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Les amis de Sarkozy, fort mal placés pour donner des leçons

A peine élu, ça a commencé. Le soir-même. C'est dire à quel point ils sont à cran, les anciens supporters de Nicolas Sarkozy, à vouloir charger autant le candidat socialiste dès les premières minutes de son élection, celle qui leur reste en travers. Manque de chance pour eux, on est doté d'une assez bonne mémoire, et on va donc se permettre de leur rappeler ici quelques petites choses qui vont immédiatement leur rabaisser le caquet, ce qu'il convient de faire très tôt si on souhaite que ça s'arrête assez vite, ses rancœurs et ses fausses polémiques montées en épingle par ce qui ne sont finalement, que des aigris. Ça a donc commencé très tôt par une histoire d'avion...

François Hollande ayant souhaité faire sa déclaration dans sa ville de Tulle et assister en même temps à la fête prévue à la Bastille, il fallait bien trouver un moyen de transport pour s'y rendre. Ayant quitté Tulle à 22h45, il ne lui restait que l'avion pour rejoindre Paris : hélas à cette heure, il n'y a plus de train là-bas. Pas de ligne régulière non plus, c'est donc le jet privé qui est réquisitionné par le PS, à savoir un Falcon 900B, le F-GXRM, datant de 1994, qui atterrira à 23h35 sur la piste du Bourget, pour être suivi par une meute de motards photographes que le Canard Enchaîné du jour à comparé à ceux du Tour de France "avec la chute en plus". Un deuxième Falcon (HB-JEI, datant de 1990) emmenant des ténors socialistes locaux est affrêté pour environ 30 000 euros, annonce le lendemain Bruno Le Roux, un des porte-parole du candidat. Le même jour, la polémique commence, avec une volée de bois vert de la droite (nous verrons plus loin laquelle) qui rappelle qu'Hollande a promis de baisser les dépenses de l'Etat et a promu "l'exemplarité du Président", tant moquée chez Sarkozy par le PS. En oubliant au passage qu'à ce moment-là, Hollande a beau avoir été élu, il n'est toujours pas président (il ne le deviendra qu'après la cérémonie d'investiture). Rien sur l'origine des appareils, dont le F-GXRM, avion qui appartenait à Foncia et qui est aujourd'hui en vente chez Boutsen Aviation (Monte Carlo), la société créée par l'ancien pilote belge de F1. Les deux appareils ont été certainement loués chez lui. 

C'est oublier beaucoup de choses en effet : que toute la campagne effrénée des deux candidats a été faite ainsi, en partie en avion. Le reste par la route, plus rarement le train. François Hollande utllisant le plus souvent les bimoteurs BE1900D de Twinjet, un B200 d'Air Taxi ou un Citation d'Alsair (F-GLTK) lors de ses déplacements. Nicolas Sarkozy étant vu à bord de Falcon 900 exclusivement, confirme un posteur travaillant au Bourget. Un Falcon 900 qui ne peut être celui de l'ETEC (ancien Glam), et qui semble avoir été toujours le même, sans qu'on ait davantage d'informations à ce sujet. Le 16 février 2012 par exemple pour se rendre à Annecy, c'est d'un Falcon 900 "loué pour la campagne" qu'il débarque nous enseigne la presse (loué par l'UMP, donc). Mais on ne sait pas de quel firme de location l'appareil provient. On peut chercher dans les habitudes déjà prises... par son premier ministre, gros consommateur de jets.. ; pour en avoir une idée. Habituellement, ce sont souvent 3 Falcons qui servent aux déplacements officiels, comme ici en Alsace le 8 mai 2010.

Un premier ministre fort utilisateur des jets de la République, tout d'abord, franchement détournés pour des usages... plutôt particuliers :"ironie du sort, au moment où François Fillon encadre les pratiques de ses ministres, le voici au centre d’une nouvelle polémique. Le quotidien France Soir rapporte dans son édition de jeudi que le Premier ministre emprunte un avion de la République – le Falcon 7X – lorsqu’il se rend chez lui dans la Sarthe le week-end. Rien d’illégal certes. Mais là où le bât blesse, c’est que d'après France Soir un simple aller retour peut-être évalué à « 27 000 euros » et nécessite une heure de vol alors qu’utiliser le TGV coûterait au Premier ministre 1h20 de son temps et quelques euros de moins. Une nouvelle qui passe mal en ces temps de rigueur budgétaire. Une rigueur que François Fillon a prônée haut et fort ces derniers mois". Et quand ce ne sont pas les avions de l'Etec, ce sont ceux d'une firme privée. "François Fillon a effectué un déplacement en Rhône-Alpes pour une brève rencontre avec des militants UMP. Pour ce faire, Fillon a affrété un jet d’une compagnie portugaise , pour la modique somme de 13 000 euros. Pour son déplacement éclair en Rhône-Alpes, François Fillon a affrété un Falcon 900. 14 places tout confort. C’est le site Internet de Marianne qui révèle l’info, ” notre vice-président n’a pas fait appel à l’une des multiples sociétés françaises exerçant dans le business du jet, mais à Master Jet, une entreprise portugaise “. François Fillon a rencontré pendant une petite heure les candidats et militants UMP de Rhône-Alpes. Le coût de location du Falcon par Fillon avoisine les 13 000 euros… pour 3 heures 30 de déplacement, toujours selon Marianne . Qui paye les déplacements de campagne électorale de François Fillon ? Selon Matignon, ” les déplacements en région du Premier ministre sont gérés par l’UMP ”et inclus dans les frais de campagne…" Rien à redire cette fois.... en ce cas, en revanche l'usage d'un jet pour aller saluer les militants suisses prêtait davantage à discussion comme j'ai pu le raconter ici. Ce jour-là, l'UMP a le droit, mais pas le PS, donc.
 
 
Car cette fois-là c'était un petit Falcon 10 qui était venu visiter les amis suisses de L'UMP. "ce vendredi 23 mars 2007, c’est en jet privé qu’Eric Woerth et Patrick Devedjian atterrissent à 19 heures sur l’aéroport de Cointrin. L’avion, selon nos informations, un Falcon 10, accueille à son bord les épouses des convoyeurs de fonds de l’UMP, Florence Woerth et Sophie Vanbremeersch. Un avion mis à disposition par un compatriote fortuné au bénéfice d’un forfait fiscal en Suisse. Tout ce petit monde dort à Genève chez des amis respectifs. De retour à Paris, Eric Woerth rencontre Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Mme Bettencourt, qui lui aurait remis ce chèque de 150 000 euros qui agite désormais les esprits de la République" nous avait raconté Mediapart.
 
François Fillon utilisant les avions d'une société "portugaise" voilà qui semble... bizarre. Ça ne l'est aucunement. MasterJet, c'est au départ une petite société, portugaise, c'est vrai, car c'est la filiale d' Air Luxor qui dispose d'un Falcon 20 et d'un minuscule Excel seulement, et qui est basée à Paris. Ce Falcon n'est autre aujourd'hui que le CS-DPW... métal et rouge de chez MasterJet (ici photographié à Genêve-Cointrain, en Suisse). C'est Olivier Dassault en personne qui la fera connaître à l'un de ses amis, et futur patron de MasterJet, Philippe Queffelec, celui qui va en effet devenir le patron de la filiale française. Filiale qui va d'abord s'appeler Air Luxor Corporate Jet avant de voir son nom simplifié en MasterJet. Si la maison mère (portugaise) fera faillite (en novembre 2006) la fille se portera beaucoup mieux au fil du temps et prendra même son indépendance : "Avec un siège social à Lisbonne, une base opérationnelle à Paris Le Bourget, Masterjet est également implantée à Genève, Londres, Jeddah, New Delhi et Malte" apprend-t-on aujourd'hui. Fait étonnant, l'entreprise a tissé des liens... assez particuliers avec l'aviation... militaire : "c'’est en symbiose qu’évolue l’ensemble des équipes de Masterjet et notamment des équipages 100% français, où 40% des pilotes sont issus de l’ETEC (Escadron de Transport et de Calibration chargé du transport du président et du gouvernement Français) et le restant issus de la formation civile. Pour Jean-François Lecoanet, responsable des opérations à Paris et qui supervise l’ensemble des vols depuis le début de la compagnie, « il s’agit d’une bonne mixité entre rigueur militaire et appréhension de l’expertise civile… ». Le recyclage de ceux qui ont baladé le chef de l'état et ses ministres se fait donc pour moitié chez... Jet Master ! Formation gratuite assurée par l'Etat !
 
MasterJet serait-elle la société "préférée" de l'UMP ou du gouvernement ? Voire des deux à la fois ? On peut en effet fortement le supposer : le 23 mars 2010, quand le ministre Alain Joyandet, secrétaire d’Etat à la Coopération, emprunte un avion pour se rendre en Martinique, pour une conférence sur Haïti, la facture qu'il ramène est plutôt salée : 116 500 euros. Un aller-retour au prix d'un 727 d'occase : et quand on épluche le nom du fournisseur du Falcon 7X, on tombe bien sûr sur... MasterJet. C'est le modèle CS-DTD, luxueusement aménagé (cf photo gauche), qu'a pris Joyandet pour... traverser l'Atlantique. "Pour son dernier voyage en Martinique, Alain Joyandet a voyagé dans un Falcon 7X loué à la compagnie portugaise Masterjet alors que des avions mis à disposition du gouvernement par Etec étaient disponibles à des tarifs moins élevés que ceux des compagnies privées" avait relevé la presse, un fait noté grâce à l'avis éclairé du député Dosière, qui est, rappelons-le.. au PS !
 
Joyandet n'étant pas le seul à avoir abusé des jets. Christian Estrosi l'avait précédé. Le 23 juin 2008, le secrétaire d'Etat à l'Outre-mer avait dû se rendre à Washington pour une conférence prévue de longue date à l'Unesco. En voyageant à l'aller avec sa délégation tout ce qu'il y a de plus normalement, sur une des lignes d'Air France. Mais pour le retour, pressé par un "pot" imprévu offert par l'Elysée, le voilà qu'il commande un jet privé pour rentrer plus tôt, décommandant son vol prévu (le vol AF026). Le retour sera.... payant : 138 000 euros, annoncés le 6 février par le Canard Enchainé qui rate rarement ce genre d'occasion de moquer les travers de la vie politique et ses abus. C'est cette fois un avion de Dassault Falcon Service qui sera utilisé. Encore un des amis de la présidence, Olivier Dassault, on l'a vu étant proche d'Olivier Bazire et de Thierry Gaubert.
 
 
Mélanger voyages privés et voyages gouvernementaux, l'exemple ne viendra-t-il pas d'en haut ? Tout porte à le croire, en effet : ainsi le 8 février 2011, ce n'est pas si loin, où le chef de l'Etat en personne, pour un séjour de 48 heures au USA... pour y voir son fils Louis, va emprunter... fort discrètement un des nouveaux Falcon 7X de... L'Etec, celui que ses pilotes ont surnommé déjà "Carla One" (ici au dessus en photo), le "Sarko One" étant pour l'Airbus A330 acheté et aménagé à grands frais selon les goûts du couple présidentiel. Mais cette fois-là, afin d'éteindre la polémique, les services de la présidence prendront le soin d'appeler France Inter pour un rectificatif sur l'annonce faite, précisant que Nicolas Sarkozy, avait réglé personnellement le voyage, puisqu'il utilisait l'appareil "à titre privé", en ajoutant même qu'il avait payé son billet "au tarif commercial". Ce qui était un démenti particulièrement raté, tout le monde sachant depuis les scapades Estrosi et Joyandet que les tarifs n'étaient absolument pas comparables. Le Falcon 7X coûte 7000 euros l'heure de vol et sa location atteint vite plus de 100 000 euros (voir en PS en bas de l'article).
 
Et comme il faut rester dans le "bling-bling", signalons aussi que la firme MasterJet, dont le patron habite Neuily (bien sûr), s'associera à une grande marque pour rehausser son image : "Masterjet et Patrick Mauboussin Aircraft Design (PMAD) sont partenaires dans le cadre du lancement de la toute nouvelle marque du joaillier. Patrick Mauboussin renoue les liens historiques de sa famille avec l’aviation. Il se lance dans le design intérieur et extérieur d’avions en créant PMAD. Sa première réalisation est la peinture de l’Airbus A320 Corporate de Masterjet, « Nile Spirit by Patrick Mauboussin ». Le créateur mise sur une philosophie : « Flying is an art »". L'extérieur, mais aussi l'intérieur :  "Les dernières technologies sont utilisées : fauteuils relaxants, douche à affusion, tapis de marche, simulateurs d'aube, atténuateurs électroniques de bruit, humidificateurs, diffuseurs d'huiles essentielles" avait précisé à son propos LePoint lors de sa présentation au Bourget en 2009. Mauboussin, qui faisait les 3/4 de sa fortune avec le frère du sultan de Brunei, avait dû se résigner en 2002 à une diversification forcée ; son principal client venant de le quitter. Le nouvel homme fort de Mauboussin s'appelant Dominique Frémont... une des 44 grosses fortunes françaises installées en suisse. Et dénoncées bien tardivement comme "exilés fiscaux " par Nicolas Sarkozy lors d'une de ses dernières interventions télévisées de campagne... ce monde est bien petit ! L'avion sera vu un peu partout après dans le monde, repeint d'une livrée quelque peu voyante ; celle signée Mauboussin. Le 16 mai 2011, autre cérémonie : Masterjet recevait "son" Airbus A320 CS-TFY, transformé en avion de VIP par Fokker Aircraft Services (FAS) : c'était bien celui déjà repeint par Mauboussin. Entièrement refait à neuf à l l'intérieur, une nouvelle fois, donc ! Réduit cette fois à 26 places seulement, dans un appareil qui peut en contenir 150... le grand luxe ! On ne précise pas si on peut y jouer au golf, dedans.

Mais nous pourrions aussi ajouter un épisode que tout le monde a oublié, cinq années après : celui des fameux conseils des ministres "décentralisés", où cette fois c'était effectivement tout le staff gouvernemental qui avait été embarqué... en avion, direction en premier Strasbourg, le 7 septembre 2007. Ce qui avait donné l'occasion à une belle valse de policiers, de CRS... et de jets privés. On en a compté pas moins d'une quarantaine entre Colmar et Strasbourg, ce jour-là, entre avions emportant des ministres, la presse... et les services de sécurité. Interrogé par le PS sur la question,  Laurent Wauquiez, avait alors tout simplement refusé de communiquer le coût de cette délocalisation en forme de cirque médiatique. Il avait à l'époque répondu que le "surcoût" se "limitait à des billets de TGV et d'avions de ligne" pour "permettre aux membres du gouvernement et aux collaborateurs des ministres de s'y rendre". Pour la presse ; c'étair clair en tout cas : "La tenue de la réunion hebdomadaire entre membres du gouvernement dans la ville alsacienne, avait déjà valeur de symbole, 31 ans après le précédent, organisé sous la présidence Giscard à Lille. [...] L'annonce de la possible délocalisation du conseil des ministres pourrait faire grincer des dents. Jeudi déjà, le porte-parole de l'Elysée David Martinon, avait dû répondre aux journalistes qui l'interrogeaient sur le coût de cette initiative, qu'il fallait ''multiplier le nombre de ministres plus un officier de sécurité par le prix du billet de train''. [...] L'opposition socialiste a critiqué vendredi la tenue ''à grand frais'' de ce conseil hors de Paris. ''Est-ce qu'on peut gouverner et présider la France en étant en perpétuelle campagne électorale '', s'est notamment interrogé Stéphane Le Foll, directeur de cabinet du premier secrétaire du PS François Hollande."  On croyait l'affaire close, mais il y en aura un second.... encore plus coûteux : en Corse, cette fois, le 31 octobre 2007où les ministres invités là-bas pour se sentir plus "proches des gens" ne verront.... personne, tant Ajaccio avait été quadrillé au préalable par des escouades de policiers. Un blogueur s'amusera à compter les Airbus inhabituels sur le tarmac d'Ajaccio : il en dénombrera cinq  ! Un reporter dépêché sur place précisera que c'était "beaucoup de bruit pour rien" dans "ville en état de siège" et en terminant qu'il y en avait néanmoins un autre de prévu... en Outre-Mer, en Réunion, Guyane ou en Martinique. L'idée tombera heureusement aux oubliettes des projets ratés sarkoziens : "A l’automne 2007, Nicolas Sarkozy délocalise le Conseil des ministres à Strasbourg, puis à Ajaccio. A chaque fois, la ville croule sous les bouchons, et l’initiative paraît trop artificielle. Il n’y aura pas de troisième fois" note un site ayant répertorié les ratages manifestes du pouvoir. Et cela, que pour l'usage des avions ! Mais la présidence n'utilise pas que cela comme moyen de déplacement.

Et autant les prévenir à l'avance, cette fois, les thuriféraires du sarkozysme défunt, la voiture présidentielle ce sera une DS 5 Citroën-Peugeot "gris galéna" métallisé, produite à Sochaux. Une voiture hybride "qui émet 99 grammes de C02 par kilomètre." Autant couper court tout de suite en effet : oui, Sochaux, c'est là où est député Pierre Moscovici (je le fais, ça vous évitera de le faire !). Pour l'instant, on ne sait pas si cet engin subira des modifications, à part un toit ouvrant et de quoi se tenir comme sur les autres modèles (elle sera elle aussi blindée à coup sûr !). Rappelons plutôt les tribulations des voitures de Nicolas, en regard de ce choix de modèle... plutôt commun. À peine débarqué, l'ancien président, hérite d'une Peugeot 607 modéle Paladine, qu'il fait mettre au musée car elle ne lui plaît pas (dedans il y a un bar et il ne boit pas ?), pour choisir à la place une Renault Vel Satis. Ce n'est pas n'importe laquelle, celle-là : c'est une voiture lourdement blindée par le spécialiste breton Centigon-France, une filiale d'un goupe... américain, issu du carrossier Labbé et racheté plus tard par le groupe Carat-Duchatelet. La société est installée à Lamballe, dans les Côtes d’Armor, et le véhicule sarkozien assez étonnant :"cette Vel Satis dispose d'un blindage en acier capable de résister aux balles de Magnum, aux fusil d’assaut, en passant par la kalachnikov. Sans oublier la protection contre les grenades et autres bombes improvisées, indique la société bretonne.  D'autres matériaux comme le Kevlar et céramique sont utilisés sous caisse et le vitrage dispose d'une épaisseur de 70 mm (visible ici à droite dans un agrandissement de la coupe des vitres)  ! Cette voiture à faire rougir la papamobile est équipée d'un intérieur luxueux et "tuné", blin-bling oblige. On parle d'ordinateur, de TV, etc. La valeur de cette Vel Satis est estimée autour des 150 000 €." On ne sait pas d'où lui est venu cette passion pour le blindage, ni pourquoi, durant sa campagne il fonçait plutôt à bord d'une Peugeot 508 (en fait si, car il ne pouvait utiliser sa voiture présidentielle pour faire campagne, logiquement). Chez Centigon, ils ont senti l'année le vent du boulet du sarkozysme libéral dans l'industrie et ont mêle manifesté... Pour garder le même patron lors du rachat. "À Lamballe, les salariés de Centigon, fabriquant de véhicules blindés, ont débrayé cet après-midi pour empêcher les actionnaires du groupe Carat-Duchatelet de mettre un nouveau PDG à la tête de l’entreprise lamballaise nous signalait le jeudi 28 octobre la presse.. Ils craignent qu’un nouveau patron soit plus conciliant vis-à-vis de la stratégie financière du groupe et fragilise ainsi la trésorerie de Centigon. 180 emplois sont concernés" Car l'entreprise à beaucoup bougé : Rachetée en 1997 par l'américain O'Gara Hess & Einsenhardt, la société est passée sous le contrôle, quatre ans plus tard, d'Armor Holdings. Nouveau changement en 2008 avec l'arrivée du groupe belge Carat Duchatelet. Mais tout cela ne nous explique pas pourquoi Sarkozy avait désiré un tel char d'assaut...

Après un tel bilan... négatif, question Sarkozystes et membres de l'UMP, venons maintenant d'où viennent ces acccusations de gabegie reprochées à celui qui n'était même pas encore chef de l'Etat officiellement quand elles ont été faites. Vous allez voir, c'est... savoureux. Elles sortent en effet de la bouche d'un député, qui a aussitôt évoqué un quinquennat qui "commence dans le luxe et l’opulence, alors qu’on est en temps de crise économique" ; de façon un peu... forcée,  allant jusqu'à dire en effet qu' "« A peine élu le soir du 6 mai, François Hollande et son équipe ont emprunté deux jets privés de type Falcon 900 pour un coût total estimé à près de 50.000 euros l’heure de vol »... comme on vient de le voir ; c'est plutôt le tarif de la location, en fait. Et notre député acrimonieux d'ajouter que "son quinquennat (celui de François Hollande, bien sûr) serait le mandat de l’exemplarité et de la morale en politique, il a déjà menti aux Français". Cet homme, particulièremernt excité, ce n'est autre qu'un député belfortain, inscrit à l'UMP : il s'appelle Damien Meslot. Et aurait mieux fait de se taire, à lire son curriculum et ses exploits antérieurs.

Pas vraiment celui à même de venir parler éthique, en effet : le tribunal correctionnel de Montbéliard l'a jugé en première instance comme en appel (le 15 novembre 2009) d'être coupable d'outrage à magistrat, et l'a condamné pour cela à 700 euros d'amende avec sursis, et 1 euro de dommages et intérêts (demandé par le procureur en personne). Il n'avait rien trouvé de mieux que dire du procureur Bernard Lebeau que ce "gaucho de merde, nous fait chier", ce qu'il avait ensuite rectifiié en "procureur de gauche" seulement. Hélas pour lui, c'est un policier, venu lui apporter sa convocation qui avait témoigné au tribunal avoir bien entendu la première formulation injurieuse et non la seconde. Selon la presse du moment ""le député a indiqué qu'il avait l'intention de se pourvoir en Cour de cassation et qu'il était prêt à aller devant la Cour européenne des Droits de l'Homme." Depuis, on ne sait pas si cela a été fait ou non. 

Or Meslot n'est pas non plus un député lambda : il est depuis 2009 secrétaire national de l'UMP "en charge de l’accueil et de la formation des nouveaux adhérents du parti" (bonjour la formation, avec les "éléments de langage" qu'il a déjà pu montrer !). Et c'est cet homme, qui fait visiblement beaucoup d'efforts pour ressembler à Cauet (*), qui viendrait chercher des poux le soir même de la victoire de la gauche ? Lors des débats, il avait ajouté d'autres amabilités pour la Justice : "transformés en commissaires politiques, ils préfèrent s'attaquer aux élus de droite plutôt qu'aux voyous. Ces gens-là, je demanderai qu'ils soient mutés." Avant d'ajouter, au sujet de la mise en liberté sous contrôle judiciaire de deux braqueurs : "Il y en a marre de voir des policiers qui risquent leur vie pour arrêter les voyous et de voir des juges rouges qui s'opposent à la volonté du peuple et au travail des policiers." Une tirade que n'aurait sans doute pas renié Jean-Marie LePen ! Au tribunal, rappelons-le aussi, Damien Meslot s'était présenté aussi comme "un ami" de Nicolas Sarkozy... à rester dans son sillage, tant qu'il le pouvait, le style verbal aurait-il déteint ? Le vocabulaire de l'UMP dans les mois à venir va-t-il être une réminiscence constante de celui employé sur un quai un jour, par ce président parlant comme un charretier  ? "Exemplarité et morale en politique", il disait, l'autre, là, Meslot, c'est bien ça ?

PS : les coûts à l'heure des appareils de l'Etec sont ici :

http://www.crash-aerien.aero/forum/...

dans coût n'est pas inclus le coût des personnels :"Le coût global des rémunérations et charges sociales pour l'ensemble du personnel de l'ETEC, soit 165 personnes, s'est élevé à 111 530 550 euros en 2007".

 

(*) pendant la campagne 2007, Cauet avait écrit ce chef d'œuvre de poésie contemporaine qui, cinq ans après, résume finalement assez bien ce qui s'est passé :


Si vous êtes mes amis ...à moi
Va falloir voter ...pour moi

...dent, j'veux être président
Cauet président
Oui président ...dent ...dent
Cauet président

J'payerai plus mes impôts
Et je ferai l'con avec des meufs dans la safrane ...frane ...frane
J'veux passer au JT d'Jean-Pierre Pernault
Et faire la bise à Claire Chazal ...zal ...zal

Ohhhh oui président
...dent, j'veux être président


Cauet président
Oui président et pour longtemps
Ça c'est évident

Je veux des purs costards
Les vannes pourries d'Bouvard
Les dents de Joey Starr

J'veux rouler en Lada
Une moche une Samara
Qui broute et qui avance pas

Alors...
Alors voter pour moi
Voter Cauet

Au palais d'l'Elysée j'vais tout casser
Tout transformer pour faire la bringue bringue bringue
Dans mon bureau j'mettrais l'chauffage à donf
Pour que les filles enlèvent leurs fringues fringues fringues
J'peux tout faire
J'serai président ...dent
J'veux être président
Cauet président
Oui président et pour longtemps

Oui parce qu'avec moi il y aura plus de quinquennat,
Il y aura plus de septennat,
Il y aura le "trentennat",
Je suis élu pour trente ans,
On fait tout péter,
J'suis même élu à vie,
Avec moi j'vais exploser l'Elysée,
On en fait une gigantesque piste de danse,
Vous serez invité tout les samedis soirs,
Avec moi la pollution c'est pas propre,
Le chômage j'suis contre
Et l'insécurité c'est pas gentil
Alors, alors, alors...
Si j'étais toi, j'voterai pour moi

Il veut être président ...dent
Il veut être président
Cauet président
Oui président et pour longtemps
Cauet président

Alors pourquoi tu voterais pas pour moi.




par morice vendredi 11 mai 2012 - 137 réactions
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