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Les impostures écologistes - Epilogue : Comment peut on être anti-écologiste ?

Auteur d’un ouvrage éponyme et d’une récente série de onze articles intitulés « Les impostures écologistes » j’ai pu constater la difficulté à faire admettre l’idée même du droit à l’existence d’une telle appellation. Si l’étiquette d’anti-capitaliste est globalement correcte, celle d’anti-faciste chaudement recommandée, celle d’anti-impérialiste très acceptable, celle d’anti-socialiste plus difficile à porter mais possible, celle d’anti-mondialiste très tendance, celle d’anti-écologiste, par contre, dispute l’innocent saugrenu au psychopathe dangereux dans sa traduction populaire.

L’écologisme ayant l’image consolidée du Bien Commun, il apparaît dès lors impensable d’aller contre cette évidence sacrée à moins d’être un personnage peu recommandable nourrissant par surcroit de noirs desseins nuisibles à l’humanité toute entière. Je ne reviendrai évidemment pas sur les onze chapitres énumérant autant de raisons d’être anti-écologiste sans pour autant déshonorer le genre humain, et je me contenterai ici de récapituler les lignes directrices d’une pensée alternative à cette pensée devenue unique qui masque nombre de réalités et détourne fâcheusement le public des vrais enjeux imminents.

Vous êtes anti-écologiste si :

1. vous considérez que l’écologie est une science humaine non exacte dont l’objet est l’étude des conditions d’existence des espèces vivantes en relation avec leur milieu naturel et de ses évolutions depuis la nuit des temps et non une doctrine qui décide que le bon équilibre est celui constaté à un moment T de l’histoire et qu’il convient de maintenir cet équilibre par la force de la loi coercitive sur tous les individus de façon durable et définitive

2. vous jugez que les « écologues », scientifiques humbles et circonspects, n’ont rien de commun avec les charlatans autoproclamés « écologistes » qui prétendent être les dépositaires des fondements du bien commun pour les siècles à venir et user de leur prétendu « Savoir » environnemental pour déverser une avalanches de lois, taxes et décrets dans tous les domaines de la vie civile, économique et sociale de chaque individu.

3. vous pensez que la fin prochaine des ressources fossiles et minérales et leur raréfaction imminente ne peut être compensée par rien de comparable et que, par voie de conséquence, le déclin de la civilisation industrielle est inéluctable à très court terme, et que, dans ces conditions, les assurances illusoires des baraquins écologistes pour un maintien durable du système sont fallacieuses, voire criminelles, face à une réalité toute autre nécessitant une adaptation rapide et douloureuse aux techniques de freinage en pente glissante.

4. vous constatez une collusion coupable de ces bonimenteurs avec les exploiteurs capitalistes pour les aider à maintenir le peuple exploité dans la religion de la croissance qui seule peut l’inciter à travailler sans qu’il soit nécessaire de recourir à la force.

5. vous contestez l’acharnement thérapeutique de ces médicastres sur une société en fin de vie avec des remèdes cacochymes, tels leur volonté de mettre en place une planification généralisée de la vie des gens, sous la férule d’un Etat Tout Puissant, dirigé par des technocrates illuminés et suspicieux de la liberté individuelle.

Ainsi, vous vous opposez à cette honteuse mystification et osez affirmer que les profonds bouleversements qui vont survenir dans les prochaines années ne pourront être surmontés par une société arc-boutée sur une gestion toujours plus autoritaire des populations. L’autoritarisme comme mode d’organisation sociale, avec ses variantes et déclinaisons historiques tels le féodalisme, le monarchisme, le despotisme éclairé, l’étatisme républicain, le bureaucratisme, et, dernier en date, le capitalisme étatique a régenté la vie humaine depuis vingt siècles et l’a amené à un stade de gonflement exponentiel dont l’implosion est proche. Il paraît dès lors légitime de se demander si un système anti-autoritaire, où l’état sans être absent n’aurait aucun pouvoir autre que celui de remplir des fonctions organiques plus aisées à remplir collectivement qu’avec une somme d’efforts individuels, serait vidé de toute substance protectrice constituant prétexte à l’infantilisation du peuple et déchargé de toute mission salvatrice de la misère sous le couvert de laquelle il se repaît de broyer l’individu. Ainsi réduit à l’état utilitaire de serviteur docile, cette entité devenue supraconsciente à force d’histoire serait alors transformée en simple entité-objet par un processus révolutionnaire généré naturellement par la dérive civilisationnelle subie à venir.

Cette conception peut faire sourire les scientistes totalement convaincus de la permanence positive du sinus de l’angle de la croissance, qui ne peut tendre vers zéro, et définitivement confiants dans la suprématie planétaire du génie humain, qui ne saurait connaître la moindre défaillance historique. Aveuglés par leur vision cornucopienne de l’humanité ils considèrent qu’une société technologique avancée génère automatiquement une organisation sociale complexifiée qui ne peut se stabiliser qu’avec le recours à un Etat Tout Puissant, et que cette société a été mise en place aujourd’hui et pour toujours.

Mais la réalité est toute autre car l’avenir inéluctable est composé de régression économique, de frugalité technologique, de relocalisation des activités et de dissémination des efforts individuels. Il ouvre ainsi, et pour la première fois dans l’histoire de l’humanité , le champ à la prise en main par l’individu de son destin, de son organisation autonome et de son épanouissement par le dépassement de la superstructure étatique devenue obsolète et sans objet. N’oublions pas que la Première Internationale qui se tint à Saint Imier en 1872 était anti-autoritaire avant que Engels, puis Marx n’infléchissent le cours de l’histoire quelques années plus tard. Cette « Internationale Anti-autoritaire » doit d’ailleurs renaître en août 2012, toujours à Saint Imier, et nul doute que ces options y seront débattues avec actualité, car les évènements à venir pourraient y prêter leur concours. Pour réfléchir dans cette direction, et pour les lecteurs qui le souhaitent, voyez « Le Manifeste de l’Individu Responsable - Programme pour une société antiautoritaire ».




par Christian Laurut (son site) lundi 30 janvier 2012 - 7 réactions
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