En plein été, période où on oublie la plupart du temps les avatars de la vie politique, de façon surprenante, la CIA fait parler d'elle de façon inattendue, en déclassifiant un épisode très significaif de son existence, celle de la surveillance de l'URSS ou de la Chine par ses satellites d'observation, qui utillisaient des techniques que l'on peut juger aujourd'hui de rudimentaires, à l'époque des transmissions d'images parfaites en provenance de la planète Mars. A cette époque, en effet, on ne savait pas envoyer sur terre en temps réel les clichés faits par des appareils photos à objectifs allemands Zeiss, alors on balançait de satellite au petit bonheur la pellicule, aux hommes en dessous de la récupérer... au vol, pour aller ensuite courir la développer. Et bien entendu, cette technique assez peu évoluée a connu des déboires, certaines capsules larguées contenant le rouleau de pellicule échappant à la vigilance de la réception et retombant à des endroits inattendus sur Terre. C'est un de ses échecs que nous propose aujourd'hui la CIA : ne boudons donc pas le plaisir à regarder cette page fort imagée de l'histoire contemporaine, jusqu'ici restée secrète. A noter qu'une séquence d'anthologie du film Ice Station Zebra (le film préféré d'Howard Hughes) interprété par un Patrick Mac Goohan (magistral comme à son habitude) évoquait avec une bonne dose d'humour cette difficile pêche aux satellites égarés (russe, cette fois, en l'occurence*).
Revenons tout d'abord une bonne cinquantaine d'années en arrière. Les deux blocs soviétiques et américains n'ont de cesse de surveiller, avant 1957 par des incursions d'avions au dessus de leur territoires. Les russes révèlent à Tuchino en 1956 un monstre volant capable d'aller chatouiller les côtes américaines, ce dont ils ne se passeront pas de faire durant des décennies, les américains mettant au point leur avion espion grâce au génie de Clarence Kelly Johnson (ici en photo avec Gary Powers), le sorcier des Skunkworks qui leur construit un modèle étonnnat, une sorte de planeur motorisé de haute altitude capable de photographier les bases secrètes soviétiques tellement haut que les Migs russes peineront à le suivre : il faudra l'arrivée de missiles performants pour qu'il perde sa supériorité aérienne. A bord de l'U-2, puisque c'est le nom de l'engin, une énorme caméra signée Perkin-Elmer.
Une caméra issue directement de celles embarquées auparavant par des... ballons d'observation.
Avant l'apparition des satellites, en effet, le seul moyen de grimper très haut en altitude était le ballon à hélium, pour lequel on venait d'inventer des enveloppes ultra-fines très résistantes. "Le 19 Août 1957, un ballon Skyhook sans pilote a levé le télescope premier projet Stratoscope. Le projet Stratoscope était un programme développé à la recherche du Soleil. Les nstruments incluaient un télescope spécial de 12 pouces (30 centimètres) sensible à la lumière du système de pointage et une caméra en circuit fermé de télévision qui était guidé par les scientifiques sur le terrain. Ce fut le premier télescope-ballon. Le télescope a pris plus de 400 photographies de taches solaires. Elles étaient les meilleures photographies prises du Soleil à ce moment-là. Les photographies ont augmenté la compréhension des scientifiques des mouvements observés dans les champs magnétiques puissants des taches solaires." peut-on lire sur Wikipédia. L'expérience est menée sous la houlette de Roderic M.Scoot, ingénieur en chef deveu vice-président chez Perkin-Elmer. En 1963, c'est Mars qui sera l'objet de la même curiosité scientifique, avec l'expérience Stratoscope II, et avec toujours derrière Perkin-Elmer comme fabricant de caméra. Un ballon décollé de Palestine, au Texas s'en allait alors observer l'atmosphère martienne au spectromètre, via un télescope relié à un système de télévision, branché sur le miroir de 36 pouces fondu par CorningGlass : l'engin emporté ressemble ainsi à un énorme "L". Un temps, Eisenhower sera tenté d'aller espionner l'URSS avec des ballons, avant de finalement abandonner le projet (les projets, Mogul et Skyhook, le dernier ballon essayé étant l'énorme "Moby Dick", ou WS-119L) : rappelons que les japonais, pendant la guerre avaient essayé de... bombarder les USA avec des ballons dérivants.

Très vite, les militaires ont compris l'intérêt de la photographie aérienne, on le sait, les premières expérimentations dès la première guerre mondiale utilisant même parfois... des pigeons (une technique remise au goût du jour il n'y a pas si longtemps que ça..., rappelez-vous, ici-même). Des biplans d'observation étaient déjà apparus en 1914-1918. Pendant la seconde guerre, le besoin en imagerie aérienne se fera aussi sentir, chaque nation présentant son champion, muni d'énormes objectifs comme ci-dessous un Me-110 des débuts de la guerre. A l'époque, on ne privilégie pas la grande altitude, grosse consommatrice d'énergie, et on préfère la vitesse, pour des clichés pris à très basse altitude parfois. Tels le fameux Mosquito (ici sa lourde camera de type F 52 (et sa focale de 36 pouces, les autres appareils visibles ici) chez les anglais et le remarquable et très innovant Arado 234 qu'Hitler s'évertuera à transformer en bombardier (ici la descente des films au retour de mission) comme le Messerschmitt 262, qui a connu lui aussi une version reconnaissance photo reconnaissable à ses bossages de capot (ses caméras sont visibles ici sous les capots ouverts, comme ici également). Sans oublier les non moins célèbres et inusables Catalinas et les appareils qu'ils emportaient ou l'élégant Dinah japonais et ses appareils, telle la caméra MK1, déjà produite par... Konica ou Nippon Kogaku qui deviendra plus tard... Nikon !
Aux Etats-Unis, Sherman M. Fairchild avait fait figure de pionnier dans le genre dans les années 30, logique de retrouver des avions espions en 1939-1945 et en guerre de Corée, sous la direction du colonel George W. Goddard. Pendant cette guerre, justement, des techniciens US avaient déjà résolu le problème du déplacement relatif de l'appareil sur l'exposition du film, grâce à l'ingéniosité de James Gilbert Baker, le responsable de l'optique chez Elmer Perkin, en créant la "Transverse Camera", dont le principe reposait sur un prisme rotatif de 40 kilos et qui pouvait emporter 1500 mètres de film. L'engin se positionnait à bord d'un B-45Tornado, à l'arrière, dans le premier quadriréacteur de l'inventaire de bombardiers US. Dans la soute à bombes, une série de flashs pyrotechniques synchronisés (des fusées éclairantes) déclenchés les uns après les autres permettaient d'éclairer un site le temps de la prise de vues.
Un article exhaustif en deux parties de Popular Mechanics d'octobre et novembre 1951 évoquant en détail le phénomène semble avoir révélé quelques idées dérangeantes, car l'article n'a jamais été imprimé dans la version française de l'ouvrage ! A noter que la version reconnaissance du B-45 basée à Barksdale Air Force Base comportait aussi une caméra de nez destiné aux prises de vues en rase-mottes (visible ici à l'emplacement du dessin de l'œil- ou ici encore).
Le lien entre Goodard et Baker (ici à gauche en photo) datait de la seconde guerre mondiale, où le colonel avait compris l'impérieuse nécessité d'avoir des appareils photos plus performants, et donc des optiques... monumentales, ce qui intéressait Baker en qualité de chercheur. "Le projet de "Lentille de la Victoire" de Goddard a commencé le 20 mai 1942 quand il a visité le bureau du Dr Baker au Harvard College Observatory et décrit la nécessité d'une lentille de f/2.5 couvrant une plaque d'insolation de 5x5 pouces (12 cm2) pouvant être produite en en énormes quantités. "De multiples conceptions ont été développées au cours l'effort de guerre.
Le Dr Baker a risqué sa vie avec l'exploitation des caméras dans la plupart des vols d'essai des débuts qui emportaient les systèmes de caméras dans les compartiments non pressurisés à bord des aéronefs. Il a été le directeur de lobservatoire optique du projet à l'Université Harvard de 1943 à 1945. Il a alors commencé sa carrière de consultant à demeure avec la Société Perkin Elmer au cours de cette période."
En Europe aussi, les B-45 américains feront des incursions derrière le rideau de fer, mais plus tard, c'est plus souvent l'excellent Canberra anglais qui se chargera d'aller affoler les radars du bloc soviétique. L'avion, supérieur au Tornado qu'avaient prêté les USA à la RAF (voir photo ci-dessous), fera longtrmps partie de l'inventaire américain en Europe en Corée ou comme plus tard au Viet-Nam. L'histoire des liaisons secrètes entre la Grande-Bretagne et les USA pendant la guerre froide repose aussi sur un homme, anticommuniste au possible, qui devra à un moment dissimuler aux Communes ses liens particuliers avec les missions secrètes américaines : cet entêté Winston Churchill, qui n'aimait rien de moins que parier sur l'avenir, qu'il ne voulait surtout pas voir en rouge.

L'épisode a longtemps été ignoré, car il était politiquement incorrect ou dangereux pour son décideur anglais : "au printemps de 1951, la RAF a formé des "vols de service spécial" de trois membres d'équipage pour voler à bord du North American Aviation RB-45C. Dirigée par le chef d'escadron de la RAF John Crampton et son navigateur, le lieutenant Rex Sanders, les aviateurs britanniques ont volé de l'Angleterre à Barksdale AFB en Louisiane pour se familiariser à une formation en vol à bord du RB-45C, sous le déguisement des essais aériens américano-britanniques de ravitaillement. Vers la fin de l'automne 1951, les équipages de la RAF sont revenusavec quatre avions américains (trois actifs et un qui agissait comme une pièce de rechange) à la base de Sculthorpe de la Royal Air Force Base à Norfolk, où un détachement du SAC de RB-45CS avait déjà été posté. Le lieutenant-colonel Marion C. ("Hack") est arrivé à Mixson en mars 1952 pour commander le détachement du SAC, auquel Crampton avait été joint. Dans les semaines qui suivirent, Mixson, Crampton, et Sanders ont traité directement avec le Ministère de l'Air britannique au plus haut niveau. En approuvant la mission, Churchill avait pris le risque d'un clash en politique. Dans les années 1950, la Chambre des communes était en effet divisée dans son attitude envers l'Union soviétique, beaucoup dans le Parti travailliste étaient sympathiques à des degrés divers de l'ancien allié de la Grande-Bretagne. Si l'un des RB-45CS avait été découvert, le tollé résultant aurait probablement conduit à la démission de Churchill comme premier ministre. Mais cela équilibrait aussi le besoin de services de renseignement occidentaux d'acquérir un appareil de portée pour photographier certaines installations militaires." Il n'empêche, l'entêtement de Churchill, légendaire, ira jusqu'au bout, des B-45 aux couleurs anglaises allant chatouiller les défenses soviétiques dès le début de 1952.
"Après un vol d'essai de nuit vers l'est de Berlin le 21 mars (1952) pour mesurer l'état de la défense aérienne soviétique, la première mission de survol a été approuvée et annoncée aux pilotes. Dans la nuit du 17-18 Avril 1952, dans le silence radio absolu, trois RB-45CS repeints aux couleurs de la RAF ont décollé de Sculthorpe, étant en l'air sans ravitaillement en vol, et sont entrés dans l'Union soviétique en même temps à différents endroits. Volant à environ 35.000 pieds, les avions ont procédé sur des lignes de vol séparées. Les RB-45C ont traversé la frontière-dans les états baltes, au nord, en Biélorussie dans le centre, et en Ukraine dans le sud (celui de Crampton-Sanders ) et le système de défense aérienne soviétique est entré en action, et les services secrets ont été alertés. Les soviétiques ont brouillé les radars mais cependant, aucun n'a trouvé les Britanniques dans l'obscurité, et ils sont retournés en toute sécurité à leur base.
Les informations ils ont ramené étaient cruciales. Dans le cas de la guerre qui, dans les années 1950 semblait probable- le SAC aurait dû détruire les forces aériennes de l'URSS dès le début du conflit pour l'empêcher de frapper des cibles en Europe occidentale et aux États-Unis-. Tous les trois survols avaient photographié des bases soviétiques, ainsi qu' proximité des bases leur défense aérienne." Mais Churchill avait trop présumé de l'incognito de ses vols secrets, et craignant que son manège ne soit découvert par ses opposants travaillistes, il cessa les vols à la fin de l'année. Le 18 décembre (1952), John Crampton et Hack Mixon reprirent le "Special Duty Flight" avec leurs quatre RB-45C dans l'autre sens, allant rendre leurs appareils prêtés pour les poser à Lockbourne AFB dans l'Ohio où ils atterrirent en pleine tempête de neige.
Mais les anglais n'en avaient pas fini pour autant : en 1953, l'année suivante, leur nouvel avion de reconnaissance l'English Electric Canberra, sorti en 1949 (et dont pas mal d'éléments étaient encore en bois, comme le stabilisateur vertical !) reprenait la main, pendant que les américains songeaient à leur nouvel appareil de surveillance pour remplacer leurs Tornados déjà dépassés. Le prototype du Canberra PR3, avait volé dès le 19 mars 1950, le premier appareil de production étant sorti des chaînes le 31 juillet 1952, pour entrer en service en décembre de la même année notamment Squadron No. 540 de la RAF, rendu célèbre par les exploits de ses Mosquitos de reconnaissance. Et ce que va trouver l'un d'entre eux va en surprendre plus d'un. Inversion des valeurs à ce moment-là : le B-45 sur la touche en attendant l'excellent RB-47, les américains se rapprochent de leurs alliés anglais et de leur bien meilleur avion. "En Juin 1953, suite à une approche de l'US Air Force, le secrétaire d'Etat à la Défense et le chef de la Force aérienne, a accepté le principe, sous réserve de certaines conditions, que les caméras américaines de 100 pouces pourraient être montées sur un Canberra, l'aéronef choisi était un B2, n °de série : WH726. Il a été convenu que l'USAF se verrait remis des copies de toutes les photographies « intéressantes » obtenues par le Canberra. Plus tard, en janvier-février 1954, Jim Baker a visité le responsable de l'intelligence de la RAF, AVM Fressanges, pour discuter de diverses questions, y compris des Canberra spécialement équipés . Lors de la visite, Fressanges discuté de la sortie de Kapustin Yar, une autre indication de l'été 1953 étant le temps clair pour la sortie. Bien sûr, il y avait une possibilité que la nouvelle caméra puisse être hâtivement installés à temps sur le WH726 pour l'utiliser sur le survol Kapustin Yar plus tard cet été. Mais, étant donné les délais impliqués, il y aurait eu peu de temps pour que l'avion soit convenablement modifié et l'équipement testé, mais c'était une possibilité. Les Américains étaient-ils donc prêts à risquer la perte de cet appareil unique et très cher sur une telle sortie dangereuse, voire de tomber dans les mains des Soviétiques, si peu de temps après son entrée en service ? Toujours est-il que la tentative sera effectuée, avec une caméra américaine (signée Perkin-Elmer) si énorme qu'elle avait eu du mal à se loger dans la soute à bombes du Canberra.
"La caméra F22 du WH726 était connue comme un « appareil photo-bombe » et utilisait des optiques compactes, très avancées, permettant à l'unité entière d'être enfermée dans un boîtier compact qui ressemble à un grand baril de pétrole conçu pour être monté dans la soute à bombes d'un avions - d'où le nom. Les photographies montrent la « caméra bombe » montée dans la partie avant de la soute à bombes du WH726, regardant par une fenêtre découpée dans le côté de la porte de la baie de la soute, presque en ligne avec le train d'atterrissage."

Le bombardier américain Tornado présenté à son introduction comme une révolution était bien trop poussif (il était sous-motorisé, comme beaucoup des premiers avions à réaction), et très vite on a pu constater ses insuffisances ; si de nombeuses missions ont été menées discrètement en territoire soviétique, certaines ont échoué de façon inexpliquée. L'une d'entre elles, surtout, partie de Yokota Air Base, au Japon, demeure toujours un mystère : "le 4 décembre 1950, un RB-45C piloté par le capitaine Charles E. McDonough a disparu. Aujourd'hui, les dossiers russes confirment qu'un tir de MiG a atteint le RB-45C. À l'époque, l'épouse du pilote, Mary Jo McDonough de Glen Rose, Texas a reçu un télégramme disant seulement que l'avion avait disappared. A bord il y avait également le colonel John R. Lovell, un officier des services secrets du Pentagone, le capitaine Jules E. Young, le co-pilote, et le 1er Lt, James J. Picucci, le navigateur. Il n'y avait pas de siège d'équipage pour Lovell et son rôle n'a jamais été expliqué. Il était l'officier du renseignement le plus haut gradé perdu pendant la guerre de Corée. Des dossiers déclassifiés ont confirmé que les soviétiques avaient attribué une haute priorité à capturer un des membres d'équipage RB-45C pour interrogation. Dans un entretien, la fille du pilote, Jeanne McDonough Cher, de Fort Worth, au Texas, a dit qu'elle avait la preuve que son père avait d'abord survécu au tir et avait été, à un moment donné, vivant aux mains des Soviétiques. En 1996, un programme de télévision de la British Broadcasting Company avait eu en vedette un ancien fonctionnaire soviétique qui prétendait avoir interrogé Lovell. Le sort de ces hommes n'est toujours pas résolu." Le nom de John “Jack” Lovell, avait été en outre mentionné dans une émission de propagande interceptée en Chine le 31 mai 1951, ce qui laissait entendre qu'il avait effectivement bien été capturé : seuls les noms des pilotes pouvaient avoir été connus des coréens. Mais à l'époque, la presse n'est au courant de rien ; et un bon nombre de pilotes inconnus subiront le même sort : la CIA s'efforçant de dissimuler le tout aux yeux du grand public.
Le Canberra spécialement équipé numéroté WH726, effectuera d'autres missions à 40 000 pieds (12 000 mètres) au-départ de l'Allemagne de l'Ouest, en décollant de Lübeck, volant du Nord au Sud en longeant la frontière avec l'Est, sa caméra orientée vers le côté gauche de la soute à bombes, et photographiant donc de loin ; selon les spécialistes, "elle permettait en effet de photographier distinctement la Cathédrale St Paul dans le centre de Londres alors que son avion porteur survolait toujours la Manche, près de Douvres" ! Toutes ces sorties faisaient partie de ce qui avait été appelé le projet Robin qui a vu neuf expéditions en territoire soviétique du 23 avril 1954 au 23 juillet 1955. A noter que Lübeck avait été l'objet d'une terrible tragédie, une méprise incroyable le 3 mai 1945, avec le naufrage du Cap Arcona, du Thielbek et du Deutschland coulés par des Typhoons de la RAF.

Les missions s'avérant de plus en plus dangereuses avec l'apparition de nouveaux intercepteurs soviétiques (le Mig-19 vient d'entrer en production et c'est le premier chasseur supersonique des soviétiques), l'arrivée d'un appareil plus performant encore sera bienvenu côté américain. Or ce jour là, le 25 juillet 1955 , un énorme avion-cargo C-124 vient de déposer sur la base secrète de Groom Lake un long cigare enveloppé de bâches pour en cacher les formes. Des portes avant du transporteur sort un avion véritablement révolutionnaire dont la carrière durera longtemps, après n'avoir failli durer que cinq années seulement. Cet avion, c'est le Lockheed U-2, issu des recherches de Kelly Johnson ayant tenté de croiser un Starfighter avec une grande aile (le projet CL-282) dont nous verrons demain le rôle au sein de la guerre froide, avant d'aborder ses remplaçants.... satellitaires. L'avion vient alors de gagner le concours de l'Air Force pour un appareil de reconnaissance à haute altitude, choisi à la place du MX-2147 de Fairchild, du MX-2147 de Bell (projet X-16), et du Martin Model 294... un Canberra à l'aile démesurée, qui au final sera finalement construit lui aussi sous le nom de RB-57F et fera des missions secrètes lui aussi, un peu plus tard ; notamment lors des premiers essais nucléaires chinois. Une fois l'intérim du Canberra anglais effectuée, L'arrivée de l'U-2 marque l'emprise de la CIA sur la surveillance de l'URSS, avec cet appareil qui représente pour l'agence le projet Aquatone, dont les pilotes doivent demeurer inconnus du grand public. On retrouvera grâce au fils de l'un d'entre eux une photo de 12 d'entre eux : plusieurs décéderont en mission, certains disparaissant véritablement. Ainsi le 17 septembre 1956, pour le pilote Howard Carey, qui, après avoir décollé de l'Air Force Base de Lindsey Air située à Wiesbaden, en Allemagne a totalement disparu, avion compris, l'appareil s'étant complètement désintégré en vol. Aucune explication plausible n'a été retenue (à part peut-être celle donnée par Kelly Johnson de l'explosion de son réservoir central en raison de l'altitude atteinte, davantage que l'hypothèse de deux F-86 canadiens qui seraient passés trop près de lui). Son nom figure aujourd'hui au mémoriam de la CIA. L'étoffe des héros, ils l'avaient aussi. Demain, si vous le voulez bien, nous continueront cette évocation avec l'arrivée du nouveau venu, sur qui reposait de grands espoirs jusqu'à la date fatidique du 1er mai 1960...

On peut lire :
sur le Canberra
http://www.letletlet-warplanes.com/...
sur l'U-2
http://area51specialprojects.com/u-...
(*) La séquence d'anthologie de McGoohan en trois images.

le trailer du film est ici :

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jeune retraité de l'Education Nationale (PEGC) et du privé très (très) actif.
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18/08 11:15 - moriceah ça ne va pas recommencer !!! Mais je doute très fort (et je ne suis pas le seul) que les (...)
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