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Les Marchés Paniquent ? Mais Si Tu Savais Comme Je M’En Fous !

Quand pour t'offrir une semaine de vacances, tu contractes un crédit, tu peux te dire, raisonnablement, que tu viens de franchir un palier. Même si tu raques en trois fois.
C’est sale temps.
Tu te demandes comment se fait-il. Où t’as péché…
Alors quoi, trimarder, toute l’année, ne suffirait pas à prendre, l’été venu, du bon temps ?
T’aurais donc pas les moyens de te faire la belle vie, rien que sept petits jours ?

Tu reluques tes fiches de salaire, ce que tu palpes, net, le mois, et tu t’insultes !
C’est pas Dieu possible, glandu !
Mais tu te démerdes comme une brêle, ou quoi !
Enfin, ce salaire, qu’est au-dessus du SMIC, c’est quand même pas la misère !
Où qu’il passe ce pognon ?

Tu refais les comptes, consciencieusement, avec des lignes, des colonnes, stylo quatre couleurs, et très vite, ça te saute à la gueule :
l’essentiel part dans des charges dites incompressibles.
Loyer, eau, gaz, électricité, téléphone, bagnole, bouffe, impôt sur le revenu, impôts locaux…
Sinon, ces cigarettes, dont tu ne peux te passer.
Aussi, un restaurant de temps en temps ; un cinéma, rarement ; quelques DVD pour te distraire ou t’épater ; et voilà, le compte est "bon". 
Et donc, rien, pas un rouble vaillant pour foutre le camp, au soleil.
Te voilà loquedu, réduit à passer par un organisme de crédit.

Je sais ce que tu vas me dire : quand on n’a pas les moyens, on prend sur soi.
Bref, les vacances, on s’en passe. Se promettant de faire mieux l’an prochain… Et pis tiens, à ce sujet, reprends-les, tes comptes, doit bien y avoir des coupes à faire.

Déjà, arrête de fumer. C’est mauvais pour ce que tu as…
Limite tes trajets en bagnole.
Consomme un peu moins.
Es-tu sûr que ton forfait internet soit bien indispensable ? N’y en a-t-il pas un de plus adapté à tes petits moyens ?
Idem pour ton téléphone portable. Et si tu passais à la carte ?
As-tu vraiment besoin d’aller au restaurant, même si c’est que deux fois le mois ; ne serait-ce pas aussi sympâââ de dîner chez soi, avec des bougies, par exemple, pour faire dimanche ?
Quant au cinéma, t’as bien des potes qui te prêteront le film, dès qu’il sortira en DVD ! Du reste, cette télévision, LCD, es-tu certain qu’il n’y avait pas moins coûteux, et tout aussi performant ?
Etc.

Oui, vu comme ça, j’aurais eu, peut-être, quelques euros disponibles, pour décarrer au soleil.


Pas très loin, or donc en France, mais c’eut été possible.

Ceci étant, et nonobstant, tu veux que je te dise ?

J’ai déjà pensé à tout ça. Et finalement, j’en ai conclu que non.
Non, je ne peux pas et ne veux pas faire de "coupes".

Je ne veux pas me faire chier, vivre comme un rat crevé pendant 358 jours pour espérer partir une minable semaine dans un endroit qui, de toutes les façons, sera gorgé de monde.
Plus question, comme une fois, une seule dans ma chienne de vie, d’appeler Monsieur Cetelem pour me barrer au soleil.
Tant pis. Des vacances, j’en prendrai pas.
Et ça fait six ans que c’est ainsi.
Avec, dans l’intervalle, ce que les gens de la télé, des sociologues, des psychologues, des intronisés spécialistes de tout poil, nomment curieusement des : « accidents de la vie ». Comprendre : du chômage. Avec ce que ça implique : des petits boulots que t’acceptes, sans moufter, ou presque, sinon, c’est radiation. Exclu de la société. Et viens pas pleurer ! Tu passerais pour un profiteur, un parasite qui vit sur le dos des autres.

Alors tu comprendras, sans nul doute et fort aisément que, quand j’apprends que la bourse dégringole, chute onze jours de rang, que paraît-il ça panique, ici et là, que des ministres sont sommés d’interrompre leurs vacances pour tenter de rassurer les investisseurs, ça ne me fait ni chaud, ni froid.
Parce que moi, ça fait six ans que je chute.
Déclassé.
Et que tout le monde s’en fout.

Tout comme le monde se fout, itou, de savoir que celui qui va (encore) payer les pots cassés de ces messieurs, c’est moi (et toi, gagnant pas des mille et des cents).
Mais au moins, c'est fini, j’ai plus, moi, un seul crédit à la noix sur le dos.
Ce qui n’est pas le cas de mon pays.
Pour qui on marne.

A ce propos, le premier, là-haut, qu'oserait me dire que ce serait ma faute s’il est en faillite, mon pays, sous-entendant, populeusement, que j’aurais pas assez turbiné, fourni, sacrifié, je lui pète sa sale gueule.
Si jamais, ça m’était reproché, même doucement, je t'assure que je ne passerai pas par la case indigné, moi. J’irai direct à l’étape suivante.
Est-ce assez clair ?

Parce que, faudrait tout de même pas, demain dit d’austérité, venir chatouiller les arpions d’un mec qui trime correct, et qui voit plus le soleil...
 




par Philippe Sage (son site) mercredi 10 août 2011 - 52 réactions
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Les réactions les plus appréciées

  • Par Ronny (---.---.---.47) 10 août 2011 09:24
    Ronny


    Bien d’accord avec vous... J’ai hérité de quelques actions voila 6 ans et mon premier réflexe a été de tout vendre, quelque soit le prix du jour. Parce faut quand même pas déconner : quand j’entends que les marchés ne sont pas responsables de la crise, que ce sont seulement des thermomètres, je ris ! Jaune, mais je ris !

    Le détenteur d’action, il n’a qu’une seule envie, c’est qu’elles montent. Pour cela les détenteurs de portefeuilles font pression sur les CA des entreprises, qui compriment toujours plus les effectifs. Deux conséquences : la dégradation des conditions de travail qui pousse certains employés au suicide (voyons le verre a moitié plein : cela fait toujours des pauvres en moins !) et les licenciements boursiers. Avec des charges telles que les alloc chomages puis malheureusement souvent les RSA à payer, qui constituent des transferts de charges vers les finances publiques, donc un poids sur le budget.

    Par ailleurs, qui d’autres que les banques (une des composants principales des « marchés ») ont prêtes à des ménages quasi insolvables pour des achats immobiliers aux Royaume Uni, mais surtout aux USA. Tant que cela montait pas de problème, mais lorsque les prix ont chuté... On connait la suite ! Il a fallu que les Etats (qui sont comme chacun sait le problème et pas la solution) mettent la main largement à la poche (je devrais dire à notre poche) pour renflouer les banques sans condition. Il aurait fallu a ce moment :
    - racheter ces banques et non pas prêter ou renflouer à fonds perdus
    - préserver les avoirs des petits porteurs et des nationaux, et laisser éventuellement s’effondrer le système bancaire international

    Une fois renflouées, ces banques et leur équipes de traders n’ont pas attendu longtemps avant de retrouver leurs mauvaises habitudes : bonus exorbitants, spéculation effrénée, diktats aux politiques qui y faut bien le dire sont, en tout cas pour notre gouvernement actuel, objectivement complices de la mafia bancaire.

    Alors, que la bourse monte ou qu’elle s’effondre, je suis comme vous : j’en n’ai vraiment rien à foutre !!!

  • Par Harfang (---.---.---.249) 10 août 2011 09:26
    Harfang

    Et bin tu sais quoi ? Je suis complètement d’accord !
    Limite ça me ferait marrer si ça n’allait pas nous retomber sur la gueule tôt ou tard... du coup, je ris, mais plutôt jaune en fait.

  • Par robin (---.---.---.3) 10 août 2011 13:25

    La prochaine valeur en hausse c’est la maison de campagne près d’une rivière avec un potager, des brebis, des poules, et une grosse réserve de fusils et de munitions.

  • Par JMK66 (---.---.---.78) 10 août 2011 10:38
    JMK66

    Salut Philippe.
    Préviens moi quand tu iras à l’étape suivante.
    Car comme toi je me fous de la bourse ;
    Les miennes sont pleines.
    Paix sur Toi

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