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Les Chiens sont lachés

Lorsque même Jack Lang se demande si « nous sommes encore dans un état de droit », et qu’Hortefeux organise à Vichy des assises sur la politique d’immigration, choix surréaliste, une nouvelle étape vient d’être franchie.

C’est arrivé en France, il y a quelques jours, et le témoignage de patrick Poumirou, professeur, est accablant.
« Lundi 17 novembre 2008, 10h. 30,
Descente musclée de la gendarmerie dans les classes. Je fais cours quand, tout à coup, sans prévenir, font irruption dans le lieu clos de mon travail 4 gendarmes décidés, accompagnés d’un maître-chien affublé de son animal. Personne ne dit bonjour, personne ne se présente. Sans préambule, le chien est lancé à travers la classe. Les élèves sont extrêmement surpris. Je pose des questions aux intrus, demande comment une telle démarche en ce lieu est possible. On ne me répond pas, j’insiste, on me fait comprendre qu’il vaut mieux que je me taise. Les jeunes sont choqués, l’ambiance est lourde, menaçante, j’ouvre une fenêtre qu’un gendarme, sans rien dire, referme immédiatement, péremptoirement.
Le chien court partout, mord le sac d’un jeune à qui l’on demande de sortir, le chien bave sur les jambes d’un autre terrorisé, sur des casquettes, sur des vêtements. La bête semble détecter un produit suspect dans une poche, et là encore on demande à l’élève de sortir. Je veux intervenir une nouvelle fois, on m’impose le silence. Des sacs sont vidés dans le couloir, on fait ouvrir les portefeuilles, des allusions d’une ironie douteuse fusent.
Ces intrusions auront lieu dans plus de dix classes et dureront plus d’une heure. Une trentaine d’élèves suspects sont envoyés dans une salle pour compléter la fouille. Certains sont obligés de se déchausser et d’enlever leurs chaussettes, l’un d’eux se retrouve en caleçon. Parmi les jeunes, il y a des mineurs.
Dans une classe de BTS, le chien fait voler un sac, l’élève en ressort un ordinateur endommagé, on lui dit en riant qu’il peut toujours porter plainte. Ailleurs (atelier de menuiserie-charpente), on aligne les élèves devant le tableau. Aux dires des jeunes et du prof, le maître-chien lance : « Si vous bougez, il vous bouffe une artère et vous vous retrouvez à l’hosto ».
Il y a des allées et venues incessantes dans les couloirs, une grande agitation, je vois un gendarme en poste devant les classes. J’apprendrais par la suite qu’aucun évènement particulier dans l’établissement ne justifiait d’une telle descente.
La stupeur, l’effroi ont gagné les élèves. On leur dira le lendemain, dans les jours qui suivent qu’ils dramatisent. Ils m’interrogent une fois la troupe partie, je ne sais que dire, je reste sans voix. Aucune explication de la direction pour le moins très complaisante. Je comprends comment des gens ont pu jadis se laisser rafler et conduire à l’abattoir sans réagir : l’effet surprise laisse sans voix, l’effet surprise, indispensable pour mener à bien une action efficace, scie les jambes.
Ensuite, dans la journée, je m’étonne de ne lire l’indignation que sur le visage de quelques collègues. On se sent un peu seul au bout du compte. Certains ont même trouvé l’intervention normale, d’autres souhaitable.
Je me dis qu’en 50 ans (dont 20 comme prof), je n’ai jamais vu ça. Que les choses empirent ces derniers temps, que des territoires jusque là protégés subissent l’assaut d’une idéologie dure.
Ce qui m’a frappé, au-delà de l’aspect légal ou illégal de la démarche, c’est l’attitude des gendarmes : impolis, désagréables, menaçants, ironiques, agressifs, méprisants, sortant d’une classe de BTS froid-climatisation en disant : « Salut les filles ! » Alors que, bien sûr il n’y a que des garçons, les félicitant d’avoir bien « caché leur came et abusé leur chien ». A vrai dire des marlous, de vrais durs n’auraient pas agi autrement. C’est en France, dans une école, en 2008. Je me dis que ces gens-là, les gendarmes, devraient accompagner les gens, les soutenir, qu’ils devraient être des guides lucides et conscients. Au lieu de ça, investis d’un drôle de pouvoir, ils débarquent, on dirait des cow-boys, et terrorisent les jeunes ».


Pas de doutes, une étrange France est en train de montrer le bout de son vilain museau.
Entre cet ex-journaliste de Libération enlevé au petit jour, insulté, menotté, gardé 5 heures en garde à vue,
la volonté d’affaiblir le service public d’information en le privant de pub, sans lui donner les moyens de faire de bons programmes,
Celle de vouloir faire nommer le patron des programmes par le chef de l’état :
notre démocratie est en train de prendre eau de toute part.
comme disait un vieil ami africain :
« La où l’on s’aime, il ne fait jamais nuit ».
yahoo

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Les réactions les plus appréciées

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    Par aquad69 (xxx.xxx.xxx.34) 2 décembre 2008 15:15

    Bonjour Olivier,

    vous allez dire que je me répète mais, là encore, relisons "la Stratégie du Choc" de Naomi Klein qui nous prouve que ce genre d’action est bel et bien voulue et fait partie d’une méthode détaillée, définie et enseignée : ce n’est pas une dérive, le choc traumatique est une manière utilisée et très efficace pour soumettre les gens et les former à la servilité.

     Il y a encore deux ans, aucun cas de ce genre n’était mentionné en France : c’est nouveau chez nous, mais celà existe depuis longtemps aux Etats-Unis, où les services policiers ont parfois des manières beaucoup plus brutales qu’ici : il serait intéressant de chercher si les gendarmes dont vous parlez n’auraient pas suivi de stage ou de formation dans ce sens, et si ces formations ne seraient pas peu à peu généralisées dans notre pays.

    Le fait que, dans le cas que vous nous rapportez, l’équipe entière des gendarmes se soit comporté ainsi, de manière cohérente, le laisse penser...

    C’est bien sûr à rapprocher du cas récent de l’arrestation de Vittorio de Philippis : lié au journal "Libération", le sujet semble avoir été choisi précisément pour son potentiel médiatique, de manière à faire savoir à tout le monde quelles seront dorénavant les nouvelles méthodes policières systématiquement appliquées.

    Sachez-le : dorénavant, si vous n’adoptez pas dans vos rapports avec tout représentant des forces de l’ordre, et bientôt peut-être, tout représentant de l’Etat, l’attitude la plus soumise et la plus visiblement servile, si vous vous refusez à "collaborer", cad, par exemple, à dénoncer votre prochain, et si, par un dernier reste de dignité humaine, vous n’approuvez pas sans réserve toutes les stratégies et décisions d’Etat, si vous n’applaudissez pas immédiatement, vous vous retrouverez "opposant", cad instantanément "adversaire", et donc "délinquant !

    "Ceux qui ne sont pas avec nous sont contre nous" : c’est inhumain, mais glacialement logique... Et c’est une signature qui révèle bien l’origine des influences qui habitent ce gouvernement.

    Quand à mesurer l’efficacité de la chose, eh bien ! Nous verrons ce qui aura le plus tendance à se développer dans ce pays : le courage de s’opposer, ou la "collaboration" la plus lâche. Mais je suis pessimiste...

    Il est à craindre d’ailleurs que ce type d’évolution ne se limite pas à notre pays, et qu’il devienne petit à petit partout répandu : plus les ressources deviendront rares, plus la survie sera difficile et serrée pour chaque pays, et plus les lois martiales deviendrons "nécessaires" pour écraser toute critique et recherche d’alternatives dans une société de crises et de guerres perpétuelles.

    Lisez, lisez Naomi Klein : si un coup d’arrêt n’est pas mis à cette évolution, je ne serais pas étonné que, dans deux ou trois ans, on commence peu à peu à parler, dans ce pays aussi, de cas de tortures infligés systématiquement par des services officiels disciplinaires...

    Thierry

     



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    Par QuidNovi (xxx.xxx.xxx.30) 2 décembre 2008 15:02
    QuidNovi

    Merci pour ce témoignage effectivement ahurissant et qui ne laisse inaugurer rien de bon car quand on s’en prend ainsi à la jeunesse c’est dire le respect que le gouvernement a pour les reste de la population.
    Hélas les décideurs sont intelligents, ils savent que l’établissement d’un Etat policier ne va pas provoquer la colére puis la révolte mais plutôt la soumission et l’indifférence.
    Regardez comment les gens se laissaient massacrer dans les pogroms en Ukraine en 1941. Ils savaient qu’il allaient y passer en creusant leurs propres tombes alors que beaucoup d’entre eux auraiant survécus s’ils s’etaient soulevés en même temps face aux soldats nazis bien moins nombreux qu’eux mais ils ne se révoltaient pas et acceptaient patiemment l’idée de leur mort injuste et proche.
    Plus récemment regardez comment la population américaine, soumises à des attaques psychologiques incessantes de la part des programmes de télévision terrifiantes et catastophistes et des informations d’Etat, accepte ces états de faits, impuissante.
    Le pire ennemi de l’intelligence et de la lucidité est la peur. E les gouvernements de tout âge et de tout lieu l’ont bien compris. Et les petits moutons que nous sommes, paissont bien egoistement notre petit lopin d’herbe, indifférents nos semblables, dévorés par les loups ou happés par un ravin mortel.

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    Par cathy30 (xxx.xxx.xxx.121) 2 décembre 2008 13:16
    cathy30

    Cela fait le deuxième article que je lis dans ce genre cette semaine. Apparemment le gouvernement applique une politique de la terreur sur de nouveaux territoires. Si par hasard, quand ces étudiants seront en fac et qu’ils décideront de bloquer le pays par des grèves, ils vont y réfléchir à deux fois.
    La gendarmerie vient de passer sous le ministère de l’intérieur.

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    Par olivier cabanel (xxx.xxx.xxx.102) 2 décembre 2008 14:41
    olivier cabanel

    tu as raison,
    voici donc en prolongement le témoignage, dit avec ses mots, de cette jeune fille :
    Objet : Un papa un peu bouleversé et très en colère !!!
    "J’ai eu cette semaine un mail concernant un descente de police dans un lycée du Gers ...On a pu entendre aussi le témoignage sur France inter. J’étais absolument abasourdi par les méthodes utilisées….Mais vous savez parfois on se dit que les gens exagèrent dans leur témoignage…. Bref je reste interrogateur !
    Mais voilà que ce WE, j’accueille ma fille Zoé –elle a 13 ans- de retour du collège de Marciac.... Elle me raconte son mercredi au
    collège....colère à l’intérieur de moi.... révolte...... que faire ???
    J’ai demandé à Zoé d’écrire ce qu’elle me disait là. Elle a accepté.
    Voici donc son témoignage, avec ses mots à elle :
    « Il nous l’avait dit, le CPE, que des gendarmes allaient venir nous faire une prévention pour les 4ème et les 3ème.
    Ce mercredi là (19/11/2008), toutes les classes sont entrées en cours comme à leur habitude, en suivant les profs.
    A peine 10 minutes plus tard – nous étions assis-, deux gendarmes faisaient déjà le tour de la salle où nous étions. La prof avec qui nous
    étions, les regardait en nous disant « Ils font leur ronde !?? » . Elle n’était à priori au courant de rien bien sûr. Soudain , la porte s’est ouverte, laissant entrer deux gendarmes... Enfin non, pas exactement !!! Il y avait un monsieur chauve habillé en militaire ( le dresseur de chien en fait !) et un gendarme très gros.
    Le chauve nous a dit : « Nous allons faire entrer un chien ! Mettez vos mains sur les tables, restez droit, ne le regardez pas ! Quand il mord, ça pique ! »
    Enfin il a dit ça, à peu près... Je me rappelle surtout du « Quand il mord, ça pique ! »
    Après, il est sorti deux minutes et est revenu avec deux autres gendarmes et le chien. Les gendarmes se sont placés aux deux extrémités
    de la classe tandis que le dresseur regardait son chien déjà à l’œuvre. Le chien s’appelait Bigo. Bigo s’est acharné sur plusieurs sacs, en mordant et arrachant tout ce qui dépassait. Quand à la prof, elle restait derrière son bureau bouche bée.
    Le chien s’est attaqué au sac de mon amie, à coté de moi. Le dresseur a claqué des doigts en disant : « Sortez mademoiselle, avec toutes vos affaires ! » Elle a rangé son sac, s’est levée et s’est apprêtée à sortir mais le dresseur l’a repris vite : « Et ton manteau ! » Elle a rougi et emporté aussi son blouson.
    Plusieurs personnes de la classe sont ainsi sorties. Le chien vient alors sentir mon sac. Voyant que le chien ne scotchait pas, que rien ne le retenait là, le dresseur lui a fait sentir mon corps avant de s’empresser de me faire sortir. Dehors m’attendait une petite troupe de gendarmes... Enfin, non, pas dehors : nous étions entre deux salles de classe.
    Me voyant arriver, ils se dépêchèrent de finir de fouiller une autre fille. Mon amie était déjà retournée dans la classe. Quand ils eurent
    fini, ils s’emparèrent de mon sac et le vidèrent sur le sol. Un gendarme me fit vider les poches du devant de mon sac. Il vérifia après moi. Je n’étais pas la seule élève. Avec moi, il y avait une autre fille qui se faisait fouiller les poches par une gendarme.
    Ils étaient deux gendarmes hommes à la regarder faire. Le Gendarme qui fouillait mon sac vida ma trousse, dévissa mes stylos, mes surligneurs et cherchait dans mes doublures.
    La fille qui était là fouillée elle aussi, se fit interroger sur les personnes qui l’entouraient chez elle. Elle assurait que personne ne
    fumait dans son entourage. Ils la firent rentrer en classe.
    C’était à mon tour ! La fouilleuse me fit enlever mon sweat sous le regards des deux autres gendarmes.....
    Je décris : Un gendarme à terre disséquait mes stylos, un autre le surveillait, un autre qui regardait la fouilleuse qui me fouillait et le reste de la troupe dehors. Ne trouvant rien dans ma veste, elle me fit enlever mes chaussures et déplier mes ourlets de pantalon. Elle cherche dans mes chaussettes et mes chaussures. Le gars qui nous regardait, dit à l’intention de l’autre gendarme : « On dirait qu’elle n’a pas de hash mais avec sa tête mieux vaut très bien vérifier ! On ne sait jamais... »
    Ils ont souri et la fouilleuse chercha de plus belle ! Elle cherche dans les replis de mon pantalon, dans les doublures de mon tee shirt sans bien sûr rien trouver. Elle fouilla alors dans mon soutif et chercha en passant ses mains sur ma culotte ! Les gendarmes n’exprimèrent aucune surprise face à ce geste mais ce ne fut pas mon cas !!!!!!
    Je dis à l’intention de tous « C’est bon arrêtez, je n’ai rien !!!! »
    La fouilleuse s’est arrêtée, j’ai remis mon sweat et mon fouilleur de sac m’a dit : « tu peux ranger ! ».
    J’ai rebouché mes stylos et remis le tout dans mon sac et suis repartie en classe après avoir donner le nom du village où j’habite.
    De retour en classe, la prof m’a demandé ce qu’ils ont fait. Je lui ai répondu qu’ils nous avaient fouillé. Je me suis assise et j’ai eu du mal à me consacrer au math !
    Tout ça c’est ce que j’ai vécu mais mon amie dans la classe à coté m’a aussi raconté.
    Le chien s’est acharné sur son sac à elle et elle a eu le droit au même traitement. Mais ses affaires sentaient, alors ils l’ont carrément
    emmené à l’internat où nous dormons. Le chien s’est acharné sur toutes ses affaires m’a t-elle dit. Le gendarme lui a demandé si elle
    connaissait des fumeurs de hash, vue qu’ils ne trouvaient rien. Elle leur a simplement répondu que le WE dernier elle a assisté à un concert !
    Le CPE l’a ramené ensuite au collège et elle m’a raconté.
    Après les cours, le principal a rassemblé tous les élèves et nous a dit que bientôt allait avoir lieu une prévention pour tout le monde.
    Une prévention ? Avec des chiens ? Armés comme aujourd’hui ?
    Une élève de 4ème nous a dit que le chien s’est jeté sur son sac car il y avait à manger dedans. Elle a eu très peur.
    Les profs ne nous en ont pas reparlé....Ils avaient l’air aussi surpris que nous !
    Tous les élèves de 3ème & 4ème ont du se poser la même question : Que se passe t il ?
    Et tous les 6ème et 5ème aussi même si ils n’ont pas été directement concernés ! »
    Zoé.D.R

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