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Accueil du site > Tribune Libre > Les limites de la preuve scientifique

Les limites de la preuve scientifique

Une conférence de 3 jours s'est tenue à Munich à l'Université Ludwig Maximilian (LMU Munich) début décembre 2016, rassemblant des physiciens prestigieux, dont des Prix Nobel, et des philosophes eux-mêmes renommés.

 On en trouve le compte rendu sur le site Quanta Magazine. Il s'agissait de discuter un article publié précédemment par Nature, dans lequel les deux physiciens George Ellis et Joe Silk reprochaient aux théories hautement spéculatives de la physique moderne de ne pas respecter les principes fondamentaux de la méthode scientifique.

On peut s'étonner de constater que cette question, dont nous pensions qu'elle avait rencontré un consensus général, fait encore l'objet de Séminiaires aussi prestigieux. Mais le fait est là.

Ellis et Silk mettaient en cause principalement les défenseurs de la Théorie des Cordes et de la théorie du Multivers. Ceux-ci, s'appuyant selon eux sur le fait que ces théories étaient « élégantes », s'affranchissaient du principe fondamental de la science, consistant à ne rien affirmer qui ne puisse être soumis à des vérifications expérimentales.

Ils contestaient notamment les propos du philosophe autrichien Richard Dawid qui, dans un ouvrage de 2013, String Theory and the Scientific Method , avait identifié trois catégories d'évidences « non-empiriques » ( ne reposant pas sur l'expérience) qui pouvaient permettre de construire une vérité scientifique en l'absence de données expérimentales.

Selon David Gross au contraire, confirmant le propos de Dawid, les progrès de la science, que ce soit en physique macroscopique, en physique quantique ou en cosmologie, obligeaient à construire des modèles de l'univers qui en pratique n'étaient pas testables. Ceci notamment du fait que les machines permettant de mettre à l'épreuve ces hypothèses étaient devenues hors de portée des sociétés actuelles. Il a cité notamment le LHC, dont une version considérablement augmentée, souhaitée par les physiciens travaillant sur le collisionnneur, ne verra pas le jour avant des années. C'est ainsi que les pouvoirs de résolution du LHC devraient selon Gross être augmentés des centaines de milliards de fois pour accéder aux constituants de l'Univers.

D'où la nécessité, pour des théories à visées fondamentales comme la théorie des Cordes (dite parfois dans certaines versions Théorie du Tout) de renoncer pour le moment à toute vérification expérimentale. Il en est de même dans le domaine cosmologique. Comment explorer l'univers dans sa globalité, son origine et son possible devenir. Comment prouver qu'il n'est pas entouré d'univers semblables ou différents.

Le principe dépassé de la falsifiabilité

Pendant 3 jours, physiciens, philosophes et scientifiques d'autres disciplines ont discuté des limites que devrait ou non s'assigner la démarche scientifique, en l'absence de ce que Popper avait en son temps nommé la falsifiabilité. Selon Popper, il n'y a de théorie scientifique que si elle peut être mise en échec par une expérimentation future. Ainsi Dieu ne peut être présenté comme une hypothèse scientifique puisque le concept ne peut être « falsifié » par aucune expérience imaginable. Il est clair qu'aujourd'hui, le principe de Popper, s'il est encore utile dans la science quotidienne, n'a plus aucune pertinence en ce qui concerne les hypothèses portant sur les lois fondamentales de l'univers.

Les participants au Workshop se sont mis d'accord sur le fait qu'il fallait remplacer les évidences de la falsifiabilité par celle de la probabilité bayésienne, développée à partir des travaux du statisticien et prêtre anglais du 18e siècle Thomas Bayes. La vérité d'une hypothèse ou d'une théorie se situe sur une échelle de 1 à 100, selon les preuves disponibles. Ceci dépend des domaines scientifiques concernés. C'est d'ailleurs de cette façon que les cerveaux individuels se forgent une conviction, en quelque domaine que ce soit.

Cette approche probabiliste de la vérité scientifique n'est cependant pas toujours suffisante. C'est ainsi que le physicien Carlo Rovelli, souvent cité sur notre site, théoricien de la gravitation quantique à boucles et présent au Workshop, ne s'estime pas satisfait de l'approche Bayésienne. Celle-ci ne peut être la même en physique atomique, par exemple ou en Théorie des Cordes. La première est dans l'ensemble certaine à 100%, compte-tenu d'innombrables confirmations provenant notamment de la physique atomique. La seconde ne peut se prévaloir que peut-être 10% d'espoirs de confirmation. Ceci ne signifie pas qu'elle ne soit pas moins scientifique que la seconde. Carlo Rovelli reproche à l'ouvrage de Dawid de semer de la confusion. Un certain nombre de théoriciens des Cordes s'appuient sur lui pour affirmer que la Théorie est vérifiée, ce qu'elle n'est évidemment pas encore.

D'autres approches du supposé Réel

Nous ne résumerons pas ici la suite des débats, qui se sont manifestement répétés sans apporter de perspectives vraiment nouvelles. Pour notre part, observons que si la physicienne Mioara Mugur Schächter, des travaux de laquelle nous nous sommes beaucoup inspirés ici, avait participé au WorkShop, elle aurait certainement rappelé le principe fondamental qu'elle a développé, sous le nom de Méthode de conceptualisation relativisée (MCR).

Dans le domaine de la preuve des théories scientifiques, il faut rappeler que pour elle il n'existe pas de Réalité en soi, descriptible comme l'est dans la science quotidienne un objet ou un événement. Le Réel est toujours le résultat de la mise en relation d'un observateur, des instruments qu'il utilise et d'un infra-réel non accessible directement.

Comme les observateurs et les instruments, avec le développement des connaissances scientifiques, évoluent en permanence, la Réalité ne peut donc qu'être relativisée et, bien entendu, évolutive. On reconnaît là un des fondements de l'approche épistémologique de la mécanique quantique, mais Mioara Mugur Schächter propose de l'appliquer à tous les domaines scientifiques. C'est ce que nous avons fait pour notre part dans nos articles théoriques.

Nous proposons d'ajouter à ces considérations la prise en compte, non seulement de l'observateur, mais de son cerveau. Comme nous l'expliquons rapidement dans l'article de décembre 2014 (2e partie) L'Univers est-il unique ? Ou non ? Et notre cerveau, quel est-il ? (et en priant le lecteur de nous pardonner de nous citer) :

« ...notre cerveau sera-t-il jamais capable de seulement imaginer des modèles de l'univers suffisamment riches pour apporter des réponses aux mystères que sont pour nous les Singularités. En conséquence nous pourrions jamais les mettre à l'épreuve, avec nos instruments actuels ou d'autres à inventer. Comme le rat au bord de la mer qui n'imagine pas de lointains rivages, nous sommes peut-être immergé dans un univers où les Singularités trouveraient des explications toutes simples. Mais notre cerveau ne peut se représenter un tel univers.

Pourrait-on espérer améliorer les performances de ce cerveau, soit par des modifications génétiques soit par l'appel à l'intelligence artificielle ? En principe oui. En pratique non, car il faudrait auparavant savoir dans quelles directions chercher et le type d'améliorations nécessaires. »


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32 réactions à cet article    


  • La mouche du coche La mouche du coche 19 janvier 11:25

    Les « scientifiques » sont devenus des escrocs et ça commence à se voir. Eux-même s’énervent entre eux. Entre ceux qui croient en la science et ceux qui n’en ont rien à cirer. Devinez qui va gagner ? smiley


    • Aristoto Aristoto 20 janvier 20:55

      @La mouche du coche
      c’est qui qui ta chiéé toi ?


    • Taverne Taverne 19 janvier 16:26

      Pour ce qui est des limites de l’intelligence humaine, elles sont très loin d’être connues et, à mon avis, loin d’être atteintes.

      Ce que nous pouvons faire déjà repose encore sur trois éléments : notre pensée, notre esprit qui la délimite, notre cerveau qui contient les deux premiers éléments. Mais hors de notre cerveau, l’esprit est - potentiellement - capable de se prolonger. Donc mystère pour le moment, tant que l’on ne maîtrise pas ces prolongements possibles.

      Quant à la science, elle montre une fois de plus qu’elle ne saurait se confondre à elle seule avec la raison. Toute raison n’est pas science et vice versa.


      • Wakizashi Wakizashi 20 janvier 10:40

        @Taverne

        "Ce que nous pouvons faire déjà repose encore sur trois éléments : notre pensée, notre esprit qui la délimite, notre cerveau qui contient les deux premiers éléments."
        Si vous vous basez sur une hypothèse pour construire un raisonnement, épistémologiquement il y a déjà un problème.


      • Taverne Taverne 20 janvier 11:15

        @Wakizashi

        Le « si » introduit l’hypothèse, comme par exemple quand vous écrivez : « Si vous vous basez... »

        Je constate une réalité. Mais si vous pensez que le cerveau n’est pas le contenant mais que c’est le foie ou la rate, à vous de prouver cette hypothèse ! smiley


      • Wakizashi Wakizashi 20 janvier 11:49

        @Taverne

        Je n’ai pas vu de « si »...

        "Je constate une réalité. Mais si vous pensez que le cerveau n’est pas le contenant mais que c’est le foie ou la rate, à vous de prouver cette hypothèse ! "
        Je ne sais pas, à chaque fois que j’ouvre une tête pour regarder à l’intérieur, je trouve des tas de choses (des neurones, des synapses, un hypothalamus, un corps calleux, etc. etc.), mais pas d’esprit ! J’ai beau chercher, je ne le vois pas.

        Soit dit en passant et pour votre information, j’ai aussi trouvé des réseaux de neurones dans les intestins, et même dans le cœur... mais pas d’esprit non plus.


      • Taverne Taverne 20 janvier 12:38

        @Wakizashi

        - Je n’ai pas vu de « si »...
        - alors, relisez-vous !

        Et comme vous ne voyez pas le temps non plus, vous décidez qu’il n’existe pas ?
        Il y a une différence à faire entre un concept (esprit, ou temps, par exemple) et une chose concrète.
        Il y a de l’intelligence dans les intestins, certes, mais pas d’esprit.


      • Wakizashi Wakizashi 20 janvier 13:05

        @Taverne

        A propos de « si », il ne vous aura pas échappé que je parlais de vous, pas de moi.

        « Et comme vous ne voyez pas le temps non plus, vous décidez qu’il n’existe pas ? »
        Je ne décide rien du tout, je me contente de distinguer les faits avérés des hypothèses.

        « Il y a une différence à faire entre un concept (esprit, ou temps, par exemple) et une chose concrète. »
        En neurosciences, il y a quelque chose que l’on appelle le « hard problem », qui peut se résumer peu ou prou ainsi : comment l’eau du cerveau se transforme-t-elle en vin de la conscience ? Ou autrement dit, comment passe-t-on de l’objectif (l’observable, le cerveau) au subjectif (l’esprit, la conscience) ?

        Tant que l’on n’a pas répondu à cette question, l’idée selon laquelle le cerveau produit la conscience comme le foie sécrète la bile est une simple hypothèse, une croyance. Prétendre que c’est « une réalité » comme vous le faites, revient à nier purement et simplement l’existence du hard problem.


      • Taverne Taverne 20 janvier 13:17

        @Wakizashi

        Merci de vos conseils, mais je vais plutôt rejeter l’hypothèse du hard problem de la neuroscience, et continuer de m’appuyer sur la réalité de l’existence de l’esprit et sur le prédicat du cogito.

        Allez, ne vous faites pas de bile !


      • Wakizashi Wakizashi 20 janvier 13:34

        @Taverne

        Le hard problem n’est pas une hypothèse, mais une question scientifique, un mystère sur lequel bute la science, à l’instar du mur de Planck en physique.

        Sinon, je n’ai jamais prétendu que l’esprit n’existait pas, j’en fais l’expérience empirique à chaque instant. Ce que je remets en cause n’est pas son existence, mais son origine.


      • Taverne Taverne 20 janvier 13:53

        @Wakizashi

        En ce cas, je ne comprends pas en quoi vous êtes en désaccord avec moi, puisque je n’ai pas évoqué l’origine de l’esprit. Quand vous écrivez plus haut « l’idée selon laquelle le cerveau produit la conscience », vous évoquez là une idée qui n’est pas de moi. Je pense au contraire que le cerveau n’est pas le seul à générer de la conscience.Le corps entier y participe...


      • Wakizashi Wakizashi 20 janvier 15:49

        @Taverne

        « En ce cas, je ne comprends pas en quoi vous êtes en désaccord avec moi »
        Parce que, que la conscience soit produite par le cerveau ou par le corps entier, vous postulez une origine matérielle de celle-ci (et que vous prétendez fonder un raisonnement sur ce postulat). Or rien ne prouve que la matière soit causalement antérieure à la conscience. Pourquoi pas le contraire ?

        On est dans le domaine de la spéculation, de la terra incognita tant scientifique que philosophique, et la moindre des choses face à un mystère, c’est d’admettre son existence (et non pas de faire comme si l’une des hypothèses pour y répondre était « la réalité »).


      • Taverne Taverne 20 janvier 16:19

        @Wakizashi

        Quand la science et le bon sens plaident en faveur d’une option, je ne me laisse pas influencer par l’alternative d’un « pourquoi pas le contraire ? » sortant de nulle part et ne reposant sur rien de solide. Je campe donc sur l’idée que la matière précède chronologiquement la conscience humaine, d’autant plus que l’homme est d’apparition récente sur la planète. Avant lui, que de matière déjà ! Il n’y a donc, si j’ose dire, pas matière à débattre, pour ma part, sur ce point.


      • JC_Lavau JC_Lavau 20 janvier 16:58

        @Wakizashi.
        Je vous encourage à prouver votre thèse.


      • Wakizashi Wakizashi 21 janvier 10:30

        @Taverne

        "Quand la science et le bon sens plaident en faveur d’une option, je ne me laisse pas influencer par l’alternative d’un « pourquoi pas le contraire ? » sortant de nulle part et ne reposant sur rien de solide.« 
        La science ne plaide dans aucun sens étant donné qu’il n’y a aucun consensus sur la question.

        Quant au bon sens, il dépend d’un tas de paramètres, notamment culturels, et vous n’avez pas l’air d’avoir conscience du paradigme matérialiste dans lequel vous vivez, pas plus qu’un poisson n’a conscience de l’eau qui l’entoure.

        Enfin, »qui ne sort de nulle part« , c’est très osé : il y a juste un pan entier de la philosophie qui défend ce point de vue (l’idéalisme, le solipsisme et j’en passe), ainsi qu’une infinité de traditions spirituelles de par le monde, sans parler de la science qui recèle elle aussi pas mal d’éléments (et de chercheurs) remettant en cause l’idée que la conscience est engendrée par la matière. Par exemple en physique, on ne peut plus définir la matière sans faire référence à l’observateur (à cause de la projection de la fonction d’onde sur une observable), donc l’idée que l’observateur soit lui-même issu de la matière est un raisonnement circulaire.

         »Je campe donc sur l’idée que la matière précède chronologiquement la conscience humaine"
        C’est votre droit et ça se défend. Mais quelle que soit la réalité à ce sujet, en l’état actuel de nos connaissance votre idée demeure une hypothèse, donc les fondations sur lesquelles vous prétendez baser votre raisonnement logique sont instables, et par conséquent, votre raisonnement non valable. C’est tout ce que je dis.


      • Wakizashi Wakizashi 21 janvier 10:40

        @JC_Lavau

        Vous inversez la charge de la preuve. Ce n’est pas moi qui prend une hypothèse pour « la réalité ». Cela dit, il suffirait de mettre en place un protocole pour vérifier que les patients vivant une NDE ont réellement des perceptions de leur environnement avec un EEG plat (par exemple en mettant dans toutes les sales de réa des écrans vidéo dirigés vers le plafond, non-visibles depuis le lit, et sur lesquels on ferait défiler aléatoirement des formes abstraites) pour réfuter définitivement l’hypothèse que le cerveau fabrique la conscience.

        Réfutation déjà quasi effectuée d’ailleurs étant donné le nombre de cas documentés déjà en notre possession soit dit en passant. Le reste n’est qu’une question de résistance idéologique.


      • Shawford Naoh 21 janvier 10:42

        @Wakizashi

        Si vous me permettez de m’incruster, non valable en l’état, ne serait ce pas une formulation plus opportune ? Sinon vous vous montrez vous même par trop conclusif, si les postulats sont simplement instables, cela ne veut pas dire qu’ils sont nécessairement faux, jusqu’à preuve du contraire (sinon, pour le compte, faut arrêter tout de suite toutes les recherches spéculatives sur les cordes et/ou le multivers)


      • Wakizashi Wakizashi 21 janvier 11:11

        @Naoh

        « Si vous me permettez de m’incruster, non valable en l’état, ne serait ce pas une formulation plus opportune ? »
        Ce serait en tout cas une formulation parfaitement légitime.

        « sinon, pour le compte, faut arrêter tout de suite toutes les recherches spéculatives sur les cordes et/ou le multivers »
        Il y a une petite différence quand-même : si vous reprenez le 1er message de Taverne, il n’était pas question de recherche (auquel cas il est naturel de raisonner à partir d’hypothèses), mais de ce que l’on pouvait d’ores et déjà dire, et pour ce faire, il se basait sur 3 éléments qui selon lui étaient factuels. Or l’un des trois est une hypothèse, c’est ce qui a motivé ma remarque.

        Sinon sur les recherches sur les cordes, étant donné qu’il existe en fait une infinité de théories des cordes (parce qu’il existe une infinité de façons d’enrouler des flux autour des géométries compactes), même en se limitant aux théories qui sont en accord avec l’observation, il y en a tellement qu’en sélectionnant l’une ou l’autre, on trouvera tous les résultats qu’on voudra. Autrement dit, quelle que soit la réalité, les adeptes des cordes pourront toujours prétendre qu’elle est conforme à l’une des théories. Une théorie qui prévoit tout et son contraire ne sert strictement à rien et n’a aucune valeur prédictive, et donc à mon humble avis, on pourrait en effet arrêter tout de suite les recherches sur les cordes sans aucun dommage pour la science (je ne suis pas le seul à le penser).


      • Taverne Taverne 21 janvier 11:18

        @Naoh

        Perso, je laisse tomber cette discussion. Après tout, je ne suis qu’un petit « poisson qui n’a conscience que de l’eau qui l’entoure » (dixit Wakizashi). Je vais donc nager dans des eaux moins prétentieuses... smiley


      • Shawford Naoh 21 janvier 11:33

        @Taverne

        Les dauphins sont des rois smiley

        @Wakizashi

        Vache, vous y allez fort en conclusion.
        Pour ma part je pense, également à mon humble avis, qu’il n’y pas de problème à laisser prospérer ces recherches dès lors que l’on arrêterait de nous infliger le dictat matérialiste réducteur qui ne laisse spéculer certain qu’à la condition qu’ils soient affidés au dogme politico-idéologique ambiant smiley


      • Wakizashi Wakizashi 21 janvier 11:35

        @Taverne

        Je suis désolé si vous vous êtes senti offensé, ce n’était pas mon intention. Mais il faut dire qu’en ne faisant pas la différence entre un fait et une hypothèse en prenant pour acquis le réductionnisme matérialisme, vous laissez effectivement l’impression de ne pas avoir conscience du paradigme dans lequel baigne notre société.


      • Wakizashi Wakizashi 21 janvier 11:43

        @Naoh

        « Vache, vous y allez fort en conclusion.
        Disons qu’au niveau de la recherche fondamentale la physique est en crise, et ce n’est peut-être pas totalement indépendant du fait que pour un jeune doctorant, il est quasi impossible d’avoir un budget et un labo s’il n’axe pas ses recherches sur les cordes ou dans des domaines afférents. Je ne dis pas qu’il faut arrêter les recherches sur les cordes, mais j’ai l’intime conviction qu’elles ne mèneront à rien. C’est d’ailleurs rare en science qu’une hypothèse qui ne donne rien résiste aussi longtemps... d’habitude elles finissent dans aux oubliettes assez rapidement.

         »il n’y pas de problème à laisser prospérer ces recherches dès lors que l’on arrêterait de nous infliger le dictat matérialiste réducteur qui ne laisse spéculer certain qu’à la condition qu’ils soient affidés au dogme politico-idéologique ambiant"
        Je ne vous le fais pas dire...


      • Taverne Taverne 21 janvier 21:29

        @Wakizashi

        Vous écrivez avec aplomb : « rien ne prouve que la matière soit causalement antérieure à la conscience. Pourquoi pas le contraire ? »

        Un « pourquoi pas ? » étant pour vous un fait incontestable et la réalité concrète une pure hypothèse, j’estime que tout est dit et que le débat est clos.


      • Wakizashi Wakizashi 22 janvier 10:07

        @Taverne

        « Un « pourquoi pas ? » étant pour vous un fait incontestable »
        Je ne me rappelle pas avoir dit ça. Citation ?

        « la réalité concrète une pure hypothèse »
        Si vous persistez à confondre les hypothèses avec les faits, effectivement il n’y a rien de plus à dire.


      • Taverne Taverne 19 janvier 16:45

        Soyons honnête. Avant d’évoquer les limites de la preuve scientifique, il faut, philosophiquement, poser la question des limites de la preuve tout court. Car, si seul ce qui a été prouvé avec certitude absolue devait être considéré comme vrai, les premiers humains n’auraient pas cru en l’existence du Temps (une « catégorie a priori » comme le dit Kant), et ils seraient demeurés ignorants et stupides. Soyons raisonnables autant que maîtres de la Raison.


        • JC_Lavau JC_Lavau 19 janvier 17:51

          "il n’existe pas de Réalité en soi, descriptible comme l’est dans la science quotidienne un objet ou un événement. Le Réel est toujours le résultat de la mise en relation d’un observateur, des instruments qu’il utilise et d’un infra-réel non accessible directement."
          Bernard d’Espagnat n’aurait pas dit pire. Telle est en effet la tarte à la crème administrée dans tous les amphis détenus par les copenhaguistes, depuis octante huit ans. Anthropocentristes depuis nonante ans à Göttingen (1925).

          Confusion standard entre la réalité et les connaissances que nous pouvons en avoir. Et attention hein ! Connaissances uniquement définies par les copenhaguistes, et eux seuls ! Avec toute la puissance des violences bureaucratiques et verbales à leur disposition pour demeurer les seuls maîtres du bordel établi.
          Jusqu’à plus ample informé, le théorème de la variété requise, de W.R. Ashby date de 1956 et 1958 ( Requisite Variety and its implications for the control of complex systems, Cybernetica (Namur) Vo1 1, No 2, 1958), Manifestement déjà en 1956 dans An Introduction to Cybernetics, Chapman & Hall, 1956. Il suffit à ruiner le fantasme panoptique de tout savoir des conditions aux limites. Aussi bien les copenhaguistes que les bohmiens s’imaginaient en toute naïveté qu’ils pouvaient délimiter un système quantique : les deux clans ayant éliminé de leur pensée les preuves données en 1923 que ce rêve est puéril et contrafactuel.
          http://www.agoravox.fr/actualites/technologies/article/le-bruit-de-fond-dirac-de-broglie-176013


          • JC_Lavau JC_Lavau 19 janvier 18:57

            Il est manifeste que les participants de cette conférence n’étaient pas outillés pour poser les bonnes questions : ils sont trop spécialisés pour avoir déjà été confrontés à la question de la maturité d’une science ou d’une aspirant-à-être-considérée-comme-science.
            La maturité scientifique, ça ne tombe pas tout cuit dans s’bec. Il y faut beaucoup de désillusions, de révisions déchirantes, de redéploiements, de corrections détaillées des erreurs précédentes. Il s’en faut de loin que tout ce qui a présentement le statut administratif et médiatique de « science » soit à égalité en maturité.

            Présentement la « climatologie » est l’exemple parfait d’une pseudo-science, en complète immaturité, et qui est tellement corrompue d’origine par les oligarques du WWF et leurs intermédiaires politiques, qu’elle mettra plus de quarante ans à s’en remettre.

            La psychiatrie aussi est corrompue d’origine, par le contrat de corruption passé entre les aliénistes débutants et le garde des sceaux de Louis Philippe : En échange d’honoraires confortables, vous vous engagez à disqualifier toutes les plaintes des pauvres diables contre leurs exploiteurs, par la ruse d’un discours pédant et irréfutable. Certes depuis des gens de valeur ont globalement sauvé l’honneur de la profession, mais les ripoux sont toujours là, dans l’antichambre des tribunaux. Durant septante ans (jusqu’en 1938), l’Université française a délivré un diplôme de troisième cycle, hors-cursus et payant, de phrénologie criminelle, destiné aux experts auprès des tribunaux...

            Durant ce même 19e siècle, la biologie a conquis sa maturité scientifique de haute lutte contre la papauté (Voir Thomas Huxley gérant avec humour sa déconvenue envers Bathybius). Disons que c’était chose faite avec le livre de Jacques Monod : Le hasard et la nécessité. Au moins sur le plan moral, car techniquement les progrès sont restés incessants depuis.

            La géologie a mis longtemps à renoncer à ses géosynclinaux à toutes les sauces, et les Guides Géologiques Régionaux chez Masson sont toujours à réécrire... Enfin voilà, elle a globalement conquis sa maturité scientifique dans les années soixante-septante.

            La quantique telle qu’elle est enseignée dans tous les amphis, tous les manuels et toutes les vulgarisations demeure aussi immature que la programmation l’était en BASICs à numéros de lignes, à identificateurs réduits à une ou deux lettres, où l’on ne pouvait faire le moindre remaniement sans faire tout sauter. Leurs inepties sont codées au fer à souder dès les premières pages des manuels, aucune correction n’est plus possible sans tout jeter d’abord.

            Immaturité maximale. Et on n’a pas davantage de compliments à faire à la cosmologie.


            • MatinMidiSoir 19 janvier 19:57

              la chance qu’on a d’avoir des scientifiques d’un tel niveau comme Lavau.
              de sacrés carrières...spécialiste en épistémologie des sciences sur agoravox ! ça dans un CV !

              Encore un p’tit ingénieur belge niveau licence de maths aux ambitions contrariées, transformé en citoyen justicier !


            • JC_Lavau JC_Lavau 19 janvier 21:55

              @MatinMidiSoir. Je dirais même plus : Jules César est arrivé en Gelbique, une fois !


            • JC_Lavau JC_Lavau 19 janvier 22:40

              Quant à la partie "L’Univers est-il unique ? Ou non ? Et notre cerveau, quel est-il ?, Coluche aurait poliment dit que ce n’était pas la peine. Commencez par éliminer vos fautes de méthodologie. Il y a des méthodes pour cela. Jamais vues en fac de sciences dures, mais qui veut peut les apprendre. Il y a même eu une UV au CNAM qui s’en occupait, mais pas dans un cursus de sciences dures et appliquées à l’industrie, qui s’occupait aussi de l’évaluation des programmes de recherches, et de prévision technologique. Bref, de la discipline de généraliste interdisciplinaire, justement ce que méprise le spécialisé à fond à fond à fond à fond à fond, qui sait beaucoup de choses sur peu de chose, et à la limite tout sur rien du tout.


              • Aristoto Aristoto 20 janvier 20:54

                sans mon cerveau et ma conscience comment donc un météorite vit-il sa collision avec une planète ?

                Vaste question !


                • Shawford Naoh 20 janvier 21:40

                  @Aristoto

                  Ben un jour venu, vaudra juste interroger un de tes descendants pleinement conscientisé qui aura été constitué de cette poussière d’étoile : trop fastoche smiley

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