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Les impostures écologistes : Chapitre 5 – Le tri sélectif

Par la volonté du Dieu Emballage, les écologistes sont parvenus à s’immiscer durablement dans le quotidien de chaque citoyen du monde industriel. Le remarquable consensus populaire généré par cette formule pléonastique n’a d’égal que la désinformation et la manipulation mercantile de la réalité sur la collecte de nos détritus. Utilisant un fois encore le mécanisme de la culpabilisation individuelle, le lobby écologiste joue le rôle du leurre pour le compte du capitalisme hypocrite tout en récupérant de juteux bénéfices sans effort, sans risque et sans concurrence, ainsi qu’à son habitude.

Avant d’entreprendre de démonter point par point le mécanisme machiavélique qui envoûte les populations déchetogènes des pays développés, il convient de rappeler que le problème des ordures n’est pas nouveau et que l’homme n’a pas attendu l’avènement de l’économie moderne, ni la déferlante du packaging pour être confronté aux nuisances de ses productions intestines. Tout globe trotter objectif reconnaîtra sans difficulté que les pays pauvres se démarquent largement de nos pratiques avancées et offrent au visiteur ressortissant du G20 le singulier spectacle de leurs marchés alimentaires de plein air détectables à l’odeur de putréfaction enveloppant leurs abords et repérables aux vols diptériens entourant leurs étals. Ces humains non développés sont certes exemptés d’emballages mais pas de la dysenterie, de la diphtérie, de la dengue ou du scrofule divers. Mais il est vrai qu’il s’agit là de microbes propres, n’ayant rien à voir avec les vibrions dévastateurs pouvant émaner des canettes métalliques de bière cabossées, des flasques plastiques de Coca éventrées, ou des piles au cadmium rechargeables piétinées. Ainsi de banaux problèmes de santé publiques sont transformés par la rhétorique falsificatrice des écologistes en enjeu environnemental majeur pour la planète entière. Il est pourtant une époque pas si lointaine où la ville de New York, étouffant sous les immondices végétaux et fécaux, subissait les affres du choléra avant que des bataillons de nettoyeurs tout de blancs vêtus ne balayassent consciencieusement chaque ruelle et amorçassent ainsi la construction des égouts de la plus grande ville du monde développé.

Car c’est bien là le premier stigmate de l’imposture précitée des charlatans verts : récupérer à bon compte polémique un simple problème d’hygiène collective, sous prétexte qu’il diffère aujourd’hui de ce qu’il était hier. L’affaire du traitement de nos battitures modernes doit certes retenir toute notre attention, mais ne relève certainement pas de la science écologique, pas plus que le fait de s’essuyer proprement le derrière après la selle ne garantit le maintien optimal des eco-systèmes. La pierre initiale de l’édifice manipulatoire est ainsi posée, c’est à dire celle qui va maintenir l’individu de base dans un rapport d’identification au rôle de sauveteur de la planète chaque fois qu’il triturera ses rogatons. 

Cette première phase félonne étant validée, l’eco-stratagème poursuit son installation en passant à l’étape suivante : la rentabilisation. Car, tout comme la médecine allopathique, la thérapeutique anti-déchets ne s’attaque pas aux causes du mal mais à ses symptômes. Un enfant de huit ans comprendrait aisément que, pour s’éviter d’être embêté par des cochonneries, il suffirait de n’en point faire, mais la logique capitaliste est tout autre. Puisqu’un produit rentable en amont, c’est à dire l ‘emballage qu’on fait payer au consommateur, pose un problème pseudo-écologique en aval, il suffit de créer un dispositif de valorisation de son processus d’élimination. CQFD ! Le double profit au niveau du capitaliste se traduit alors par une double peine au niveau du consommateur qui paye pour obtenir un emballage qu’il ne souhaite pas et qui paye encore (ou qui travaille ce qui revient au même) pour s’en débarrasser. En France, le capitaliste qui s’enrichit avec le travail du tri sélectif s’appelle « Eco-emballages », société anonyme au capital de 1.828.800 euro, ayant réalisé un chiffre d’affaire de 500 millions et un bénéfice de 49 million d’euro en 2010. Cette société privée bénéficie d’un monopole public (depuis qu’elle a absorbé la société Adelphe) ayant pour mission de contribuer financièrement à la collecte, au tri sélectif et au retraitement des emballages ménagers que les entreprises mettent sur le marché[]. A ce titre, Eco-Emballages perçoit des contributions financières de la part des entreprises (c’est à dire 4 centimes d’euro par emballage produit) et soutient financièrement les acteurs du dispositif de collecte, de tri et de recyclage, essentiellement les collectivités locales, ce qui n’empêche pas pour autant ces mêmes collectivités de prélever une nième taxe supplémentaire auprès de l’habitant, délicatement intitulée « taxe d’ordures ménagères ».

L’activité de cette société anonyme est encadrée par un cahier des charges fixé par le Ministère de l’Environnement et du Développement Durable et mis à jour en octobre 2010.[ ]Ce cahier des charges fixe les fonctions d’Eco-Emballages, notamment []de percevoir les contributions des entreprises (les fameux 4 euro, pactole net et sans bavure), prendre en charge l’essentiel des coûts des services de collecte et de tri, conseiller ces mêmes services locaux ainsi que les entreprises productrices, le consommateur et le citoyen sur les enjeux environnementaux, économiques et sociaux de la filière des emballages ménagers.

Sa création a été rendue possible par le décret n° 92-377 du 01/04/92 [ ]qui impose aux entreprises sur le marché français de pourvoir à l’élimination des déchets d’emballages résultant de la consommation de leurs produits, selon le concept de "Responsabilité Elargie du Producteur". Ce subtil concept est né à l’initiative de deux grands capitalistes notoires Mr. Antoine Riboud (BSN) et Jean-Louis Beffa (Saint-Gobain), qui ont ainsi adapté le fameux système consistant à reprendre d‘une main, avec bénéfice, ce qu’on donne de l’autre sans vraiment le donner (puisqu’en fait c’est le consommateur qui paye à la source les 4 centimes inclus dans le prix du produit). Quant aux []actionnaires et administrateurs d’Eco-Emballages, le lecteur aura deviné qu’ils sont choisis parmi les représentants d’industriels et d’entreprises intervenant dans le domaine de la "grande consommation" : Evian, Unilever, Coca-Cola, L’Oréal, Heineken, etc…

Cette triste farce atteint son apogée lorsqu’on découvre que l’agrément gouvernemental indique que les activités de cette société doivent être exercées sans but lucratif et participent à une mission d’intérêt général. L’expression sans but lucratif a manifestement pour objet de rassurer le grand public, mais est sans incidence au plan comptable quand on connaît les mille et une manières pour une entreprise de ne pas faire apparaître un bénéfice à droite du bilan, ou à gauche du compte de résultat, tout en rendant la vie bien meilleure à ses protagonistes. Mais la plaisanterie ne s’arrête pas là puisque Eco-emballages empile les scandales financiers les uns après les autres. Déjà en 2008, cet organisme vertueux s’était fait poisser pour avoir placé 60 millions d’euro aux Iles Caïmans, paradis fiscal pourtant chaleureusement honni par notre Président de la République, et ainsi perdu 15 millions à la roulette kerviel. Cet incident avait d’ailleurs provoqué à l’époque un doux agacement du gentil Borloo qui avait, avec mesure, délicatement envisagé d’agiter son petit index en direction du sacro-saint agrément. Plus récemment une commission interministérielle pointe encore du doigt cette société pour ses pratiques comptables et financières, l’accusant de gonfler artificiellement ses performances, de sous évaluer systématiquement les contributions des entreprises, de fournir des chiffres erronés sur le recyclage, bref de ne servir à rien….

Il semble donc que la machine à faire du fric avec nos rognures ait des ratés, ce qui ne constituerait jamais qu’un gaspillage de plus d’autant qu’il est bien évident qu’en termes purement comptable, le recyclage de nos saletés n’est pas rentable comparativement à une stratégie de compression-enfouissement indistinct. Car c’est bien là finalement que se situe le cœur du problème ! Le carnaval médiatique orchestré par le green business capitaliste barytonne à toute tessiture la mélopée de la planète en tentant de justifier écologiquement ce gigantesque labeur de récupération, mais comment justifier une opération qui, au final, se révèle économiquement non rentable. Compacter et enfouir globalement nos emballages serait infiniment plus avantageux si nous considérons l’économie de main d’œuvre, de moyens techniques, d’infra structures et d’argent que ce système engendrerait. Nous pourrions ainsi constituer d’immenses poches de sédiment d’un genre nouveau, témoin de notre éphémère civilisation industrielle, mais future ressource fossile pour nos descendants privés de pétrole. Ce serait une autre approche du concept manipulé de la préservation, car finalement tout vient de la terre (le plastique vient du pétrole qui lui même vient de la terre) donc tout devrait y retourner pour une macération-régénération qui dépassera certainement notre maigre entendement pseudo scientifique.

Et puis, si les emballages sont si merdiques pourquoi ne pas en interdire la fabrication ! L’Etat Tout Puissant, l’Etat La Vertu, l’Etat Concocteur de Lois (11.000) et de Décrets (130.000), l’Etat Encadreur de nos moindres faits et gestes, l’Etat Futur Poseur d’éthylotests obligatoires dans les automobiles, l’Etat n’a qu’à pondre une loi interdisant les emballages ! De la sorte, nous irions à l’épicerie avec nos bouteilles de boissons consignées, les fruits et légumes seraient déposés délicatement en vrac dans notre cabas en osier persistant, les œufs enroulés dans du papier journal ou rangés dans une boite à œuf pérenne, la viande transportée dans un tupperware durable et nous aurions ainsi réglé ledit problème, gagné de l’argent, préservé la planète et, en prime, ignoré bon nombre d’oukases écologistes. Ce nouveau monde ainsi décrit ne serait d’ailleurs pas catastrophique, il ressemblerait tout simplement comme un frère à celui de mes dix ans lorsque je me tartais la gueule à la récré et que j’allais faire les courses avec mes vieux. De toutes façons nous serons amenés à y revenir, contraints et forcés, alors autant commencer tout de suite, volontairement et dans l’allégresse.




par Christian Laurut (son site) lundi 5 décembre 2011 - 63 réactions
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  • Par BlackMatter (---.---.---.225) 5 décembre 2011 11:55

    Moi je me demande pourquoi en France les consignes ont disparu...

    Quand j’étais jeune, on rapportait les bouteilles de verre au magasin qui étaient ensuite réutilisées par la marque.
    Aujourd’hui, tout est en plastique, ca part à la poubelle ou dans la nature en finissant dans la mer. En plus, un coca dans une bouteille en verre a bien meilleur gout que sa version sous PET.

    Il y a des logiques qui sont incomprehensibles.
  • Par Loatse (---.---.---.42) 5 décembre 2011 14:10
    Loatse

    L’écologie, c’est je pense tout d’abord, faire pression auprès des industriels afin qu’ils ne nous imposent pas leurs emballages non biodégradables ou surnurméraires (céréales vendus dans un sachet, lui même emballé dans du carton le tout répercuté sur le prix de vente)

    Années 60 (soit avant l’invasion des supermarchés), bouteilles en verres consignées (lait, boissons, et... pots de yaourts)

    Fruits et légumes, soit dans du papier journal ou des pochons de papier pour les plus fragiles, soit dans le cabas directement....

    viande dans papier (et non en barquettes polystyrène qui, si vous laissez votre viande dedans la fera se putréfier vitesse grand V),
     
    oeufs emballés dans papier journal, beurre et fromage à la coupe, produits d’entretien dans bidons de fer, bassines émaillées (qui durent....)

    La récup organisée de nos produits, c’est un manque à gagner pour le particulier.... On achète de la nourriture pas de l’emballage !!!!

    Idem pour la mise en place dans certaines municipalités de centre de récupération, alors qu’avant les « monstres » était enlevés systématiquement par la voirie (après que les ferrailleurs soient passés enlever leur gagne pain), aujourd’hui nous devons aller chercher des jetons auprès de la mairie et porter nous même nos « encombrants » à la déchetterie.... sans que la taxe enlevement des ordures ait baissé d’un centime...

    C’est tout un petit monde qui vit de ce que nous posons à coté des poubelles, les ferrailleurs tout d’abord, puis les maigres ressources (rsastes, chomeurs, petits retraités) qui font le tour des quartiers et revendent les objets déposés aux puces ou dans les vides greniers...

    Les jeunes ménages aussi, qui peuvent récupérer lits, tables, télés, etc.... parfois en très bon état...

    En ce qui concerne le papier, nos boites à lettres sont envahies de prospectus, de catalogues (souvent en papier glacé) que bien entendu nous portons au container de recyclage... sauf que j’aimerai bien qu’on m’explique pourquoi, lorsque je veux acheter du papier à lettre, enveloppe, papier toilette en papier recyclé, c’est si cher ?????





  • Par roro46 (---.---.---.47) 5 décembre 2011 16:03

    BLACKMATTER = + 1

    Mais ça n’est pas valable que pour le plastique :
    ça me rend malade de voir qu’on balance des bouteilles en verre en parfait état pour les faire refondre et en faire d’autres résoluement identique ! Quel GASPILLAGE !

  • Par sisyphe (---.---.---.90) 5 décembre 2011 14:44
    sisyphe
    Par Georges Yang (xxx.xxx.xxx.204) 5 décembre 13:55

    Le capitalisme n’est pas l’ennemi de l’écologie, il s’en sert pour vendre plus et arnaquer les gogos et les bobos
    En faisant peur, en publiant des spots racoleurs et soit disant verts on arrive à vendre

    Ben voyons : tous les pétrochimistes sont de grands potes des écolos : c’est bien connu... d’ailleurs, le lobby écolo est multimilliardaire ; c’est lui qui finance les lobbies pétrochimique, nucléaire, et agro-industriel... pas vrai, Yang ? smiley 

    Et les petits cris de verts sympas, le genre qui chante Maxime le Forestier un verre de vin bio à portée de main devant une cheminée alimentée aux copeaux de hêtre n’ont pas conscience qu’ils participent à une farce orchestrée

    Ce qui est bien avec Yang, c’est qu’on peut compter sur lui pour tous les stéréotypes les plus ringards : khmers verts, ayatollahs verts, couillons attardés ; pour lui, l’écologie se résume à ses petits poncifs bien catalogués ; pourvu qu’on vienne pas l’emmerder dans son mode de vie... et encore, là, on s’en sort bien : on échappe au moyen-âge et à la bougie...

    Le jour où la mode sera au recyclage de la merde

    .. vous pourrez vous faire du fric avec vos interventions sur l’écologie...

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