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Accueil du site > Tribune Libre > Les notes à l’école : pour ou contre ?

Les notes à l’école : pour ou contre ?

C’est un sujet qui revient régulièrement dans les médias, ou dans les blogs, il n’y a donc aucune raison pour que Agoravox se prive du plaisir de polémiquer sur cette question passionnelle - une passion qui remonte à notre vécu scolaire, avec ses hauts et ses bas, ses joies et ses frustrations. Chacun a donc son avis sur la question.


Il est bon de rappeler d’emblée que rechercher l’égalité des chances ne signifie pas soutenir l’égalitarisme, pas plus que le nivellement par le bas. Ces accusations essentiellement idéologiques et politiques polluent souvent ce débat.

Tâchons donc de retrouver un peu d’objectivité. Que demande-t-on aux notes ? De noter les élèves, c’est-à-dire de les évaluer, de les classer (les méchantes langues disent "trier" !) en fonction des exigences scolaires et sociales...

Accessoirement, elles ont une fonction de stimulus, et inversement de punition -en somme elles jouent à elles seules le rôle de la carotte et du bâton !

Enfin, elles peuvent avoir une fonction disciplinaire, un outil présumé efficace dans la tentative des enseignants de retrouver l’ambiance studieuse d’une classe du bon Topaze...

Je ne cesse de m’étonner de la fréquence à laquelle mes enfants évoquent leurs notes et leurs moyennes - faudra que j’en fasse la moyenne hebdomadaire !

J’ai donc failli oublier ce point essentiel : les notes rassurent les parents ! Mais les inquiètent lorsqu’elles sont mauvaises, auquel cas elles servent là encore de baromètre : de même que la courbe de croissance surveille la santé, les notes sont censées être le baromètre objectif de la santé scolaire des enfants, voire de leur santé mentale tout court, et un fort indice de leur avenir professionnel et de leur statut social.

On mesure les enjeux énormes que l’on fait reposer sur ces notes et ces moyennes... Il y a presque un côté magique, cérémoniel à cette fonction, une sacralisation.

Devant l’importance qu’on leur attribue, la moindre des choses était de vérifier que cette confiance aveugle est fondée. Or, non seulement une étude scientifique sur l’objectivité des notes est possible, mais elle a depuis longtemps été faite !

« Cette façon façon d’évaluer les connaissances des élèves est aléatoire et biaisée de multiples façons. Les spécialistes le savent depuis longtemps, mais pas le grand public. Cela reste tabou. », déclare Bruno Suchaut, directeur de l’Institut de recherche sur l’éducation, au Nouvel observateur (25-31 mars 2010).

Les faits sont sans appel : les notes à l’école sont d’une grande subjectivité, et celles du bac, qu’on suppose objectives à cause de son organisation complexe et de sa correction anonyme, le sont à peine moins.

Pour obtenir une note "juste" au bac, il faudrait faire la moyenne de 127 correcteurs en philo, 78 en français, 13 en maths - des matières les plus subjectives au plus objectives.
 
On fait reposer l’avenir des élèves sur une notation très aléatoire !

Durant la scolarité, d’autres facteurs interviennent pour rendre injuste la notation :


— l’absence de référentiel fiable pour chaque matière et chaque année scolaire ;

— la différence énorme entre établissements, au point que le rectorat de Paris pondère les notes fournies par les lycées.
 
Certains biais tiennent à l’inévitable subjectivité de l’enseignant lui-même :


— effet courbe de Gauss : tendance inconsciente à ajuster les notes pour obtenir dans la classe une courbe de Gauss, c’est-à-dire une majorité de « moyens », une minorité de faibles, et une autre minorité d’excellents élèves ;

—  l’ordre des copies corrigées ;

—  l’image globale que se fait l’enseignant de l’élève ;

— le niveau de la classe ;

— les préjugés personnels, comme éventuellement l’ethnie, le sexe : les garçons pourraient mieux faire, quand les filles sont présumées au maximum !

La suppression des notes et son remplacement par d’autres systèmes ayant les mêmes buts - évaluation, stimulation, orientation et sélection - est tout à fait possible, et d’autres pays l’ont fait, sans catastrophe nationale. Aux dernières nouvelles, ils n’ont pas sombré dans l’égalitarisme, le communisme ou n’importe quel « -isme », et ne forment pas des ingénieurs incapables de faire un pont ou des dentistes ne sachant pas distinguer la droite de la gauche.

En France même, de nombreux adultes ont connu une autre formule que les notes, et sans drame aucun : personnellement, j’ai connu la notation en 5 lettres, ABCDE, qui n’a nullement empêché de nous évaluer ni de différencier les flèches des « peut mieux faire », comme votre serviteur. Remarquer aussi que 5 lettres, pondérées par plus ou moins, ça fait une notation sur 15, soit très similaire !

D’autres ont connu A, B, C, d’après ce que j’ai lu sur un forum.

Le débat annexe à celui-ci concerne le redoublement, car une fois évalués, il existe quelques élèves dont les notes ont été très très faibles tout au long de l’année, notamment dans les matières principales. Pour eux se pose la question du redoublement. En fait, elle ne se pose plus guère, car l’inutilité du redoublement, voire sa nocivité, est une notion acquise par tous les professionnels, ce me semble : on peut toujours trouver un exemple contraire, mais il est avéré que l’avenir scolaire d’un élève qui redouble au primaire ou au secondaire sera laborieux. En outre, sur le plan psychologique, je le trouve terrible - une sanction doublée d’une humiliation, et si l’on ajoute à cela qu’en changeant de classe d’âge il perd tous ses copains, le redoublement est une véritable double peine. D’ailleurs, les parents peuvent légalement déjà s’y opposer.

La vraie solution est dans le signalement de l’élève au maître suivant, et dans une organisation scolaire qui permette le suivi et le soutien personnalisé des élèves en difficulté, par l’instit lui-même (Finlande) si l’emploi du temps dégage du temps l’après-midi, ou par un autre maître spécialisé dans le soutien - type RASED (Réseau d’aide et d soutien aux élèves en difficulté).
Espérons que le nouvel emploi du temps qui sera bientôt expérimenté dans une centaine d’établissements permette justement aux profs de dégager un petit créneau en fin d’après-midi pour le soutien individualisé, ou le tutorat, même si le but principal est l’augmentation du sport pour renforcer la cohésion sociale et diminuer la violence scolaire - ça vaut la peine d’essayer cette formule.
 
C’est aussi l’avis de la Cour des comptes, qui recommande l’accompagnement plutôt que le redoublement, cher et inefficace, dans un rapport ici cité par le site Les Cahiers pédagogiques.

Il est certain qu’au primaire, et même au secondaire, on peut très facilement se passer de notes : A, excellent, B bien, C doit progresser, par exemple.

Mais dans ce cas, il serait bon de maintenir et de renforcer la stimulation voire la punition, en redonnant du lustre et du cérémonial à de nombreuses étapes de la scolarité. Nous manquons globalement de rituels sociaux, à preuve cette renaissance permanente des bizutages, souvent dans leur forme la plus débile, parce que gérés par des jeunes personnalités en construction, et pas toujours les plus fines...

Qui se souvient qu’aux alentours de 1950, la fin de l’école primaire était récompensée par un beau diplôme comme en ont mes parents, d’une taille d’environ 50 cm par 25 ?

Ainsi, grâce à une ritualisation de tableaux d’excellence remis à chaque fin d’année aux plus méritants, éventuellement assortis de prix accessoires pour une progression significative ou des circonstances particulières, l’absence de notes ne s’opposerait pas à l’évaluation faite par le prof, pas plus qu’à la reconnaissance du mérite personnel et de l’excellence.

Le côté punition/sanction peut être assuré par une série de mauvais résultats signalés par le prof ; quelle différence entre une suite de mauvais résultats notifiés aux parents par le professeur et une suite de zéros, sinon une espèce de foi magique dans les nombres - qui n’est pas sans rappeler certaines superstitions.

Un autre débat est de savoir si sélectionner aussi tôt est utile... La France semble être le pays qui sélectionne le plus tôt, bien qu’on s’en défende, et celui où les inégalités scolaires en fonction des origines sociales est le plus grand ; les grandes écoles ont reconnu ce déclin de la promotion sociale, cette baisse du pourcentage d’élèves d’origine populaire, sans qu’on en trouve vraiment la raison.

Malheureusement, certains établissements supérieurs augmentent cette ségrégation sociale en imposant l’anglais, et lui seul, au concours d’entré, à un bon niveau et avec un fort coefficient...
(mon article d’AV)

Car la question des notes débouche souvent sur un débat entre les tenants d’une école de la sélection, d’une éducation à l’ancienne où le maître dispense son savoir à des élèves attentifs et respectueux, et les partisans d’une école qui vise l’épanouissement, l’éducation, la socialisation, le développement personnel de l’enfant. A notre avis, ces deux visions ne sont pas incompatibles, et les opposer stérilise le débat. En tout cas, il est toujours utile de rappeler que pour des millions d’enfants, aller à l’école est un rêve, un luxe dont ils sont privés, totalement ou très jeunes...

A notre avis, la suppression des notes au primaire et au secondaire ne s’opposerait nullement à l’évaluation, à l’orientation et la sélection.

Quelques liens pour approfondir :

"Et maintenant ils veulent supprimer les notes à l’école"
(Marianne, article contre la suppression).
Blog de Brighelli, mais je n’ai pas trouvé de papier qui en parle spécifiquement.
Un article de Maulini, instituteur à Genève, avec de nombreuses références sur l’historique de la notation.
Très intéressant entretien à l’occasion d’un livre de deux sociologues Christian Baudelot et Roger Establet sur l’école en France.
Le site Educobs, reprenant en partie l’article papier cité plus haut, avec quelques commentaires intéressants.
L’école finlandaise, sur Les Cahiers pédagogiques.
 

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27 réactions à cet article    


  • Rounga le piquant Roungalashinga 27 mai 2010 10:29

    Que demande-t-on aux notes ? De noter les élèves, c’est-à-dire de les évaluer, de les classer (les méchantes langues disent « trier » !) en fonction des exigences scolaires et sociales...

    C’est sans doute un détail, mais je pense qu’il est important de le souligner : les notes n’évaluent pas l’élève, mais son travail.

    Il y a d’autres points dans l’article qui m’ont frappé :

    Pour obtenir une note « juste » au bac, il faudrait faire la moyenne de 127 correcteurs en philo, 78 en français, 13 en maths - des matières les plus subjectives au plus objectives.

    J’ai pourtant appris que, contrairement à ce qu’on croit, ce sont les mathématiques qui accusent la plus grande disparité de notes selon le correcteur. Cependant, vos chiffres ont l’air de sortir de quelque part. Alors que penser ?

    l’inutilité du redoublement, voire sa nocivité, est une notion acquise par tous les professionnels

    « On peut toujours trouver un exemple contraire », vous me direz, mais moi je n’ai vu que ça autour de moi, des « exemples contraires », qui ont évité le redoublement d’année en année, jusqu’à se retrouver complétement paumés et incapables de remonter la pente. 

    Pour rentrer dans le débat, je pense que ce que vous dites sur les rituels est tout à fait juste.
    Je trouve que le système de notes n’a pas à être changé, car c’est également une satisfaction de voir un travail pour lequel on s’est appliqué sanctionné par une bonne note. Le système de notation en A, B, C, D, etc. permet moins de nuances qu’un système de notation sur 20, avec des demi-points. Un 19/20 correspond à un A+, mais le 19 implique qu’il manque encore quelque chose pour arriver à la « perfection », alors que le A+ occulte cet ultime défaut.

    Mais j’ai conscience que mon point de vue est celui d’un ancien bon élève qui a eu des bonnes notes pendant sa scolarité.


    • Krokodilo Krokodilo 27 mai 2010 11:11

      Effectivement, les notes n’évaluent pas l’élève dans sa globalité, ni sa gentillesse, son imagination, son caractère, etc.
      Pour les chiffres, la source est la même, l’article du Nouvel obs cité plus haut ; a priori, ça me semble logique que les épreuves du bac soient plus faciles à standardiser en maths et sciences qu’en français et philo.
      Le redoublement sans soutien entraîne évidemment des difficultés l’année suivante, surtout si le prof ne prend pas la peine de vérifier dans quel domaine se trouvent les lacunes. Certaines matières et connaissances sont un peu comme une maison, si les bases sont fragiles, ça va mal tenir au-dessus, il faut donc revoir les bases. Certains programmes informatiques ont cet avantage, ils voient où les résultats sont faibles et obligent à reprendre cette partie du cours jusqu’à réussite des exercices : l’apprentissage sur ordi n’est pas la panacée, mais peut être un bon complément pour le soutien individualisé.

      Je pense que les nuances entre le A+ et le 20 parfait sont assez loin des préoccupations quotidiennes des profs, des élèves et des parents ! Par ailleurs, si vous collectionniez les A+, il n’aura échappé à personne que vous étiez une flèche... Les deux ans où j’ai connu ce système, il n’y avait aucune ambiguïté sur la « hiérarchie » même sans notes ; si ensuite un élève veut se tester dans l’excellence, de nombreuses filières ultra-compétitive n’attendent que ses talents !


    • Jean-Louis Le Blais 27 mai 2010 18:24

      « les notes n’évaluent pas l’élève, mais son travail. »

      Pas d’accord.
      Mes enfants ont tous une « matière » - si je peux dire - nommée « comportement en classe », et dont la note compte dans la moyenne générale.


    • Immyr Immyr 27 mai 2010 10:57

      Mon cher Crocodilo, 


      ma réponse est celle d’un ancien de la faculté de médecine ayant passé par les concours de PCEM1. J’ai même fini en 85, majeur de ma promotion avec des notes parfaites en anatomie, physiologie et chimie... J’ai fait la même réflexion que vous en 2008, lorsque le ministre de l’éducation de l’époque (Xavier Sarcos) préconisait la mise en place de médailles pour les bacheliers les plus méritants. Ci-joint mon intervention de l’époque qui n’a pas trop vieillie smiley

       « Médailles - Notes - Choix de société

      Voilà donc que notre ministre de l’ »éducation« (personne n’a mieux porté ce nom) préconise la mise en place de médailles pour les bacheliers les plus méritants... A priori, il n’y a pas trop de changement entre une médaille et une mention (médiocre, assez bien, bien, excellent, époustouflant et j’en passe). Mais plus que celà, c’est un choix de société. Société dans le sens large du terme, familiale, locale, nationale, internationale. Depuis les temps anciens, la notion d’aristocratie (dans le sens du gouvernement des meilleurs), a prédominé dans toutes les sociétés dites civilisées. Aristocratie de la force, de l’argent, du savoir et du sang. Qu’est-ce donc notre société »dite démocratique« , qu’une aristocratie de pouvoir et de l’argent. En notant les personnes, on parvient à les mettre dans des cases... on compartimentalise... on divise. On oublie de voir les ressemblances pour se concentrer sur les différences. A noter que ce procédé ne se cantonne pas aux centres d’éducation. Quelle est l’image du sport dans le monde contemporain qu’une course à la réussite et aux médailles. Combien se souviennent du second ou du troisième... Michael Phelps a gagné huit médailles d’or aux jeux olympiques mais qui se souvient du nom des médaillés d’argent, du bronze, du quatrième ou du cinquième. Qu’est donc le sport qu’un autre aspect de compétition. Une guerre par athlète interposé. »L’important est de participer« ... laissez-moi rire. »Participez donc pour que la gloire du victorieux soit encore plus éclatante« que devrait être l’adage des jeux olympiques. Nous devons vivre dans cette société en acceptant les règles qui l’érige et la dirige mais on ne doit, en aucun cas être dupe de ces mêmes règles. 
      Vous me demanderez alors de ce que je dirais à mon fils ramenant de mauvais résultats scolaires ? ... Réponse ouverte... »Travaille mieux, car à la sortie de cette école, tu devras vivre dans une société dirigée par des règles de compétition acharnée entre ses membres. Mais vis-y libre et indépendant en essayant de te construire et avoir une vie heureuse...« Quelque chose dans ce genre... »


      • Krokodilo Krokodilo 27 mai 2010 11:30

        J’ai moi-même été souvent majeur, mais jamais major, bravo donc ! Ayant souvent été qualifié de « peut mieux faire », j’ai poursuivi avec obstination ce profil durant mes études supérieures.

        Effectivement, notre société est souvent hypocrite, car nous mettons sur un piédestal toute réussite, nous glorifions l’exception quelle qu’elle soit, champion d’échec, vedette du cinéma, premières chirurgicales, Napoléon, ou grand sportif, nos séries télé ne sont pleines que de gens défiant la norme, et quand par hasard l’héroine est une mère de famille lambda, elle a un don de voyance (« Médium »). Seules les différences nous font rêver ! « L’important c’est de participer » est effectivement un des aphorismes les plus mensongers...
        De ce point de vue, lorsque certains profs préfèrent construire une école axée sur la sociabilité, le développement personnel, l’épanouissement, ils ne font peut-être qu’équilibrer les choses ; et il n’est pas forcément urgent de tomber dans cette compétition qui rattrapera tôt ou tard chacun de leurs élèves.
        Néanmoins, je crois qu’il ne faut jamais oublier que la solidarité a été inventée par toutes les sociétés primitives, sous une forme ou sous une autre (partage, aide, nourrir les chasseurs blessés).
        Nous avons probablement besoin des deux, compétition et solidarité, jusqu’à la naissance éventuelle d’une autre civilisation plus harmonieuse...


      • bob 27 mai 2010 11:38

        Bonjour, bon article qui exprime bien la complexité de la notation.

        Pour ma part j’ai connu une personne qui végétait à 5 de moyenne en 4e puis 4 en 3e ( dans des matières de références tels que mathématique, physique et biologie). Lorsque je l’ai revu à la faculté, aucune de ses notes n’étaient inférieures à 14. L’aléa des notes associé au subjectivisme des professeurs semble rédhibitoire pour une bonne évaluation.

        J’ajoute que dans certaines écoles, les notes peuvent ètre majorées si l’on fournit quelques services à cette école. Les bonnes âmes se retrouvent alors majorées de 1 à 3 points de MOYENNE.

        Enfin, les écoles américaines ( puisque c’est l’exemple à suivre) ou asiatiques fondent leurs notations autrement et n’ont pourtant pas la réputation de crétins.


        • Rounga le piquant Roungalashinga 27 mai 2010 11:46

          Pour ma part j’ai connu une personne qui végétait à 5 de moyenne en 4e puis 4 en 3e ( dans des matières de références tels que mathématique, physique et biologie). Lorsque je l’ai revu à la faculté, aucune de ses notes n’étaient inférieures à 14. L’aléa des notes associé au subjectivisme des professeurs semble rédhibitoire pour une bonne évaluation.

          Ou bien c’est juste qu’il s’est mis à bosser entretemps, non ?


        • Rounga le piquant Roungalashinga 27 mai 2010 11:52

          J’ajoute que dans certaines écoles, les notes peuvent ètre majorées si l’on fournit quelques services à cette école. Les bonnes âmes se retrouvent alors majorées de 1 à 3 points de MOYENNE.

          Un proche qui enseigne en Université m’a confié que le traitement des cas limite (les étudiants ayant des notes inférieures à 10 mais de très peu, et pour lesquels on se demande s’il faut bidouiller les notes pour leur donner leur année) se fait carrément à la tête du client. Une fille gentille et souriante dans cette situation-là a plus de chance d’avoir son année qu’un garçon taciturne. C’est comme ça qu’on fait des diplômés.


        • bob 27 mai 2010 12:01

          @ piquant Roungalashinga,

          Ben non, et curieusement le travail demandé en université est autrement plus sophistiqué et complexe que celui de collège.
          Il a toujours travaillé de manière régulière mais lorsqu’un professeur vous dit, « de toute façon, vous n’aurez jamais une note au dessus de la moyenne » avant même le début de la composition, le reste s’annonce mal.
          Les professeurs d’université n’ont pas eu cet a-priori.

          Sur les majorations de notes, je ne parlais pas seulement de notes à la marge. Certaines personnes ont réussi à décrocher des mentions avec des interventions publicitaires pour l’école ou l’université en question sans avoir le niveau de connaissance nécessaire.

          Qu’entendez-vous par une fille GENTILLE et souriante. Toutes les filles ne sont-elles pas gentilles ?


          • Rounga le piquant Roungalashinga 27 mai 2010 13:51

            Ben non, et curieusement le travail demandé en université est autrement plus sophistiqué et complexe que celui de collège.

            Et il est aussi plus intéressant. Cela explique que certains étudiants arrivent à décoller après le bac. En sciences, par exemple, ce qui est enseigné au lycée, même en terminale S est très approximatif et simplifié. Beaucoup de choses sont occultées (faute de connaître les intégrales en physiques, notamment), et quand la lumière se fait sur ces matières des esprits rétifs y trouvent un intérêt et donc réussissent mieux.
            Mais ça me semble bizarre ce que vous racontez sur votre ami. On dirait un peu qu’il y a eu un complot de tous les professeurs pour lui donner des mauvaises notes, et que tous ces professeurs faisaient fi de la qualité du travail pour ne se fier qu’à leur a priori. Ca me semble très improbable.


          • bob 27 mai 2010 14:12

            @ Par le piquant Roungalashinga,

            Il n’y avait pas de complot de la part de quelques professeurs que ce soit. Chacun d’eux ont leur tête et personne ne fait l’unanimité. De plus, si certaines matières se voyaient fortement minorées au niveau des notes, d’autres étaient tout à fait honorables.
            Une neutralité en politique ou une structure plus affirmée du cours de la part d’un professeur est à mon avis un plus au niveau de l’enseignement. L’inverse devient génant lorsque l’avenir de l’élève est remis en cause par un système de notation qui correspond davantage aux désiderata sentimentaux ou politiques du professeur.


          • Krokodilo Krokodilo 27 mai 2010 12:01

            J’ai oublié un exemple personnel que je voulais mettre : l’an dernier, la maîtresse de ma fille a fait refaire la dictée après correction, sans quoi la majorité de la classe aurait eu zéro ! Ce n’est pas idiot sur le principe, par contre ça interroge grandement sur la valeur des notes...
            Quant à la différence entre 12 et 14 en arts plastiques sur des sujets du genre « construisez une oeuvre qui parle au spectateur » ou toute autre formulation alambiquée...


            • Soma Soma 27 mai 2010 16:35

              La philo au bac, ou comment avoir une mauvaise note si le correcteur ne partage pas votre facon de pensee =O

              J’attaque la philo car c’est, evidemment, le sujet qui pose le plus de probleme au niveau resultat car un devoir peut etre Excellent pour un, mediocre pour un autre.. (j’avais une moyenne de 16.5 en philo durant mon annee.. 6 au bac. Ca fait bisarre quand meme surtout si la copie, qui fut recorriger par d’autres professeurs, donne un 12 / 13...)

              Je ne vois pas en quoi les Math peuvent poser un probleme au niveau notation car la plupart du temps, si le raisonnement est bon (et ecrit) amenant a un resultat exact, les points sont donners. C’est une science qui ne laisse pas de place a une autre facon de pensee car le resultat il est la, ou il n’est pas la...

              Bon et bon raisonement = Point >>> Pas Bon = Pas de point.

              M’enfin bon article sur une question qui continuera d’exister tant qu’on n’aura pas changer quelque chose.. mais quoi ?

              Viva La Vida =D Peace.


              • bob 27 mai 2010 16:57

                @ Soma,

                Dans le cadre des statistiques, l’aléatoire règne en maitre et suivant la méthode utilisée, vous pouvez faire dire tout et n’importe quoi à partir d’un échantillon représentatif.
                Du vécu hélas smiley


                • Krokodilo Krokodilo 27 mai 2010 23:46

                  La différence est dans l’ambiance, dans le culte des notes.


                • antonio 27 mai 2010 17:42

                  Notes ou pas notes  ? Quel faux problème quand on voit l’état de l’enseignement en France ! ! !


                  • Le chien qui danse 27 mai 2010 19:41

                    Est-ce que les notes n’induisent pas chez l’élève une notion de « performance à atteindre », alors que l’enseignement dans sa forme devrait peut-être induire chez l’élève une notion de « connaissance à détenir » pour avoir une vie qui ait du sens.


                    • Rough 27 mai 2010 21:07

                      Krokodilo....est-ce une allusion au journal des jeunes soviétiques « Krokodil » à l’humour si énigmatique ?...J’ai « appris » le russe de 71 à 79 au lycée de St-Denis...Les déclinaisons, le génitif, la concordance des temps...facile !!!! L’humour de Krokodil pas si simple !

                      Je vous lis toujours avec plaisir...mais là cet article sur les notes...je n’y comprends que pouic !....
                      Bien sur qu’il faut noter !....Tout comme il faut mesurer...la surface de votre appart, votre consommation de kWh ou de calories....ou votre salaire et les impôts qui vont avec...Mesurer c’est l’une des toutes premières fonctions de l’écriture...les fameux « calculi » sumériens....Et sans l’écriture c’est vachement moins facile de paraitre intelligent....

                      Perso je préfère de 0 à 20 par demi point....La sauce que l’on nous a vendu pour justifier les ABCDE c’est le même politiquement correct qui appelle un con un malcomprenant !...Délires 68tars...

                      Je refuse catégoriquement qu’au nom de la bienpensance la plus dégoulinante l’on m’explique que ce qui est bon pour 22 handicapés mentaux qui courrent après la babale à Jo’burg soit mauvais pour faire X ou Centrale ou simplement honnête plombier....Glycémie, VO2, aptitude au stress, peit pont, centre assasin, surface corporelle, poids de naissance...tous ces facteurs sont gaussiens ou quasi-gaussiens....Bien sur les capacités « intellectuelles » elles ne le sont pas...N’importe qui, un peu bronzé, bas du front et âpre au gain peut faire Zidane mais pour faire X faut t’être fils d’archevèque, riche à milllions, blanc, hétérosexuel et auvergnat...


                      • Krokodilo Krokodilo 27 mai 2010 23:44

                        Non, krokodilo aucun rapport avec cette revue que je n’ai jamais lue, que je serais d’ailleurs incapable de lire. Pour le reste, en vous répondant je ne ferai que répéter ce que j’ai écrit dans l’article ou dans les commentaires. Et bien que le foot me gave, il est évident que n’importe qui ne peut pas devenir Zidane, pas plus que faire l’X.


                      • skirlet 28 mai 2010 00:01

                        Mouais, ça se voit comment vous avez « appris »... Le journal « Krokodil » était un journal satirique (où, heureusement, on pouvait trouver de l’humour), mais pas spécialement pour les jeunes. Quant à l’humour « énigmatique » - eh bien, l’humour est la chose la plus difficile à comprendre en langue étrangère, surtout s’il se réfère à l’actualité et aux spécificités culturelles.


                      • non667 27 mai 2010 22:16

                        l’enseignant n’a pas besoin de note pour savoir la valeur d’un travail, les capacités d’un élève, son « classement » par rapport aux autres .
                        l’élève si,
                        les parents d’élève si .
                        besoins aussi d’un classement pour eux pour situer l’élève d’avoir une image de la classe qu’ils ne vivent pas au quotidien .
                        le barême précis étant connu la notation est aussi précise ,il est ridicule de pinailler et de marchander comme des marchands de tapis ! c’est pour travailler plus vite et sans réfléchir que l’enseignant applique ce barême souvent sans regarder le nom de la copie .
                        la nouvelle notation par lettre a surtout noyé les parents « populaires » qui n’avaient pas connu ce système
                        but de toutes les réformes qui ont suivi la transformation du ministère de l’instruction publique en ministère de l’éducation nationale :
                        pour la droite : demolir le public pour renfocer le privé , abrutir la vil populace en lui faisant croire que c’étaient des réformes progressistes
                        pour la gauche (communiste ) pourrir l’éducation pour pourrir et faire échouer la société capitaliste française /l’urss .
                         


                        • Rough 28 mai 2010 10:47

                          @skirlet...Vous semblez douter de mes capacités...Soyez rassurré, elles sont modestes.....oui j’ai appris le russe....et aujourd’hui je ne sais pas le russe...encore moins son humour....Il me reste juste quelque nostalgie de vol arrêté....

                          Krokodil était utilisé par notre prof de russe....comme « support » pédagogique....J’ai appris que c’était un journal satirique mais son humour nous a laissé longtemps à la porte.....


                          • skirlet 28 mai 2010 12:20

                            Il ne s’agit pas de vos capacités - je présume que vous n’étiez pas vraiment motivé pour apprendre le russe, c’est tout. Ceci n’est pas une critique, juste une constatation. À vrai dire, je n’aime pas vraiment la tournure « j’ai appris » - c’est pas possible, le processus n’est jamais terminé, même pour la langue maternelle. Pour ma part, je dis plutôt « j’ai étudié telle un telle langue »  smiley

                            Et je pense également que votre prof a trop présumé du niveau des élèves. Comme j’ai déjà dit, l’humour est une chose difficile à comprendre, même avec un bon niveau de langue...


                          • Krokodilo Krokodilo 30 mai 2010 18:37

                            @Alchimie,
                            Prenons deux classes de 6e, 5e ou autre : si une des classes de même âge a un prof qui tente de suivre le programme, et une autre qui en a fait seulement les deux tiiers, qui est allée beaucoup plus lentement, un enfant de la première qui a eu 14 de moyenne n’est pas à égalité de progression et de niveau avec un enfant de la deuxième classe qui a également eu 14 de moyenne. L’année suivante, l’un deux aura un retard considérable : bref, en l’absence de référentiel constant, les notes sont très subjectives.


                            • Rough 31 mai 2010 00:58

                              @skirlet......
                              Je ne sais pas trop ce qu’il me reste de mon russe « appris » et de « Krokodil ».....Mais vous semblez avoir un très sérieux problème avec le français.....

                              J’ai dit « J ’ai appris » et vous en déduisez que je n’étais pas motivé.....J’en déduis que vous être un trou du cul infatué.....Car pour quitter la carte scolaire de l’époque et passer du CES Luçat Rue d’Alembert au Lycée Paul Eluard RN 1, il fallait etre motivé et choisir russe 1ère langue..et plus qu’un peu !....

                              De plus relisez un peu vos classiques français et posez-vous la question de la pertinence des temps et de leurs concordances.....

                              Relisez Marcel..« Longtemps je me suis couché de bonne heure.. »’ ....Et comparez, avec mon modeste, « j’ai appris »......

                              Y’a qu’un gros naze qui fait semblant de savoir le russe et ignore le français pour avoir une opinion aussi pertinente....


                              • skirlet 31 mai 2010 01:48

                                Je constate que vous avez un gros problème avec la politesse. Soit, j’apporterai quelques précisions, même à un malotru comme vous.

                                J’ai dit « J ’ai appris » et vous en déduisez que je n’étais pas motivé...

                                Non, je le déduis de votre affirmation, comme quoi il ne vous reste rien de votre russe.

                                De plus relisez un peu vos classiques français et posez-vous la question de la pertinence des temps et de leurs concordances.....

                                Navrée, mes classiques sont russes, et je vous assure que je maîtrise très bien la concordance des temps dans cette langue.

                                Y’a qu’un gros naze qui fait semblant de savoir le russe et ignore le français pour avoir une opinion aussi pertinente....

                                Le russe est ma langue maternelle, mais je ne prétends pas la connaître parfaitement. Quant à mon français, il est certes imparfait mais meilleur que votre russe.

                                Je vous laisse à vos insultes que vous pouvez retourner contre vous-même.


                              • jmsatto jmsatto 17 septembre 2010 13:37

                                Un article très intéressant,je suis d’accord à 95°/° ;je vois que vous êtes très au fait des problèmes d’éducation.
                                Je suis en train de lire le bouquin intitulé (de façon un peu-trop- provocatrice) :« on achève bien les élèves »:une critique radicale du système scolaire français (bizarrement j’ai eu du mal à le trouver en librairie).Il parle beaucoup du pb de la notation en particulier.

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