Cet article est en réponse à un texte du bloggueur Pneumatis sur le sujet qui réagissait à une émission de Radio Notre Dame (réécoutable en podcast sur le site de la Radio, ici à ce lien) du mardi 11 octobre où étaient invités entre autres Frigide Barjot et Daniel Hamiche.
image du Saint Sépulcre prise ici
De plus en plus, les catholiques en France subissent l'opprobre quasiment général dés qu'ils osent élever la voix contre l'époque et ses dérives parfois imbéciles, contredire le consensus mou général autour du vague humanitarisme prévoyant, à savoir un amalgame de lieux communs mollassons sur le thème de « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil si on me laisse faire ce que je veux ». On me dira, les catholiques osent rarement s'élever contre ce qui contredit leur foi, ils sont d'une timidité maladive, et n'affirment leur foi avec conviction qu'entre eux, ce qui ne sert pas à grand-chose.
Généralement, on oppose d'ailleurs aux catholiques qui élèvent la voix ce verset de l'Évangile qui voudrait qu'ils tendent l'autre joue en cas d'offense, en plus de leur jeter à la figure l'Inquisition, la Saint Barthélémy ou que sais-je encore.
De leu demander de tendre forcément l'autre joue, ce serait les confondre avec des moutons prêts à tondre, ce qu'ils ne sont pas.
Ils se contentent de grands discours un peu creux, mièvres et sans trop de fond, et finissent souvent par sombrer dans un relativisme de leur propre foi. C'est parfois compréhensible et humain. La pression de la société est énorme, et il arrive qu'elle conduise à faire preuve malheureusement d'une certaine lâcheté pour ne pas perdre le lien que l'on a avec les autres.
Ces cathos de service très très gentils qui parlent tout le temps de dialogue, en oublient que pour qu'il y ait dialogue, toujours est-il qu'il faut que l'autre en face soit d'accord.
Quand le Pape parle du préservatif et des mœurs modernes sur le sujet, émettant des doutes sur le bien-fondé de comportements qui sont des comportements à risque sur le plan physiologique et moral, relayé par les croyants et les prêtres, le hourvari est général car au fond c'est tout ce qui intéresse ces contradicteurs, à savoir, n'avoir aucun frein à la satisfaction de leurs pulsions égo-centrées. On se demande d'ailleurs en quoi l'opinion du Pape compte vraiment pour des gens se prétendant libéraux sur le plan de leur vie privée, libre de toutes attaches.
Prenons garde à ne pas sombrer dans l'abstraction et l'intellectualisation de la foi, la vérité est dialogante si l'interlocuteur accepte ce dialogue, s'il veut s'ouvrir un minimum, or, c'est là que le bât blesse le plus souvent.
Cela me rappelle ces chrétiens qui à Jérusalem voulaient absolument dialoguer avec les juifs et/ou avec les musulmans. Ceux-ci sont souvent naturellement accueillants ce qui poussait à une confusion et laissait croire à une ébauche de dialogue, mais sur le fond, juifs et musulmans disaient en grande majorité, à de rares exceptions, clairement et nettement :
« Bien sur que nous pouvons dialoguer sur la foi, si vous commencez par abjurer le christianisme ».
Beaucoup de chrétiens recherchant ce dialogue faisait surtout des concessions en affirmant par exemple que nous avions le même dieu, ce qui est faux, le dieu des juifs n'est pas le dieu des musulmans qui n'est pas le dieu des chrétiens.
Autre exemple, la plupart des incroyants acceptent le dialogue avec les catholiques, il y en a souvent dans les groupes d'étudiants à la fac, de ces "cathos de service", à condition que ceux-ci n'affirment pas trop de choses exigeantes sur le plan moral et restent finalement bien dans le moule sociétal actuel, on les écoute, tant qu'ils ne gênent pas. Or, la foi n'est pas de la guimauve, c'est de la TNT. Une foi qui ne dérange pas les certitudes, c'est de la guimauve.
En Terre Sainte, j'ai pu le constater un peu plus chaque jour, ce dialogue n'est pas dans les grandes déclarations, les attitudes volontaristes, il est dans les petites choses, les gestes, les attentions, toute chose que les chrétiens de France ne savent plus faire naturellement, il leur faut passer par une intellectualisation.
A Jérusalem, je me souviens de ces séminaristes nous demandant :
« De quoi devons nous parler aux musulmans pour entamer le dialogue ? De la transsubstantiation ? De la Trinité ? etc... » .
Nous répondions à chaque fois qu'il convenait plutôt de commencer en disant bonjour, en offrant un café, un thé, et que le reste viendrait.
image de la Basilique de Bethléem prise ici
Cette rencontre de l'autre était pratiquée par les chrétiens d'Orient qui plaçaient les étrangers à leurs paroisses au premier rang, sans se poser de questions. En France, il serait bon d'entendre moins de bonnes intentions et plus d'actes de ce genre, sans ostentation.
Il ne s'agit pas dans un dialogue de se poser comme "supérieur", surtout pour un chrétien qui en théorie se reconnait pêcheur, mais avoir la Foi c'est déjà s'être ouvert, au moins un petit peu, à une personne qui est Dieu, et à l'autre. De plus, il ne s'agit pas pour un chrétien de "convaincre", mais d'aider ceux que nous rencontrons à s'ouvrir eux aussi à ce sens de l'autre, ce qui ne passe pas par des bonnes paroles ou des réflexions intéressantes et élevées, mais dans des petites choses bien concrètes.
Des personnes qui ne sont pas chrétiennes pratiquent déjà cet accueil de l'autre, mais sans la conversion du cœur à Dieu, pour un chrétien, cela ne va pas totalement jusqu'au bout. Dans les intentions de prières, d'ailleurs, on demande souvent que les dirigeants soient ouverts à la justice et à la paix, ce qu'ils ne seront pas sans conversion.
On aimerait en ce moment qu'au moins les catholiques de France évoquent le sort des chrétiens d'Orient, qui au lieu de connaître un sort idyllique dans les terres qui ont connu le « printemps arabe » subissent plutôt de plus en plus de persécutions.
Les européens, les français, n'en ont pourtant rien à faire des souffrances des chrétiens coptes en particulier, et orientaux en général, à quelques exceptions près. On parle d'"affrontements entre coptes et musulmans" dans les médias, ce qui est une bonne blague. On ne veut pas trop s'impliquer par manque de courage.
Les français sont en règle général complètement indifférents au sort de ces croyants persécutés de fait, catholiques à 40%, orthodoxes à 60%. Ils sont très rarement évoqués dans les paroisses, les groupes de prière, de catéchisme, où l'on parle de beaucoup de choses sauf de ces frères dans la foi, où l'on évoque d'autres fêtes religieuses en oubliant la persécution des chrétiens arabes.
Je croyais que le fameux "Printemps arabe" allait amener un vent de démocratie et de tolérance sur le Proche Orient. il semble qu'il risque d'amener surtout au pouvoir des islamistes un peu partout, et de la haine contre les coptes, les grecs-catholiques, les syriaques et les melchites. Mais cela, il ne faut pas trop le dire, les minorités chrétiennes n'ayant visiblement pas le droit à quelque compassion là-bas comme ailleurs,

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