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Accueil du site > Tribune Libre > Les mystères de Wikileaks et de la « Révolution tunisienne » éclaircis (...)

Les mystères de Wikileaks et de la « Révolution tunisienne » éclaircis ?

La révélation effarante de 250.000 notes diplomatiques états-uniennes par Wikileaks était un mystère. La soudaine « Révolution tunisienne » en était un autre. La réunion des deux tend à les éclaircir l’un l’autre, du moins selon un scénario vraisemblable dont on peut émettre l’hypothèse.

L’avènement prétendu de l’ère de la transparence
 
La divulgation sans précédent d’un abondant courrier diplomatique étatsunien par le site Wikileaks a été saluée par les uns comme la démonstration qu’Internet faisait entrer le monde dans l’ère de la transparence. Le secret ne résistait plus aux petits génies de l’informatique capables de pénétrer facilement dans les messageries secrètes d’un État et de pratiquer l’information extorquée, c’est-à-dire obtenue à l’insu et/ou contre le gré de l’émetteur. D’autres dénonçaient, au contraire, la mise en danger d’autrui par ces violations intempestives du secret, condition de la survie de chacun et a fortiori d’un État.
 
À défaut, cependant, de percer de véritables secrets, on accédait par ces révélations aux analyses que les diplomates états-uniens transmettaient à leur gouvernement sur les dirigeants des pays où ils exerçaient leurs fonctions : outre les portraits acerbes des présidents Sarkozy ou Berlusconi, on apprenait entre autres surprises que l’Arabie Saoudite était favorable à une frappe contre l’Iran et surtout que le régime tunisien était tenu par une mafia familiale dictatoriale et corrompue.
 
La soudaine « Révolution tunisienne »
 
Si on tient compte du temps nécessaire à la diffusion de l’information, la « Révolution tunisienne » a suivi curieusement de peu ces révélations sur la condamnation états-unienne du dictateur Ben Ali et de sa clique. Il ne s’est écoulé que trois semaines entre le 28 novembre 2010, date de la publication des notes diplomatiques et le 17 décembre, date du suicide tragique d’un jeune homme diplômé, soudainement privé par la police de son étal qui lui permettait de survivre en faisant du commerce. Ce drame a alors déclenché des manifestations répétitives progressivement dans tout le pays bientôt réprimées à balles réelles par une police aux ordres du dictateur. On a relevé plusieurs dizaines de morts, sans que cessent pour autant les protestations. Elles en ont même pris que plus d’ampleur.
 
Et on a appris que le dictateur aurait fait appel à l’armée pour mater ce qui devenait une insurrection populaire, mais que le général en chef Ben Ammar aurait refusé d’obtempérer et de faire tirer sur les manifestants, ce qui lui aurait valu son limogeage. Peu après, le 14 janvier 2011, à la surprise générale des non-initiés, Ben Ali et sa famille prenaient la fuite. Des bruits opportunément distillés ont couru sur un entretien téléphonique entre la secrétaire d’État Hillary Clinton et le général Ben Ammar, un éventuel état d’alerte de la flotte états-unienne en Méditerranée, puis sur la venue d’un émissaire états-unien en Tunisie, premier représentant occidental à entrer dans le pays depuis la chute du dictateur.
 
Une opération de ravalement des façades dictatoriales
 
De là à établir une relation de cause à effet entre les révélations de Wikileaks sur l’image de la dictature tunisienne donnée par les diplomate états-uniens et le déclenchement de l’insurrection populaire, il n’y a qu’un pas qu’on est tenté de franchir, en restant dans les limites prudentes de l’hypothèse.
 
Les révélations de Wikileaks apparaissent moins désormais comme une information extorquée par des génies de l’informatique que comme un leurre d’information donnée déguisée en information extorquée dont les services de renseignement sont familiers, pour préparer une opération politique de grande envergure à travers le monde.
 
En 1943, les services britanniques avaient utilisé, dans le cadre de « l’Opération Mincemeat », le faux cadavre d’un militaire échoué sur une plage du sud de l’Espagne avec une serviette de documents confidentiels farfelus pour détourner les Nazis des plages de Sicile choisies comme site de débarquement par les Alliés.
 
Aujourd’hui, les services états-uniens ne se seraient-ils pas servis de Wikileaks pour lui faire jouer, à la façon du cadavre de « l’opération Mincemeat », le même rôle de vecteur d’informations données déguisées en informations extorquées, afin de conférer de la crédibilité à l’appréciation négative du gouvernement des Etats-Unis sur des dictatures jusqu’ici amies, et livrer ainsi un signal public de désaffection définitive envers ces cliques devenues des obstacles dans une recomposition des forces face aux nouveaux enjeux internationaux.
 
Ce lâchage états-unien qui fragilisait le dictateur Ben Ali, aurait donné du courage à ses opposants, tant dans les cercles militaires et économiques du pouvoir que dans la population. La preuve ? Ben Ali n’a pas résisté longtemps au refus du général Ben Ammar, fort du soutien états-unien, de tirer sur les manifestants. Le bruit s’en étant opportunément répandu, les manifestants ont redoublé d’ardeur, assurés de ne plus être tirés à vue. La « Révolution tunisienne » aurait donc été programmée par une nouvelle stratégie états-unienne, comme en 1973, le renversement de Salvador Allende avait été organisé par un putsch militaire auquel les USA avait prêté main forte pour mettre un terme dans le sous continent sud américain à la progression des régimes favorables à l’Union soviétique.
 
La cécité et l’incompétence de la ploutocratie française
 
On reste pantois devant la cécité et l'incompétence de la diplomatie française, censée entretenir avec la Tunisie des relations étroites : n’est-ce pas plutôt celle d’une ploutocratie attachée à faire des affaires avec la tunisienne et qui ne s’intéresse qu’au profit à court terme, pendant que les États Unis se préoccupent du long terme en ravalant les façades de dictatures vieillissantes devenues des boulets dans la redistribution des forces régionales pour faire face à la confrontation du 21ème siècle avec la Chine. On voit, en effet, que d’autres pays stigmatisés par les analyses diplomatiques états-uniennes que Wikileaks a rendues publiques après en avoir été mystérieusement destinataire, entrent en effervescence, comme l’Égypte, le Yémen et la Jordanie : viendra peut-être bientôt le tour du Maroc, de la Libye ou de la Syrie. 
 
Ce scénario n’est qu’une hypothèse, faute d’éléments plus probants. Mais il offre une explication vraisemblable à deux événements qui apparaissaient comme mystérieux : les révélations impromptues d’une masse de notes diplomatiques états-uniennes par Wikileaks et la survenue tout aussi inattendue d’une « Révolution tunisienne » contre laquelle, 4 jours avant la fuite du dictateur Ben Ali, la ministre française des affaires étrangères, qui décidément n’était pas dans le secret des dieux, en était encore à lui proposer le savoir-faire de la police française. Cette représentation d’une redistribution des cartes partielle organisée sous l’égide des États-Unis ôtent un peu de romantisme à la « Révolution tunisienne », sans pour autant nier le courage des manifestants qui peuvent tenter d’élargir la brèche entrouverte par les USA. Les semaines et mois qui viennent, permettront de voir s’ils y parviendront ou non. Paul Villach 

Les réactions les plus appréciées

  • Ghassen25 (---.---.---.97) 28 janvier 2011 13:10

    Salut,je suis un Tunisien et j es été en plein actions ces derniers jours :)

    ce que vous avez écrit est très intéressant,mais je veux juste vous préciser que le début de cet révolution été totalement improvisé et spontané.
    En Tunisie on connait tous,avant le fameux Wikileas,la cupidités de la familles Tarbelsi et Ben Ali mais on été pas vraiment unis,on été plutôt hyper peureux... 

    Ça débuter avec un accident,et on a connu un cas similaire avant,et puis la colère public a augmenté dans cet région pauvre de la Tunisie...et tout est devenu réellement nationale quand Facebook et Twitter ont servi comme journal quotidienne pour le reste de la populations avec les tirs de balles,les émeutes violentes et les morts :S 

    Quand tout cela est presque fini les USA est venu et la France a voulu se rattraper !
    mais en fin du compte,malgré que le peuple a fait sa révolution et expulsé ce dictateur et sa famille,les USA ont joué un grand rôle avec le groupe Anonymous de la CIA et avec son soutien aux responsables qui veulent de la démocratie...

    On reste vigilent tout de même :)
  • cathy30 (---.---.---.105) 28 janvier 2011 13:47
    cathy30

    bonjour ghassen25
    vous faites bien de dire que ce n’est pas la première immolation. Mais le gouvernement français ne s’est pas rattrapé, il a été en dessous de tout. Mais je tiens à vous dire que sarko n’est pas la France.

  • Peachy Carnehan (---.---.---.42) 28 janvier 2011 13:44
    Peachy Carnehan

    Les notes de Wikileaks diffusées au moment où les marchés financiers spéculaient sur les ressources alimentaires... L’indignation et la faim... Avec ou sans l’ombre de la main de Washington le cocktail était déjà explosif.

  • Traroth (---.---.---.125) 28 janvier 2011 18:36
    Traroth

    Oui, vous avez écrit aussi que personne n’en parlerait plus en janvier, Gélone... smiley


    Comme quoi, vous n’en êtes vraiment pas à une connerie près !

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41 réactions à cet article

  • Ghassen25 (---.---.---.97) 28 janvier 2011 13:10

    Salut,je suis un Tunisien et j es été en plein actions ces derniers jours :)

    ce que vous avez écrit est très intéressant,mais je veux juste vous préciser que le début de cet révolution été totalement improvisé et spontané.
    En Tunisie on connait tous,avant le fameux Wikileas,la cupidités de la familles Tarbelsi et Ben Ali mais on été pas vraiment unis,on été plutôt hyper peureux... 

    Ça débuter avec un accident,et on a connu un cas similaire avant,et puis la colère public a augmenté dans cet région pauvre de la Tunisie...et tout est devenu réellement nationale quand Facebook et Twitter ont servi comme journal quotidienne pour le reste de la populations avec les tirs de balles,les émeutes violentes et les morts :S 

    Quand tout cela est presque fini les USA est venu et la France a voulu se rattraper !
    mais en fin du compte,malgré que le peuple a fait sa révolution et expulsé ce dictateur et sa famille,les USA ont joué un grand rôle avec le groupe Anonymous de la CIA et avec son soutien aux responsables qui veulent de la démocratie...

    On reste vigilent tout de même :)
  • cathy30 (---.---.---.105) 28 janvier 2011 13:33
    cathy30

    Je ne pense pas que les conflits sont aussi simples que cela. L’empire a un savoir faire du contrôle des médias, surtout en occident.
    Le fruit était pourri, de toute manière. L’armée est sous contrôle des américains, mise de côté par Benali, ce n’était pas sa garde rapprochée. Le soulèvement ne fait que commencer, et il s’étend.

    Mais fait important, la France est tenue à l’écart pas les Etats unis du conflit, d’où l’énormité d’alliot marie sur la proposition du savoir-faire sécuritaire français. Sarko est hasbeen. Ils l’ont lâché.
    Si votre théorie est exact, alors Israël a du souci à se faire. Pourquoi enflammer le monde arabe, alors qu’il est prêt à prendre feu depuis longtemps ?

  • Peachy Carnehan (---.---.---.42) 28 janvier 2011 13:44
    Peachy Carnehan

    Les notes de Wikileaks diffusées au moment où les marchés financiers spéculaient sur les ressources alimentaires... L’indignation et la faim... Avec ou sans l’ombre de la main de Washington le cocktail était déjà explosif.

  • Vilain petit canard (---.---.---.225) 28 janvier 2011 15:47
    Vilain petit canard

    D’habitude je ne vous suis pas trop dans vos histoires de leurres, Paul, mais là je suis d’accord : l’Empire ravale la façade des dictatures « amies ». Et la France est complètement en-dehors du coup, c’est dire l’état de nos services de renseignements... et l’incompétence de nos gouvernants.

    • Traroth (---.---.---.125) 28 janvier 2011 18:36
      Traroth

      Oui, vous avez écrit aussi que personne n’en parlerait plus en janvier, Gélone... smiley


      Comme quoi, vous n’en êtes vraiment pas à une connerie près !
    • aspic (---.---.---.232) 28 janvier 2011 19:02
      aspic

      Eh non ! J’aime bien vous lire, mais là:je ne partage pas vos points de vue concernant Wikileaks, elles sont vraiment trop franco-francais et oublient que les « cables » citent d’autres pays que la France et ses anciens colonies/zones d’influence ! Vous sous-estimez aussi la capacité actuelle de la jeunesse qui maitrise parfaitement les nouveaux moyens de communications. (J’en ai trois ,je sais de quoi je parle !) 

      Avez-vous lu les cables et leurs suites :

      -en Allemagne (une taupe dans une parti politique) ?
      -en Autriche : les dirigeants Autricheins pas assez collabortrice (on ne peux rien faire avec eux),préférant le commerce avec entre autre l’Iran ?
      -Les Pays Bas ou des nouveaux cables scandalisent toute la presse et la suite pour les engagements actuelles et futurs concernant leur (re)déployement en Afghanistan ?
      ...et j’en passe

      Je connais l’histoire du marin mort, mais je crois vraiment que maintenant ceci échappe aux
      dirigeants Etats Uniens ! (suffit de voir la tête de Clinton après les révélations)
      De toute façon, attendons un peu que la pouissière retombe !

    • Philou017 (---.---.---.67) 30 janvier 2011 03:45
      Philou017

      Article de l’Express du 29 Janvier 2011 :

      Ce que WikiLeaks nous apprend sur l’Egypte de Moubarak

    • Traroth (---.---.---.125) 31 janvier 2011 15:05
      Traroth

      Mais je maintiens l’intégralité de mes propos, Gélone ! smiley


      Vous ne seriez pas capable de reconnaitre une révolution même si vous la preniez en pleine gueule ! De la même manière, vous avez déjà affirmez, si je ne m’abuse, que la révolution en Tunisie était un non-événement !

      Le monde est en train de se transformer, et pour vous, il ne se passe rien ! Continuez surtout à bien nous faire marrer !
    • Traroth (---.---.---.125) 1er février 2011 11:14
      Traroth

      « Ici, comme en toute chose, rien bien qui rit le dernier » : Quel manque de perspective ! En matière de politique, le dernier mot n’est jamais dit, et on n’a donc jamais fini de rire ! Mais pourquoi essayer de vous expliquer ça, à vous ? smiley

  • beubeuh (---.---.---.50) 28 janvier 2011 17:29

    Cette théorie du complot me paraît un peu trop cousue de fil blanc pour être parfaitement exacte.

    En revanche, ce que montre l’affaire Wikileaks, c’est finalement l’obsolescence des vieilles doctrines de protection de l’information, fondée sur une sécurisation des systèmes parfaitement illusoire. Elle montre également que la diffusion de ce genre d’informations ne porte pas forcément préjudice à ceux qui en sont à l’origine. Finalement, Wikileaks n’a fait qu’étaler sur la place publique ce qu’on savait déjà de manière officieuse, et les conspirationnistes en ont largement été pour leurs frais (en tout cas, si complot(s) il y a, ce n’est pas dans les chancelleries diplomatiques qu’ils se développent). On a beaucoup lu et entendu, au moment de la publication des câbles, que c’était un scandale de dévoiler les informations des démocraties alors que des dictatures restaient à l’abri de cette transparence. Les cas tunisiens et egyptiens montrent au contraire que ce sont les régimes autoritaires qui ont le plus à craindre de la publication de la vérité, d’où qu’elle vienne, les pays plus démocratiques ne risquent tout au plus quelques engueulades entre hauts fonctionnaires. Le jour, qui finira bien par arriver, où un wikileaks chinois verra le jour, ce sera une autre chanson. 
    Doit-on y voir une politique délibérée et coordonnée ourdie par les Etats-Unis ? Cela me semble un peu trop simple. Je pense plutôt qu’ils ont tiré les conséquences de la paranoïa étatique qui a caractérisé les années post-11 septembre, où il ne fallait surtout pas qu’on expose la vérité sur l’attentat, ni que les membres soupçonnés d’Al-Qaida puisse bénéficier d’un tribunal comme lieu d’expression, ni qu’on sache qui travaille en Irak et pour qui, etc. Avec le résultat que l’on sait : théories du complot qui fleurissent sur le 11 septembre, Guantanamo en une des journaux pendant des années, mercenaires qui déstabilisent la situation irakienne plus qu’autre chose etc. Et in fine un pouvoir de conviction proche de 0, comme tout le monde l’a vu dans les grotesques power-point de Colin Powel au conseil de sécurité. Un désastre en termes de communication et probablement un échec opérationnel (en tout cas personne n’est jusqu’à présent venu se vanter d’une réussite majeure dans cette « stratégie antiterroriste »).
    Depuis 2-3 ans, la donne a quand même changé, même si on ne reviendra probablement pas sur cette période. Voir Obama et ses généraux étaler leurs différents concernant l’Afghanistan sur la place publique est tout de même significatif (ce qu’à écrit Woodward sur le sujet n’a rien à envier à Wikileaks). Cela n’a eu aucun impact majeur sur la situation sur place et quelque part cela permet à de nombreux acteurs impliqués dans cette guerre d’analyser ce qui se passe de manière plus objective, et d’agir en conséquence. On ne peut que constater que cette guerre est encore aujourd’hui beaucoup moins contestée et impopulaire aux Etats-Unis qu’en France, où l’on a pas été fichu d’organiser un débat parlementaire sur la question en presque 10 ans de guerre.
    C’est dans l’air du temps : il vaut mieux communiquer à outrance en protégeant le strict minimum plutôt que de protéger à outrance en communiquant le strict minimum comme on l’a fait jusqu’à présent. Dans un monde où l’information circule vite et où les événements se précipitent souvent, cette stratégie peut permettre plus facilement d’être opportuniste et de prendre le bon train en marche. Voilà en tout cas un chemin que n’a pas suivi la France, et on ne pourra que constater que c’était une erreur. Les ministres soutenant mordicus que la le régime de Ben Ali n’était pas une dictature mafieuse et corrompue, alors qu’il suffisait d’ouvrir Wikileaks pour en être convaincu, en ont été la manifestation la plus grotesque.

  • Traroth (---.---.---.125) 28 janvier 2011 18:25
    Traroth

    « Les révélations de Wikileaks apparaissent moins désormais comme une information extorquée par des génies de l’informatique que comme un leurre d’information donnée déguisée en information extorquée dont les services de renseignement sont familiers, pour préparer une opération politique de grande envergure à travers le monde » : Désolé, mais ça, ça tient toujours plus du fantasme et de la tentative de déstabilisation que du fait établi ! Absolument rien de factuel ne permet d’aller dans ce sens. Rien ! Il n’y a que des choses comme ce que vous relevez : des « seulement 3 semaines plus tard » ou des « juste au moment où ». Ce qui est marrant, c’est que, alors qu’il est parfaitement clair que le Cablegate fait un mal incalculable aux Etats-Unis, personne n’a jamais pensé que les tentatives de décrédibilisation de Wikileaks, elles, profitaient largement aux Etats-Unis !

  • Traroth (---.---.---.125) 28 janvier 2011 18:29
    Traroth

    « Aujourd’hui, les services états-uniens ne se seraient-ils pas servis de Wikileaks pour lui faire jouer, à la façon du cadavre de « l’opération Mincemeat », le même rôle de vecteur d’informations données déguisées en informations extorquées, afin de conférer de la crédibilité à l’appréciation négative du gouvernement des Etats-Unis sur des dictatures jusqu’ici amies, et livrer ainsi un signal public de désaffection définitive envers ces cliques devenues des obstacles dans une recomposition des forces face aux nouveaux enjeux internationaux » : Quel charabia ! Des dictatures amies, mais pas assez amies, en fait ? Je ne comprends pas la motivation. Et l’action non plus : si les USA veulent faire tomber Moubarak, il est bien plus efficace et rapide de « découvrir » publiquement que c’est un affreux tyran et de cesser en le clamant haut et fort de lui livrer des armes.

    Franchement, les Etats-Unis ont une looooooongue expérience en renversements de régimes, et ils n’ont jamais eu besoin de stratégies aussi alambiquées et aussi peu fiables ! Surtout pour renverser des gros méchants que personne n’aime !
  • Traroth (---.---.---.125) 28 janvier 2011 18:33
    Traroth

    Franchement, les USA renversant eux-mêmes des régimes alliés, au risque de voir émerger un pouvoir hostile (quand on fait appel à la rue, on ne peut pas être sûr de ce qui en sortira), pour soi-disant faire obstacle à la Chine, ce n’est même pas tiré par les cheveux, comme idée, c’est tout simplement ridicule !


    Si vous n’avez rien à dire, vous feriez mieux de ne rien dire, Villach ! C’est un peu dommage de vouloir à toutes forces écrire des articles...
  • HORCHANI Salah (---.---.---.255) 28 janvier 2011 18:46
    HORCHANI Salah

     La Révolution en Tunisie, source d’inspiration pour la Méditerranée

     

    L’« Appel pour la Tunisie », qui est reproduit ci-dessous, est paru, sous le titre « La Révolution en Tunisie, source d’inspiration pour la Méditerranée »,

     

    sur le site du quotidien « Le Monde » :

    www.lemonde.fr/.../la-revolution-en-tunisie-source-d-inspiration-pour-la-mediterranee_1467181_3232.html

     

    et celui  de « Euro-Méditerranée » :

    http://euro-mediterranee.blogspot.com/2011/01/pour-sa-liberte-et-sa-dignite-le-peuple.html

     

    « Pour sa liberté et sa dignité, le peuple tunisien s’est soulevé. Oui, de telles insurrections sont encore possibles aujourd’hui. Elles sont nécessaires. Elles sont prometteuses. Mais elles sont menacées, car elles remettent en cause de puissants intérêts locaux et les structures d’un ordre international établi qui les redoute et travaille d’emblée à les écraser ou à les dévoyer. Elles ont besoin d’unité, de détermination, de lucidité et de solidarité.

    Après vingt-trois années de « passivité » apparente, en quelques jours de lutte héroïque et intelligente, sans peur de la répression, sans inflation idéologique, les citoyens et citoyennes de Tunisie - chômeurs avec ou sans diplômes, ouvriers, étudiants, professeurs, avocats, fonctionnaires, commerçants, soldats - ont abattu une dictature brutale et corrompue, ruineuse pour leur pays et honteuse pour leur terre de civilisation ancienne, qui se maintenait au pouvoir en bénéficiant du soutien des organismes financiers, des Etats et des alliances militaires de la région, des experts de la « gouvernance » mondiale.

    Cette révolution – car c’en est une – ouvre des perspectives nouvelles, profondément encourageantes pour le peuple tunisien, qui peut maintenant redevenir maître de son sort, restaurer les libertés individuelles et syndicales, régénérer les institutions démocratiques, recouvrer les biens volés ou accaparés par le clan présidentiel, s’attaquer au clientélisme, mobiliser les ressources du pays au service du développement et de la lutte contre la pauvreté.

    Elle est une source d’inspiration pour les voisins qui, à des titres divers, affrontent des problèmes comparables, que ce soit au sud ou au nord de la Méditerranée. Elle contribue à créer les conditions d’un nouveau régime de relations internationales, incluant la gestion commune des problèmes de migrations, de sécurité, de coopération économique et culturelle, et associant sur un pied d’égalité des peuples souverains, éclairés, épris de justice et de progrès.

    Mais trois conditions au moins sont requises pour que de telles perspectives se concrétisent. Ne nous cachons pas qu’elles n’ont rien de garanti.

    La première, c’est que les Tunisiens ne voient pas leur insurrection réprimée ou dévoyée par les représentants du système à qui le dictateur en fuite a transmis les instruments du pouvoir, et qui pourraient prendre prétexte de « l’anarchie » – au besoin, la provoquer – pour interrompre la transition démocratique. Il faut que se lèvent au sein du peuple les dirigeants à qui il pourra faire confiance pour la difficile navigation qui s’annonce.

    La deuxième, c’est qu’elle ne soit pas étranglée de l’extérieur par des pressions militaires, politiques et économiques conjointes. Déjà, des agences d’évaluation annoncent la dégradation de la note tunisienne sur les marchés financiers, et des voix s’élèvent pour signaler les risques qu’un changement de régime en Tunisie ferait courir au « front antiterroriste ».

    La troisième, donc, c’est que les opinions publiques et les gouvernements du monde, et notamment ceux du pourtour méditerranéen et de l’Union européenne, expriment clairement leur soutien à la transition démocratique en cours et en fassent aussi leur cause.

    Nous les appelons à s’engager résolument dans cette voie, en même temps que nous formons des vœux ardents pour la réussite du changement qui vient de commencer à Tunis.



    Premiers signataires


    Rajae Aboulaïch, Tewfik Allal, Didier Arnal, Anne Balenghien, Etienne Balibar, Eliane Becache, Mohamed Bécha Kaâniche, Hedi Belhajsalah, Amel Ben Abda, Mohamed Ben Ahmed, Hazem Ben Aïssa, Esther Benbassa, Tahar Benlakhdar, Zohra Ben Lakhdar-Akrout, Hechmi Ben Messaoud, Isabelle Bloch, Gabriella Bonacchi, Marc Bonnet, Anne-Sophie Bonnet-Ben Dhia, Abdellah Bounfour, Fethi Benslama, Rudolf Bkouche, Sadok Ben Rejeb, Noureddine Boudriga, Karima Bounemra Ben Soltane, Fréj Chaieb, Faouzia Charfi, Khadija Chérif, Alice Cherki, Luciana Castellina, Mabrouk Daldoul, Hatem Elamine, Abdellatif Elbadia, Nabil el-Hagar, Piera degli Esposti, François Gèze, Jean-Charles Gilbert, Nabil Gmati, Nilufer Gole, Andreas Griewank, Pierre Guenancia, Tuong Ha-Duong, Mohamed-Lazhar Haji, Mohammed Harbi, Christophe Hazard, Mohammed Heny Selmi, Salah Horchani, Emmanuel Hubaut, Philippe Icard, Jérôme Jaffré, Mohamed Jaoua, Raoudha.Jenane, Jean-Pierre Kahane, Adnène Khalfaoui, Abdellatif Laabi, Med Lazhar Abbès, Juliette Leblond, Jean-Marc Lévy-Leblond, Martine Léonard, Jean-Marc Lezcano, Claude Lobry, Massimo Loche, Jean M-S Lubuma, Bernard Maitte, Tahar Manoubi, Albert Marouani, Giacomo Marramao, Mohammed Masmoudi, Benoît Millot, Edgar Morin, Nguyen Ngoc Giao, Abdessalem Oueslati, Boutheina Oueslati, Meherzi Oueslati, Valentino Parlato, Anne Pezet, Bernard Philippe, Bernard Quinnez, Josep Ramoneda, Rossana Rossanda, Isabelle Selon, Mohammed Sifi, Guy Taieb, Khaoula Taleb-Ibrahimi, Aldo Tortorella, Gabriella Turnaturi, Chiara Valentini, Dominique Ventre, Michel Waldschmitt, Frieder Otto Wolf, Pham Xuan Yem, Lamia Yacoub, Mourad Zeraï. »

     

    HORCHANI Salah

     

  • Alpaco (---.---.---.161) 28 janvier 2011 18:55

    P.Villach il est interessant d’élargir le débat sur le rôle et la nature des informations délivrées par Wilileaks.
    Penser qu’elles soient volontairement données, tout en feignant le contraire, par le gouvernement américain relève pour certains de « la pensée conspirationniste », pour d’autres d’une analyse minimum nécessaire à toute information recue.

    Ce message (format ACP 127, et non courrier/télégramme/cable diplomatique comme se complaisent à les nommer nos si romanesques journalistes, qui ne font que donner une représentation de leur perception des « faits bruts »), publié par Wikileaks il y a six jours, annonce-t-il une prochaine révolution en Algérie : http://213.251.145.96/cable/2009/04/09ALGIERS370.html

    Traduction personnelle de quelques passages :
    « To the surprise of noone, Algerian President
    Abdelaziz Bouteflika was elected to a third term on April 9
    in a carefully choreographed and heavily controlled election
    with official results the main opposition leader called
     »Brezhnevian.« 
     »Sans surprise, Abdelaziz Bouteflika a été réélu pour un troisème mandat le 9 avril, dans une éléction parfaitement mise en scène et sévèrement contrôlée, dont le résultat a été qualifié par l’oppostion de ’Brejnevien’" (90.24% des votes)

    « A joint statement by observer teams from the African Union, Arab
    League and Organization of the Islamic Conference was quick
    to proclaim the election »fair and transparent,« but UN
    monitors declined to participate in the statement despite
    Algerian government pressure to do so. »
    « Conjointement, Les observateurs de l’Union africaine, de la Ligue Arabe et de la Conférence Islamique ont rapidement proclamé l’élection »équitable et transparente« , mais les observarteurs des Nations Unies ont refusé de valider cette affirmation malgré les pressions du gouvernement algérien ».

    L’avenir nous eclairera, sur la nature donnée déguisée ou extorquée de ces messages fournis par Wikileaks, dont il semble que plus de gens ont un avis sur ces messages que de personnes qui les lisent réellement.

    • francis (---.---.---.11) 28 janvier 2011 19:19
      francis

      Bientôt, sitôt que j’aurais un peu évolué, je crois bien que je vais pencher du côté de Mr Assange ...
      As-t’il eu tort ? As-t’il eu raison ? telle fut mon ... intérogation prudente, au début de WikiLeaks

      Et ben... moi, je penche de plus en plus vers le côté « raison » de cette force obscure qu’est WikiLeaks....

      Mais bon, à part cela, Mr Assange aurait pu penser aux français et trouver un autre nom !

      C’est fou sur les sites comme WikiLeaks a du mal à être orthographié !

      Mr Assange : et si on changeait de nom pour celui ci : Canard enchainé ... Il parait qu’en Anglais, cela se dit : Chained Duck bon... facile pour les English, facile pour les Français
      voila, y’a plus rien à dire !

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