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Le virage démagogique de François Bayrou

Février 2007 : en couverture des grands hebdomadaires nationaux, François Bayrou apparaît plus que jamais comme "troisième homme" de l’élection présidentielle. Et pourtant... Nous sommes un mois plus tard, en avril, et la machine Bayrou s’est enrayée. Quelle est la cause de sa dégringolade dans des sondages qui constituent autant de boussoles mal réglées dans la course à l’Élysée ?

Février 2007 : en couverture des grands hebdomadaires nationaux, François Bayrou apparaît plus que jamais comme "troisième homme" de l’élection présidentielle. Dénonçant les accès de démagogie de ses deux principaux concurrents (sur le chiffrage des campagnes, par exemple), critiquant - à juste titre, dans une certaine mesure - la polarisation artificielle de la vie politique française, et surtout tirant parti du vieillissement idéologique du Parti socialiste, le voilà qui talonne Ségolène Royal dans la plupart des sondages d’opinion.

Cet "état de grâce" se perpétue jusqu’à début mars, et si l’élection avait eu lieu le dimanche 11 mars, il aurait peut-être, selon le sondage IFOP du vendredi 9, doublé Ségolène Royal, pour probablement battre Nicolas Sarkozy au second tour, puisqu’il est, comme on dit, le "candidat Condorcet" : troisième derrière ses deux concurrents, il battrait pourtant chacun d’entre eux à plate couture en tête à tête.

Jusqu’à début mars donc, tout demeure possible pour Bayrou. Plus que jamais, il attire les indécis fatigués d’un clivage gauche-droite "à l’ancienne", les sympathisants de gauche lassés d’attendre un renouveau social-démocrate au Parti socialiste, mais également les libéraux pas vraiment convaincus par le passage de Sarkozy au ministère de l’Economie.

Et pourtant... Nous sommes un mois plus tard, en avril, et la machine Bayrou s’est enrayée. Quelle est la cause de sa dégringolade dans des sondages qui constituent autant de boussoles mal réglées dans la course à l’Élysée ?

Un analyste optimiste expliquera que c’est le prix à payer pour avoir sauvé son honneur en refusant de suivre les candidats PS et UMP dans leur délire identitaire, la première offrant d’imposer un drapeau dans chaque maison parce que le second proposait la création d’un ministère de l’Identité nationale. Les Français ont eu tort d’apprécier et d’encourager ce glissement ; Bayrou a eu raison de parler d’une "course-poursuite dont on sait où elle commence et dont on devrait aussi savoir où elle peut aller".

Si cette thèse doit prévaloir, alors espérons que la fièvre passée, le candidat centriste rattrapera son récent retard, juste à temps pour préserver un minimum de suspense dans une campagne d’un niveau assez pathétique.

Mais le pessimiste que je suis parfois (souvent ?) ne peut s’empêcher de souligner qu’on aurait aimé l’entendre un peu plus au moment de l’incident de la Gare du Nord, où il aurait pu faire valoir une modération de bon aloi entre le jeunisme affligeant de Ségolène Royal et les déclarations indécentes de Nicolas Sarkozy.

Ni s’empêcher de noter qu’en évitant le premier écueil populiste, François Bayrou a foncé tête baisse dans le second : celui de la démagogie anti-ystème. Il s’efforçait il y a quelques semaines d’attirer l’attention des électeurs sur l’importante mais obscure question de la dette publique, proposait d’introduire un "Small Business Act à la française"... De quoi nous parle-t-il, dans la dernière ligne droite ? De supprimer l’École nationale d’administration, et des politiques "amis du CAC 40". Chassez la démagogie, elle revient au galop.

Alors évidemment, rien n’est perdu pour François Bayrou. Mais le coup d’arrêt est réel et l’heure du choix a sonné : le Béarnais va-t-il s’enfoncer dans une voie aussi stérile pour lui que fructueuse pour ceux qui la connaissent par coeur, ou aura-t-il le courage de refaire le pari de la nuance et de la modération ?

par Rubin Sfadj (son site) jeudi 5 avril 2007 - 123 réactions
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  • Par Moué (xxx.xxx.xxx.205) 5 avril 2007 14:59

    Si Bayrou n’est pas au second tour je ne voterai jamais pour elle.

    Je ne pourrai jamais me laisser aller à mettre mon bulletin dans l’urne pour Mme Royal même si j’avoue avoir regardé sa candidature d’un très bon oeil au début des primaires socialistes. Et puis toute le capital sympathie que je pouvais avoir pour elle s’est effiloché au fil du temps.

    J’aurai adoré avoir enfin une Présidente de la République mais une pour qui j’aurais eu de la fierté. Là plus rien ne passe, je suis dans la phase de rejet le plus total et le plus complet.

    Non seulement elle navigue à vue et fluctue sur ses intentions au jour le jour mais ce qui me navre le plus c’est qu’elle n’est pas honnête. Déclaration fiscale tronquée, emplois non payés, mensonges sur sa gestion en Poitou charente mais je crois que le pire pour moi qui suis une femme c’est sa chirurgie esthétique.

    A ne pas s’assumer telle que le "petit Jésus" l’a faite, elle se relègue au rang de ces actrices sur le retour qui nous offre une image étrange de la femme qui ne vieillit pas mais qui finissent par se ressembler toutes, même Botox, mêmes lèvres repulpées, un digne mélange de Frankenstein et de la poupée Barbie.

    Pour moi Arlette est cent fois, mille fois plus belle avec sa sincérité, ses rides et son humilité et je trouve dommage qu’elle n’ait pas choisi le bon camp (pour moi).

  • Par Ultraw (xxx.xxx.xxx.109) 5 avril 2007 14:44

    Non je voterai blanc pas sarko, et si vous dites que cela revient à voter sarko c’est que vous savez que Royal n’a aucune chance !!, autant l’admettre tout de suite et faire le choix de Bayrou au premier tour, bayrou est le seul à offrir la chance à la gauche de pouvoir gouverner pendant les 5 prochaines années, c’est vous qui avez les cartes en main

  • Par Ultraw (xxx.xxx.xxx.109) 5 avril 2007 13:54

    Excellent article (c’est ironique), par contre Royal pulvérisée au 2ème tour ca n’inquiète personne, alors voilà nous y sommes Sarko sera président, faut croire que tout le monde le souhaite ou quoi ? que vas t’on faire ? attendre le 1er tour pour réaliser l’inévitable si Bayrou n’est pas en 2ème tour ? ce n’est pas ce soir là qu’il faudra se dire : "et dire qu’on pouvait faire autrement" ; "si on avait su..." réveillons-nous c’est maintenant ou jamais !!

  • Par martine (xxx.xxx.xxx.179) 5 avril 2007 15:26

    C’est là où il y a un "couac" ... Bayrou ne baisse pas dans les sondages (en données brutes) mais quand ils sont "corrigés" par les instituts Tous les sondages qui mettent Bayrou au 2ème tour face à Sarko ou Sego, Bayrou est gagnant !

    Alors la désinformation du peuple français continue, parce qu’"on" veut Sarkozy et Royal au 2ème tour, et là Sarko gagnerait ! Evidemment ce type de système profite à qui ? Devinez donc ...

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