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Les deux ennemis du libéralisme

livres_liberaux2Les libéraux, aujourd’hui, ont deux combats à mener. Le premier contre tous les socialistes et étatistes, le second contre leurs faux amis qui, croyant bien faire mais n’ayant pas pris la peine d’approfondir le sujet, dénaturent le libéralisme ou le figent dans un moment de l’histoire des idées et des hommes.

Ainsi, Pierre Marcabru, sortant de son cercle cinématographique, dans Le Figaro du 10 juin 2006, sous le titre : « Peut-on être libéral ? », et voulant, selon ses propres mots, entreprendre « une humble défense du libéralisme » lui fait plus de mal que de bien. Ne rien dire eût été plus sage. Ecrire, comme il le fait, une histoire du libéralisme à partir de quelques penseurs du XVIIIe et XIXe siècles, c’est le limiter dans le temps et dans l’esprit. Montesquieu, Madame de Staël et Benjamin Constant ne sont pas les premiers libéraux, ou plus exactement ne sont pas à la racine de l’humanisme libéral. De plus, Raymond Aron n’est pas le dernier penseur du libéralisme, comme beaucoup de gens l’écrivent trop souvent.

Il faudrait que nos plumitifs hexagonaux rejettent le carcan des 35 heures et se mettent à travailler davantage. Notamment en lisant les oeuvres des libéraux modernes, qui sont plus nombreux qu’on le croit : les Français : Pascal Salin, Bertrand Lemennicier, Henri Lepage, le regretté Jean-François Revel, Philippe Nemo, Patrick Simon, Jean-Yves Naudet, Jacques Garello, pour n’en citer que quelques-uns ; les étrangers : Gary Becker, Hernando de Soto, Hayek bien sûr avec les membres de la Société du Mont Pèlerin, l’école des « choix publics » américaine. En évitant les cocktails mondains au profit des colloques et séminaires libéraux, beaucoup de ceux qui nous veulent du bien prendraient conscience d’un monde qu’ils paraissent ignorer, à savoir la richesse de la pensée libérale au XXIe siècle, et n’écriraient plus d’âneries du genre : « On peut être libéral et trouver dans le domaine économique l’intervention de l’Etat juste et nécessaire. »

Alain Madelin a coutume de dire que l’idée libérale est comme la monnaie : la mauvaise chasse la bonne. Que les hommes, voulant nous défendre, cessent d’orner leur cervelle d’idées convenues, dépassées et parfois fausses. Car, en donnant au public une image erronée du libéralisme, ils sont finalement aussi dangereux, pour lui, que les idéologues collectivistes.

Serge Weidmann

par Serge Weidmann (son site) jeudi 15 juin 2006 - 52 réactions
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