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Les femmes : moins violentes que les hommes ?

Une étude récente fait apparaître la dissymétrie sexuelle massive de la population carcérale en France. Les femmes ne représentent que 3,4% de l’ensemble des personnes emprisonnées. En Suisse le pourcentage est légèrement plus élevé : 7,8% des personnes ayant subi une peine d’incarcération selon les statistiques de 2010. Soit environ une femme pour douze hommes.

violence,violence conjugale,violence féminine,femmes,hommes,féminisme,père,mère,coline cardi,geneviève pruvost,famille,infanticide,Au père la violence, à la mère le pardon

Cette dissymétrie serait-elle un indicateur d’une réalité sociologique ? Les hommes commettent-ils davantage de délits et de crimes que les femmes, et partant seraient-ils plus violents que celles-ci ? Deux sociologues françaises, Coline Cardi et Geneviève Pruvost, viennent de publier une étude : « Penser la violence des femmes ». Le blog Les 400 culs en fait une excellente synthèse.

Les auteurs considèrent qu’en réalité la violence féminine est un tabou sociétal fort. Comme le résume Agnès Giard, auteur du blog : « Dans l'imaginaire collectif, la violence masculine est rationnelle, parce qu'elle s'inscrit dans une logique de défense du territoire : le mâle tue pour protéger sa femelle ou son pays. La femelle, en revanche, semble ne tuer que sous l'effet d'une folie utérine, emportée par ses hormones et ses instincts déséquilibrés… »

Dans cet ordre d’idée je me souviens de la distribution des rôles familiaux chez mes parents et dans la plupart des familles : le père incarnait l’autorité et la sanction, donc le conflit, le rapport de force et la contrainte, alors que la mère représentait le réconfort, la compréhension, la tendresse, le pardon de la faute. Le toucher de la mère était sensoriel, sensible, sensuel, alors que celui du père devait être culturel, signifiant la sentence ou la stimulation et l’approbation (la tape sur l’épaule est le signe de la la confirmation du modèle). Les mères n’en étaient pas moins capables d’affirmer la loi, et nombre d’entre elles ont été des contre-modèles du pardon ! Mais d’une certaine manière le père servait de paravent. Un peu comme dans certaines séries policières : il y a le méchant flic et le gentil flic. La répartition de ces rôles a contribué à l’instauration du stéréotype homme violent - femme victime. Ce manichéisme a fait et fait encore du tort aux hommes, et aujourd’hui encore l’homme sert de paravent à la violence féminine.


Violence féminine : le tabou

L’étude constate l’étonnement d’hommes de loi et de journalistes devant le phénomène jugé inédit des bandes de filles violentes dont la cruauté n’a rien à envier à celle de garçons. Or ce n’est pas nouveau. Selon les auteurs de l'étude la violence féminine est connue et documentée depuis des siècles.

« La proportion des femmes en prison était bien plus importante aux siècles derniers : elles représentaient un tiers de la population carcérale à la fin du 18ème siècle. »

Mais elle est traitée différemment de la violence masculine. Le tabou culturel est tel que l’on ne peut imaginer les femmes capables de faire du mal. Leur moindre force physique moyenne aliénerait ce potentiel, et la fonction maternelle, l’image de celle qui donne la vie, qui nourrit et soigne, est incompatible avec la cogneuse, la meurtrière, la délinquante ou la maltraitante. Selon les auteurs de l’étude ce stéréotype serait la cause principale d’une sous-estimation, voire d’une occultation de la violence féminine, et de son traitement différencié.


On remarque par exemple que le traitement médiatique des infanticides est en effet différencié. Un père qui tue son enfants est considéré comme responsable de la pire des cruautés, alors qu’une mère infanticide est souvent assimilée à une personne perturbée mentalement. Sa responsabilité est atténuée, comprise, théorisée, presque acceptée socialement. On l’a vu fréquemment depuis une dizaine d’année. On a même inventé le trouble de « déni de grossesse » qui a généré par exemple l’acquittement d’une mère infanticide en Belgique l’an dernier. On se souvient peut-être de cette autre mère qui avait égorgé ses cinq enfants, et dont les psychiatres disaient que son geste était une forme d’altruisme.


Reconnaître la violence

Pour revenir à l’étude qui vient d’être publiée, les auteurs répondent au constat de la dissymétrie de la population carcérale :

violence,violence conjugale,violence féminine,femmes,hommes,féminisme,père,mère,coline cardi,geneviève pruvost,famille,infanticide,« Ce qui est vrai. Mais pour des raisons qu'il serait intéressantes d'examiner Comment voulez-vous mettre en prison une personne qui, pendant des siècles, n'a jamais eu que le statut juridique d'une mineure et d'une assistée ? Actuellement, les femmes ne vont pas en prison. Elles vont dans des établissements plus "doux" de réinsertion, des systèmes de "care" ou des hôpitaux psychiatriques. Pour Coline Cardi et Geneviève Pruvost, il faut donc se méfier des chiffres. Il faut également s'intéresser à ce qu'on nomme une « violence ». S'agit-il de coups et blessures ? D'insultes quotidiennes ? De gestes déplacés, humiliants ? Dès qu'on demande aux hommes s'ils subissent des violences, ils sont environ 20% à répondre oui, soit à peu près le même nombre que les femmes. »

Il est excessif de prétendre que les femmes n’ont eu pendant des siècles qu’un statut de mineures. Le Code Napoléon n’a été appliqué qu’environ 130 ans, et encore pas partout et pas à toutes les classes sociales. Cet argument est à mon avis moins relevant que le stéréotype de l’homme violent et de la femme victime. Ce stéréotype est d’ailleurs largement instrumentalisé et invoqué par les groupes féministes depuis les années 1970. En 2000 encore, les auteurs de l’enquête de l’ENVEFF sur la violence conjugale n’avaient pas cru bon d’interroger des hommes pour savoir si eux aussi étaient victimes de violence de la part de leur conjointe. Comme s’il allait de soi que seules les femmes étaient des victimes. C’est dire l’ampleur du stéréotype, malheureusement réalimenté de manière constante par les féministes actuelles. Or les études poussées démontrent que les hommes sont, selon les pays, autant victimes de violence conjugale que les femmes.

Les auteurs considèrent toutefois que la négation de la violence féminine réduit les femmes au rang d’objets de second ordre :

« Ce puissant stéréotype agit comme un rouleau compresseur qui distribue des positions de non-dangerosité sociale et par là, dépolitise les femmes en tant que sujet, concluent Coline Cardi et Geneviève Pruvost. »


Dit autrement, c’est ce que les hommes et associations qui travaillent à la condition masculine affirment depuis des années. La reconnaissance de la violence féminine est un passage vers une plus grande responsabilité sociale des femmes et est paradoxalement source d'un plus grand respect. De même que la reconnaissance de certaines violences beaucoup masculines, comme le viol, est une nécessité pour tenter peu à peu de faire reculer les souffrances que toute violence engendre.

La violence n’a pas de sexe.




par hommelibre (son site) samedi 29 septembre 2012 - 13 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Pie 3,14 (---.---.---.14) 29 septembre 2012 18:34

    L’auteur n’a qu’une seule obsession : les femmes.

    Une seule thèse : elles sont vilaines.

    Ce comportement malsain devient franchement pathologique.

     

  • Par FRIDA (---.---.---.75) 29 septembre 2012 10:44
    FRIDA

    @L’auteur

    Ce n’est pas le premier article ni le dernier, de temps à autre on a droit à un petit rappel,
    Cet article présente un catéchisme d’un autre genre, il s’applique à endoctriner les gens, à leur faire admettre une idée, et par la suite se l’imaginer réelle.
    Ceci n’est pas nouveau, et cela marche.
    Après la violence de l’ultralibéralisme, voici un type de violence où l’on veut d’un côté contester les féministes quand il conteste le genre sur lequel a été établi une incontestable domination masculine, l’auteur s’y référe lui-même (le mâle défend le territoire et sa femmel, donc des biens) et en même temps estomper toutes les particularités négatives liées à cette différenciation à l’avantage de l’homme,
    ainsi la femme est aussi violente voire même plus violente que l’homme. Elle est même plus violente puisque elle compense le faiblesse de la puissance physique et musculaire par d’autres moyens et le résultat et plus spectaculaire mais la société ne veux pas le voir, un tabou culturel.
    une belle théorie, pourquoi pas. Ceci reste une théorie tirée par les cheveux, allez savoir à qui elle rend service ?
    en tout cas, ce n’est pas le titre de sociologue ou une étude qui fait le sérieux et la impartialité de la démarche, combien de firmes pharmaceutiques ont initié des études à leur avantage, et monsanto ?
    Quant vous dites « La proportion des femmes en prison était bien plus importante aux siècles derniers : elles représentaient un tiers de la population carcérale à la fin du 18ème siècle. »

    Vous semblez oublier, ou vos sociologues en tout cas, de nous expliquer en quoi consiste cette proportion des femmes en prison ? mendicité ? Prostitution ? Vagabondage ? Petits larcins pour se nourrir ou nourrir les siens ? atteinte à la pudeur ? etc. Ah quelle débauche de violence de la part des femmes...
    je propose à l’auteur de sortir des idées vaseuses sur les quelles il échaffaude ses théories, je vous propose d’aller faire des recherches in vivo
    allez en Inde, allez en Libye actuelle, en Syrie en guerre, aller à Gaza, au Mexique, en Egypte démocratique, celle de Morsi, et même en Tunisie, celle de Marzouki et observez ce qui est la violence faite aux femmes, (je ne ’ai pas cité l’Afghanistan étant un cas à part), Comme vous faites appel à des statistiques anachroniques, je vous propose aussi d’allez dans des lieux ou la differenciation des genres est encore bien un emblème de tous les abus, qui les légitime même et les excuse, vous verrez si vous pouvez continuez dans votre prêchi prêcha, vous verre ce qui est la justice à double standard, une pour les hommes et une qui n’en a que le nom pour les femmes, et ne me répondez pas que dans ces contrés lointaines tout le monde est dans le même bateau... allez y d’abord mais pas en tant que touriste, mais cela suppose de prendre d’énormes risque pour votre intégrité physique ou même votre vie.

  • Par milu (---.---.---.170) 29 septembre 2012 13:41

    ’Il est excessif de prétendre que les femmes n’ont eu pendant des siècles qu’un statut de mineures. Le Code Napoléon n’a été appliqué qu’environ 130 ans, et encore pas partout et pas à toutes les classes sociales. "

     

    Bien sur que non !

    Les femmes ont été déclarées mineures durant la renaissance lors du rétablissement du droit romain ! La réinstauration du droit romain en Europe restreint considérablement les droits des femmes qui redeviennent de véritables mineures, abolissant ainsi les acquis chrétiens du haut Moyen Âge.

    En France, au xvie siècle, la femme mariée devient juridiquement incapable. Marie de Gournay (1566-1645), fille adoptive de Montaigne, exprime sa colère dans L’Égalité des hommes et des femmes et Le grief des femmes.

    Et je ne parle même pas de l’inquisition et de la chasse aux sorcières jusqu’en 1782.

     

    Ensuite, si les femmes participent activement à la Révolution française, les revendications de certaines, comme Olympe de Gouges, auteur de la Déclaration des droits de la femme, ne sont pas prises en compte par les députés - elle finira d’ailleurs sur l’échafaud.

    Le 20-21 juillet 1789 l’abbé Sieyès, tient un discours distinguant entre citoyens « actifs » et « passifs ». Les femmes furent classées, comme les enfants, les étrangers et tous ceux ne pouvant s’acquitter d’un cens électoral, dans cette seconde catégorie. Malgré l’appel de Condorcet, elles furent ainsi officiellement exclues du droit de vote par l’Assemblée nationale le 22 décembre 1789, exclusion maintenue par la Constitution de 1791 puis par un vote de la Convention nationale le 24 juillet 1793.

     Alors le code Napoléon ne fait que renforcer une situation qui existe déjà depuis 400 ans !

    interdiction de voter, de disposer de son salaire, de son corps, soumission à son père ou à son mari. Ma mère ne pouvait avoir un compte en banque sans l’autorisation de mon père ! Est ce si vieux ?

    Vous mélangez trois choses comme si elles étaient liées : la violence des femmes, la violences faite aux femmes et le statut de la femme dans la société.

    Les femmes ont été persécutées dans ce pays jusqu’à très récemment. Elles sont encore persécutées dans beaucoup de pays encore aujourd’hui. Mais ça n’a rien à voir avec le fait qu’elles puissent être capable de violence ou pas.

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