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Les élus, c’est dépassé, on peut désormais s’en passer

Il avait fallu des élus, pour diverses raisons. Et ces raisons sont devenues de moins en moins valable. On peut désormais concevoir un système de gouvernance différent. Il n’y a rien à casser mais ça va faire du ménage quand même. Peut-être même du rififi.

Ce n’est que sous Jules Ferry, disons progressivement après 1882 que les Français se sont mis à parler français. Jusqu’en 1800, chacun ne parlait que son patois et seuls les aristocrates, le clergé et quelques rares échappés de la plèbe, parvenaient à se comprendre, y compris au-delà de nos frontières puisqu’à l’étranger on parlait aussi bien le latin que le français de Versailles. Compter, écrire, lire, c’étaient des choses que la plupart des Français étaient incapables de faire. Les cahiers de doléances étaient rédigés par des lettrés, en toute logique, et ils n’étaient pas très nombreux.
 
Il n’est pas difficile de comprendre que pour les paysans qui représentaient la grosse masse populaire, il leur fallait bien s’en remettre à ceux qui savaient lire et écrire. 
 
Vous m’avez compris, il fallait des élus instruits pour discuter des choses importantes avec le roi, les évêques, le gratin.
 
La situation, sur ce plan, a énormément évolué. Il n’est pas excessif de dire que bien des élèves ont dépassé les maîtres tant il y a de savants dans les couches populaires.
 
Ne perdons pas de vue que le principe des colonisateurs consistait à invalider les langues locales pour faire prévaloir la leur et ainsi tenir à distance les érudits locaux. Mais, en particulier dans les colonies françaises, l’instruction en français y étant devenue obligatoire, il n’a pas fallu des siècles pour que les locaux, instruits des nouveaux enseignements, prennent le destin de leur pays en mains (et parfois même chez le maître : Ho chi Minh a fait partie du petit groupe qui avait fondé le parti communiste français, en France donc)
 
Alors, mutatis mutandis, ce qui s’est passé dans les colonies devrait se passer en France et il est bizarre que ce ne soit pas déjà le cas. C’est qu’il ne viendrait pas à l’idée d’un élu voire même d’un candidat à une élection de dire qu’il ne sert plus à rien.
 
Internet sera forcément l’outil principal de ce changement. Non seulement parce qu’il est un outil qui permet à chacun de tout voir et contrôler en temps réel mais aussi et surtout parce qu’il est en train d’uniformiser le savoir et la langue.
 
Alors qu’il y a 30 ans, il y avait encore des gens qui pratiquaient un discours universitaire compris des seuls initiés (oh la la, Lacan, toi et tes mystères ! ) c’est désormais révolu. Voyez-vous encore un seul intellectuel tenir un langage incompréhensible ? Il n’y en a plus puisqu’ils veulent tous vendre leurs livres au plus grand public possible. C’est à peine si Alain Finkielkraut parvient à nous surprendre quelques fois par quelques obscures formulations. Non vraiment, nous comprenons tous tout ce qui se dit. 
 
Il est temps de réaliser que nous pouvons désormais décider nous-mêmes des recettes et des dépenses de l’Etat au lieu de nous contenter de critiquer et d’aller voter une fois tous les 5 ans.
 
La chaîne parlementaire nous montre en direct ce qui se passe au parlement. Pourquoi avons-nous encore besoin d’un représentant sur place pour voter à notre place alors qu’il ne vote jamais exactement comme nous le voulons ?
 
Nous pouvons faire nos déclarations d’impôt en ligne et en live avec un certificat d’authentification et un accusé de réception en retour. C’est un système sûr et nous le pratiquons alors qu’il s’agit de choses pour lesquelles la moindre erreur pourrait nous coûter très cher. Alors pourquoi ne pas voter par Internet ?
 
Passons sur les problèmes techniques, piratage etc. Il y a des solutions suffisamment sûres et si d’aventure il y avait une erreur ou un piratage sur le compte d’une ou de trois personnes sur les millions de votants que nous sommes, ça ne sera pas une catastrophe puisque les votes actuels se jouent très souvent aux alentours des 50/50 ; un coup c’est oui, un coup c’est non.
 
Il y a la question des propositions. Qui va les faire s’il n’y a plus de députés, peut-être même plus de ministres puisque tout sera refondé et reconsidéré à l’aune de cette révolution ?
 
Nous, pardi ! C’est nous et personne d’autre qui ferons les propositions de loi, de budget, de nominations, y compris de Légion d’honneur.
 
Il y aura des forums, des méta forums où les propositions les plus choyées seront présentées, et c’est là que nous voterons. Exit le Palais Bourbon (je ne vous dis pas les économies de cigares, de voitures et de garde républicaine). 
 
Ne tremblez pas.
 
Qu’avez-vous vu passer comme sujet politique, économique, social, sur lequel vous vous seriez sentis dépassés ? Aucun. Sur tout et toute chose, vous avez eu votre idée et vous auriez pu la faire valoir.
 
Faut-il faire la guerre en Afghanistan ? Là il nous manque tout de même des billes. Nous ne savons pas ce que se disent les chefs, les présidents. Nous pourrions en toute méconnaissance, décider de la faire (ou de ne pas la faire) sans savoir que le chef des USA détient telle ou telle info capitale à savoir. 
 
Il semble, ça reste à débattre, qu’il restera toujours une niche de secret d’Etat à maintenir (ne serait-ce que pour la position de nos sous-marins ou le fameux code de la bombe) Il se pourrait bien qu’il faille conserver un président et qu’il aura à gérer les secrets diplomatiques (libération d’otages inclus, évidemment)
 
Mais à part cette sphère de la diplomatie internationale, le reste, qui nous concerne au premier chef, et que gère actuellement le Parlement, nous pouvons nous en occuper directement.
 
Ce que je dis de l’Etat, vaut évidemment pour toutes les collectivités. Je ne vois pas pourquoi, pendant un conseil municipal, il se prend des décisions à 2 h du matin sans qu’aucun citoyen ordinaire n’en soit prévenu.
 
Il est évident qu’une telle révolution obligera à quelque chose que les Français n’apprécient pas, la transparence. Ils la veulent bien pour les autres mais pas pour eux.
 
Quand on dépose un permis de construire, on a l’habitude, bien qu’il faille l’afficher, d’être cachotier. Les uns espèrent pouvoir séduire ou soudoyer tel ou tel responsable pour avoir un petit ou gros passe-droit, les autres espèrent qu’on n’ira pas chipoter les places de parking qui leur manquent, etc.
 
Faudrait savoir, on veut de la transparence, on veut que cesse la corruption ou pas ?
 
Accepter de changer de régime n’est pas facile. J’ai déjà eu l’occasion de le dire, chacun de nous a besoin de se distinguer, loi de la sélection naturelle oblige. Alors l’air de rien, le bazar, la jungle, du moment qu’on est né dedans, on en a besoin pour se défaire des rivaux en se montrant plus malin qu’eux. Avec cette révolution, une énorme jungle disparaîtra (on connaîtra et on votera les salaires de tous les fonctionnaires) ce sera celle du secteur public, celle où vont nos impôts. Ne vous inquiétez pas, nous aurons tôt fait d’inventer une nouvelle jungle où chacun de nous pourra exercer ses talents et s’y distinguer mais il ne s’agira plus des deniers publics. Voilà le deuil à accepter de faire, voici le renouveau qui nous tend les bras.
 
Il me semble, mais nous verrons avec les idées que vous n’allez pas manquer d’apporter, qu’il faudra conserver la présidence, avec ses secrets diplomatiques et militaires (sauf les dépenses qui elles nous serons connues et sous notre contrôle) ainsi que tous les ministères (ils deviendront bien plus administratifs que politiques) car il faut bien des gens pour mettre à exécution nos décisions.
Nous devrons probablement conserver le système judiciaire à peu près comme il est. Il me semble qu’il ne serait pas sain ni possible que chaque affaire judiciaire soit traitée directement par le peuple. Les procès, les jugements se tiendront probablement comme actuellement, c’est-à-dire, pour les affaires privées en tous cas, avec une certaine discrétion.
 
Concernant les comptes de la Nation, les dépenses, les recettes, tout sera affiché sur nos écrans en temps réel, du coût en carburant du Charles de Gaulle à l’encaissement de chaque PV. Ce qui n’oblige nullement chacun de nous à rester l’œil rivé dessus en permanence pour autant. Mais en moyenne, avec des Morice et les François de Closet à la pelle, je pense que rien d’anormal ne nous échappera.
 
On s’est habitué à fonctionner par secousses, 5 années à droite, 5 ou 10 années à gauche, etc.
 
Et bien nous allons désormais faire fonctionner l’Etat sans aucune secousse. Exemple : aujourd’hui on vote pour poser la date de fixation du SMIC. Puis des tas de forums vont en discuter. Le jour venu, on vote et ça semble plutôt gauche. Le lendemain, il y a à voter pour le crédit impôt recherche, son taux, ses conditions, sa durée, etc. on vote et ça semble plutôt de droite. Et alors ? Alors rien de spécial, c’est comme au Parlement actuel, il suffit que quelques élus de droite soient absents pour qu’une proposition plutôt gauche passe et inversement. Et comme actuellement, plus qu’actuellement même, nos votes peuvent nous engager pour des durées très importantes.
 
Alors qu’actuellement la droite vote le bouclier fiscal, elle est incapable, quoi qu’elle en dise, de garantir son maintien au-delà de la fin de sa mandature. Comme dans le nouveau système, il n’y aura pas d’élections parlementaires tous les 5 ans, nous pourrions offrir des garanties bien plus longues sur nos votes. Si nous votons pour un bouclier, nous pourrons choisir sans aucune contrainte spéciale, sa durée de validité. Notre pays sera le plus stable du Monde.
 
Bien qu’il soit très probable qu’une fois ce système mis en place chez nous, d’autres pays en feront autant. Ce qui nivellera les problématiques et réduira très probablement les nécessités du secret diplomatique.
 
Je ne développe pas davantage, nous le ferons ensemble, si ça vous intéresse.
 
Je ne doute pas un instant qu’une telle idée va en suffoquer plus d’un. Ce genre d’idée provoque le même effet que celui provoqué en 1789 quand il s’était agit de renverser le symbole du pouvoir royal. La grande majorité des gens, au début, sont restés interdits "M’enfin c’est pas possible, vous êtes tombés sur la tête, vous ne vous vous rendez pas compte, etc". Et progressivement, de plus en plus de gens y ont cru et s’y sont mis. mais voilà, ils se sont tout de même planqués derrière des représentants.
 
Il faut donc du courage ou plutôt du culot. (Coluche en serait, sans aucun doute)
 
D’autre part et nonobstant le réflexe de peur dont je viens de parler, il y aura des résistances, surtout de la part des édiles. Je vois mal un député, même vert, nous rassurer en nous disant qu’en effet, c’est non seulement possible mais même souhaitable. Certains ne se rallieront à l’idée qu’une fois qu’elle aura commencé à s’installer dans la tête des gens et qu’ils en entendront les retours. 
 
Et puis, si vraiment ça vous fait trop peur, il n’y a qu’à commencer avec une commune de 300 habitants. 
 
Pourquoi les 300 habitants d’une commune, au nombre desquels figurent les actuels dirigeants, seraient-ils incapable de gérer leur commune collectivement et directement alors que tous y participent y compris ses actuels dirigeants ?
 
On n’est pas du tout dans un plan à la Pol Pot là. On élimine les représentations, pas les personnes, alors ne vous inquiétez pas, Nicolas Sarkozy et sa bande seront toujours là. Si on ne sait pas quoi décider et bien il suffira de suivre leur avis.
Si Jean Sarkozy peut diriger l’Epad, nos fils réunis peuvent le faire aussi.
 
L’époque des représentants est révolue.
 
par easy vendredi 16 juillet 2010 - 106 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Alpo47 (xxx.xxx.xxx.203) 16 juillet 2010 11:02
    Alpo47

    Je ne sais si votre proposition est réalisable, mais félicitations pour votre créativité et votre souci d’apporter des idées novatrices. C’est cela qui nous manque : Un système alternatif à opposer à l’actuel.
    Premier obstacle, tout changement passe par une décision des actuels élus. 0r, il serait étonnant qu’ils scient d’eux même la grosse branche sur laquelle ils reposent.

  • Par easy (xxx.xxx.xxx.174) 16 juillet 2010 14:06
    easy


    Bonjour Jean Fred,
    Votre petite réflexion est lourde de sens.

    Quand on voit devant soi, l’option ouverte pour passer à la démocratie directe et qu’on prône une temporisation, un passage par la démocratie participative, on témoigne de l’effarement que le fait de piloter désormais l’avion, représente pour soi.

    A part une ou trois personnes par vol (lesquelles sont ou ne sont pas capables) aucun des passagers n’envisagerait de prendre les commandes de sa seule initiative, surtout si le commandant proteste et affirme qu’il est le seul à pouvoir le faire. Alors que si le commandant fait un malaise, qu’il appelle au secours tous ceux qui ont un peu piloté, c’est 15 passagers qui se pointeront vers la cabine et qui seront gonflés à bloc par le commandant ainsi que l’assistance au sol.

    Le pouvoir est un jeu de dupes. Quand on le tient, on serait idiot de démontrer qu’on pourrait être remplacé par n’importe qui. Il est sidérant, si on veut bien y penser, qu’aucune personnalité politique, pourtant non spécialiste de tout, pourtant consciente qu’il y a des gens très compétents parmi les sans-noms, ne laisse entrevoir qu’elle est remplaçable. C’est fou qu’un type, en Corée du Nord, soit capable de faire avaler à des millions d’habitants que personne ne peut faire mieux que lui, quand bien même il serait sénile.

    La démocratie participative reste encore et toujours élitiste. Je vois que les édiles qui en parlent sont aussi prompts que les autres édiles pour clouer le bec à un intervenant en usant de leur autorité. L’autoritarisme, cette main que je tribun lève face à l’intervenant en affichant une moue de mépris ou en faisant ses gros yeux, c’est cela que la démocratie directe abolit.

    Dans une démocratie participative, on verrait encore, mlors des réunions, des chefs avec des manières à la Sarkozy ou à la Charles Pasqua ; dans une démocratie directe non.

    Le pouvoir est une théâtralisation, c’est une comédie. Il est impossible de prendre le pouvoir sans afficher un bazar de gestes et de rodomontades. Ca fait que nous élisons le plus théâtral des candidats. (très rares sont les exceptions, Mandella, Ho Chi Minh, Gandhi seraient de ceux-là)
    Il ne faut plus réagir ou fonctionner en fonction du cinéma et de la gestuelle que nous offre un politique. Il faut en finir avec les émissions ou les conférences spectacles. Nous sommes infiniment trop près de ce qui se passait en Allemagne et en Italie en 1936 où deux types impressionnaient les foules en brandissant leur poing. 

    Sur AV, il n’y a pas de grande gueule qui, par ses moulinades ou sa grosse voix, est susceptible d’empêcher un timide ou un bègue de dire ce qu’il a à dire. Et bien c’est ainsi que nous devrions réorganiser notre démocratie.

  • Par easy (xxx.xxx.xxx.174) 16 juillet 2010 12:01
    easy


    Qui parle d’entente ? Qui a dit qu’il fallait qu’une Assemblée de 20 , 700 ou 60 000 000 de votants devait forcément et toujours s’entendre ?
    Qui croit qu’il faut 100% des voix pour qu’une proposition soit votée ?


    Vous êtes dans la bouteille actuelle et avez du mal, c’est bien normal, à voir à quoi elle ressemble de l’extérieur.

    Lorsque de l’extérieur de la monarchie, nous regardons maintenant ce qui s’est passé en 1789, on voit très bien qu’avant les gens disaient exactement ce que vous dites "Quoi, un régime parlementaire ? C’est totalement impossible car les gens ne s’entendront jamais" et qu’après, ils ont découvert qu’en gouvernant à 700, il n’était pas obligatoire de s’entendre. Il suffit que se dégage une moindre majorité, une voix de plus et hop les discussioins sont closes et on passe à un autre sujet.
    Qu’une assemblée de coproprios dure 20h, si les gens ont envie de faire durer les débats, pourquoi pas. Mais si à la dixième minute, le président met aux votes, les décisions sont entérinées à la douzième minute.
    30 millions de personnes qui votent par Internet depuis chez eux en live et au top, ça peut même aller plus vite que ce qui se passe entre nos élus qui ne cessent de brailler et de sortir pisser ou fumer un cigare. 

    Exemple concret : Là, sur Avox, il y a des sujets abordés, Et sur ces sujets pleuvent des - et des +. Automatiquement, quoi qu’on fasse, à la clôture du sujet, il a totalisé des points et il s’est dégagé une majorité. Comme quoi, il peut y avoir mille avis différents, le principe du vote tranche de façon algébrique et indiscutable. 


    Tiens, cet article sur lequel nous discutons et où il y aura des tas d’avis différents, bin par le principe tout bête des + et des - on pourrait constater, à sa clôture, que l’idée est refusée ou adoptée. 


    Paradoxalement, il est bien plus difficile pour un monarque de trancher sur une décision (alors que comme tout individu, il est intimement partagé) que pour une assemblée. Et plus cette assemblée est grande, plus le tranchage à 50 est probant. Parce que tout repose sur lui et qu’il est hésitant, un monarque peiut lambiner des mois, des années avant de trancher et encore ne trancherait-il qu’à moitié. 

    Le principe de la démocratie directe et par Internet élimine la valse hésitation et les pertes de temps. 

    Un individu hésite ; un groupe d’individus qui fonctionne à 50 plus une voix, n’hésite jamais.


     

  • Par foufouille (xxx.xxx.xxx.248) 16 juillet 2010 11:18
    foufouille

    "Non vraiment, nous comprenons tous tout ce qui se dit. "
    faux, sinon on aurait pas sarko
    les gens ne sont pas egaux

    il sufit de lire les decrets d’aplication pour voir que chaque ayant un sens precis, il faut relire plusieurs fois pour trouver les pieges

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