Suite aux différentes affaires « théâtrales » et « théâtreuses » qui font du bruit en ce moment, l'on observe surtout une chose quant au traitement de celles-ci par les médias mais aussi par différents observateurs, les personnes osant protester contre les torrents de boue renversées contre leur foi sont toutes montrées et désignées à la vindicte comme des intégristes, des croyants radicaux.
Ces croyants, certes, il font de la publicité aux pièces qui les provoquent, mais il me semble qu'il est légitime de montrer son opposition dans le cas où une personne ou un groupe de personnes trainent dans l'opprobre ce en quoi vous croyez. De plus, a contrario, cela permet aux catholiques de remettre leur foi au centre de la cité tout comme la personne du Christ en pleine lumière.
On lui rétorque le plus souvent que n'étant pas parfaits et que comme les chrétiens en général et les catholiques en particulier se sont souvent mal conduits au cours de l'histoire, comme si les catholiques actuels selon une loi du talion non dite étaient responsables des errements de leurs aînés, on leur intime le fait qu'ils feraient mieux de se taire et de balayer en somme devant leur porte car en plus ils sont loin d'être parfaits, ce qu'ils savent déjà, le Christ le leur répétant déjà dans l'Évangile, que si leur foi était grande comme un grain de moutarde, qui est tout petit, ils feraient des miracles extraordinaires.
Et c'est justement du fait de leur faiblesse, et de la conscience qu'ils en ont que sont choisis les apôtres.
Enfin l'imperfection des uns n'excuse pas celle des autres, ne le compense pas.
Reprocher de ne pas être irréprochables aux catholiques consiste finalement à mettre en balance deux éléments qui ne sont pas comparables et bien sûr à se poser en juge moral, en inquisiteur, ce que l'on reproche par ailleurs paradoxalement, aux croyants se disant dans l'Église :
Ces catholiques qui défilent dans le calme, débattent avec Jean-Michel Ribes, ou qui prient à Notre Dame, ainsi vendredi soir, n'ont pas la prétention d'être parfaits ou mieux que les autres.
Ils n'ont d'ailleurs que deux certitudes :
Celle de leur faiblesse spirituelle et celle de leur petitesse, et celle également de l'amour divin qui est là selon leur foi pour les soutenir.
Visiblement, ceux qui les injurient, raillent leur croyance et montrent leur haine ne se sentent pas petits du tout.
Les catholiques ne sont pas des cathares, il n'y a pas de « parfaits » chez eux.
On peut de toutes façons tout remettre en question tout le reste, l'historicité des lieux saints, de l'Évangile. A Jérusalem, à Behtléem et dans toute la Galilée, ils sont il est vrai tous faux à 95% à cause en particulier des croisés qui se sont trompés sur l'emplacement de ces endroits, et les mesures des distances, confondant les pieds et les lieues entre autres.
Archéologiquement parlant, il faut dire aussi que parfois les véritables emplacements sont simplement un peu plus loin ou un peu plus bas.
En regardant la « Grande librairie » jeudi dernier, j'entendis encore Jean-Christian Petitfils auteur d'un livre sur le Jésus « historique » annoncer comme de grandes découvertes le fait que le Christ n'était pas né en 0, qu'il n'était pas né à Bethléem mais certainement à Nazareth, toutes choses que l'exégèse catholique connait depuis fort longtemps déjà, bien avant Renan lui-même (et sa « Vie de Jésus »), et qui ne remet strictement rien en question quant au contenu spirituel de l'Évangile. Petitfils n'est pas le premier, avant lui il y eut Jacques Duquesne et d'autres pour redécouvrir l'eau chaude.
Bien souvent, quand un catholique discute avec d'autres personnes qui ne le sont pas de sa foi, de ses pratiques, on lui oppose bien sûr pour commencer le fait que l'on aime bien les croyants, qu'on les respecte, mais que l'on n'aime pas les intégristes ce qui signifie souvent que toute croyance est assimilé à un intégrisme.
Je me suis souvent demandé à partir de quand l'on est intégriste aux yeux de ces gens, il semblerait que ce soit à partir du moment où un catholique ouvre la bouche, ou qu'il va à la messe régulièrement, voire pire, ô scandale, tous les dimanches, que cela suffit pour qu'il devienne un fondamentaliste.
Tant que sa pratique reste de l'ordre de l'intime et du privé, que ça ne sort pas de son premier cercle, cela n'a pas d'importance.
Tant que ça ne dérange pas en quelque sorte. Or, pas de chance, si un chrétien déjà a fortiori et un catholique encore en plus, garde sa foi pour lui tout seul, c'est qu'il n'a pas vraiment compris ce qui en fait l'essence. A savoir, la foi n'est pas une idéologie de gouvernement, ce n'est pas non une sorte de gym mentale pour se sentir bien dans sa peau, une catharsis par peur de la mort.
La Foi est une histoire d'amour pour un croyant catholique, entre Dieu et lui, et une histoire d'amour, ce n'est jamais parfait, il en est qui sont chahotiques, passionnés, violentes, furieuses, et d'autres qui sont douces, sereines et calmes.

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