Tout est prêt, donc, en 1960, avant même que l'homme ne fasse son apparition comme voyageur de l'espace, pour que les satellites espions emportant des caméras lègères et performantes puissent être lancés. Le hic, de cette vision, c'est qu'il n'existe à ce moment-là aucun moyen de transmettre les images saisies par ces caméras vers le sol via une liaison hertzienne. Aucun système radio ne permet alors de le faire, et les caméras de télévision ne sont pas assez définies. On se résout donc, dans un premier temps qui aura plutôt tendance à s'éterniser, à balancer ses rouleaux de photos via de petites capsules surnommées "buckets" ("seaux à glace"). C'est le projet "Keyhole" (trou de serrure !) ou "Corona". Comme cela se passe au dessus de l'océan (le Pacifique), on choisit une méthode pour le moins surprenante pour éviter au maximum le contact du "seau à glace" avec l'eau : l' attraper au vol, avec toute une armada d'avions munis de filets équipés de crochets pour saisir la capsule par son parachute. On ne sait qui a proposé cette méthode, mais dès sa mise en service, elle va s'avérer contraignante, sinon passablement... idiote. Elle servira pourtant jusqu'à l'avènement des premiers satellites pouvant transmettre des images en haute définition, à savoir en 1976 avec la série des KH-11, bien que la version précédente (KH-9) seral lancée jusque 1986...
La méthode choisie pour récupérer les films brille en effet par une complexité assez sidérante : elle consiste à éjecter d'un satellte-mère un ou des modules remplis de rouleaux de pellicule, qui seront attrapés au vol, au dessus de l'océan, lors de leur descente en parachute (après avoir franchi la rentrée dans l'atmosphère !). La solution imaginée par l'ARPA est plus proche des films de James Bond que de la simplicité :
sur le papier ça a l'air simple, mais en réalité il faudra prévoir toute une armada d'avions, des C-119 et de C-130 ; équipés d'antennes de détection réglés sur les émetteurs de la capsule, volant en formation de quatre pour rechercher le bout de fusée accroché à son parachute, et entraîner les pilotes à le faire du premier coup (chaque avion n'a le droit qu'à trois passes maxi, avec le taux de chute de la capsule), ce qui ne sera pas simple.
Le résultat sera coûteux et ... catastrophique : il faudra en effet attendre 12 vols ratés (pour des tas de raisons !) pour que la 13 eme capsule soit enfin capturée presque comme on l'avait prévu (ce sera la 14 eme la bonne !) Les débuts vont s'avérer en effet catastrophiques. Ça a commencé fort en effet, sur la base (militaire) de Vandenberg : au premier vol, le 21 janvier 1959,la fusée... ne bougera même pas. Alors que les hommes sur le pas de tir remplissent d'acide nitrique l'étage Agena ("Hustler") une alarme retentit
: celle activant l'autodestruction du module. Tout le monde s'enfuit en courant. En coupant l'énergie à toute la fusée, on évite le pire. Le lancement est annulé.
Au deuxième, le 13 Avril 1959, ça décolle et sa se satellise. On crie déjà victoire, mais il reste le retour : hélas, l'orbite de rentrée de l'engin, mal calculée, le conduit directement au dessus du Spitzberg, où l'on pense qu'il s'est égaré : on envoie dare-dare des avions pour y retrouver la capsule. Le lieutenant-colonel Mathison avait aussitôt téléphoné àun de ces amis norvégiens, responsable de l'armée de l'air, le major général Tufte Johnsen, en lui demandant de surveiller la redescente d'un parachute dans un secteur précis.
Ce dernier contactera une société minière, qui repérera le parachute près du village de Barentsburg. Ce qui n'était pas très bon signe, car le village était celui d'expatriés russes. Selon le rapport du général Twining, alors responsables du Joint Chiefs of Staff, la capsule avait bel et bien disparu : "selon les traces concentriques relevées dans la neige, et le point d'impact supposé menant à une mine de concession russse sur l'île, nous supposons fortement que les soviétiques sont en possession de la capsule" (in Facing the heat Barrier, T.A. Heppenheimer). Les Russes, ravis de l'aubaine qui leur était tombée du ciel, avaient fait plus vite que les escouades américano-norvégiennes dépêchées sur place : en ce cas, dès le deuxième exemplaire ; les russes savaient donc à quoi ressemblait le projet "top secret" US ! Au public américain, on ne l'avouera jamais, et le second "seau à glace" selon la version "offiicielle" avait dû rejoindre son milieu naturel : une eau cernée par les icebergs. Remarquez, dans la capsule, il n'y avait encore... rien paraît-il. Pas de caméra ni de filmLes scénaristes d'Hollywood seront moins prompts à réagir avec le fameux Ice Station Zebra dont je vous ai déjà parlé ici, qui ne sortira qu'en 1968 mais qui est fortement inspiré de l'épisode "Discoverer II". Le nom "civil" dont on va affubler tous les lancements de la série des "Corona"... Les russes s'empresseront de copier le format de la capsule retrouvée, qu'on verra plus tard telle quelle dans une de leur gamme de "Cosmos" espions.

Rudimentaire, la technique de réception l'était en effet : la capsule larguée du satellite au dessus de l'océan le plus souvent était en effet littéralement "crochetée" par un gros avion de transport C-119 (remplacés après par des C-130 plus véloces), muni de longues tiges munies d'hameçons à l'arrière (bien visibles ici sur le C-130, ses "crochets" n'étaient pas petits, comme le montre cette image), l'avion volant démuni de ses portes cargo arrière, ou laissée entr'ouverte (aux essais !) : on tentait ainsi de prendre au vol le parachute portant la capsule éjectée du satellite, qui avait donc traversé l'atmosphère comme le faisaient les engins habités ayant fait plusieurs tours de terre. Aujourd'hui, on peut se poser des questions sur le côté assez aléatoire de l'opération, nécessitant plusieurs appareils en alerte spécialement équipés.
Et ce qu'ils devaient pêcher au vol était assez conséquent.... une grosse boule de métal dorée, ayant laissée en route son bouclier de rentrée après un ralentissement par un étrange parachute en forme de dôme. Bien entendu, le procédé en sémera un peu partout dans le monde, au fil des erreurs de trajectoire de rentrée, sur ce quoi nous reviendrons un peu plus loin, si vous le voulez-bien. L'escadron de C-119 basé à Hawaï ne chômera pas pour autant, réussissant à en capter un pourcentage assez éloquent, à force d'exercices et d'entraînements : chaque avion devait anticiper sa trajectoire d'accrochage une fois la capsule repérée, avec un avion tout sauf maniable (pour le C-119, le C-130 l'étant bien davantage).

Une super caméra de 100 lignes au mm, un centre de développement et d'interprétation des photos, fusée et satellite prêts, une capsule récupérable et une flotte d'avions entraînés pour la récupérer, tout était OK, pourtant, pour que le programme de satellite Corona soit une réussite dès le début de 1959. Ne manquait même pas les premiers navires d'assitance aux recherches, tel l'USNS PVT Joe E. Mann, qui se positionnait entre Kaena Point, à Hawaii et Kodiak, en Alaska en recevant directement à bord la télémétrie de l'Agena et de la capsule de rentrée durant une mission Discoverer : les américains mettaient en place ce qui leur servira peu de temps après pour récupérer leurs capsules habitées ! En recyclant leurs vieux Liberty Ships : c'état un navire auxiliaire qui avait été lancé le 21 juillet 1945 ! Transformé en "Missile Range Instrumentation Ship, bardé d'antennes ! Au lieu de cela, les deux premiers lancements avaient été des échecs, une des capsules peut-être déjà aux mains des russes... ces mauvais débuts se poursuivront encore pendant 11 missions supplémentaires, à désespérer du projet. Les déboires sont variés : les III et IV ne parviennent pas en orbite par défaillance de leur fusée principale, le V voit son second étage caler, le VI voit sa fusée de rentrée ne pas se déclencher : il reste en orbite indéfiniment (et finit par brûler des années après)... le VII, mal orienté, brûle dans l'atmosphère au retour, le VIII ne peut pas rentrer car son orbite est bien trop excentrique, le IX cale encore avec son second étage (ce sont tous des Agena),
le X est détruit par ordre du responsable du lancement, juste après son décollage, le XI se trompe de timing sur la rétrofusée et rentre ailleurs qu'espéré, le XII, qui est destiné à essayer le parachute voit son second étage caler encore... bref, c'est un désastre complet. Pendant ce temps, le contribuable US paie.
Entre temps, on fait voler l'U-2 à outrance, pour compenser, et le premier mai 1960 il se fait rattraper par un missile SAM. Son pilote attend après son procès. Le fiasco de la CIA n'est pas loin : or le jour-même où Powers achoppe de 10 années de prison, une nouvelle inattendue redonne le sourire à l'agence malmenée : une capsule "Discoverer" vient (enfin) d'être récupérée par un avion ! N'ont pas participé à la fête que des avions :
un réseau de navires à grandes oreilles a aussi participé à la fête : récupérer un satellite exige une lourde, très lourde infrastructure, celle qui prépare les vols humains. Comme navire, il y a eu par exemple le fameux Joe E.Mann positionné à Keana, près d'Hawaï.
Tout s'est passé comme sur des roulettes, cette fois, mieux encore que pour l'exemplaire XIII qui avait donné tant d'espoir après avoir été récupéré mais pas avec la bonne méthode : sa séquence de retour avait été lancée le 11 août 1960 quand le satellite Discoverer XIII était passé au dessus de l"Indian Ocean Station" située aux Seychelles.
Celle de l'île de Kodiak avait lancé l'ordre d'éjection de la capsule à 23H11,sur ordre du SatelliteTest Control Center de Sunnyvale, situé en Californie (surnommé "The Blue Cube"). Le parachute s'était ouvert à 23H26, et la capsule, débarrassée de son bouclier de rentrée, s'était mollement balancée à 480 km au nord ouest d'Hawaii. A 01H30 le 12 août 1960, à 200 km au nord-ouest d'Honolulu on l'avait bien repérée... mais flottant dans le Pacifique. La capsule était bien rentrée mais les avions du "Special" 6593rd Test Squadron l'avaient tous... ratée. Un hélicoptère avait heureusement vu la capsule flottant tranquillement sur l'océan, avait largué des fumigènes... en restant un bon bout de temps en rotation au dessus en attendant qu'on vienne la chercher,
ce qui sera fait : on y était presque. L'hélicoptère était resté au-dessus et avait fini par attraper lui-même la capsule, car elle possédait une autre particularité surprenante : les "buckets" avaient été conçues pour flotter sur l'eau pour une courte période de temps avant la récupération possible par les navires de l'US Navy. Mais sous l'enveloppe d'acier, un orifice faisant office de prise d'eau avait été rendue soluble, car fabriqué à baset de sel qui se dissolvait progressivement : si personne n'arrivait à temps pour la chercher... elle coulait, emportant ainsi ses précieux films au fond des eaux ! Question de ne pas laisser à l'adversaire le loisir d'aller admirer... les photos de son propre pays !
six C-119 et un C-130 ratissant une zone de 320 x 96 km ont aperçu visuellement la capsule d'à peine 160 kg après l'avoir repéré par son émetteur VHF "Type V" (émettant via une antenne en U repliée sur le côté). Trente minutes plus tard elle était dans la soute du C-119 N°18037 du capitaine Harold E. Mitchell, remontée par le treuil de bord. Le capitaine Harold E. Mitchell, qui sera salué et décoré (voir photo ci-dessous) par son général, Emmett O'Donnell, pour cet exploit. L'avion, devenu lui aussi un héros de l'Amérique, a été depuis préservé. Coïncidence, l'appareil avait été modifié au départ pour récupérer les ballons qui devaient photographier la Russie pour le projet Moby Dick". On y revient !

On comprend alors pourquoi les trois "pontes" qui étaient venus applaudir la récupération de l'exemplaire XIII arboraient delarges sourires, la capsule déposée devant eux. Sur la base d'Andrews, on avait pu voir en effet la crème du projet : le lieutenant général Bernard Schriever, grand responsable du programme des missiles, le général Thomas White (responsable de l'Air Force) et un surprenant colonel Charles "Moose" Mathison,Vice Commandant du 6594eme Test Wing déguisé façon Kubrick dans docteur Folamour (étonnante attitude en effet !), tous trois couvant des yeux littéralement la capsule dorée récupérée. Les 10 premiers satellites Corona (KH-1) ne contenaient même pas de caméra : ils ne serviront qu'à tester le principe de repâchage. Selon certains, Discoverer XII et XIII contenaient déjà une caméra et un engin Scotop (pour déterminer si les russes l'avaient traqué au radar) qui auraient été enlevés pour la présentation à la presse. Selon une autre version, Discoverer XIII n'avait pas de caméra à bord (sauf une qui filmera le déploiement de son parachute) mais emportait un drapeau américain à l'intérieur. Discoverer-14 fut très certainement le premier à emporter une caméra Hyac provenant directement du programme WS416L de ballons de reconnaissance... pour aller survoler le cosmodrome de Plesetsk. L'affaire avait éte menée de bout en bout par Richard Leghorn, un ancien expert en vues aériennes de l'Air Force, un des premiers à avoir proposé des vols de reconnaissance en URSS.
Il commandait le 30eme Photographic Reconnaissance Squadron durant la seconde guerre mondiale (ici à droite un Lightning du 28eme), de 1943-1945 et avait filmé par exemple les plages de débarquement de Normandie en prévision du D-Day, et avait été rappelé pour filmer les essais atomiques sur l'atoll de Bikini. Il avait quitté Eastman Kodak Europe, qu'il dirigeait pour fonder sa socité avec un investisseur de "joint ventures" porté sur les hautes technologies, Laurance Rockefeller. En 1957, il avait acheté le Boston University Physical Research Laboratory (BUPRL), dont les principales recherches portaient sur les caméras. C'est le BURPL qui avait dessiné l'Hyac-1 pour les ballons de reconnaissance de l'USAF dans le projet WS-461L. Sa société deviendra plus tard Itek. On sait aussi que Kodak avait changé son film d'acétate en film poyester pour le Discover XI, qui aurait donc déjà lui aussi contenu un caméra ! Ce n'est qu'au XVI eme exemplaire qu'une caméra sera indiquée comme étant "officiellement" à bord, un modèle KH-2 (la caméra KH 3 sera utilisée à partir de Discoverer-29 , et la KH 4 sur Discoverer-38, dernier du nom). Intelligemment, certaines capsules contiendront de vraies expériences scientifiques dont les médias s'empresseront de vanter l'importance, pendant qu'on vidait les bobines de film "sensibles " sour le nez des journalistes ... le leurre continue !

A vrai dire, les clichés ramenées par Discoverer XIV, satellite censé ne pas contenir de caméra, rappelons-le n'ont rien de transcendant comparé à ce que l'on fait de nos jours (sous Google ou Virtual GlobeTrooting !). Mais les documements déclassifiés le démontrent : ils permettait surtout d'aller vérifier si à un endroit il y avait bien un aérodrome ou un cosmodrome, ce qu'il fera en révélant l'implantation de l'aérodrome de Mys Shmidta en Sibérie, près de la mer de Chukchi Sea. Il révélait des objets de about 12 mètres (40 pieds) vus à 160 kilomètres d'altitude (100 miles). Sur la photo, la piste découverte est le trait blanc rectiligne : le cliché a été largement rendu moins net qu'ill n'était au départ, pour cause de recopies multiples et de... secret à garder. La base servira aux Badgers et au Mig-31 Foxhound chez les russes.
Dans la foulée, on alla donc présenter la capsule de Discoverer XIII (et son parachute encore attaché) sur le bureau même d'Eisenhower. Histoire de lui montrer que ça marchait enfin. Entousiasmé non pas par par la qualité des images ramenées mais plutôt par la récupération qui le délivrait du problème U-2, il signera la même année un décret supplémentaire pour le lancement d' un programme visant à développer un satellite à haute résolution afin de compléter ces satellites Discoverer/Corona,qui couvraient certes de plus larges étendues de territoire que l'U-2, mais avec une résolution insuffisante pour permettre aux interprètes d'imagerie pour extraire autant d'informations sur les installations et les armes dont ils ont besoin : l'échec de l'U-2 l'avait véritablement traumatisé, et ce qu'on lui proposait était tellement supérieur encore... puique ce n'était rien de moins qu'un télescope spatial tourné vers la Terre qu'on lui proposait cette fois.
A peine si on remarquera qu'un sénateur démocrate était venu lui aussi voir le contenu de la capsule : Lyndon B-Johnson, toujours très proche de ce que faisait la CIA... et qui regardait comme les autres une capsule dans laquelle il n'y avait aucun rouleau de film... enlevé pour la presse.
Le programme Discoverer se continuera, avec un nombre assez sidérant de lancements en aussi peu de temps, et ne sera publiquement déclassé qu'après le lancement de Discoverer 38 (toujours pas présenté comme espion !), le 12 décembre 1961.
Ce jour- là, les américains n'apprendront pas pour autant qu'il n'y avait jamais eu de souris à bord des Discoverer. En réalité, devenu Corona, le programme durera jusqu'au 31 mai 1972 avec un total effarant de 145 lancements ! Enfin, cette partie-là du programme, car d'autres appareils "éjecteurs de seaux à glace" seront construits bien après encore, avant que l'abberrante méthode de récuparation et la gabegie en quoi elle consistait ne cesse véritablement.

Comme résultats probants, on aura la couverture d'un bon nombre de pays "sensibles" traversés lors de chaque orbite, comme le démontre ci-dessus le schéma des différentes captures photos de la mission de quatre jours au-dessus de l'Eurasie durant la mission1017 d'un modèle KH-4A (du 25 févier 1965). Le magazine Historia, dans un numéro de mai 2000, résume parfaitement l'apport des satellites espions US, qui explique les mines enjouées des militaires US à regarder le fond de la capsule des Discoverer XIII et XIV :
"Les premiers satellites-espions américains furent lancés dans le cadre d'un programme secret baptisé Corona, placé sous la responsabilité de la CIA (Central Intelligence Agency), l'agence de renseignement. Pour masquer sa mission réelle, il fut présenté comme un programme de recherche scientifique, nommé Discoverer. Le principe consistait, une fois les images prises, à larguer une capsule contenant le film qu'un avion équipé d'une sorte d'immense râteau attrapait au vol pendant sa descente, suspendue à un parachute, vers l'océan. C'est ainsi qu'au mois d'août 1960 que la capsule du Discoverer n°14 rapporta sur Terre les premières photos du territoire soviétique prises de l'espace. Le premier de ces clichés montre la base aérienne de Mys Shmidta sur la mer de Chukehi, en Sibérie. On y distingue des objets de 12 m, ce qui n'égalait pas encore les performances des photos prises par les avions-espions américains U-2.
L'ensemble des vues prises à cette occasion couvrait une superficie du territoire soviétique supérieure à celle de tous les vols de U-2 effectués jusque-là ! Cette première mission réussie de Corona a marqué un tournant dans la guerre froide. Bien que pénalisés par la couverture nuageuse, la nuit et les camouflages, ces satellites ont fourni un flot continu de clichés couvrant la totalité de l'Union soviétique. (Ci-contre à droite la photo de la construction d'une base de lancement de missiles ICBM SS-7, à Yura, entre le 16 juin 1961 et le 28 juin 1962) Ils permirent notamment aux Américains d'évaluer la réalité de la menace soviétique. Ainsi, alors que l'on attribuait à l'URSS, au début des années 1960, un important arsenal de missiles intercontinentaux, les clichés de Corona prouvèrent que l'avantage était en réalité détenu par les Etats-Unis.
Cette information, gardée secrète à l'époque, permis à Kennedy peu après de se montrer inflexible face à Khrouchtchev lors de la crise des missiles de Cuba, en 1962". Bien entendu la CIA avait suivi de près tout le programme, les clichés une fois décryptés étant toujours montrés en priorité à un seul homme : Allen Dulles, responsable de la CIA et des coups tordus US pendant de 1953 à 1961, pendant que son frère aîné John Foster "faisait" la politique US en qualité de Secrétaire d'Etat (de 1953 à 1959).
Le défaut apparent du système, outre la délicate récupération du "seau à glace" apparut vite, c'était bien entendu le déplorable "rendement" des opérations : à chaque observation décidée, il fallait envoyer une fusée... et perdre un satellite devenu inutile une fois sa "bucket" larguée.
On commença donc à cogiter, à la CIA, pour améliorer les choses : cela aboutira à toute une famille de modèles dans les années qui suivront, ce que nous verrons bientôt, si vous le voulez-bien. De tout cela, dont ils sont fort peu tenus au courant, il est vrai, ils s'en fichent un peu, les américains, à ce moment-là : car depuis le 12 avril 1961, ils ont le blues, les américains : un cafard énorme que vient de leur donner un charmant cosmonaute, pourtant, et fort souriant : un certain Youri Gagarine (ici avec Korolev). Leur deuxième traumatisme !
-sur les Discoverers :
-Un super document (à ne pas rater) ici sur les "StarCatchers" de capsules Corona :
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jeune retraité de l'Education Nationale (PEGC) et du privé très (très) actif.
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