de princesse : Ce sont les manèges de la fête foraine. A une époque où la télévision n’est pas encore apparue, l’actualité arrive ainsi avec un peu de retard, par le biais d’un chapiteau, où l’on passe sur un écran « les actualités du monde ». François, sacoche en bandoulière, passe par hasard devant l’écran, où le speaker commente le quotidien fabuleusement moderne des postes américaines : La-bas les postiers mécanisés sautent d’un avion à l’autre, avec cet impératif : Toujours plus vite !

              Le pauvre facteur en sera littéralement saisi sur place ! Il prend douloureusement conscience de sa ringardise ! Saisi par l'esprit de la modernité, il décide de changer ses méthodes de distribution, et se lance sur le champ dans une grande tournée « à l’américaine »

              Rapidité-efficacité-rationnalité, les trois termes vont remplacer chez François celles des valeurs républicaines qui ornent la mairie. Le voilà saisi de l'esprit de l'esprit du Taylorisme. François courre contre la montre, se transforme en robot intrépide, n'échange plus le moindre mot avec ses clients. Ce faisant, il change la nature des choses, voulant transformer son vélo, en moto si furieuse, que celle qu'il croisera au détour d'une route aura bien du mal à le suivre. 

              « Mais qu’est ce qui t’arrive, François  ? » Demande la vieille, en écho à toutes les interrogations et la stupeur qu’il laisse sur son passage . La tournée à l’américaine tournera court, et s’achèvera au fond d'une marre, après un virage manqué, au milieu des canards…. La fête est finie, le village retrouve son calme, et François aussi…            

              Un demi siècle avant la mondialisation, ce film qui pouvait sembler réactionnaire, malgré ses qualités comiques, apparaît au contraire dans toute sa modernité, et sa qualité critique. Il nous interroge sur les vertus supposées de la mondialisation, et des tentatives de changement radicaux, souvent sauvages, qu'on impose aux forceps ! 

              Le vélo, martyrisé, nié dans sa nature, apparait le symbole d'une culture qu'on veut modifier, avec parfois la complicité des gens du crus, abusés par les trompes- l'oeil !...Le mieux est l’ennemi du bien, et c’est à tort que François appuie trop fort sur les pédales. C'est un objet simple, efficace, une sorte de clé à molette, parfaitement adapté à la nature et à la mission d’un facteur de campagne. A quoi bon vouloir changer la nature des choses et du vélo, l’objet parfait par excellence, sans risquer de perdre son âme  ?

             

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                 Le triporteur : Film Français de Jacques Pinoteau (1957)

                             http://bit.ly/1P3CGIC (extrait)

                              http://bit.ly/1nGmlmA&nbsp ; (présentation du film

    JPEG               Voici une comédie qui fut un beau succès, et qui sent le printemps, à l’aube des trentes glorieuses. En 55, Trenet nous chantait « Nationale 7 », un hymne à la France et à la modernité sur les routes de France. On ne regarde plus dans les rétroviseurs, la guerre est loin dans les esprits. On écoute aussi Dario Moreno sur Radio-Luxembourg, déclinant des airs de samba dans un français syncopé. « Si tu vas à Rio » fait un tabac ! 

                    En deux ou trois ans, on est passé du noir et blanc à la couleur. Et à l’heure où Jack Kerouac vient de publier « On the road  » de l’autre coté de l’atlantique, Antoine, joué par Darry Cowl se lance lui aussi dans un road-movie ! Il est parti sur un coup de tête, « au feeling », au guidon d’un triporteur, héritage de son ancien métier de patissier-livreur. Son but, son prétexte : Assister à la finale de la coupe de France de football, à Nice, où son village est représenté..

                     Se déplacer en vélo magnifie déjà le regard ; le triporteur change celui que les autres posent sur vous. Ce type est un doux foldingue, et ce voyage est un vrai anachronisme ! Surtout en plein été, dans le concert des klaxons et des embouteillages, dans cette France absolument moderne, où les critères de vitesse emportent tout sur leur passage, laissant les cheveux décoiffés mais le regard vide.

           JPEG           Le triporteur n’est pas pressé d’arriver sur « la côte d’azur », ce bout de France qui faisait rêver d’avantage en cette fin des années 50, que le bout du monde actuellement. L’engin et le regard du cycliste avancent tranquillement, comme une caméra montée sur son rail, dans un long travelling qui borde les haies, les champs et les campings. Toutes les anecdotes en sont sublimées et nourrissent le spectateur du charme retrouvé de l’enfance perdue.

                 -Ce film modeste, mais finalement prophétique, annonce avec pas mal d’avance la rupture des valeurs bourgeoises, une volonté de s'éloigner des sentiers balisés, pour partir à l’aventure de façon poétique et improvisée, qui sera la genèse du mouvement« hippie », avant que le guide du routard n'apparaisse.

                   Le vélo, moyen écologique et épuré de voyager, provoquant des échanges faciles, car vous transférant son amabilité, symbolise au mieux cette rupture des paradigmes motorisés, avides d’horaires et de kilomètres. Avec le vélo, ce n’est plus la destination qui compte, mais le moyen qu'on utilise, et le trajet pour y parvenir. Forcément une courbe  !

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       Le vélo de Ghislain Lambert :Film Franco-Belge de Phillippe Harel (2001)

                                      http://bit.ly/1PLJ8d6 (extrait)

                                     http://bit.ly/1Sit4Qu (présentation du film)

 

              JPEG        Peut-on qualifier de comédie ce film grinçant, mais qui, au delà de ses outrances et des grosses blagues, nous parle, bien loin de la légende des géants de la route, du coté sombre du sport moderne. Ghislain Lambert est un coureur cycliste honnête, mais ses rêves sont trop grands pour lui. Comme Faust, pour arriver en haut du podium, il est prêt à vendre son âme au diable. En langage cycliste, ça veut dire : Prendre n’importe quoi, se risquer dans n’importe quelle magouille !…

                  Cela ne date pas d’hier, il faut le reconnaître. Albert Londres dans « Les forçats de la route », interviewait les frères Pélissier, qui avaient cassé le morceau : « Nous marchons à la dynamite !  » http://bit.ly/1KjVGpu

                  Ce qui est nouveau par contre, c’est le passage d’une technique de tricherie empirique, solitaire, et parfois contre-performante, à une autre, bien plus scientifique et programmée

           JPEG       Le film sort en 2001, mais est censé représenter la carrière d’un cycliste des années 70. Entre les deux, il y eut le tour de France 1998, la révélation de l’affaire Festina, avec Richard Virenque, leader d’une équipe coupable de tricherie en bande organisée. L’inculpation des fraudeurs, baptisés un peu vite « de branche pourrie » camouflera l'arbre, voire la forêt, et ne mettra donc pas un terme à des magouilles de plus en plus importantes au sein du peloton !

                  Au delà du sport, il s’agira bien d’un mal endémique, sociétal, dont on s’empresse de camoufler les symptômes, sans s’occuper du problème : Affairisme, argent fou, perte de tous repaires, mafias tentaculaires, mensonges éhontés, cynisme. Le basculement dans les années 2000 amènera l’affaire Armstrong dans le vélo, et celle de la chute de « Lehman Brothers » dans celui des affaires. C'est tout une caravane publicitaire sinistre qui n'en finit pas de passer, devant des foules parfois complaisantes et désabusées.

                   Pauvre vélo, celle qu’on appelait jadis « la petite reine », transformée en catin, corrompue à « l’insu de son plein gré », comme disait Richard Virenque dans un beau lapsus ! Et voilà qu’aux dernières nouvelles, des petits malins ont entrepris de changer l’âme et la nature de notre sainte bicyclette, lui greffant un moteur électrique.

                   -«  Ceci n’est plus un vélo ! » Comme aurait dit Magritte….Car nous entrons là dans le chapitre des manipulations génétiques, des embrouilles sur le vivant. Le vélo est devenu furieusement moderne, et passe dans les mains des margoulins et autres expériementateurs ! Il est urgent d'interdire de telles pratiques, car c’est un objet définitif ! 

                    "Touche pas à mon Biclou"…Il faut se sauver de ces zones grises à toutes pédales !

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           Wadjdah : Film saoudien d’Haïfa Al Mansour ( 2013)

                               http://bit.ly/23zMe81( extrait)

                               http://bit.ly/1PK1Z1J&nbsp ;&nbsp ; (présentation du film)

 

         JPEG      Quelle réussite ! Quelle bouffée de fraîcheur. Ah, il était temps de revenir aux fondamentaux, à l’enfance. Celle qui rêve, ne transige pas, n’est pas dupe du jeu obscur des adultes, et ne veut pas se soumettre aux diktats injustes ou absurdes. Wadjda, dix ans, habite dans une banlieue de Riyadh, capitale de l’Arabie Saoudite. Cette gamine malicieuse et intelligente s’est mise en tête de posséder ce magnifique vélo vert aperçu dans une boutique. Le problème n’est évidemment pas le prix de la machine, mais l’interdit que la pratique du vélo représente, dans cette société riche mais patriarcale, où les désirs des femmes sont étroitement muselés par des interdits. Après le refus de sa mère, Wadjdah décide de se débrouiller seule pour acquérir sa bicyclette, et apprendre à monter dessus.

                     Quel est l’enfant qui n’a pas rêvé à un vélo, cet objet magique ? Par exemple celui que Wadjadh voit passer comme un nuage dans le ciel, car monté sur le toit d’une voiture passant de l’autre coté du mur de la propriété familiale. Quand un rêve vous investit, vous ne voyez plus le monde que par son biais !

           JPEG          Le parcours de combattante de cette gamine obstinée rejoint celle de la cinéaste, qui a du batailler ferme, obtenant des appuis progressistes, pour tourner ce petit chef d’œuvre !

               Cette quête du vélo, comme un graal, c’est celle de l’affirmation du droit au bonheur, à l’autodétermination et à l’indépendance. Le désir de l'objet, potentialisé par l'attente, et l'interdit, vont être les moteurs et l'aliment qui vont permettre à la fillette de franchir toute une série d'étapes pour parvenir à ses fins, comme autant de rites de passage initiatiques : Apprentissage de la technique, élaboration d'une stratégie patiente .

    JPEG Autant de prétextes pour la cinéaste pour nous montrer le quotidien de son pays. C’est toute une culture des maisons fermées, et des secrets de femmes qui effleure. Il y a toute une grâce orientale qui se développe dans ce film fait d’arabesques savantes, tout en non dits, et en émotions subtiles, où la résignation n’existe pas ! Et l'on est ému par l'opiniatreté de cette petite Shéhérazade, qui sait si bien tisser sa toile. Emparez vous d'un prétexte, comme celui de la bicyclette et ce sont toutes les nuances d'un pays qui se dévoilent, semblablement au jeu des fractales se développant en arborescence. Cet engin à pédales possède ainsi des qualités de passeur, et d'interprète. 

                      -Le vélo, au fond, c’est Wajdah elle même, une vraie petite reine, toute en souplesse, pourvue d’un dérailleur dont elle sait admirablement jouer, pour passer les obstacles. Vite fait elle s’est débarrassée des petites roues pour trouver l’équilibre qu’elle n’est pas prête d’abandonner. Le vélo, objet mythique, qui allie les symboles de liberté et d'indépendance, est encore davantage magnifié par le regard que la fillette lui accorde. Le vélo, c’est comme la natation, un mouvement naturel que l’on n’oublie jamais, une fois qu'on y a goûté ! 

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                       Si l’on a perdu la recette du bonheur et des idées simples, il sera bon de se procurer un vélo pour les retrouver. Voilà sans doute le message subliminal de Christiane Taubira, quittant Matignon, s'adressant à nos neurones miroirs. Faut se méfier des grosses berlines avec chauffeur ; elles finissent par vous corrompre et vous transférer leur logiciel trafiqué !

                      Après un petit tour de vélo, elle nous dit faire équipe maintenant avec Descartes, Montaigne, La Boétie ou Simone Weil. la voilà qui revient déjà avec un petit bouquin. Elle l’aurait bien appelé « La gloire sans maillot jaune », mais le titre était déjà pris, un œuvre du divin Raymond Poulidor, le Georges Brassens du vélo. Faudra se contenter de « Murmures à la jeunesse », beaucoup moins porteur à mon avis. http://bit.ly/1PQOKmj

             JPEG  « Résister, c’est partir !  » a t’elle déjà affirmé, en claquant la porte au nez de Hollande. Une belle phrase de derrière les fagots, un bon sujet de philo. Pour le moment elle va donc prendre des vacances, peut être aller se dorer la pilule au soleil de la côte d’azur, s’en fichant des échéances du tour.

                      C’est là soyons en sûr que dans quelques mois, une jeune journaliste la retrouvera. Une gamine piquante qui se fait pas impressionner par les vedettes. Et il rejoueront la scène de Colette Monnier, face à Marcel Brégeon, dans ce vieux film d’avant guerre, « Pour le maillot jaune  » que tout le monde a oublié.

              JPEG         « Z’êtes même pas cap , finalement, qu’elle lui sortira, la gamine, dédaigneuse, en prenant des notes sur son carnet. Vous vous dégonflez Christiane !  »

                        S’agira plus du tour de France, mais de la présidentielle. La même histoire, avec ces coups tordus, la volonté de grimper en tête, d’arriver vainqueur sur les Champs-Élysées.

                      Nous voici revenus sur la ligne de départ, qui est comme tout cycliste sait, celle aussi d’arrivée….. 

 

 FIN

 

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16 réactions à cet article    


  • oncle archibald 4 février 2016 18:28

    Plus c’est long plus c’est bon, mais ça se mérite le tour de France de la petite reine ... Vu mon grand âge et mon pseudo je serais plus enclin à utiliser le solex de « mon oncle » ... ou l’un de ces vélos de course récent avec assistance électrique cachée dans le cadre, pour épater les copains !

    J’ai adoré aux actus la vidéo du départ de Madame Taubira avec les larbins du ministère qui lui tendent cérémonieusement son casque, l’aident à enfiler sa doudoune, puis les gorilles qui la suivent, dans la rue, en vélo eux aussi .. C’était une mise en scène que n’aurait pas désavouée Jacques Tati ...


    • bakerstreet bakerstreet 4 février 2016 18:39

      @oncle archibald

      Bonjour
      C’est plus fort que moi,c’est comme pour les tours de vélo, je pars pour 80 bornes ou rien. 

      Sans doute moins vite qu’auparavant, mais je ne sais de quoi je suis le plus accro, au vélo ou au grand air, cette solitude où les sensations et les rêves, vous viennent au gré des images.
       Bien sur, Taubira la dedans est un prétexte, la vedette c’est la petite reine. Mais en tout cas, la Cri-cri a du nez, elle sait très bien surfer sur l’air du temps. Dans les années 60, c’est pas sur un vélo qu’elle aurait fait sa sortie, mais dans une décapotable, furieusement à la mode en ces temps antédiluviens. Peut être pas une américaine quand même, peut être une Simca Floride, ou Versailles, qui étaient nos « américaines »...« La belle américaine » est un film très signifiant aussi. Il n’y a rien de mieux pour vous parler d’une époque que de regarder la filmographie ; En dehors de ce qu’il raconte, un film vous parle bien mieux qu’un sociologue. 
      Le moteur dans le cadre est déjà « has been » . Aux dernières nouvelles c’est la roue « dynamique », qui fait la différence, et vous envoie dans les étoiles. Ne pas oublier de pédaler pour donner le change !

    • bakerstreet bakerstreet 4 février 2016 18:46

      @oncle archibal 

      Il s’agit de la roue electromagnétique, un truc à 120 000 euros, c’est le prix d’un champion. http://bit.ly/1SvBzrv

    • oncle archibald 4 février 2016 19:08

      Bonjour Bakerstreet. Il y a longtemps que je n’ai pas enfourché un vélo sauf pour faire rire mes petits enfants, mais quand j’étais « pré-ado » disons 11-13 ans, j’avais un copain sportif et nous partions chaque après midi pour environ 40 km. Pas de téléphone portable à l« époque, il fallait donner l’itinéraire aux parents avant le départ et ne pas déroger pour qu’ils nous retrouvent rapidement en partant »à l’envers« si nous n’étions pas de retour à l’heure.

      J’avais un »demi-course« Alcyon qui est toujours pendu sur des crochets dans mon garage. Le cadre nu doit bien peser 20 kg ! Mes enfants l’ont essayé et très vite abandonné.

      C’est le même copain et son père qui m’ont initié à la navigation à voile, sur un Sharpie 9 m2 qui fut en son temps une série olympique mais que personne plus ne connait. Depuis que je ne travaille plus et un peu grâce à mes enfants qui avaient terriblement peur que je m’ennuie et m’ont offert un stage de voile pour mes 65 ans, j’ai »remordu« et repris la barre sur un bateau plus gros et plus lourd qui me permet avec »les voiles du temps« d’emmener en mer mes petits enfants même quand il fait »tramontane forte« . Voyez, Madame Taubira n’est pas la seule à savoir naviguer !

      PS : Sauf le respect que je vous dois la »Floride« était une décapotable Renault sur la base d’une »Dauphine« . La décapotable Simca de la même époque c’était la »Simca huit cabriolet« , vachement plus classe ! Quant à la »belle américaine« ça me fait penser non pas au film qui porte ce titre mais à Marylin Monroe assise dans la buick décapotable de »certains l’aiment chaud". Les deux Américaines sont magnifiques !


    • bakerstreet bakerstreet 4 février 2016 19:34

      @oncle archibald
      Merci pour ses précisions utiles. Vous avez raison, la gamme Simca « luxe » se décomposait en Versailles, Chambord, et autre Ariane, reconnaissables à l’inclinaison des ailes arrière. Des copies d’« américaines ». Remarquons que c’était le souci de pas mal de starlettes françaises à l’époque, alors que les américaines enviaient parfois le look des françaises. 

      Moi j’habitais tout gosse derrière une base américaine ; j’ai deux cousines qui se sont mariées à l’époque avec des aviateurs américains. Le mythe de l’ouest était omniprésent. Et je crois bien que ma vision du monde en a été un peu affectée. Harley, Chevrolet somptueuses côtoyaient les dauphines, voir les B.B Peugeot, et c’était surement dur pour les gars du coin de faire front face à la concurrence déloyale...
      Il faut pas mal d’années pour qu’une époque se transforme en mythe, avec la nostalgie qui va avec. « Jour de fête » de Tati, sonne toujours aussi bien, et n’a pas vieilli. 
       Mais je ne vois pas trop ceux qui s’attachent à notre époque. Peut être est ce un effet de l’age ? je ne sais pas ; il y eut toujours des époques assez creuses, comme la restauration, par exemple, où les immédiats après guerre. 
      L’important est de trouver le vent, et de faire attention quand on passe de l’autre coté, de ne pas prendre la baume dans la tronche. La navigation a beaucoup changé elle aussi. Je regardais ce document sur Alain Gerbault dernièrement, qui est très intéressant, un voileux de son temps, une époque où la mer me semble t’il était bien plus immense.
      Alain Gerbault, le courage de fuir (Documentaire de 2010 ...

    • oncle archibald 5 février 2016 12:26

      @bakerstreet : « Moi j’habitais tout gosse derrière une base américaine »

      Quoi ? Vous êtes de Chateauroux comme notre Gégé National qui, si je me fie au bouquin qu’à écrit son frère, a fait pas mal de bizness avec les aviateurs, achetant leurs cigarettes pour les revendre et mettant à leur disposition de la cuisse fraiche qu’il faisait venir de Paris ... On en ferait un film !

      Prendre la bôme dans la tronche et passer par dessus bord, ce fût le funeste destin d’Alain Tabarly, piègé comme un débutant et qui ne portait jamais de gilet de survie ... Heureusement l’implantation de la bôme de mon bateau est assez haute sur le mat et le cockpit est assez profond pour limiter grandement le risque, mais je n’ose toujours pas naviguer en solitaire estimant indispensable que quelqu’un puisse appeler les secours en cas de « fortune de mer ». Faire du vélo sur nos petites routes de campagne fréquentées par des fous furieux en voiture enivrés de musique techno à fond n’est pas non plus une sinécure ....


    • bakerstreet bakerstreet 5 février 2016 12:44

      @oncle archibald
      Bien qu’installé en Bretagne, de retour au pays des ancêtres, j’ai passé mon enfance près d’Evreux, où il avait une grosse base américaine. Une bonne part de l’économie du pays en dépendait, et ce n’est pas de gaieté de coeur que la plupart des habitants ont vu partir les yankees. Il y eut d’ailleurs des manifestations réclamant à l’époque ironiquement l’adhésion de la Normandie comme état US...Mon père, marchand de chaussures ambulant, avait un pote américain qui lui filait des cigarettes qu’il acceptait par cartouches entières mais qu’il ne fumait pas préférant les gauloises et les gitanes. .On était quand même un peu les indiens, quand on jouait parfois avec les ricains, forcément, mais leurs jouets nous sublimaient. Ils possédaient des trucs incroyables, et souvent on allait à la décharge voir s’il n’y avait pas quelque chose d’intéressant à tirer. Cet univers de la base était en vase clos, mais il y a avait hors les filles des relations qui se tissaient ; c’est drôle, la guerre finalement était toute proche, et à nous gamins, elle nous semblait très loin, même quand on nageait dans les pontons en bois qu’avaient dérivé depuis le débarquement....Les vélo américains étaient différents aussi, avec un cadre curieux, pas de porte bagages. on voyait bien qu’ils ne servaient que pour les loisirs, pas comme chez nous, où c’était encore un engin utilitaire....Une fois par an, on pénétrait dans la base, pour le meeting aérien. Les avions nous rasaient, on baissait la tête. Puis on allait visiter les bombardiers. On s’asseyait sur les sièges, on s’y croyait. C’était de beaux dimanches.


    • ZenZoe ZenZoe 5 février 2016 09:03

      Quel article jouissif et intéressant ! Merci à l’auteur pour cette balade à pédales.
      J’ai deux vélos moi-même, un VTT et une bicyclette pour dames, et je les utilise très souvent. Et chaque fois, je me demande comment il se fait que jamais le design n’ait été remis en cause.
      Je vais me faire hurler dessus, mais allez, je prends le risque : je trouve le vélo mal conçu, hyper dangereux même.
      Coton pour enfourcher (surtout avec des articulations vieillissantes beuh), risque de méchants coups de pédale, antagonisme avec les chiens et impossible de gérer une chute (genoux et clavicules attention !), jambes de futals qui se prennent dans la chaîne (sauf à mettre d’inélégantes pinces), trempage assuré par temps de pluie, glissades sur gravier et autres revêtements, selle jamais confortable, mauvais pour le dos, vraiment le vélo est un drôle d’engin.
      Pourtant, je ne me séparerai des miens pour rien au monde, doit bien y avoir une raison smiley !


      • eugene eugene 5 février 2016 11:48

        @ZenZoe
        Bonjour à vous

        La raison, c’est parce que cette engin nous ramène tout droit en enfance. Car il n’a pas changé d’un poil depuis cette époque, et s’est même amélioré. Je me souviens d’une époque où le dérailleur et surtout les plateaux, étaient réservés aux sportifs. Sinon, la vue là haut, montée sur la selle, avec le gouvernail, je veux dire le guidon devant soi, c’est toujours enivrant. Là haut, on a tous dix ans ! C’est pour cela que ce film « Wadjdah » est si plaisant à voir, en dehors de ses qualités propres. Il tourne autour de l’exaltation. Une école de grâce et d’effort là aussi, pas sans danger. J’ai frôlé la mort à neuf ans, après une chute très grave ; ce qui ne m’a pas coupé le moins du monde l’envie de remonter dessus deux mois plus tard, et même de faire de la compétition ensuite. Pas intéressant en soi, mais un indice de la passion....Il est sûr qu’avec le temps, le corps proteste parfois. Pourtant, les médecins vous le diront, c’est une pratique qui n’a pas beaucoup de contre indications, bien au contraire. Bien moins que la course à pied, l’effort étant moins soutenu, et les articulations moins solicitées : Il faut privilégier le « moulinage », plutôt que de pédaler en force....La selle : Pas évidente, c’est sûr ; je me permettrais de faire de la pub pour les selles « brooks », en cuir, une vieille marque anglaise, qu’on trouve sur le net pas trop chère. Il en ai de toutes sortes, adaptées à chacun, chacune. Mais tous ces inconvénients sont des avantages, attendu que le plaisir est grand de retrouver son confort après l’effort, et de ressentir son corps, qui s’adapte finalement, pourvu qu’on ne le pousse évidemment pas trop !

      • bakerstreet bakerstreet 5 février 2016 13:08

        @ZenZoe
        Montre moi ton vélo, et je te dirais qui tu es...Ca pourrait être un proverbe. La selle comme la chaussure est une moulure du corps, sur laquelle s’exprime beaucoup de forces centrifuges et d’antagonistes....Il existe sur le vélo un bonheur naturel, potentialisé par le jeu des pédales. J’ai rédigé dans cet article un peu long en ces temps épileptiques, où il faut faire court, si l’on ne veut pas que les gens décroche, quelques rubriques sur le vélo, mais j’aurais pu en trouver d’autres, tant le vélo a inspiré....

        Il y a « les triplettes de Belleville », et puis « le garçon au vélo ». Mais souvent le vélo a un second rôle. On le voit surgir comme une bouffée d’air, une caméra glissant sur la route, vous livrant un succédané du bonheur, une image de sa brièveté, et de l’urgence à la saisir avant qu’elle ne passe, s’éloignant déjà. 
        Le mieux, c’est quand il y a une jolie fille dessus, comme « la bicyclette bleue ». Y a t’il un engin qui rende plus grâce à la beauté féminine, que le vélo ? Fellini dans « Amarcord » s’attache, un peu lourdement dessus, c’est vrai. Néanmoins le maître avait des yeux, des sens, et un sens de l’esthétique assez sûrs pour marier les choses à son avantage quand il voulait les mettre en scène. 

      • ZEN ZEN 6 février 2016 14:04

        @bakerstreet
        Cher pédaleur
        Merci pour ce tour d’horizon vélocyclopédique
        Ma préférence va au film de G.Lambert, représentant bien une transition vers le vélobusiness
        C’est à vélo que je trouve le meilleur de mes idées
        J’ai un vélo dans la tête depuis mon enfance, parce qu’il était rare et cher et les occasions de s’évader peu développées...


      • bakerstreet bakerstreet 6 février 2016 16:32

        @ZEN, bonjour à vous

        Très bon article, encyclo-pédique, pourrait on dire. Je sais que je n’ai rien à t’ apprendre, et en voilà la preuve, du reste le vélo est au delà des mots, et les avantages de la pratique sont une philosophie qu’on épuise jamais. 
        « le vélo donne un goût neuf aux choses simples...Il y a dans le vélo une RELATION AMICALE AU MONDE« Oui ! Toute l’essence de la bicyclette est là. Ce substitut maternel est fait tout autant d’autorité, de proposition d’ouverture au monde, et son apprentissage et sa pratique apporte bien plus que celui de certains se prétendant de grands maîtres. Montaigne aurait fait c’est sûr comme tu le dis un parfait cycliste. »Rider« , le mot va pour toutes les pratiques à deux roues, cet art de la symbiose et de l’équilibre...
        Pour les références littéraires, j’ajouterais un très bon livre de H.G Wells, pas très connu, mais magnifique »la burlesque épopée du cycliste« , écrit en 1908, que certains trouveront désuet, mais qui est je pense très attachant. »Le cycliste perdu", de David V.Herlihy, qui est un livre d’histoire, un reportage sur le tour du monde d’un aventurier en vélo, en 1892,et sa mystérieuse disparition. 


      • ZEN ZEN 6 février 2016 14:09

        Comme je m’en suis confié il y a déjà quelques années...


        • ZEN ZEN 6 février 2016 14:20

          La chanteuse de jazz Melody Gardot  serait-elle devenue ce qu’elle est sans son terrible accident de vélo qui l’a clouée un an sur un lit d’höpital ?...


          • bakerstreet bakerstreet 6 février 2016 16:39

            @ZEN
            Melody, être exquis et voix voluptueuse a pu se redresser, et faire résilience de son accident. Mais d’autres n’auront pas eu cette chance. Je pense à Eva Ganizate, dont la mort m’a consterné il y a deux ans. Toutes les vies se valent, mais le chant qui est un don, crée des relations et des affinités au delà de la simple connaissance. 

            Mort d’Eva Ganizate : qui était la jeune soprano tuée à vélo ?

          • bakerstreet bakerstreet 6 février 2016 18:11

            @ZEN
            Je viens de voir que sur arte passe d’en moins d’une demi heure « les petites reines de kaboul », peut être visible en post cast ensuite : Le parcours de jeunes afghanes s’entraînant dans les conditions qu’on devine, en toute petite partie surement. 

            Mieux vaut surement avoir là bas un gros VTT avec tourelle antichar, mais non, d’après la photo, nos hirondelles moulinent sur de gracieuses machines. 
            Cet engin a toujours été dés la première heure pour la libération de la femme, sa copine. 
            Il est juste qu’elle continue à militer ! ....
            Sous le tchador, le vélo...Non, les deux sont inconciliables, antinomiques

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