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Les limites du système de normes énergétique dans le bâtiment

Un particulier construit sa maison positive (produisant davantage d'électricité qu'elle n'en consomme), installe un système de récupération et de gestion qui rend sa maison 100% autonome en eau et en électricité. Pourtant, quand ce particulier demande à bénéficier du label BBC, pourtant largement moins exigeant, il ne l'obtient pas.

Pourquoi ? Parce que l'organisme certificateur estime qu'un insert ne peut chauffer que 110m2. Or, la maison fait 143m2 ! On demande donc au propriétaire d'ajouter des convecteurs électriques supplémentaires pour les 33m2 qui reste ! Refus net de l'intéressé ! La maison n'aura donc pas le label ! Pourtant avec des murs porteurs en béton cellulaire de 50cm et une utilisation intelligente du bioclimatisme, son niveau d'isolation thermique est largement supérieure aux immeubles en BBC.

Cette histoire, racontée dans le numéro de septembre 2011 de l'excellente revue la Maison écologique, est particulièrement significative des limites du système de labelisation à la française.

Pour permettre l'adaptation progressive des professionnels du bâtiment et ne pas accroître les coûts, le système des normes a été conçu pour évoluer progressivement vers une réduction significative de la consommation moyenne des logements. On en est donc à la RT 2005, on va passer à la RT2012. Mais ce système ne s'applique qu'aux logements neufs.

Or, le renouvellement du parc se fait très lentement. Pour la France, on estime qu'il est de 1% par an. A ce rythme, en 2040,il restera entre 30% et 40% de logements antérieurs à 1975, généralement très énergivores. Sans compter qu'une part importante des "nouveaux" logements en seront à la RT2005.... complétement dépassés à ce moment là !

Tout en conservant ce système de normes, pourquoi ne pas envisager d'autres stratégies permettant d'accélérer la mutation du parc immobilier ?

Nous proposons la démarche suivante : développer dans l'ancien la maison et l'immeuble positifs, consommant moins de 50 kWhep/m3/an et qui couvrent leurs besoins par des énergies renouvelables intégrées aux bâtiments (photovoltaïque, solaire thermique, petit éolien).

Pas de normes précises et contraignantes, mais une seule exigence : produire davantage que ce que l'on consomme. C'est un double avantage : une totale liberté de conception et la nécessité de travailler prioritairement sur la sobriété énergétique générale du bâtiment, donc sur son économie globale.

C'est très motivant pour les propriétaires, car une fois le statut de maison positive atteint, on voit les factures de consommation fondre comme neige au soleil !

Comment inciter concrètement les propriétaires à se lancer ? Par une double mesure :

-instaurer une contribution incitative au sein de la taxe foncière, payée par tous les contribuables, sauf ceux qui ont atteint le niveau maison positive (facilement vérifiable par le ratio consommation/production)

-développer la rénovation des bâtiments par élévation/rehaussement qui permet de dégager de l'argent pour permettre d'atteindre ce niveau. Cela permet aussi de favoriser la densification des espaces urbains, densification obligatoire si nous voulons maîtriser les enjeux de l'urbanisme du XXIéme siècle.

En développant ces stratégies, on dépasse la logique des normes réglementaires très contraignantes, lourdes à mettre en place, pour une efficacité limitée. On donne aussi davantage de liberté aux acteurs (propriétaires, constructeurs) pour agir et prendre des initiatives. Et aussi, on met la recherche de la sobriété au coeur de la réflexion sur nos maîtrises de l'énergie. Enfin, on sort d'une logique sectorielle, où on traite le problème de l'énergie comme une entité à part, pour l'intégrer dans une logique globale où ce problème doit être traité en relation avec celui de l'emploi, des territoires et de l'urbanisme.

 

Pour aller plus loin : voir d'autres articles de la catégorie habitat urbanisme déchets

par Rcoutouly (son site) jeudi 8 septembre 2011 - 28 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par AntoineR (xxx.xxx.xxx.2) 8 septembre 2011 10:14

    Des normes, toujours des normes.
    On voit bien les limites des normes.

    ça ne sert à rien.
    Il suffit juste de "récompenser" les résultats et non pas les moyens.
    Tout est dans votre article précédant : Tarif progresssif des énergies.

    Avec un tarif progressif, tous le progrès et tous les investissements seront fait pour qu’il y ait du résultat. Actuellement, les gens investissent pour avoir un label ou un crédit d’impôt.

    J’ai des amis qui ont investi dans 40m² de panneaux photovoltaïques et ils ont .... un chauffe-eau électrique. Cherchez l’erreur.

    Avec 4 m² de panneaux thermique (et un investiisement 10X moindre), ils auraient le même résultat. Mais vu le tarif de rachat d’EDF et le crédit d’impôt, le photovoltaïque était préférable...

    Tout ça nous coûte énormément au final : moins de recettes d’impôt, des tarifs EDF plus élevés..... et surtout aucune économie d’énergie.

  • Par jef88 (xxx.xxx.xxx.106) 8 septembre 2011 11:41
    jef88

    Tout a fait d’accord les normes devraient garantir un résultat et non pas des moyens pour l’atteindre.
    - L’imagination et la créativité seraient récompensées.
    - On progresserait en permanence et non pas par palliers

    On a vu le résultat de l’ISO 9000 dans l’industrie....

  • Par kéké02360 (xxx.xxx.xxx.251) 8 septembre 2011 12:56

    aujourd’hui, rare sont les entreprises qui ne se présentent pas comme respectueuses de l’environnement, c’est porteur, çà << justifie >> les tarifs verts proposés exhobitants pour tout quidam qui veut réparer ou construire ecohabitat !!!!

    le système ultralibéral fait choux gras de tout et l’écologie tant décriée ne les gène plus pour s’en mettre plein les poches sur le dos des moutons bien isolés il est vrai !!!!! smiley

    En lisant l’article qui s’inscrit bien dans le système, je n’ai pu m’empêcher de penser au témoignage de cet agriculteur qui me confiait que des camions de lait aux normes français faisait le voyage jusqu’en italie pour être mélangé à du lait italien dépassant les normes autorisés en dioxine pour obtenir la dite norme par dilution et revenir << clean >> en france.

    Pour en revenir à l’article si on demande aux clients de rajouter des convecteurs électriques, d’atteindre le nec du luxe super confortable en s’équipant de pompe à chaleur , éolien , thermique , photovoltaïque, puit canadien sans oublier la VMC double flux dernier cri et j’en passe ,tout çà pour vous vider les poches mais surtout pour vous faire consommer plus et faire tourner au final les centrales nucléaires qui d’un coup mélangées à vos énergies propres deviennent respectueuses de l’environnement !!!!!!! 

    On est donc loin d’un schéma de décroissance favorisant un habitat sain et écologique dans un esprit d’économie ,de gestion de l’énergie , on est vraiment à fond dans le système de consommation sensé générer de la croissance ( en tout cas pas celle de votre compte en banque ) smiley

  • Par Lord_Mahuf (xxx.xxx.xxx.171) 8 septembre 2011 09:38
    Lord_Mahuf

    La critique est facile et caricaturale.

    la norme française de calcul est sensée garantir :

    • une qualité d’isolation minimale du bâti pour éviter le gaspillage d’énergie
    • l’atteinte d’une basse consommation dans des conditions d’utilisations standard du bâtiment
    • l’atteinte d’une température de chauffage minimum dans le bâtiment par conditions hivernales extrêmes (par exemple, à Paris le dimensionnement est fait pour -5°C à l’extérieur, et on doit garantir l’atteinte de 18°C à l’intérieur)
    • un relatif confort thermique estival (pour éviter que l’on construise de bâtiments en forme de bouteille thermos)
    La RT2012 introduit fortement les notions de bioclimatisme qui n’étaient que peu prises en compte jusqu’ici (mais non absentes)

    Il est normal qu’un bâtiment ne répondant pas au cahier des charges d’un label n’ait pas le droit à ce label. ça n’en fait pas un mauvais bâtiment pour autant. (ici c’est probablement le point 3 qui pèche...)

    Quant à la grande idée de supprimer les normes, ce sont les vendeurs de pompe à chaleur miracle qui vont se frotter les mains et vous remercier. Les normes sont aussi là pour protéger le consommateur des entrepreneurs peu scrupuleux malheureusement trop présents dans le secteur du bâtiment.

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